Premier film "américain" de Mélanie Laurent, Galveston est un mélo noir, où l'humanité l'emporte sur la violence, où la nature est dominante et où la justice est défaillante. Mérite le détour.



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Un Français


France / 2015

10.06.2015
 



LA HAINE





"Je ne laisserai personne insulter mon pays."

Exit les peurs des uns et la polémique des autres. Ici, il ne sera question que du film, d'un film, d'Un Français. Jugé possiblement dangereux par certains, le nouveau film de Patrick Asté, alias Diastème, pourrait bien s'avérer d'utilité publique. Politiquement engagé, Un Français narre pendant 1h38, trente ans d'extrême droite en France. C'est de circonstance.

Entre fiction et faits réels

Parce qu'elle est inspirée de faits réels, l'histoire d'Un Français résonne comme il faut. De 1984 à 2013, d'un affrontement entre punks et skinheads au défilé de la "Manif pour tous", le film de Diastème s'ancre dans une histoire précise, l'histoire politique de la France. Et pour bien raconter les choses, le réalisateur et scénariste y va de quelques ellipses et s'arrête sur des passages importants, voire cruciaux. Le concert de lancement de Touche pas à mon pote, les meurtres de Brahim Bouarram et Ibrahim Ali (par des militants du FN), la Coupe du Monde football de 1998, etc.

Un Français ne traite pas du Front national directement, mais de l'évolution d'un homme qui a grandi en partageant les idées de ce parti et qui, avec le temps, certaines rencontres et d'autres péripéties, ouvre les yeux. Sans reconnaître que son film est politiquement engagé, Diastème affirme : "le Front national est un parti qui a du sang sur les mains. Les présentateurs télé l'oublient, moi, je m'en souviens. Ce parti a été créé par des Nazis français, on ne peut pas le traiter comme les autres partis, on ne peut pas occulter cette dimension historique." Voilà sans doute pourquoi le héros, Marco Lopez, ne tombe pas chez les frontistes mais veut en sortir. Il fait le chemin inverse à celui régulièrement montré par les médias et son parcours est semé d’embûches. Entre la perte de repères, le désamour de ses proches et l'incompréhension globale, le récit d'Un Français relève du parcours initiatique. Un long et triste parcours.

Beaucoup de haine, un peu d'amour

Ecrit à la suite de l'assassinat de Clément Méric, jeune membre d'un mouvement "antifa" agressé en plein jour par des membres des Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires, Un Français est un film sur la colère. Ce devait d'ailleurs être son titre. Dès la première scène, on comprend qu'ici, les choses se feront dans la douleur. Des étudiants de Nanterre coursés et tabassés, des arabes attaqués dans un bar, un noir que l'on force à boire du détergeant et qui en meurt, des blancs hautement réac qui célèbrent des meurtriers... Un Français pue tellement la violence que ça finit par faire mal. Et c'est, malheureusement, ces scènes qui sont le mieux réalisées et qui nous hantent. Grâce à des plans séquences redoutables et les talents de cascadeur d'Alban Lenoir, l'acteur principal, le spectateur est pris aux tripes et ne peut qu'être dérangé. Les poings frappent fort, le sang coule vite et les coups de feu ne tardent pas.

Cependant, à côté de cela, Diastème a su apporter une dose nécessaire d'amour à cet ambitieux projet. Marco veut s'en sortir, veut se libérer de toute la haine qui l'habite, de sa vie de skinhead qu'il ne comprend plus. Très proche de Kiki, une fille qu'il ne peut avoir, il jette son dévolu sur Corinne. Malheureusement pour lui, la nièce du mentor de son meilleur ami est d'une intolérance folle et n'est pas sans rappeler certains Catholiques intégristes présents dans les rangs de la "Manif pour tous". Les propos de tout ce beau monde sont durs, font peur et permettent d'ouvrir les yeux. Non, le racisme n'a pas disparu en France, tout comme l'intolérance, l'antisémitisme, l'homophobie ou encore l'islamophobie.

Sans se lancer dans une leçon de morale pompeuse et malgré quelques longueurs, Un Français dresse un portrait sans fard d'un homme au destin presque incroyable, d'une bande d'amis aux parcours bien tristes (éviction de parti, drogue, prison, etc.), d'un parti politique dont les origines demeurent trop souvent ignorées et d'un pays, le nôtre, qui a encore du chemin à faire. Bien qu'il ne convienne pas de parler d'hymne à la tolérance, force est de constater que l'on ressort d'Un Français grandit, effaré et plus serein à la fois. Une expérience unique !
 
wyzman

 
 
 
 

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