Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.

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Jack et la mécanique du coeur


France / 2013

05.02.2014
 



DEATH SONG





«- Vous n’allez pas accoucher le ventre vide !? »

Voilà un joli conte d’hiver, rock & folk, aussi mélancolique que tragique. Jack et la mécanique du cœur est l’illustration parfaite de ce que l’animation française fait de mieux : une histoire romantique, un dessin de qualité, un imaginaire singulier.
Tout commence le « jour le plus froid du monde ». Et finira sous les flocons de neige. Un bébé naît « le cœur gelé ». Les larmes se transforment en gouttes de glace. La poésie est palpable. Il y a du Tim Burton dans cet environnement enneigé, ce méchant blafard (un Johnny Depp longiligne), ces paysages baroques où cohabitent les exclus et les peureux, les morts et les survivants, les macabres et les amoureux…

A partir d’une jolie métaphore – la greffe d’une horloge à la place du cœur – et des trois lois qui en découlent (choisir la vie sans la colère ou l’amour, ou risquer de mourir), l’enfant, fils abandonné et adopté, marginal et malin, va tracer son destin, en croisant sur son chemin une jolie fille toute aussi handicapée : elle est bigleuse comme ce n’est pas permis : « Mes parents m’ont toujours dit ne de croire que ce que je vois – Mets tes lunettes. »

Ode aux différences et hymne à l’amour, Jack et la mécanique du cœur est aussi un hommage aux arts et au métissage : la musique évidemment (du slam aux flamenco), le cinéma (après Hugo Cabret, Méliès is back), le cirque et ses bohémiens… C’est d’ailleurs un film de musicien. Là où Miyazaki, par exemple, pour ne prendre qu’un exemple récent, prenait le vent comme moteur de son cinéma mouvant et invisible, Malzieu et Berla optent pour le bruit comme ingrédient essentiel : celui d’un tic tac, celui de la pluie, celui d’un instrument de musique ou celui de la foudre… Le bruit rythme la vie, et donc les personnages.

Malgré la tristesse qui se dégage - « L’amour est une souffrance » et la douleur qu’il provoque ne peut être qu’intense – le dessin animé n’est pas exempt de joie. Au delà d’une partition musicale variée et brillante, le scénario est bien construit et apporte son lot de sensations, pas forcément fortes. C’est d’ailleurs là que Jack parfois se dérègle: des flottements dans l’histoire (Méliès prend trop de place et peut insupporter avec son enthousiasme naïf de celui qui sait tout), une dramatisation qui ne vas pas assez loin et même un final en pointillés, comme des points de suspension, qui, hélas, laisse de glace, au lieu de nous émouvoir. Notons au passage que la fin du film diffère de celle du livre.

Mais il y a aussi de belles trouvailles, comme ce train-accordéon, ces ronces qui protègent l’héroïne quand elle est psychologiquement sur la défensive, ces deux amies espagnoles, ces Freaks sympathiques, cette mère sorcière non dénuée d’humour. L’inspiration ne manque pas. Et d’Edimbourgh à l’Andalousie, nous voici transportés dans un grand mensonge – le cinéma – qui s’attache à « coudre les rêves et la réalités. »

Voilà donc une âme damnée, un Don Quichotte (judicieux lien avec la voix de Jean Rochefort, Olivia Ruiz (reconnaissable dès la première parole) et un chevalier diablement romanesque qui nous emmènent dans un voyage haut en couleurs. On aurait sans doute apprécié davantage d’excès pour être conquis. Plus d’humour pour alléger les peines de ce mélo funèbre. Trop désenchanté malgré tous ses morceaux chantés, Jack et la mécanique du cœur est, cependant, une belle histoire, parfois un peu grippée, qui fera battre les cœurs. A défaut de marquer nos mémoires durablement.
 
vincy

 
 
 
 

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