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1917 est une prouesse visuelle épatante avec ce faux plan séquence permanent qui suit deux jeunes soldats sur le front entre tranchées et snipers. Succès inattendu, le film de Sam Mendès est aussi parmi les favoris aux Oscars depuis son Golden Globe.



Adoration
Bad Boys For Life
Garanbadal
Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part
K contraire
La Llorana
Le photographe
Le réseau Shelburn
Luciérnagas
Nanga Parbat
Pygmalionnes
Qu'un sang impur
Scandale



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
À couteaux tirés
It must be heaven
Le Voyage du Prince
Ils aimaient la vie (Kanal)
Jeune Juliette
La vie invisible d'Euridice Gusmao
Marriage Story
The Lighthouse
First Love, le dernier Yakusa
Les filles du Docteur March
L'adieu
L'extraordinaire voyage de Marona
1917



La reine des neiges 2
Le Roi
Gloria Mundi
Chanson douce
L'orphelinat
Last Christmas
Proxima
Brooklyn Affairs
La Famille Addams
Lola vers la mer
Une vie cachée
Notre Dame
Star Wars, épisode IX : L'Ascension de Skywalker
La Vérité
Cunningham
Le lac aux oies sauvages
Les deux papes
Official Secrets
Les siffleurs
Les enfants du temps
Nina Wu
Swallow
Je ne rêve que de vous






 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



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Jack et la mécanique du coeur


France / 2013

05.02.2014
 



DEATH SONG





«- Vous n’allez pas accoucher le ventre vide !? »

Voilà un joli conte d’hiver, rock & folk, aussi mélancolique que tragique. Jack et la mécanique du cœur est l’illustration parfaite de ce que l’animation française fait de mieux : une histoire romantique, un dessin de qualité, un imaginaire singulier.
Tout commence le « jour le plus froid du monde ». Et finira sous les flocons de neige. Un bébé naît « le cœur gelé ». Les larmes se transforment en gouttes de glace. La poésie est palpable. Il y a du Tim Burton dans cet environnement enneigé, ce méchant blafard (un Johnny Depp longiligne), ces paysages baroques où cohabitent les exclus et les peureux, les morts et les survivants, les macabres et les amoureux…

A partir d’une jolie métaphore – la greffe d’une horloge à la place du cœur – et des trois lois qui en découlent (choisir la vie sans la colère ou l’amour, ou risquer de mourir), l’enfant, fils abandonné et adopté, marginal et malin, va tracer son destin, en croisant sur son chemin une jolie fille toute aussi handicapée : elle est bigleuse comme ce n’est pas permis : « Mes parents m’ont toujours dit ne de croire que ce que je vois – Mets tes lunettes. »

Ode aux différences et hymne à l’amour, Jack et la mécanique du cœur est aussi un hommage aux arts et au métissage : la musique évidemment (du slam aux flamenco), le cinéma (après Hugo Cabret, Méliès is back), le cirque et ses bohémiens… C’est d’ailleurs un film de musicien. Là où Miyazaki, par exemple, pour ne prendre qu’un exemple récent, prenait le vent comme moteur de son cinéma mouvant et invisible, Malzieu et Berla optent pour le bruit comme ingrédient essentiel : celui d’un tic tac, celui de la pluie, celui d’un instrument de musique ou celui de la foudre… Le bruit rythme la vie, et donc les personnages.

Malgré la tristesse qui se dégage - « L’amour est une souffrance » et la douleur qu’il provoque ne peut être qu’intense – le dessin animé n’est pas exempt de joie. Au delà d’une partition musicale variée et brillante, le scénario est bien construit et apporte son lot de sensations, pas forcément fortes. C’est d’ailleurs là que Jack parfois se dérègle: des flottements dans l’histoire (Méliès prend trop de place et peut insupporter avec son enthousiasme naïf de celui qui sait tout), une dramatisation qui ne vas pas assez loin et même un final en pointillés, comme des points de suspension, qui, hélas, laisse de glace, au lieu de nous émouvoir. Notons au passage que la fin du film diffère de celle du livre.

Mais il y a aussi de belles trouvailles, comme ce train-accordéon, ces ronces qui protègent l’héroïne quand elle est psychologiquement sur la défensive, ces deux amies espagnoles, ces Freaks sympathiques, cette mère sorcière non dénuée d’humour. L’inspiration ne manque pas. Et d’Edimbourgh à l’Andalousie, nous voici transportés dans un grand mensonge – le cinéma – qui s’attache à « coudre les rêves et la réalités. »

Voilà donc une âme damnée, un Don Quichotte (judicieux lien avec la voix de Jean Rochefort, Olivia Ruiz (reconnaissable dès la première parole) et un chevalier diablement romanesque qui nous emmènent dans un voyage haut en couleurs. On aurait sans doute apprécié davantage d’excès pour être conquis. Plus d’humour pour alléger les peines de ce mélo funèbre. Trop désenchanté malgré tous ses morceaux chantés, Jack et la mécanique du cœur est, cependant, une belle histoire, parfois un peu grippée, qui fera battre les cœurs. A défaut de marquer nos mémoires durablement.
 
vincy

 
 
 
 

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