Sara Forestier
Sara Forestier. Elle trouve que son nom est passe-partout, alors elle emprunte celui de Bahia BenMahmoud pour Le nom des gens. Rencontre avec une actrice nature et généreuse.



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 (c) Ecran Noir 96 - 17



Sam Claflin enchaîne les interviews mais ne se laisse pas rattraper par la fatigue pour autant ou peut-être un peu... L'acteur s'avance tout sourire dans ma direction et se prend une lampe «oh désolé» dit-il...à la lampe avant de s'asseoir à mes côtés. Charmant et drôle, l'ex-tribut favori de Hunger Games est lumineux, beau et d'un grand professionnalisme. Rencontre...
Écran Noir: The Riot Club était une pièce de théâtre avant d'être un film, l'avez-vous vue?




Sam Claflin: Non je ne l'ai pas vue. J'en ai entendu parler, ce qui est obligé lorsque vous vivez à Londres comme moi. Il y a des pièces partout et tout le temps. Mais je ne l'ai pas vue car lorsqu'elle était jouée parce que je n'étais pas en Angleterre. Par contre j'ai de nombreux amis de l'école de théâtre où j'étais qui sont dans la pièce.

EN: Le rôle d'Alistair est totalement à l'opposé de vos rôles habituels. Dans vos précédents films vous êtes le gendre idéal, gentil et attentionné et là vous incarner un véritable méchant, n'avez-vous pas eu quelques réticences quand vous avez reçu le scénario?
SC: En fait, on m'avait demandé d'auditionner pour le rôle de Miles (lire notre interview de Max Irons), le meilleur ou le plus gentil des dix du Riot Club, mais j'ai demandé à auditionner pour le méchant (rires). Je voulais jouer Alistair! C'est un personnage que je n'avais jamais fait avant et c'était pour moi un véritable challenge. Contrairement à ce que j'ai pu jouer avant, Alistair n'est pas un personnage que l'on aime, c'était vraiment un challenge et je voulais saisir cette opportunité.

EN: Du coup comment vous vous êtes préparé pour ce rôle?
SC: D'une manière très basique finalement. J'ai appris à parler d'une façon chic, bourgeoise. Je suis tellement loin de ce monde, je suis né dans une classe moyenne, ma famille n'avait pas d'argent et on n'a pas fréquenté des écoles chics. Du coup j'ai fait des recherches afin d'apprendre des choses sur ce monde que je ne connaissais pas. Concernant Alistair, il a cet esprit sombre et inquiétant. Vous savez il est un enfant qui n'a jamais été aimé, il n'est pas différent des enfants qui finissent en prison par exemple, sauf que lui il a tout cet argent qui peut lui éviter la prison. Du coup je me suis préparé comme cela, en faisant des recherches afin de savoir pourquoi il est ce qu'il est. Il s'agit d'un personnage très très complexe et vraiment difficile à comprendre.

EN: Vous avez donc dû faire des recherches sur l'Université d'Oxford également?
SC: Oui je n'ai pas eu la chance de fréquenter cette université ou une quelconque université que ces personnages ont pu fréquenter. C'était un nouveau monde pour moi, un nouveau monde que je devais apprendre à connaître. Heureusement vous pouvez trouver pas mal de chose lorsque vous faites des recherches.

EN: Revenons sur votre personnage, tout semble bien finir pour lui...
SC: À la fin oui! Et il a même son premier sourire du film (rires)! En tout cas, c'est la dure réalité de la vie: beaucoup de personnes font des tas de choses mauvaises et s'en sortent malgré tout. C'est assez flippant je dirais!

EN: Qu'est-ce que ça fait de travailler avec Lone Scherfig? Max Irons me disait qu'elle est un peu comme une mère?
SC: Oh une mère, oui exactement! Vous savez elle est phénoménale comme femme! Elle avait cette maturité avec nous tous sur le tournage, elle nous dirigeait à la perfection tout en nous laissant une certaine liberté afin d'acquérir le personnage. On avait notre mot à dire en somme. Je peux même vous lire de nombreuses répliques qui n'apparaissent pas dans le scénario. Lone est fantastique sur un tournage, elle est une source d'inspiration en faite.

