Sara Forestier
Sara Forestier. Elle trouve que son nom est passe-partout, alors elle emprunte celui de Bahia BenMahmoud pour Le nom des gens. Rencontre avec une actrice nature et généreuse.



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 (c) Ecran Noir 96 - 20



L'IMAX vu par ceux qui le font

LE PRODUCTEUR: Ben Stassen

Ben Stassen est belge. Il est l'un des actionnaires-fondateurs de New Wave International. Il a réalisé un premier film IMAX, Special Effects, et revient avec un second, Thrill Ride. Déjà sorti dans 5 salles IMAX d'Amérique du Nord (dont Imax Vieux-Port de Montéral actuellement), le film a déjà rapporté 1 100 000 $ depuis sa sortie. Stassen est un pro de l'IMAX. Il le maîtrise, mais mieux, il le visualise. Il en connait toutes les contraintes, jusqu'à vouloir les contourner.

Combien a couté Thrill Ride?





B.S. 5.8 millions de $. Les films Imax sont très contraignants financièrement. Une bobine coûte 1200 $ à l'achat, son développement plus de 1000 $, et l'impression 100 autres $. Ça explique pourquoi les films IMAX sont assez courts...mais ce n'est pas la seule raison. Beaucoup de salles sont situées dans des musées ou des centres culturels. Les films IMAX pour eux ne sont que des produits complémentaires. Il ne faut pas capturer les gens trop longtemps. Mais la tendance change. De plus en plus de salles IMAX sont dans des centres commerciaux. Faire des films plus longs c'est faire des films plus chers. Hors, des films long métrages ne sont pas amortissables actuellement si on les fait en IMAX. Le marché est trop petit, 160 salles, dont 130 dépendant de musées. Ça ne donne pas assez de visibilité. Maintenant, on peut inverser le problème. En augmentant la taille du marché, est-ce qu'IMAX gardera son intérêt? En faisant des films plus commerciaux, moins documentaires, est ce qu'on ne détruiera pas la spécificité d'IMAX? les films IMAX ça marque. On s'en souvient.

Pourtant vos films sont plus commerciaux que les autres...

B.S. Oui. Il y a 3 catégories de films IMAX. Vie sauvage, Destinations, Espace. En 25 ans et 120 films, la plupart appartiennent à ces 3 catégories. Maintenant, il existe une vingtaine de films très différents, comme le Annaud (Wings of Courage) ou Les Rolling Stones. Special Effects ou Thrill the ride sortent des sujets classiques. Ils sont plus commerciaux, parce que je choisis des sujets divertissants. Ce n'est pas la science qui divertit, c'est le thème. L'IMAX est une technologie au service de ce sujet. Le marché est contraignant, mais la technique aussi. Ils limitent le contenu. Jusqu'en 93 les caméras IMAX MSM étaient peu fiables. Il y a une soixantaine de salles qui sont des dômes. On ne peut pas voir le film dans les mêmes conditions. Mais l'IMAX peut permettre de filmer aitrement. Cependant, les techniques actuelles doivent alléger les caméras. D'ailleurs le digital doit premettre des mouvements nouveaux.

Justement, vous ne croyez pas que votre utilisation d'images de synthèses ne fassent concurrence à IMAX? Finalement, vous pouvez reproduire de smouvements de caméras qui ne peuvent aps être faits habituellement avec les monstres IMAX...

B.S. J'espère bien! Je veux faire la révolution! Le but est de créer des outils "users friendly", et donc de remplacer les caméras IMAX. La société IMAX tire ses profits de projecteurs. Pour filmer en IMAX l'Everest (sortie en 98, NDLR), c'ets une bobine, une montée, pour 45 secondes... On peut éliminer la caméras avec les images digitales. mais aujourd,hui le problème reste le poids des fichiers: 22 MB par 24 images pour une seconde! D'ici 2-3 ans, la caméra digitale pourra faire du 24 images IMAX secondes. Actuellement la NASA en est à 20 images secondes.

Dans Thrill Ride, quelle est la proportion d'images de synthèses?

