90's, premier film du comédien Jonah Hill, est un portrait de jeunesse aussi délicat que touchant. Dans le lLos Angeles des skaters, où musique et skets dictent leurs lois, on suit une bande d'ados désœuvrés qui stoppent le temps sans cesser de rêver.



90's
Aujourd'hui, rien
Avengers: Endgame
Debout
Disperata
Empathie
Je vois rouge
L'Adieu à la nuit
L'esprit Le Corbusier
La miséricorde de la jungle
Mais vous êtes fous
Monrovia, Indiana
Ne coupez pas!
Un tramway à Jérusalem
Victor & Célia



Green Book: sur les routes du sud
M
Us
Boy Erased
C'est ça l'amour
Sergio et Sergeï
Synonymes
J'veux du soleil



Grâce à Dieu
Le Chant du loup
Les éternels
Captain Marvel
Exfiltrés
Le garçon qui dompta le vent
Le mystère Henri Pick
Triple frontière
McQueen
Rosie Davis
Ma vie avec John F. Donovan
Convoi exceptionnel
Aïlo : une odyssée en Laponie
Entre les roseaux
Sunset
Companeros
Dumbo
Los silencios
La Lutte des classes
Shazam!
Tel Aviv on Fire
Terra Willy, planète inconnue
Tito et les oiseaux
Blanche comme Neige
Le vent de la liberté
Les oiseaux de passage
Ray & Liz
The Highwaymen
Alpha - The Right to Kill
After : Chapitre 1
El Reino
Raoul Taburin
Liz et l'oiseau bleu
The Highwaymen






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 22

 
Wanted: choisis ton destin


USA / 2008

16.07.2008
 



FEUX & ARTIFICES





« Un homme de tué, mille hommes de sauvés»

Patchwork improbable mais parfois jouissif du film d’action décérébré et esthétisé à outrance, Wanted : choisis ton destin, survitamine chaque scène d’action pour faire de la mise en scène le principal moteur de la narration. Mieux qu’un effet de style, il s’agit là d’un sacerdoce ! Si le réalisateur russe Timor Bekmambetov (responsable du diptyque Daywatch et Nightwatch) fait exister la narration par l’histoire qu’il raconte – assez normal me direz-vous –, l’approche purement visuelle du film refrène nombres d’enjeux et amoindrit la portée symbolique d’un anti-héros vengeur en devenir. Ainsi, Wanted lorgnerait sans complexe du côté d’un Matrix qui lui aussi utilisait l’alternance répétée des scènes d’action comme d’un passage obligé au déroulement des évènements. Pourtant, à la différence de ce prestigieux aîné, Wanted ne mêle jamais scènes discursives et opératiques dans un tout homogène complexe magnifiant le rôle imprévu d’un personnage censé sauver l’humanité. Loin de tout enjeu existentiel, le cinéaste aborde frontalement son sujet via une histoire linéaire, parfois basique (relation père/fils) et conditionnée par son statut de « simple » divertissement estival.

L’ironie et le second degré sont privilégiés
Au détour d’explosions dantesques, de courses poursuites bourrées d’incrustations numériques et de ralentis démultipliant à l’extrême chaque exécution, Wanted allume des mèches un peu partout sans véritablement les laisser se consumer jusqu’à leur conclusion. Le rythme devient haché et la narration, très démonstrative, se délite par couches successives. Exemple. A la suite de la scène d’ouverture dont l’esthétique débridée plante un décor radical, le film bascule pour devenir un hommage introductif au Fight Club de David Fincher, le cynisme et la virulence critique en moins. Soit le meilleur de ce brûlot nihiliste. L’ironie et le second degré sont privilégiés, correspondant au ton bien plus léger d’un métrage libérateur s’évertuant à nous proposer en continu du spectacle, de l’évasion, de l'invraisemblable. Un peu comme cette voix off interpellant le spectateur pour qu’il s’identifie au futur héros mal dans sa peau exaspéré de sa vie « merdique » faite de contraintes et d’humiliation. La séquence, aussi drôle et décalée soit elle, ne sert qu’à instruire l’action, le coup de clavier dans la gueule du collègue illustre ainsi le point de rupture censé entraîner le spectateur vers ce destin briseur de quotidien. Force et faiblesse d’un scénario incapable de soutenir jusqu’au bout cette justification d’enchaînement de scènes plus barrées les unes que les autres, Wanted choisit son camp, opère au grand jour et nous offre une balade punitive dont les enjeux se réduisent comme une peau de chagrin plus le dénouement se rapproche.

Angelina Jolie érotisante à vous donner un coup de sang à chaque apparition
Finalités primaires. Soit. Nous attendons de voir le feu d'artifice et prions Timor Bekmambetov d'entamer ses fameuses mèches. Celles-ci ne tardent pas, sont inégales mais répondent sans doute au cahier des charges "pop corn" – première rencontre avec la tueuse incarnée par une Angelina Jolie érotisante à vous donner un coup de sang à chaque apparition, course poursuite en bagnole plutôt nerveuse, initiation originale mais trop longue et répétitive, premier contrat cette fois trop court et bien trop lisse, traque et règlement de compte survolé donc décevant pour un final lui-même convenu. Résultat : les mèches sont si courtes qu’elles nous explosent en pleine figure, l’action produisant invariablement de l’action. Les personnages se retrouvent définis selon un mode archétypal réduisant de facto la fascination de tels êtres évoluant dans un univers de BD aussi psychologique que pyrotechnique. Que dire alors de toutes ces ficelles scénaristiques au service d’une morale judéo-chrétienne saupoudrée d’un peu de Hobbes ? Que cette violence se justifie par une autre surtout si elle se laisse guider par un pouvoir quasi divin – représenté par un métier à tisser ? – qui choisit les cibles à abattre. La question du choix, de la justification des actes et du bien fondé de nos agissements n’est esquissée qu’en filigrane et semble se perdre dans l’imbroglio des évènements. C'est bien insuffisant pour se targuer d’intriguer le spectateur comme l’avaient fait les frères Wachowski avec leur trilogie.
L’action revenant à l’action, Wanted produit une réaction en chaîne paresseuse, la faute à un traitement thématique paradoxalement très peu ambitieux. S'intéresser au dérèglement de la dite fratrie d’assassins en ce début de siècle tourmenté aurait sans doute été plus pertinent et surtout plus approprié. Le réalisateur n’arrive pas à combler la vacuité d’un scénario manichéen et s’embourbe sans complexe dans la caractérisation du film d’action un peu primaire mais sauvé, in extremis, par le délire visuel de son chef d’orchestre russe.
 
geoffroy

 
 
 
 

haut