EN: Quelle est votre scène favorite du Riot Club?
SC: Je pense que mon moment favori, c'est le restaurant saccagé. Et je pense que tous les autres diraient la même chose. C'est une véritable opportunité de jouez ça. D'une manière basique, une personne se tourne vers vous et vous dit «Bon tu m'arraches ça, tu me casses ça...». C'était une journée très très drôle sur le tournage. Bien évidemment, on avait une chorégraphe à suivre afin que la caméra puisse suivre nos mouvements. On était une meute de loup! C'était vraiment amusant.

EN: Du coup le tournage ressemblait à une grande fête...
SC: De temps en temps, on était des vrais animaux! Comme je vous l'ai dit on a eu de la chance de pouvoir faire ça. En même temps c'était très professionnel. Il y avait vraiment une ambiance incroyable sur le tournage. C'était plaisant de jouer avec neuf autres personnes qui ont la même tranche d'âge que vous: ils ont le même caractère, la même façon de travailler que vous, la même passion. On est neuf chanceux et c'était une expérience vraiment vraiment incroyable.

EN: Cette alchimie existe donc dans la vraie vie...
SC: On sortait souvent en dehors du tournage. On est devenu notre propre club.

EN: Imaginons que le Riot Club existe vraiment, pouvez-vous nommez un acteur ou une actrice que vous aimeriez voir comme membre?
SC: Whaw! (Rires) Il y en a tellement...Et bien je ne le changerai pas, je le laisserai tel qu'il est avec les membres qu'il a mais sans moi (rires). Pour prendre ma place je nominerai mon petit frère qui est également acteur.

EN: Si vous aviez un ami comme Alistair, vous lui donneriez quoi comme conseil?
SC: Je n'aurai jamais d'ami comme Alistair (rires)! Mais bon si j'en avais un, l'idée serait de le laisser parler de ses sentiments comme lorsque vous parlez à un enfant. Alistair est un type qui pense trop, il n'a jamais vraiment été aimé ou choyer. On ne lui a jamais donné l'opportunité d'être écouté. Vous savez tout le monde a besoin d'un ami, de quelqu'un quelque part.

EN: Concrètement, il n'a personne et il est vraiment bizarre en présence d'une fille...
SC: Il est associable vous pouvez le dire (rires)! Il n'a pas d'amis, ni une famille à qui il peut parler. Il est seul et je pense que c'est ça le problème. Le fait d'être seul souvent, ce sentiment de rejet, ça ne lui donne pas envie d'essayer d'être sociable.

EN: Et puis ses parents le traite comme un enfant, je repense à la scène du début où ils ont choisi sa chambre universitaire...
SC: Oui son père le traite comme s'il était un enfant tout comme sa mère qui est, selon le scénario, probablement une alcoolique. C'est pour cela qu'il ne lui parle pas comme on devrait parler à une mère. Il est seul et il n'a sans doute jamais eu personne pour lui dire qu'il fallait qu'il grandisse.

EN: Avez-vous des acteurs qui vous inspirent?
SC: Oh oui j'en ai beaucoup, mais après j'essaye surtout de ne pas être le nouveau quelqu'un mais plutôt le seul Sam Claflin. Bien évidemment, il y a beaucoup d'acteur qui peuvent m'inspirer mais chacun à sa carrière propre. Par exemple mon ami Eddie Redmayne, je l'admire et je trouve qu'il est un excellent acteur et qu'il mérite tout ce qui lui arrive.

EN: Depuis la saga Hunger Games, arrivez-vous à vous balader tranquillement dans les rues ou c'est un peu difficile comme votre partenaire Jennifer Lawrence?
SC: J'arrive à me balader tranquillement dans les rues (rires). Oui Jennifer a eu cette mauvaise bénédiction si je peux dire. Me concernant, je suis chanceux et je peux dire chanceux car de nombreux acteurs veulent devenir acteur pour être célèbre et d'autres comme moi veulent être acteur car ils veulent être quelqu'un d'autre qu'eux-mêmes. Je suis devenu acteur car je veux être d'autres personnes et donc jouer différents personnages. D'ailleurs c'est ce qui m'attire le plus: les personnages et comment ils sont. Je me trouve chanceux d'être à la place où je suis, de pouvoir jouer des personnages géniaux et dans des films superbes. Surtout en ce moment j'ai de nombreuses opportunités. Je peux jouer différents personnages dans différents types de films. Je ne veux pas être Sam Claflin dans les films que je tourne mais je veux être tout le monde.


   cynthia