Sara Forestier
Sara Forestier. Elle trouve que son nom est passe-partout, alors elle emprunte celui de Bahia BenMahmoud pour Le nom des gens. Rencontre avec une actrice nature et généreuse.



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Bien que leurs personnages s'y donnent la réplique, Laetitia Casta et Elie Semoun n'ont pas eu l'occasion de se croiser pendant le doublage du Petit monde de Charlotte. Ils se rattrapent donc lors des interviews données à l'occasion de la promotion du film, qui est une adaptation d'un best-seller pour la jeunesse de E. B. White. Complices et détendus, ils ont un peu de mal à se prendre au sérieux lorsqu'il s'agit de parler de leur "composition" d'araignée et de rat… mais se prêtent de bon cœur au jeu des questions qui ont forcément un petit côté décalé.
Ecran Noir : Comment avez-vous réagi quand on vous a proposé d’interpréter une araignée ou un rat ?





Elie Semoun : Cela ne m’a pas étonné… Je n’avais jamais fait de rat, ça manquait à ma panoplie.

Laetitia Casta : Je me suis dit « quoi ? ! », j’étais surprise… et puis l’idée m’a plu. Au fond, je suis très contente de l’avoir fait, d’être allée vers quelque chose de différent de ce que l’on a pu me donner auparavant.

EN : Que pensiez-vous des araignées avant d’interpréter Charlotte ?

LC : Je les trouvais laides et un peu répugnantes. Mais maintenant, je suis réconciliée. J’éprouve plus de compassion pour elles.tag heuer monaco replica

EN : Les araignées ont effectivement rarement bonne presse… comment contourner cet obstacle ?

LC : C’était amusant de la rendre sympathique. Elle apparaît laide et visqueuse mais on s’aperçoit peu à peu qu’elle a bon cœur. Il y a un décalage énorme entre sa voix et son physique, et c’est ce qui m’a plu. J’ai essayé d’allier la douceur et le côté maternel que l’on n’attend pas du tout chez une araignée…

Ecran Noir : Et au fait, comment êtes-vous arrivés sur le projet ?

ES : C’est le distributeur Camille Trumer qui nous en a parlé. Enfin (il s’interrompt), c’était pareil pour toi, non ?

LC : Heu, non, c’est mon agent qui m’en a parlé…

ES : Ah ok. Moi, c’est Camille, car on est ami. Il y a longtemps qu’il voulait me faire faire un petit personnage comme ça. Ce n’est pas loin de ce que j’ai déjà fait [Sid dans L'âge de glace, Zébullon dans Le manège enchanté, Fender dans Robots…]. Je me sens à l’aise avec ce genre de petit personnage sautillant.

EN : Comment se déroulent les séances de doublage ?

ES : C’est assez frustrant, on était juste trois : l’ingénieur du son, le directeur du plateau… et moi. Eh oui, on joue seul ! ! ! Ca se fait comme ça, on ne travaille pas tous ensemble… En tout cas, cela a été trop vite. Je regrette, j’aurais aimé y passer plus de temps. Au début, j’ai un peu tâtonné. Mais quand j’ai trouvé ma voix, ça s’est fait très rapidement, comme sur L’âge de Glace : quand on tient la voix, on fait ce que veut, on « a » le personnage.

EN : Comment trouve-t-on cette voix ?

ES : J’ai vécu dans les égouts, j’ai mangé des épluchures… (il rit). Sérieusement, je l’ai trouvée le premier jour, quand j’ai vu les images pour la première fois.

LC : On ne sait pas trop où on va. Au début je pensais à une voix assez mystérieuse… Mais on nous a aussi choisi en fonction de notre personnalité. Il s’agit d’humaniser ces petites bêtes. C’est un travail très intense, il faut être dans l’émotion et beaucoup s’investir. Je n’avais jamais pris ma voix au sérieux. J’étais plutôt étonnée d’entendre ce qu’on peut faire avec, de la force qui s’en dégage. Tu ne le fais pas comme ça, il faut se donner. Tu ne trouves pas ?

ES : Oui, car sinon ça peut être totalement raté. On peut tout faire passer par la voix, l’émotion, la colère, la joie… c’est très subtil. Toi qui as fait du théâtre, tu sais à quel point c’est important !

LC : Bien sûr, l’énergie énorme de la voix ! ! !

EN : Comme dans tous les films pour enfants, il y a un message dans Le petit monde de Charlotte. Notamment au sujet du cycle de la vie et sur l’importance de ne pas se fier aux apparences. Cela compte pour vous, de participer à véhiculer ce type de « morale » ?

ES : C’est le propre du cinéma pour enfants, ça doit nous apprendre des choses quand on est enfant. Bien sûr, ce n’est jamais une incitation à prendre de la drogue ! En règle générale, je m’en fous, je comprends qu’on fasse la morale aux enfants, mais aux adultes, non. Enfin, là, quand on est arrivé, le film était déjà fini, il n’y avait qu’à ajouter les voix, donc le message nous a un peu échappé.

LC : J’y suis allée pour le plaisir, pour m’amuser et aussi par rapport à mes enfants. C’était ludique, mais c’est tout. Dans un film, la morale, même faite aux enfants, m’ennuie.

EN : Vous avez montré le film à votre fille ?

LC : Oui, elle était super contente, ça l’a vraiment touchée… Après, elle a posé beaucoup de questions sur la mort. Ce n’était pas évident de lui expliquer ça à son âge. Par contre, elle n’a pas fait le rapprochement entre la voix de Charlotte et moi.

EN : Cela joue de faire un film qui est vraiment destiné aux plus jeunes ?

ES : Oui, bien sûr ! C’est génial ! Si on peut arriver à les faire rêver et les faire rire, c’est super.

LC : c’est moins narcissique…

EN : Laetitia, on vous sent désireuse de toucher à tout et d’élargir votre répertoire après vous avoir vu dans Le grand appartement, qui est une comédie, et maintenant dans cet exercice de doublage pour Le petit monde de Charlotte

LC : Mais c’est ça être acteur ! Il y a la voix, le physique, l'énergie… tellement de choses à explorer ! J’ai encore beaucoup à apprendre, je n'ai pas envie de passer à autre chose tout de suite.


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