Damien Chazelle retrouve Ryan Gosling pour un biopic bipolaire: First Man est à la fois un drame intime et un ballet spatial. Immersif dans les étoiles et intériorisé sur terre, le film démontre une ambition cinématographique à l'écart du formatage hollywoodien.



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The Spectacular Now


USA / 2013

08.01.2014
 



LE MONDE DE SUTTER





"J'ai 18 ans et je viens de me faire larguer."

Il n’y a rien de forcément spectaculaire dans The Spectacular Now. Enième chronique d’une jeunesse américaine tiraillée entre ses tentations et la réalité (des sentiments comme de la société), le film est dans la veine du Monde de Charlie, entre facéties narratives et personnages maniant leurs complexes avec dérision.

Dans la forme, rien de neuf. Dans le fond, non plus. Une jeunesse « invincible » obsédée par le cul, noyée dans l’alcool, cherchant sa voie dans les transgressions superficielles. Si le film charme, c’est bien plus par le choix de ses comédiens que par la mise en scène de James Ponsoldt qui s’autorise peu d’audaces (hormis ce long travelling qui va conduire au premier baiser des deux tourtereaux). Ce mélodrame léger est davantage transfiguré par la présence formidable du pas très beau Miles Teller et de la très jolie Shailene Woodley. Leur aptitude à être aussi à l’aise dans leurs rôles épate.

Ces deux américains moyens n’ont rien à voir avec les stéréotypes des sitcoms ou des films formatés par les studios. Leurs tourments, névroses, solitudes, coexistent harmonieusement avec leurs moments de bonheurs, leurs dialogues honnêtes (au vocabulaire limité) et l’apprentissage de la vie de couple quand on a 18 ans (et il ne faudrait pas être si sérieux quand on a cet âge là).

Car c’est bien le scénario, l’atypisme des protagonistes, y compris secondaires, et les situations pas forcément politiquement correctes qui réjouiront le spectateur. A défaut d’émotion, le film est touchant. A défaut d’être franchement drôle, il fait sourire. Le réalisateur parvient très bien à transformer le bouffon baiseur en jeune homme délicat, sensible et conscient de ses failles. Mais hélas, il n’arrive pas à traduire le propos de l’histoire : saisir les moments importants, même ceux qui sont banals. En orientant son film vers la mélancolie des êtres, à travers différents affrontements et incidents, il dramatise à l’excès ce qui était simplement le présent, amusant ou triste. L’intrigue amoureuse se délite alors au profit d’un questionnement introspectif. Le récit s’assombrit et on craint l’inutile tragédie. Cet enchaînement de mauvaises réactions, qui illustre la perte de l’innocence, mais aussi la perte de l’invincibilité, dérive alors vers un rituel déjà vu où l’on passe à l’âge adulte.

Cette vision empirique où les épreuves forgent le futur est sans doute trop simpliste pour nous enthousiasmer. Cependant, The Spectacular Now se révèle sur la fin un film où les femmes ont le pouvoir, et sauvent les hommes de leurs propres démons. Prof, patron, géniteur égoïste, les pères de substitution ne font pas le poids dans la vie de Sutter face à son ex blonde, sa nouvelle amie, sa mère ou sa sœur. En soumettant son destin à celui des femmes, le jeune homme accomplit sans doute son geste le plus spectaculaire. Mais tout cela manque de nuances et de subtilité. Il ne suffit pas d’un scénario bien écrit et de très bons acteurs pour qu’un film nous marque. Mais cela suffit pour que cette oeuvre procure un plaisir évanescent aussi prometteur que le destin de ces deux amoureux.
 
vincy

 
 
 
 

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