Once Upon a Time... in Hollywood, 9e film de Tarantino, est reparti les mains vides de Cannes. Mais le public est bien présent. Et les Oscars sont en ligne de mire pour ce film nostalgique où le fantasme est au coeur de tout...



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Training Day


USA / 2001

07.11.01
 



TOTAL RIPOUX





"- Y en a un qui ne dormait pas pendant la leçon de morale...?!"

Il y a beaucoup de déjà vu dans Training Day, des éléments piochés à droite et à gauche. Il ne s'agit pas d'un moment de cinéma très original, même si le scénario met le pied à fond sur l'accélérateur pour un trip à l'adrénaline de 24 heures. Les scènes s'alternent de manière mécanique : quelques minutes de paroles, de quoi découvrir nos deux personnages, et le double en action, avec crescendo jusqu'au final.
Bizarrement on sait comment tout cela va finir, mais on se demande justement qui va le tuer ce pourri de la police. Il y a plusieurs options, on choisira la moins salissante, la politiquement moins impliquante. On peut même déceler une ironie à voir que les Américains ont besoin des étrangers pour nettoyer leur corruption...
Le film est fondé sur un dyptique ange / démon, fils / père, novice / initiateur, gentil / méchant. Le tout est incarné d'un côté par Ethan Hawke, parfaite petite gueule d'apparence fragile, tête pleines d'idéaux, qui a priori ne sera pas à la hauteur, s'il n'avait justement ce sens de l'observation, cette passion pour son métier. Il est intéressant de voir jusqu'où il est prêt à aller à la rencontre du diable, à lui obéir, puis à partir de quel moment il va lui en vouloir de l'avoir "dépucelé" si sauvagement (dope, fric, trahison d'un ami, meurtre...). Il a le rôle d'un agneau. Et c'est bien cet angélisme qui faire peur aux loups...
L'autre face est donc représentée par Denzel Washington, qui ne doute de rien dans ce personnage de flic véreux, arrogant, égoïste, franchement immoral. C'est souvent aux limites du "too much". Mais la prestation de l'acteur sauve ce personnage, assez proche de ce que pourrait être l'attitude d'un rapper célèbre en société. Il fera tout pour que son élève s'en prenne plein la gueule, et surtout le rejoigne du côté de la force obscure. On lui fait oublier tout ce qu'il a appris, il doit retirer son alliance, renier des principes, se voit obliger de fumer une drogue hallucinatoire...
Le polar est intense, bien rythmé. L'initiation relève plus de l'éducation spartiate. Le tout se complait hélas trop facilement dans la caricature, et aurait mérité un peu plus de subtilité dans la dualité. Les propos sont ouvertement machistes, homophobes, simplistes. L'homme est réduit à ses actes, tellement ses mots ne convainquent personne.
On remarque juste qu'il s'agit d'un portrait de la police qui déplairait fortement aux syndicats. Il dévoile – dommage !- assez peu les failles du système pour se concentrer sur les feintes. Le film en devient alors totalement dénué de règles et de morale. Chacun sa jungle. La ville ressemble à une zone de non droit, sans foi ni loi, jusqu'au bout. L'angoisse réside dans cette fatalité où l'insécurité n'est pas possible. C'est un trouble qui s'insinue dans le quotidien. Dans le contexte actuel, le film résonne étrangement. C'est ici que se situe sa force. Constater lucidement que le système produit ses monstres, des hommes au-dessus des lois.
Mais il est regrettable que le final gâche un peu tout. Il aura fallu un peu plus de perversion, ou de cynisme. Ici, on se débarrasse du problème comme au Far West, avec les armes. Les médias n'en ressortiront qu'un communiqué officiel tout à l'éloge d'un policier exemplaire. Ce mensonge ne suffira pas à masquer la façon primaire dont on l'expédie en enfer. D'autant qu'on nous montre alors un Denzel Washington crucifié par les balles, criblé par sa dette. Un ante-Christ qu'on punit sans justice.
Le réalisateur semble aussi confus que son "héros", et ne sait, alors, plus quoi faire de cet encombrant reflet d'une réalité qui le dépasse.
 
Vincy

 
 
 
 

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