Sara Forestier
Sara Forestier. Elle trouve que son nom est passe-partout, alors elle emprunte celui de Bahia BenMahmoud pour Le nom des gens. Rencontre avec une actrice nature et généreuse.



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 (c) Ecran Noir 96 - 20



RENCONTRES DU 3e MILLENAIRE

Que sera le cinéma de demain ? Quels genres, techniques et thèmes brassera-t-il ? Qui seront ses disciples, ses maîtres et ses bourreaux ? Les Rencontres internationales de Poitiers, à défaut de prédire cet avenir cinématographique, permettent d'en prendre la température en montrant des films d'école (souvent des œuvres de fin d'études) venus du monde entier. L'occasion rêvée de demander à ces jeunes réalisateurs ce qui les fait tourner.

Acte 3 : Pieter-Jan de Pue, "Travailler dans un espace ouvert".


Age : 26 ans
Ecole : RITS Erasmus Hogeschool, Bruxelles
Film : O, documentaire couleur.

Ecran Noir : Parlez-nous de votre film.





Pieter-Jan de Pue : Ce n'est pas juste une idée qui est venue comme ça mais l'accumulation de différentes idées que j'ai eues pendant mes quatre ans d'école. Je suis allé en Amazonie et au Brésil dans le cadre d'un reportage photos et j'ai été convaincu de tourner là car la lumière m'a vraiment touché. Les autres parties du film ont été filmées en France et en Belgique, dans des sites industriels. Ce sont des endroits forts : la nature contre l'industrie et les hommes… On a choisi de le présenter comme un "documentaire créatif", car ce n'est pas une fiction narrative, il n'y a pas de scénario, plutôt une philosophie. mais ce n'est pas important, c'est juste pour les festivals. En ce qui me concerne, c'est plutôt une fiction, parce qu'il y a des éléments manipulés, un peu comme le film Koyaanisqatsi de Godfrey Reggio.

EN : Pourquoi faire du cinéma ?

PJDP : Pour moi, cela a toujours été très ambigu entre photographie et cinéma. Je n'arrivais pas à choisir et quand je me suis décidé pour le cinéma, j'ai continué la photographie. En fait, ce qui compte, ce sont plutôt les images, peu importe le support.

EN : Quelles sont vos influences ?

PJDP : Elles viennent là aussi plutôt de la photographie. L'idée de mon film est directement inspirée de photographes comme Reza ou Steve Mc Curry. De la série "Qatsi" de Godfrey Reggio, aussi (Koyaanisqatsi, Powaqqatsi, Naqoyqatsi). Et du chef opérateur Patrick Ottens qui a un style remarquable. Mais je ne pense pas que ce soit vraiment important d'avoir des inspirations fortes dans lesquelles on se reconnaît. C'est sans doute mieux de travailler dans un espace ouvert et d'ajouter sa vision et sa manière de faire personnelle.

EN : Comment voyez-vous le cinéma de demain ?

PJDP : Personnellement, je suis attiré par les films d'auteurs plutôt que par les trucs commerciaux d'Hollywood. Il y a pas mal de films très biens, super narratifs, où le scénario est primordial. Ca n'est pas toujours mon truc,j'aime aussi l'abstrait. Beaucoup de gens veulent voir une histoire qui leur parle, où ils peuvent se reconnaître, mais ce n'est pas forcément ça le plus important. Je pense qu'il y a beaucoup de choses qui ont déjà été faites, les réalisateurs cherchent dans des directions différentes, cela crée une énorme diversité. Il n'est pas forcément nécessaire de changer de direction, il y a plein de possibilités, de nouveaux genres : on peut voir ce qu'on veut ! Je suis assez optimiste, à part peut-être devant un certain cinéma français très classique…


   MpM