B.S. Il y a 23 minutes d'images manipulées numériquement, et 16-17 minutes d'images réelles. Au total nous avons filmé 13 extraits de "rides" (attractions vertigineuses, NDT). Exceptée deux, trois, elles sont toutes filmées par New Wave, ce qui fait de nous le plus gros fournisseur au monde de ce genre d'images.

C'est une industrie en plein boom...

B.S. Oui, il y a une demande de plus en plus forte. Mais peu d'entreprises sont rentables. Il y a peu de profits car l'industrie est considérée comme un sous-traitant technique et non pas comme un prestataire de produits, de créations. Aussi nous devons rendre un produit parfait mais en plus s'il ya de schangements dans le film, nous devons nous y soumettre.

Et le 3D? C'est de plus en plus courant...

B.S. C'est le grand débat aujourd'hui. Il n'y a que 6 films en 3D, qui marcehnt très bien. Mais il n'y a que 2 caméras 3D dans le monde. 85% des alles /d en plus sont à vocation commerciales. Cela change donc notre façon de voir les produits. Ce ne sont pas les mêmes films qui peuvent être montrer en 3D. Ma prochaine réalisation qui sort en juin, l'année prochaine, traite de ce sujet. Encounter in 3D est une présentation de l'effet 3D. Je reprend le personnage d'Elvira comme dans Thrill Ride, une sorte de star de l'effet spécial, du fantastique. Et je la plonge virtuellement dans cet univers 3D.

Comment se fait-il que vous arriviez à produire vos films IMAX en si peu de temps?

B.S. Financer un film IMAX est difficile. Pas de sponsoring, pas de commanditaires, peu de préachats par les salles. Durant la conférence IMAX (cette année à Vancouver, NDLR), on annonce les projets qui seront mis en route. Pour nous, le cas est différent. Thrill Ride est le premier film IMAX entièrement produit par Sony Pictures et New Wave. Cela explique la rapidité de production. Habituellement il faut 12 à 18 mois de montage financier, et presque 3 ans au total pour la production. Pour Thrill Ride, on a signé en Août 96, le tournage a eu lieu entre novembre 96 et avril 97. Il est en salles depuis août.

Quelles ont été les séquences les plus difficiles à tourner?

B.S. La séquence sur le Son Dolby, avec els effets de voix et de distance. Elle dure 2 minutes 42. Elle demandait une extrême préparation. Elle un peu trop longue, je trouve. Et celle du cock-pit, quand l'avion atterit à San Diego parce qu'elle mélange 3 techniques: images réelles, images de synthèses, et images numériquement retravaillées.

Vous jouer beaucoup aussi avec les tailles d'écran, les styles d'images...

B.S. On tatonne avec les choses nouvelles. Vu le coût et les contraintes, on ne peut faire que de petits essais un peu risqués. Alors on ose utiliser des iimages vidéos, jouer avec les alignements, changer lestailles d'écran, utiliser l'écran IMAX comme un mur vidéo. Grâce aux techniques digitales, on peut changer la vision des choses. Le problème essentiel de l'IMAX est le mouvement. Les films IMAX restent rigides, comme les caméras. Plus la caméra bouge, plus les images sont saccadées, surtout en très large format. C'est un effet de stromboscopie: le cerveau n'arrive plus à fusionner les images. Il rend le spectateur malade. C'est toute la différence avec une image qui prend au tripe. Là c'est une sensation provoquée, que l'onr essent. Dans Amazon, Kieth Merrill a réussi à faire de très beaux mouvements en fixant la camréa sur un bateau et en lui faisant faire des courbes sur le fleuve.

Vous mettez votre savoir-faire au service de ces productions IMAX?

B.S. Oui. par exemple dans Amazon, le fondu enchaîné sur ce svisages de tribus, c'est nous qui l'avons fait. Optiquement, le numérique ets idéal pour ce genre de trucage. Nous avons aussi retravaillé l'arrivée sur l'Amazone. Et puis pour Everest, nous avons participé à quelques scènes.


   Vincy Thomas