Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.

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Les yeux de Julia (Los Ojos de Julia)


Espagne / 2010

22.12.2010
 



TRES MAUVAIS OEIL

Le livre Bye Bye Bahia



"Comment trouver un homme que personne n’a jamais vu, même pas toi ?"

Si Les yeux de Julia réunit une partie de l’équipe gagnante de L’orphelinat (notamment le producteur Guillermo del Toro et l’actrice Belen Rueda), la comparaison s’arrête là, tant ce pseudo thriller horrifique s’avère aussi mélodramatique, prévisible et interminable que le film de Juan Antonio Bayona était savoureusement angoissant et intelligemment construit. C’est à se demander comment une œuvre aussi faible scénaristiquement a pu se retrouver en tête du box-office espagnol.

Pourtant, le point de départ n’était pas plus bête qu’un autre : une femme perdant peu à peu la vue est la seule à voir un assassin qui se croit invisible. Cela permet même quelques effets amusants à grands renforts de caméra subjective et de "trucages" qui rétrécissent la vision du spectateur, jusqu’à l’aveugler à son tour. Ainsi, à un point du récit, on ne voit plus les visages des nouveaux personnages, car l’héroïne, les yeux bandés, ne sait pas à quoi ils ressemblent. Procédé intéressant qui rendrait n’importe qui complètement paranoïaque (forcément, l’assassin peut se glisser parmi eux) à condition de l’exploiter jusqu’au bout… avec un rebondissement que l'on ne verrait pas arriver à des kilomètres, par exemple.

Et tout est à l’avenant, entre grosses ficelles narratives et facilités scénaristiques : une vieille femme n’a pas vu son fils depuis vingt ans ? Soyez sûr qu’il réapparaîtra sous une forme ou autre avant le générique de fin… Un vieil homme se souvient du tueur ? Evidemment, il mourra avant d’avoir eu le temps de le décrire… N’espérez pas non plus obtenir des réponses à toutes les questions posées par le film, certaines sont évacuées l'air de rien en cours de route, et tout ce que l'on obtient au final, c'est une explication psychanalytique bateau. Résultat, une intrigue relativement incohérente et plutôt ennuyeuse car parsemée de séquences pseudo-romantiques, voire mélo, qui rendent le film tout simplement interminable. Deux solutions s’offrent au malheureux spectateur : fermer les yeux et admirer la bande sonore où chaque bruit est savamment amplifié pour imiter la perception auditive des aveugles, ou achever l’héroïne avant cet empoté de tueur pour mettre un terme définitif aux souffrances de tout le monde…
 
MpM

 
 
 
 

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