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1917 est une prouesse visuelle épatante avec ce faux plan séquence permanent qui suit deux jeunes soldats sur le front entre tranchées et snipers. Succès inattendu, le film de Sam Mendès est aussi parmi les favoris aux Oscars depuis son Golden Globe.



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Reinas


Espagne / 2005

28.12.05
 



MONSTRES SACREES





"- Les parents n'aiment pas leurs enfants : hétéros, homos ou cétacés."

Sans vouloir être polémiste ou vous imposer une vision "politique" sur le sujet - en l'occurrence le mariage accordé aux personnes aimant des personnes du même sexe - reconnaissons que l'Espagne, pourtant, a priori, plus coincée dans son catholicisme comparé à notre laïcité proclamée, est largement plus libérée que la France.
Et son cinéma s'en ressent. Tandis que le 7ème Art français nous bluffe par intermittence (Jeunet, Audiard, ...), le cinoche ibérique s'éclate dans tous les genres (drame, horreur, comédie, polar) grâce à une flopée de cinéastes qui s'affranchissent des étiquettes et épousent des les tendances du moment. Parfois cela donne même un habile mélange entre une émotion immense et un message délicat (Mar Adentro). Ou ici, quand Manuel Gomez Pereira parvient à faire rire tout en nous faisant oublier les écueils sociologiques de son film.

Si l'on regarde bien les récentes comédies mettant en vedette les homos, il y a plus de ratages (Pédale dure en est sans doute l'un des plus symptomatiques) et quelques réussites (In and Out sur le coming out d'un quadra). C'est essentiellement dans les films indépendants (Garçon d'honneur par exemple) que l'on a surtout trouvé le discours le plus juste. Si Reinas séduit c'est avant tout par son angle de vue. Parce qu'il normalise le couple gay - en le banalisant complètement avec ses jalousies, envies et tromperies... et un quotidien sans paillettes, une quête d'affection concrète - le film parvient même à se moquer de ce communautarisme nocif (hôtels gays, le snobbisme branchouille....). Finalement le mariage gay n'est qu'un prétexte, un fil rose pour mener au happy end fatal. Ce que veut montrer Pereira, c'est autre chose. Car Reinas peut signifier les reines, ces folles qui se déguisent pour faire la fête et oublier leurs malheurs. Mais aussi les Reines, celles qu'on vénèrent, même quand elles sont impitoyables, impossibles, invivables.
Et ces Reinas, ce sont les mères. Tout sur leurs mères, ou comment se débarrasser de sa matrone sans avoir jamais osé le demander. Le mariage est une solution. En attendant ces amours chiennes - et justement une chienne a toute son importance pour rapprocher une belle-mère et son futur gendre - virent souvent au vaudeville loufoque, à la tragédie excentrique, à la romance nymphomane. C'est superficiel, léger, et freudien.

Derrière tout homo, il y a sa mère. Couples fusionnels, où la génitrice incarne la femme idéale. Comment en aimer une autre, plus que celle-ci? Egocentriques, elles ont le beau rôle, en jouant aux harpies. D'avoir choisie trois actrice almodovariennes n'est pas innocent. Forqué, Maura et Paredes, les trois grâces, assument parfaitement la filiation cinématographiques entre leurs rôles d'hystériques de la Movida et d'icônes d'un cinéma qui doit tout au père Pedro. Cela va d'ailleurs jusqu'à l'inside joke de Paredes, qui interprète une diva du 7ème art ("les actrices c'est pas simple", merveilleuse mise en abîmes). Et au défi lancé par un des futurs gendres - "On fait un concours de mères?" - nous serions incapables d'avouer notre préférence. En clamant son "Femmes je vous aime", Pereira équilibre son discours mordant sur l'emprise de nos modèles. De ces parents terribles ("Je suis la plus égoïste des mères. Et toi le plus con des pères."), il en tire une humanité liée aux hasards de la vie plus ou moins subies (étiquette, image, principes). Divas ou tyranniques, elles ont gagné l'égalité des sexes, mais continuent à surjouer leur féminité. Ces monstres deviennent alors sacrés, et voilà bien la seule morale du film : nous devons accepter notre nature comme notre héritage. Il ne faut donc pas être surpris de voir la mère / juge complètement dépassée par l'événement et baissant les bras devant l'évidence : il n'y a rien à juger. Par conséquent, les enfants sont en retrait, presque trop sage, typiques de notre époque plan plan, comparé aux adultes, complètement délurés, névrosés, piégés dans leurs contradictions, "woodyallenniens", aliénés.

Tout cela serait cependant assez télévisuel dans sa forme - qui a les allures d'une telenovellas - si le réalisateur n'avait pas décidé de déstructurer sa narration. Chaos temporel insensé - grondement de tonnerres le vendredi, orages et foudre le samedi comment finira le dimanche? - où nous passons de flash back en pauses qui nous suspendent jusqu'à l'explication ultérieure, Reinas est un des ces films qui raconte un peu comme on s'en souvient l'histoire d'un week end de folie, où nous ne savons plus ce qui est le plus important au milieu de cette accumulation de catastrophes. Clairement, ce n'est pas le mariage, rapidement expédié. Lui aussi "banalisé". Peut-être juste dans cette solidarité imprévue, ces amours qui transgressent les codes (y compris du côté hétérosexuel). La comédie est outrancière, mais le drame est permanent. Les épreuves sont là pour nous indiquer la valeur de chaque chose. Ne plus avoir de compte à rendre à l'Etat (pour deux fonctionnaires, combien d'entrepreneurs ou artisans?), l'Eglise (qui n'existe même plus) et autres empêcheurs d'aimer, dans le fond. Premier film "zapatérien", Reinas jubile de sa liberté (individuelle) offerte : gueuler sur maman et embrasser son Roméo en public. Et ça soulage!
 
vincy

 
 
 
 

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