Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Eva


Espagne / 2011

21.03.2012
 



BUG STORY





« Que se passe-t-il quand tu fermes les yeux ? »

Eva aurait pu être un grand film de science-fiction. Il en avait tous les ingrédients, de l’anticipation scientifique (la robotique ici se mélange à la génétique) aux dilemmes de l’être humain face au progrès. A cela s’ajoute une esthétique fascinante, anachronique : des objets futuristes dans un environnement presque désuet, des effets visuels sublimes (dès le générique), et un décor de thriller.

Mais Eva a un problème de scénario. La tension installée au début s’estompe rapidement dans un drame familial qui manque de punch. On peut toujours s’accrocher à l’idée qu’il s’agit d’un conte, évidemment cruel, avec un chaperon rouge pas comme les autres. Cependant, cela ne suffit pas à nous maintenir éveillé. Les lenteurs du récit, par ailleurs bien construit, souffrent d’un manque de rebondissements ou d’intrigues qui permettraient de nous angoisser ou simplement de nous intéresser aux problèmes des protagonistes.

Eva, qui débute avec une scène sensationnelle et s’achève avec une séquence plutôt poignante, oscille entre horreur masquée et mélodrame inavoué. C’est grâce à la mise en scène soignée, élégante et maîtrisée de Kike Maillo, et sa musique délicate, que le film se sauve de toutes ses erreurs.
Derrière se peint le portrait d’hommes et de femmes malheureux. Ils inventent des robots mais ne semblent pas profiter de ce confort matériel supplémentaire. Cette tristesse, alliée à une solitude flagrante, assombrit l’atmosphère : et même l’innocente Eva, blonde intelligente, grâcieuse, ne peut rien y faire. Chacun cache ses secrets. Pire, chacun est un tueur en puissance.

Ce film désespérant, démontre que chacun est faillible. Dans cette passion hivernale qui tente de réconcilier passé, présent et futur, robots et humains, amants d’autrefois et frères de toujours, plus que la froideur technique du sujet, c’est le niveau émotionnel qui va prendre le dessus. Hélas, le film s’est trop longtemps enlisé dans la neige avec des personnages glaçants pour nous émouvoir complètement quand la Princesse s’endort.
 
vincy

 
 
 
 

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