Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Survivre avec les loups


France / 2008

16.01.2008
 



LA LOUVE ET L'ENFANT





"- Toi aussi tu cherches quelqu'un ?"

"L'homme est un loup pour l'homme!" Ce n'est pas Misha qui contredira Thomas Hobbes. Elle vous dira même que les loups ne sont pas ceux qu'on croit tant ils apparaissent plus sympathiques que les humains.

Survivre avec les loups serait adapté d'une histoire vraie ... qui se mêle à l'Histoire. Même si certains passages de ce film sensible semblent improbables, le récit est celui d’une véritable expérience de vie. Pendant la seconde guerre mondiale, munie d'une boussole, une gamine juive germano-russe a tenté de retrouver ses parents internés dans un camp de l'Est. Comme Remus et Romulus ou Mowgli, cette enfant sauvage a été nourrie et protégée par des animaux (des loups) lors de son périple la menant de Belgique en Ukraine et retour.

Les références littéraires abondent : Rémi sans famille, Cosette recueillie par les Thénardier, le Petit chaperon rouge (Misha se fabriquant une cape rouge pour se protéger dans la forêt). La petite fille devient aussi Tarzan ou Victor l'enfant sauvage, se déshumanise au fur et au mesure, sa seule figure humaine étant une poupée...Plus à l'aise avec les loups que les hommes, elle leur parle et se tait devant les hommes, dans ce grand fantasme de l’humanisation des animaux et de leur innocence ; loin des influences néfastes de la société.

Mythe ou idéal, ce retour à l’état primal habite de nombreux films pour enfants depuis quelques années. Heureusement, quelques rencontres humaines émailleront de ce parcours, tel un jeu de piste : Ernest qui lui donne la boussole et lui permet de s'échapper, la femme d'Ernest, figure maternelle par excellence, les enfants échappés du ghetto, un jeune russe prénommé lui aussi Misha... comme un double masculin.

Du haut de ses 9 ans, Mathilde Goffart est, pour son premier film, remarquable. Présente à l'écran durant la quasi-totalité du film, celui-ci n'existerait pas sans le charisme de cette rouquine - à ne pas confondre avec celle du Renard et l'enfant ! Tour à tour fragile ou combative, elle offre un jeu beaucoup plus variée que sa collègue au renard.
La mise en scène de Véra Belmont donne d’ailleurs un peu plus d’ampleur à cette production qu’à celle de Luc Jacquet. Les images magnifique, les paysages, des gros plans (peut-être un peu trop) pour être au plus près du personnage principal... Et heureusement quelques scènes chocs, notamment ce visage d’enfant barbouillé de sang, ces vers de terre pour seule nourriture, ou encore son corps décharné à la fin du périple. Vera Belmont n'a pas choisi la facilité en tournant une adaptation traitant de l'Holocauste avec des enfants et des animaux. On aurait pu tomber dans le pathos, la déprime ou l'ennui. Hélas certains passages sont un peu longs et d'autres peuvent sembler trop elliptiques. Et même le génie des sons d’Emilie Simon semble parfois utilisé abusivement pour forcer l’émotion. Hostile d’apparence, l’œuvre est facile d’accès pour tous les publics à partir de 8 ans.
 
Claire Fayau

 
 
 
 

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