Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



Blue Velvet
Femmes d'Argentine
Kongo
La bonne épouse
Le coeur du conflit
Les visages de la victoire
Radioactive
Trois étés
Un fils
Une sirène à Paris
Visions chamaniques
Vivarium
Yiddish



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
Marriage Story
Les filles du Docteur March
L'extraordinaire voyage de Marona
1917
Jojo Rabbit
L'odyssée de Choum
La dernière vie de Simon
Notre-Dame du Nil
Uncut Gems
Un divan à Tunis
Le cas Richard Jewell
Dark Waters
La communion



Les deux papes
Les siffleurs
Les enfants du temps
Je ne rêve que de vous
La Llorana
Scandale
Bad Boys For Life
Cuban Network
La Voie de la justice
Les traducteurs
Revenir
Un jour si blanc
Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
La fille au bracelet
Jinpa, un conte tibétain
L'appel de la forêt
Lettre à Franco
Wet Season
Judy
Lara Jenkins
En avant
De Gaulle






 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 20

 
Night and Day (Knight and Day)


USA / 2010

28.07.2010
 



MISSIONS PAS POSSIBLES





«- Un jour c’est une expression dangereuse.
- Dangereuse ?
- ça veut souvent dire jamais.
»

Périlleux exercice que de faire un film qui mélange les genres, et au final, ne pourrait satisfaire aucun de leurs aficionados. Une comédie aux frontières de la parodie, du romantisme, de l’action, de l’espionnage, de l’humour parfois décalé, quelques traumas liés aux parents… et il faut y ajouter un objectif : remettre Tom Cruise en orbite parmi les superstars d’Hollywood.

Si Knight & Day (ridiculement traduit par Night & Day) n’atteint pas tous ses buts, il ne rate pas son dessein initial : divertir. Certes, il aurait fallut un peu plus d’originalité dans le scénario. Un twist ne fait pas automatiquement un rebondissement ou du machiavélisme. De même, Tom Cruise en James Bond qui se prend pour Houdini, qui ne démérite pourtant pas, n’a pas su créer un personnage véritablement barré, composant ainsi un homme trop raisonnable et calculateur pour être un héros attachant. Cameron Diaz, quant à elle, est desservie par un scénario qui ne la valorise qu’après la première moitié du film. Les deux, avec leur légère maturité (formule élégante pour ne pas dire « petit coup de vieux ») ne manquent cependant pas de charme, sans aller jusqu’à la parfaite alchimie. N’est pas Pitt et Jolie ou Douglas et Turner qui veut.

Mais malgré toutes ces fêlures qui manquent de faire craquer le film dans un grand n’importe quoi, James Mangold s’en tire honorablement avec quelques grosses ficelles mais aussi des jolies coutures. De bonnes répliques (« Si on nous poursuite, je me tue, et après, je la tue », « L’argent vient des armes ou de la famille »), quelques séquences décalées (le sérum de vérité a un effet étonnant sur Diaz), une histoire qui tient la route, bref un grain de folie pas désagréable doublé de cascades invraisemblables en font un blockbuster respectable. N’oublions pas la bande son très tendance. Cette bataille entre les Bad guys et les Worst guys souffre quand même d’un syndrome : Knight & Day a énormément plagié Mission : Impossible. Prague est remplacé par Salzburg, mais Séville demeure, bref cet agent de la CIA a les mêmes manies (moto, combat…) et cela ressemble à un revival, plus drôle, des adaptations de la série TV.

Heureusement, Mangold s’écarte des sentiers battus à certaines occasions. Comme ces deux séquences qui se font écho, où l’on est plongé dans l’état comateux du personnage (Diaz pour commencer, Cruise pour finir). On suit avec eux, par bribes, une sorte de périple pas très sécurisé à la limite de l’hallucination délirante. On zappe ainsi de kidnapping en évasion, sans vraiment se rendre compte. Une immersion dans la tête de la victime, plutôt que de montrer les actes héroïques du sauveur.

On regrettera que durant ce tour du monde occidental, l’illusionniste et l’infirmière (deux fantasmes en soi), les seconds rôles soient si monotones, et sans aspérités, quand ils ne sont pas "ailleurs" (Paul Dano, quel gâchis). Il manque sans doute un second de gré subtil aux deux héros pour porter complètement cette grosse machine.

Mais, reconnaissons au moins que le divertissement réussit sa mission : nous évader. De là à avoir une empathie pour les personnages, il ne faut pas exagérer.
 
vincy

 
 
 
 

haut