Sara Forestier
Sara Forestier. Elle trouve que son nom est passe-partout, alors elle emprunte celui de Bahia BenMahmoud pour Le nom des gens. Rencontre avec une actrice nature et généreuse.



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 (c) Ecran Noir 96 - 17



La jeune actrice espagnole Pilar Lopez de Ayala n’est jamais là où on l’attend. Après avoir travaillé pour plusieurs séries télévisées, elle alterne les œuvres ambitieuses (Dans la ville de Silvia, L’étrange affaire Angelica…) et les productions internationales (Comme les autres, Alatriste…). Avec Medianeras de Gustavo Taretto, elle fait une incursion dans le cinéma indépendant argentin de qualité en interprétant Mariana, une jeune architecte en pleine crise existentielle dans la ville de Buenos Aires.
Ecran Noir : Comment décririez-vous votre personnage ?





Pilar Lopez de Ayala : C’est une architecte qui vient de se séparer de son compagnon avec qui elle est restée quatre ans. Elle est complètement dans un état chaotique, comme l’appartement où elle habite. Elle traverse une grosse crise et est dans une période de grande vulnérabilité. Elle a des phobies mais elle est en voie de récupération : elle se soigne. Ce qui est bien dans ce personnage, c’est que même si elle est désespéré et névrosée, elle a quand même une grande foi et une grande tendresse qui lui permettent d’envisager l’avenir. Elle est capable de laisser une fenêtre ouverte pour que quelque chose de bien arrive dans sa vie.

EN : Au moment du tournage, quelles indications Gustavo Taretto vous a-t-il donné sur le personnage, notamment sur son passé ou son état intérieur ?

PLdeA : Nous avons construit une sorte de background tous les deux, mais la plupart des informations étaient déjà contenues dans le scénario de façon très subtile.

EN : Sur quoi vous êtes-vous reposée pour construire le personnage ?

PLdeA : C’était comme un « work in progress ». On construisait le personnage en même temps qu’on tournait. Gustavo était très ouvert à mes commentaires qu’il intégrait petit à petit au personnage. Il aime improviser et j’adore travailler de cette manière. Nous formions un très bon tandem, avec une très bonne communication.

EN : Tout n’était donc pas forcément très écrit…

PLdeA : Les dialogues ont aussi changé. Il y avait une possibilité d’intégrer des choses. Gustavo savait où il voulait aller, mais il y avait plusieurs manières d’y arriver. Il a assez de créativité pour improviser des dialogues ou les recréer par rapport aux attentes des acteurs. Tout s’est fait sur le moment. C’est vraiment un film qui est pris dans l’instant, qui est imprégné de cette philosophie. C’est une invitation à travailler en se mettant dans un état de vulnérabilité qui permet de ressentir l’instant, de deviner le moment.

EN : Comment créer une alchimie avec le personnage masculin alors que vous n’avez pratiquement aucune scène ensemble ?

PLdeA : Elle le voit deux fois concrètement : dans le magasin après la panne d’électricité et lorsqu’elle vient le chercher dans la rue. Ce qui est bien dans le film c’est qu’on a le temps de voir le mode de vie de chacun, et le désir monte de les voir se rencontrer. Cela crée un triangle entre eux et le spectateur qui souhaite qu’ils se retrouvent. Ce désir participe à la force du film. Ce qui est paradoxal, c’est qu’ils habitent le même pâté de maison mais ils n’arrivent pas à se trouver. Ils se croisent sans cesse : dans une salle de cinéma, dans un escalier, dans un magasin de films… Le destin est là qui veut agir mais c’est comme si eux-mêmes mettaient des obstacles à cette rencontre. Ils se protègent avec leurs écrans et les communications virtuelles.

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