Sara Forestier
Sara Forestier. Elle trouve que son nom est passe-partout, alors elle emprunte celui de Bahia BenMahmoud pour Le nom des gens. Rencontre avec une actrice nature et généreuse.



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En plein tournage du film de Dominique Farrugia, Trafic d'influence, Aure Atika, jeune comédienne française talentueuse et à l'avenir prometteur, nous a accordé cette entrevue.
EN - Juste après les études, ce fut un revirement total?

AA - Non, en fait, après les études, j’ai dû travailler pour gagner des sous, vivre. Donc, j’ai fais plein de petits boulots : serveuse, plein de trucs. Ensuite, j’ai fais ce film Sam suffit. Après, j’ai pris des cours. Alors là, c’étais un peu revenir un peu à l Œécole, puisque l’école Florent ça décodait très bien, mais c’est un peu l’école : on fait l’appel tous les jours, tous les matins, on passe les scènes les uns après les autres, ça un côté un peu usine à fric aussi. Donc, c’était un peu revenir à l’école, je me retrouvais à 22 ou 23 ans au cours Florent avec des gens qui sortaient juste du bac de 18/19 ans et qui ne savaient pas trop quoi faire, qui font ça un peu aussi parce qu’on leur paye leurs études et qui se disent : “Tiens, je vais faire l’acteur!”. Il y a des gens super bien dedans, Gad Elmahed... Il y a plein de gens... Enfin on était ensemble à la même époque, mais il y avait aussi des gens qui sont là, on ne sait pas pourquoi. C’était un peu la mode d’être acteur et d’être au cours Florent. Donc, oui prendre des cours, j’ai fais aussi Blanche Salan qui était bien, qui était plus la méthode Actor Studio et tout ça c’était assez intéressant. Mais, je n’ai jamais trouvé de cours qui sur le fond ou sur la forme fasse la méthode Actor Studio, sur des choses : utiliser ce qu’on est, très mémoire sensorielle, exercice d’improvisation... et qui en même temps mélange le travail sur des textes. Au cours Florent, on travaillait que des scènes du théâtre classique ou moderne, que du texte. Et Blanche Salan travaillait que sur notre matériel propre, mais on mélangeait pas avec le texte, et j’ai jamais trouvé de cours qui mélange les deux, un cours qui soit complet vraiment.

EN - Après, le cours Florent, avez-vous été tenté de faire du théâtre?

AA - Non, j’avais tenté le Conservatoire national d’art dramatique, je n’ai même pas eu le premier tour. Mais, j’adorais faire du théâtre. C’est assez fermé comme milieu, j’ai eu accès à deux ou trois auditions dans ma vie, c’est très dur. Mais, j’ai envie d’y venir bouffer de la scène, de prendre l’espace, de faire une scène ou même un rôle de A à Z, ce n’est pas du tout la même chose au cinéma, c’est tellement découpé. Au théâtre j’espère que je vais y venir, je le répète à mon agent chaque fois.

EN - Entre 1979 et 1991?

AA - En 1979, j’avais 9 ans. J’allais à l’école. J’ai eu le BEPC, le BAC, puis la fac et donc ce que je racontais tout à l’heure après Sam suffit, ça été le hasard, une photo, un casting. Ca a marché tout de suite, et donc j’ai fais ce film. A ce moment-là, je bossais dans un boite de nuit, enfin, je faisais complètement autre chose. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire, mais j’avançais au jour le jour, enfin comme aujourd’hui d’ailleurs.

EN - Entre 1991 à 1997, ce fut une période de transition?

AA - Alors la transition, on peut appeler ça comme ça! Ce n’est pas vraiment qu’une transition, c’est aussi que ça n’a pas marché! Sam suffit n’a pas marché en France. Ca a cartonné au Japon. Après, j’ai eu quelques propositions très basées sur des rôles de fille sexy. Donc, je n’ai pas voulu rentrer là-dedans. Je n’ai pas fais grand chose, je me suis retrouvée un peu sans rien. Et donc, j’ai fait d’autres choses, encore des petits boulots et puis j’ai monté un journal : “Au hasard du courrier”, une revue francophone, une sorte de courrier des lecteurs géant. Je faisais ça avec une amie, Charlotte Djian. Notre but était de donner la parole aux gens, un espace où s’exprimer qui ne soit pas seulement ouvert aux écrivains, aux journalistes, aux stars... mais à des gens comme ça, n’importe qui pouvant raconter des histoires, des expériences, des anecdotes.

EN - Sur quel support?

AA - C’était sur du papier recyclé. On avait tout un mode de fonctionnement. On faisait nous même la maquette, on faisait tout toutes les deux : la distribution, la commercialisation, tout, on a galéré et perdu beaucoup d’argent! Et donc ça a duré trois ans. J’ai fais ça aussi avec Charlotte ; on avait une rubrique dans Nova magazine.

EN - Puis, tu t’es mise sur Internet...

AA - Non, en fait, on a voulu se mettre sur Internet, ça ne s’est jamais fait. Il y a des gens qui ont fait un condensé de notre journal sur Internet. Mais, nous, on n’avait pas l’énergie, le temps, c’est dur à deux de tout faire : la fabrication, le choix artistique, les illustrations... On n’a pas vraiment eu le temps de tout mettre en place pour Internet. Mais, c’est vrai que les gens nous envoyaient les textes par e-mail, qu’on faisait un peu de pub par Internet.

EN - Quelle est ton opinion sur Internet justement?

AA - Moi, j’aime beaucoup. Ca fait longtemps que je me connecte. C’est vrai qu’il y a un côté un peu “minitel géant”. Si on n’a pas de recherches précises à faire ou si on n’est pas intéressé par des sujets, on se retrouve un peu à vaquer pendant des heures, la nuit passe très vite, on n’a pas vraiment appris des choses. Je pense que c’est un nouveau mode de vie qui va mettre quelques années à se mettre en place. Par exemple : réserver des billets d’avion, des choses comme ça, je commence à le faire, enfin aller voir les sites pour quand je voyage, voir un peu la ville, où je veux aller, voir la météo... Mais, c’est un petit peu long, le temps de connexion est un peu lent aussi, donc ça freine un peu. Moi, j’utilise énormément pour les e-mails. Je l’allume tous les deux ou trois jours et je correspond beaucoup par ça. Mais, j’adore en tout cas, et je trouve ça dommage qu’il y ait des gens qui refusent encore de s’y mettre.
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