Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Fados


Espagne / 2008

14.01.2009
 



CASA DE FADOS





"La saudade, c'est la poésie du Fado", Fernando Pessoa

Laissez-vous envoûter par cette plongée radicale mais généreuse dans l’univers du fado ! Carlos Saura a beau avoir une nouvelle fois choisi un parti pris purement esthétique (pas de commentaires, aucune interview, très peu d’explications), son film donne mieux à voir, et surtout à ressentir, les spécificités de ce genre musical que de trop longs discours. C’est vrai, le néophyte sera parfois perdu dans ce dédale de chants et d’interprètes, mais il pourra d’autant mieux y puiser ce qui le touche et n’en retenir que ce qui lui parle réellement. Tant pis si les "grandes voix" lui semblent parfois outrées et emphatiques puisqu’il appréciera de lui-même d’autres facettes de cet art multiple. En somme, le réalisateur fait un immense cadeau au fado : il lui donne la possibilité de s’exprimer pour lui-même, sans intermédiaire, et avec une sincérité confondante. Sa mise en scène minimaliste (comme une succession de tableaux colorés et mélancoliques, animés et poignants) permet une immersion intégrale, non parasitée par des faits, des chiffres ou des références. Une fois le concept accepté, on s’abandonne à des rêveries sans fin.

Un bémol tout de même, on aurait aimé voir le fado sortir des décors préfabriqués et des chorégraphies savantes dans lesquelles Saura l’enferme, pour investir les ruelles du Lisbonne populaire ou des quartiers brésiliens où il a connu une seconde naissance. Même chose pour les artistes, qui semblent défiler sous nos yeux de manière fugitive, débordant d’une émotion vite remplacée par une autre. Peut-être eût-il fallu plus d’interactions entre chanteurs, comme lors de cette séquence magnétique dans une maison de fados où les personnes présentes se lèvent les unes après les autres pour chanter…

Au final, le pari de Saura est risqué, car ne fournir aucune clef laissera certainement des spectateurs à la porte et certains spécialistes sur leur faim. Mais n’était-il pas de toute manière utopique d’espérer élever le fado en art universel en l’espace d’un film, aussi documenté et complet soit-il ? Aussi, à tout prendre, sans doute valait-il mieux tenter cette expérience sensorielle et expérimentale qui a le mérite de s’adresser directement au cœur de celui qui la contemple.
 
MpM

 
 
 
 

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