copie montre




Berlin 2016
18 films en compétition pour le jury de Meryl Streep. Le grand chelem des festivals est lancé pour la saison 2016, avec, au programme Denis Côté, Jeff Nichols, André Téchiné et Mia Hansen-Love.


- Oscars 2018

- Césars 2018

- Oscars 2017

- Césars 2017








 (c) Ecran Noir 96 - 20






3 coups de coeur:
- Retour de Flamme : magie-cinema et musique sous les etoiles ! au Jardin des Tuileries, 22h30 le 3 juillet
- Rencontres professionnelles : Le cinéma dans la ville (Pavillon de l'Arsenal, 2 juillet, 14h30) ; L'ouverture de la TV à la pub pour le cinéma (7 juillet, 11h, Gaumont Ambassade) ; La place de la culture dans la future constitution européenne (8 juillet, 19h, Cinéma des cinéastes)
- 50 ans de comédie populaire italienne, dont Nous nous sommes tant aimés, les Monstres, Juste un baiser, Le petit diable, Le pigeon, Les Vitelloni, Mariage à l'italienne

Bilan
Les intermittents su spectacle ont un peu perturbé le premier rendez-vous de Paris Cinéma, avec quelques annulations ou déprogrammations.
Mais cela n'empêche pas de constater les chiffres : 33 000 entrées en 10 jours. Le Grand Action, l'Arlequin, les 3 Luxembourgs, le Latina et le MK2 Bibliothèque sont les principaux vainqueurs, soit 4 cinémas sur 5 situés sur la Rive Gauche. L'absence de visibilité de l'opération a certainement joué. Mais certaines salles ont attiré à peine 400 spectateurs lors des 10 jours "cinéphiles". De quoi se poser des questions. Il faudrait évidemment ajouter les résultats des Rencontres Internationales du Cinéma, déplacées de novembre en juillet pour l'occasion.
Cependant, l'échec public est patent. D'abord parce que 33 000 spectateurs dans une ville aussi cinéphile que Paris c'est bien moindre que certains festivals publics en province ou dans d'autres métropoles internationales. Ensuite, parce que cela n'a pas contribué à une hausse claire et nette de la fréquentation, objectif affiché, excepté dans les 4 salles mentionnées plus haut. En seconde semaine, Paris Cinéma n'a séduit que 13 000 spectateurs (contre 20 000 en première semaine), alors que les affiches publicitaires étaient plus nombreuses. Cela n'a pas enrayé la chûte de fréquentation (-28% par rapport à 2002) et surtout Paris Cinéma n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan cinématographique avec un peu moins de 4% des entrées de la semaine. Un sérieuse claque pour un événement qui se rêvait fédérateur. La copie sera donc à revoir pour l'an prochain.



CE N'EST PAS UN FESTIVAL!





Paris Cinéma, du 2 au 15 juillet, est un concept. Ses instigateurs veulent s’en défendre mais il est né d’un rejet. En cela, cet événement souligne en creux ce que la Mairie de Paris ne voulait plus. Car, force est de constater, suite à la conférence de presse et en lisant le dossier que nous ignorons encore et toujours ce qu’elle veut réellement.

EN ATTENDANT LE COMING OUT...
Si l’on en croit le Maire ­ et il n’y a pas de raison de ne pas le croire - "Ce n’est pas un festival. C’est un moment, que j’ai du mal à définir." Nous aussi. Car l’événement aura du mal à être fédérateur. Sans politique commerciale fidélisant le spectateur (le b-a-ba en marketing), on voit mal comment les parisiens vont pouvoir se sentir impliqués dans une manifestation aussi dispersée et variée. Certes le prix du billet est de 4 euros (3 euros pour les enfants). Mais sans forfait, le frein psychologique (surtout en période de soldes) risque d’être plus fort : un événement aussi long (13 jours), aussi élargit (près de 40 cinémas) ne peut-être populaire que s’il incite à une fringale cinématographique.
Pour revenir à la définition, la Mairie souhaitait donc un "happening" pluraliste, qui ne soit pas normalisateur, qui illustre la diversité et la créativité, qui permette d’avoir du plaisir, du bonheur, de vivre la différence. Un événement qui reflète le statut de Paris : capitale de cinéma, ville cinéphile.
Mais surtout : "Ce n’est pas une machine de guerre contre les autres événements". Dixit Costa-Gavras. Ou comment ne pas penser le contraire. Il y a un festival du film à Paris. Cinématographiquement sans intérêt, médiatiquement très paillettes, financièrement coûteux. La Mairie a retiré son soutien à ce Festival. Politiquement, la mesure se défend très bien. Alors pourquoi ne pas l’assumer ? D’autant que Paris Cinéma est né de ce rejet. Il en est l’exact opposé réunissant des salles indépendantes, s’éparpillant dans tout Paris, oubliant les tapis rouge pour se concentrer sur la programmation.
Le principal problème de Paris Cinéma est de ne pas s’assumer ouvertement. Il pourrait être un Festival, à la manière des grands festivals ouverts au public en Amérique du Nord, sans compétition, sans jury. Mais en l’érigeant en festival honteux, en ne sachant pas le nommer, Paris Cinéma se transforme en concept flou, mal défini, mal cadré.
Et tout s’en ressent.

