Sara Forestier
Sara Forestier. Elle trouve que son nom est passe-partout, alors elle emprunte celui de Bahia BenMahmoud pour Le nom des gens. Rencontre avec une actrice nature et généreuse.



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Mohamed Ben Attia







 (c) Ecran Noir 96 - 17





Ecran Noir a recroisé le chemin de la belle Aure Atika à l'occasion de la sortie de son nouveau rôle dans Sur un air d'autoroute, premier film de Thierry Boscheron. L'occasion de faire un rapide petit bilan de sa carrière...
Ecran Noir: Peux-tu nous raconter en quelques mots ton personnage ?





AA: Je suis "l'épiphanie" du film, l'apparition qui rayonne. Je suis l'incarnation de tous les désirs de Jeff -le personnage principal- et sa ressource, celle qui l'aide, le motive à courir pour retrouver son oreille. Je suis aussi la couleur dans la grisaille pour tous les automobilistes ou mes collègues qui passent au péage.

EN: Jeff perçoit Perrine comme un fantasme, c'est ton avis ?

AA: Quand, ils étaient ensemble à portée de vue et d'écoute, ce n'était pas du domaine du fantasme. Ils ne sont pas restés ensemble, ils ne s'entendaient plus, et souvent les gens ne s'entendent plus, parce qu ils ne s'écoutent plus. Elle est partie. Il ne la voit plus, ne l'entend plus, elle redevient de l'ordre du fantasme. On fait rêver les hommes lorsqu'ils ne nous ont pas tout à fait!

EN: C'est le premier film de Thierry Boscheron, comment s'est passé cette rencontre, et qu'est-ce qui vous a attirée dans cette histoire ?

AA: Cela m'a rappelé une anecdote, qui m'est arrivée quand j'avais 16 ans. J'allais à l'aéroport en taxi, et au milieu du trajet, j'annonce au taxi que je n ai que 100 F en poche. Et là, il m' arrête sur le bord de l'autoroute à 99F! Pendant une demi-heure, sur le bord, perdue, pressée et désemparée, j'ai vu cette autoroute d'une autre façon subitement! En dehors de la voiture, c'est un cauchemar ! Il y a un sentiment de danger, de frustrations par rapport aux bolides, on se sent minuscule, et en même temps si incongrue !! Les taxis s'arrêtaient, mais me voyant sans argent repartaient... Quand j'ai lu le scénario, je me suis dit : " voilà le bon moyen de se réconcilier avec l'autoroute et de retrouver cet autre regard sur ces tronçons ! ", c'est la vision poétique de cet endroit que tout le monde connaît, mais seulement au travers des vitres ou des stations service.

EN: Comment avez-vous vécu ce tournage ?

AA: La partie au péage de St Arnoult était éprouvante. Je "travaillais" dans la file poids lourd, la pollution, le bruit, l'espace réduit, les règles très strictes de sécurité, les vraies voitures qui vont vite, faisaient qu'il fallait s'économiser. Nous avons aussi tourné sur un tronçon fermé près de Tours. C'était beaucoup plus calme et détendu. Heureusement, Sacha, les autres comédiens et l'équipe technique, tout le monde y mettait du sien pour humaniser tout ca.

EN: La durée de l'aventure ?

AA: J'ai eu 20 jours de tournage.

EN: Avez-vous un souvenir marquant ?

AA: L'eau noire de la douche, le soir en rentrant.

EN: Est-ce éprouvant de parler à une oreille ?

AA: Elle est bien faite n'est ce pas?
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