90's, premier film du comédien Jonah Hill, est un portrait de jeunesse aussi délicat que touchant. Dans le lLos Angeles des skaters, où musique et skets dictent leurs lois, on suit une bande d'ados désœuvrés qui stoppent le temps sans cesser de rêver.



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Douleur et Gloire
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Le jeune Ahmed
Les plus belles années d’une vie
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Passion
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Séduis-moi si tu peux
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The Dead don't Die
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Les Crevettes pailletées






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



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Gloria


/ 2013

19.02.2014
 



LES SENTIERS DE LA PERDITION





Gloria est un de ces films intemporels qui prend racine dans un personnage contemporain. Le portrait d’une femme, d’une certaine beauté, d’un certain âge. Sebastian Lelio ne fait aucune concession avec son héroïne au corps vieilli. Gloria est une femme désespérée, pas très sociable a priori, pas très maternelle non plus, cherchant une âme sœur dans ces speed datings pour quinquagénaires (pour les plus jeunes). Elle essaie de s’occuper, de remplir sa vie. Rêve d’un dernier grand amour et se contente de chansons romantiques et tristes.

Le charme qui se distille de ce portrait provient alors autant d’un scénario bien écrit que de l’interprétation formidable de Paulina Garcia. Séductrice, paumée, amoureuse comme une jeune fille, égocentrique, pas vraiment joyeuse, mais rapidement enflammée : la comédienne joue sa partition, et toutes ses tonalités et variations, avec maestria. Inventive dans son interprétation, elle nous envoûte. On comprend alors que la caméra ne la lâche jamais : elle est le film.

Pourtant, Gloria n’est pas simplement l’histoire d’une femme seule qui va espérer une autre vie avant de se sentir bafouée et même rejetée. Le drame aurait pu être pesant mais Lelio, malin, l’allège avec des touches d’humour. Comme cette séquence où la bonne interprète la bible de façon singulière et même délirante, ou les voisins très chahuteurs qui perturbe la tranquillité de la bourgeoise, et bien sûr la revanche de Gloria et son attentat terroriste à la peinture.

Dans cette quête éperdue que mène Gloria pour retrouver sa jeunesse – du yoga au sexe en passant par des sensations extrêmes, des activités ludiques et une romance de midinette – le réalisateur en profite pour dépeindre une société où les générations sont segmentées jusqu’à l’isolation étanche. Les parents ne se soucient pas de leurs enfants. Cette irresponsabilité les mène à une solitude subie mais pas remise en cause. L’individualisme se paye cher. Ni les géniteurs ni les progénitures ne semblent capables de réussir leur vie, condamnés à combler le vide ou s’accommoder de leurs erreurs.

Le film apparaît alors comme un tableau cruel sur une classe moyenne orgueilleuse, composée d’âmes blessées. La névrose n’est pas loin. Les crises de nerfs non plus. C’est ce qui, étrangement, émerveille. Ce réalisme qui peut vaciller à chaque moment dans le mélo, le burlesque ou la tragédie. Sur le fil, Gloria cache derrière ses couleurs chaudes et sensuelles des individus brisés par la vie mais déterminés à retrouver leur naïveté, une sorte d’absolutisme et de sentiment d’éternité. Le passé, impossible à oublier, à évacuer, les rattrape à chaque fois.

Dans cette dérive, véritable perdition, le réalisateur prend bien soin de souligner les vertiges d’une ivresse artificielle. Mais, comme des baleines déboussolées, l’échouage n’est jamais loin. Psychologiquement juste et fin, le film, passionnel, est comme cette femme : attachant et charismatique, avec trois fois rien en surface et tant de richesses qui se révèlent au fil de l’histoire. Ce qui ne manque pas de vitalité au final, avec sobriété.
 
vincy

 
 
 
 

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