CHERCHE ORIGINALITÉ DESESPEREMENT
Nous parlions de la politique commerciale, bâclée. La programmation n’est pas plus satisfaisante. À première vue, la profusion de films, la surabondance d’hommages en font un fourre-tout riche et presque indigeste. Mais au moins l’objectif de Marie-Pierre Macia, en charge de la programmation, c’est à dire "s’adresser à tous les publics sera satisfait. Chacun doit y trouver de quoi nourrir sa curiosité et sa réflexion." De fait personne n’est oublié, des enfants aux amateurs de vieux films, des intégristes de la Nouvelle Vague aux fans de Hip-hop. Il y a quelques pépites à ne pas manquer : l’intégrale Terry Gilliam (y compris Lost in La Mancha, le making of de son film avorté), l’hommage à Leslie Cheung, la rétrospective Antonioni, Solveig Anspach en vedette... Paris Cinéma permettra de découvrir en avant-première les nouveaux films de Claude Duty, Philippe Le Guay, Zhang Yimou, Michel Boujenah, Hélène Angel... Quelques films venus de Cannes feront leur rencontre avec le public parisien : l’excellent Uzak, mais aussi Qui a tué Bambi ?, Shara, Le domaine, Les égarés, Depuis qu’Otar est parti et The Brown Bunny. Ici pour voir plus Bobsop website.
Bémol discordant. Où est la cohérence ? Comprendre le programme (et sa logique) ne sera pas tâche facile pour le parisien cinéphile. Même Macia s’y perd en conférence de presse. Certes, cela vaut mieux qu’un événement allégé, en ces périodes de régime. Mais ce foisonnement, doublé d’une absence de carte de festivalier, risque de ne pas avoir l’effet escompté, celui d’un Paris Plage ou d’une Nuit Blanche : créer un engouement, mobiliser les Parisiens.
À cela s’ajoute la pertinence des choix. Il faut un sérieux manque d’imagination pour avoir le culot de nous resservir les " cannoises " Huppert, Moreau, Ogier, Varda dans les coups de c¦ur et autres hommages. À croire que le cinéma de qualité ne tourne qu’autour de ces actrices de 40 ans et plus. Où se trouve la relève ? la nouvelle génération ? Toutes ces (brillantes) comédiennes sont omniprésentes dans les Festivals, comme des valeurs récurrentes, au point de banaliser leur notoriété. Cet aspect club est renforcé par l’héritage très marqué du passage de Marie-Pierre Macia à la Quinzaine des Réalisateurs dont elle a été licenciée l’an dernier. L’ouverture vers d’autres formes de cinémas est peu flagrante. Même le lien avec le Festival de Rotterdam, l’un des plus audacieux, expérimentaux, et passionnants d’Europe, est marqué par ses rapports très proches avec le Forum des Images (et les Rencontres cinématographiques).
Cette absence d’ouverture à d’autres réseaux cinéphiles marque cruellement les limites de l’exercice. Et une certaine forme de mépris envers ce qui n’est pas dans Paris Cinéma, qui va, selon Macia, "du cinéma d’auteur au cinéma populaire de qualité." Sic !
Cette politique légèrement incestueuse a pourtant laissé sur le carreau certains films qui y auraient mérité leur place ; Paris Cinéma n’était pas toujours disponible pour certains distributeurs.

LES MEILLEURES INTENTIONS
Le principal reproche résidera donc dans le bâclage. Le manque de temps pour créer un tel événement aura conduit à d’énormes incohérences. Aidé de l’Europe (mais pas de l’Etat), de Paris et la Région Ile de France, le concept aura coûté 1,2 millions d’euros, ce qui en fait un "festival" riche.
Mais pas forcément bon en communication. La bande annonce, le website, l’affiche : que cela manque de créativité ! Pour ne pas dire que la banalité visuelle traduit une laideur inacceptable pour une manifestation culturelle parisien. Paris est pourtant avec New York l’une des capitales de la publicité mondiale, la ville héberge quelques uns des plus géniaux Website designers de la planète... Là encore, invoquons la précipitation.
Indigne. D’autant que Paris Cinémas a des ambitions. Ce nouveau rendez-vous annuel doit, selon Macia, "mettre en lumière tout ce que Paris fait en matière de cinéma." Vitrine d’une politique mais aussi d’une industrie, donc. Christophe Girard, adjoint à la culture, confirme : "Le cinéma est la priorité de la politique culturelle de la ville."
Alors que de nombreux cinémas ferment ou sont en péril, que les spectateurs se concentrent dans les multiplexes, et que les tournages à Paris sont toujours aussi complexes et lourds financièrement, la Mairie espère rendre plus lisible sa politique en faveur de ce secteur. A défaut de rendre lisible le programme de Paris Cinéma.
Clairement il s’agit d’un acte de résistance à un certain cinéma (comprendre Hulk ou Chouchou). Paris Cinéma est là pour trouver des distributeurs à des films inédits, pour valoriser des formats plus singuliers, doper les ventes de billets dans une période particulièrement creuse, faire découvrir des salles art et essai...
Il lui manque une politique commerciale efficace, une programmation cinématographique plus compréhensible et moins marquée par l’auteurisme en vogue, et une communication à la hauteur de la "dynamique dédiée à la culture", comme l’a lancé le Maire.
Car pour le moment Paris Cinéma a plus des airs de Festival d’automne (distribution du label et des bonbons qui vont avec) que de Paris Plage.
Le Maire s’est dit prêt à la critique pour construire 2004. "Ce n’est pas figé." Alors voilà, nous avons joué notre rôle de trublion. En espérant que Paris Cinéma 2, le retour, soit mieux travaillé que l’original.
En attendant, à défaut d’orgie, goûtez à quelques uns des plaisirs offerts à si bon prix...