Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



Blue Velvet
Femmes d'Argentine
Kongo
La bonne épouse
Le coeur du conflit
Les visages de la victoire
Radioactive
Trois étés
Un fils
Une sirène à Paris
Visions chamaniques
Vivarium
Yiddish



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
Marriage Story
Les filles du Docteur March
L'extraordinaire voyage de Marona
1917
Jojo Rabbit
L'odyssée de Choum
La dernière vie de Simon
Notre-Dame du Nil
Uncut Gems
Un divan à Tunis
Le cas Richard Jewell
Dark Waters
La communion



Les deux papes
Les siffleurs
Les enfants du temps
Je ne rêve que de vous
La Llorana
Scandale
Bad Boys For Life
Cuban Network
La Voie de la justice
Les traducteurs
Revenir
Un jour si blanc
Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
La fille au bracelet
Jinpa, un conte tibétain
L'appel de la forêt
Lettre à Franco
Wet Season
Judy
Lara Jenkins
En avant
De Gaulle






 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 24

 
Training Day


USA / 2001

07.11.01
 



TOTAL RIPOUX

Le livre Bye Bye Bahia



"- Y en a un qui ne dormait pas pendant la leçon de morale...?!"

Il y a beaucoup de déjà vu dans Training Day, des éléments piochés à droite et à gauche. Il ne s'agit pas d'un moment de cinéma très original, même si le scénario met le pied à fond sur l'accélérateur pour un trip à l'adrénaline de 24 heures. Les scènes s'alternent de manière mécanique : quelques minutes de paroles, de quoi découvrir nos deux personnages, et le double en action, avec crescendo jusqu'au final.
Bizarrement on sait comment tout cela va finir, mais on se demande justement qui va le tuer ce pourri de la police. Il y a plusieurs options, on choisira la moins salissante, la politiquement moins impliquante. On peut même déceler une ironie à voir que les Américains ont besoin des étrangers pour nettoyer leur corruption...
Le film est fondé sur un dyptique ange / démon, fils / père, novice / initiateur, gentil / méchant. Le tout est incarné d'un côté par Ethan Hawke, parfaite petite gueule d'apparence fragile, tête pleines d'idéaux, qui a priori ne sera pas à la hauteur, s'il n'avait justement ce sens de l'observation, cette passion pour son métier. Il est intéressant de voir jusqu'où il est prêt à aller à la rencontre du diable, à lui obéir, puis à partir de quel moment il va lui en vouloir de l'avoir "dépucelé" si sauvagement (dope, fric, trahison d'un ami, meurtre...). Il a le rôle d'un agneau. Et c'est bien cet angélisme qui faire peur aux loups...
L'autre face est donc représentée par Denzel Washington, qui ne doute de rien dans ce personnage de flic véreux, arrogant, égoïste, franchement immoral. C'est souvent aux limites du "too much". Mais la prestation de l'acteur sauve ce personnage, assez proche de ce que pourrait être l'attitude d'un rapper célèbre en société. Il fera tout pour que son élève s'en prenne plein la gueule, et surtout le rejoigne du côté de la force obscure. On lui fait oublier tout ce qu'il a appris, il doit retirer son alliance, renier des principes, se voit obliger de fumer une drogue hallucinatoire...
Le polar est intense, bien rythmé. L'initiation relève plus de l'éducation spartiate. Le tout se complait hélas trop facilement dans la caricature, et aurait mérité un peu plus de subtilité dans la dualité. Les propos sont ouvertement machistes, homophobes, simplistes. L'homme est réduit à ses actes, tellement ses mots ne convainquent personne.
On remarque juste qu'il s'agit d'un portrait de la police qui déplairait fortement aux syndicats. Il dévoile – dommage !- assez peu les failles du système pour se concentrer sur les feintes. Le film en devient alors totalement dénué de règles et de morale. Chacun sa jungle. La ville ressemble à une zone de non droit, sans foi ni loi, jusqu'au bout. L'angoisse réside dans cette fatalité où l'insécurité n'est pas possible. C'est un trouble qui s'insinue dans le quotidien. Dans le contexte actuel, le film résonne étrangement. C'est ici que se situe sa force. Constater lucidement que le système produit ses monstres, des hommes au-dessus des lois.
Mais il est regrettable que le final gâche un peu tout. Il aura fallu un peu plus de perversion, ou de cynisme. Ici, on se débarrasse du problème comme au Far West, avec les armes. Les médias n'en ressortiront qu'un communiqué officiel tout à l'éloge d'un policier exemplaire. Ce mensonge ne suffira pas à masquer la façon primaire dont on l'expédie en enfer. D'autant qu'on nous montre alors un Denzel Washington crucifié par les balles, criblé par sa dette. Un ante-Christ qu'on punit sans justice.
Le réalisateur semble aussi confus que son "héros", et ne sait, alors, plus quoi faire de cet encombrant reflet d'une réalité qui le dépasse.
 
Vincy

 
 
 
 

haut