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Heath Ledger sur Ecran Noir
A Knight's tale
(Chevalier)
USA / 2001
Sortie en France le 14 novembre 2001

Fiche technique :
Production : Black and Blu Entertainment, Columbia Pictures
Réalisateur : Brian Helgeland (Payback)
Scénario : Brian Helgeland
Photo : Richard Greatrex
Son : Devon Heffley Curry
Musique : Carter Burwell
Montage : Kevin Stitt
Durée : 132 minutes

CASTING :

Heath Ledger (William Thatcher) - Mark Addy (Roland) - Rufus Sewell (Comte Adhemar) - Paul Bettany (Chaucer) - Shannyn Sossamon (Jocelyn)

Un écuyer décide de prendre l'identité de son maître à la mort de ce dernier pour conquérir le cœur de Dame Jocelyn et gagner le tournoi.
Cet été, Columbia espère décrocher le pompon avec ce film médiéval rythmé par les standards du hard-rock comme We Will Rock you de Queen. Doté d'un budget raisonnable qui a permis de recréer un village et un château d'époque de toutes pièces en Tchécoslovaquie - le film pour limiter les coûts, fut tourné dans les studios Barrandov à Prague , avec son atmosphère entre Excalibur et Highlander, A Knight's Tale a tout pour être un pop-corn movie fortement sympathique.
Au commande de cet outsider pour les sommets du box-office, un scénariste réputé, Brian Helgeland. Cette auteur américain né en 1961à Providence a notamment travaillé sur les scripts de L.A Confidential d'après le roman de James Ellroy, Assassins et Complots de Richard Donner ou encore The Postman mis en scène par Kevin Cotsner. En 1999, après un première expérience derrière la caméra sur la série Les Contes de la crypte, il se lance dans une carrière de réalisateur avec Payback, un remake du Point de Non-Retour de John Boorman avec Mel Gibson qui reprend le célèbre rôle de Lee Marvin. Le film est un joli succès au box-office (80 millions de dollars) qui permet à son auteur de développer un scénario original et ambitieux : un film de chevalerie intitulé The Knight's tale.

En effet, en plus d'assumer la réalisation, Brian Helgeland écrit et produit le film. Un quitte ou double, donc pour la carrière à Hollywood de cet homme de 40 ans qui travaille actuellement sur les scénarios des prochains films de Clint Eastwood.
Il a néanmoins un atout dans sa manche : avoir choisi pour le premier rôle le charismatique Heath Ledger. Le jeune héros de The Patriot de Roland Emmerich bénéficie en effet d'une côte d'amour évidente auprès du jeune public (surtout féminin…). Le reste du casting est également prometteur, Mark Addy, Dave dans The Full Monty, Rufus Sewell, le héros de Dark City et la belle Shannyn Sossamon.

A signaler enfin, que la charmante Bérénice Bejo l'héroïne de Meilleure espoir féminin tient un petit rôle dans le film.

THE SHOW MUST GO ON

" Un jour, je serai chevalier. "

L'an 1300. Deux chevaliers se préparent à une joute sans merci. Leur écuyers préparent les montures, les deux combattants se défient du regard puis ajustent leur heaume, quand soudain, le public se met à taper des mains en cadence sur l'air de We Will Rock You de Queen….
Fou rire ou consternation : de cet état initial dépend votre plaisir à la vue de Chevalier.
Brian Helgeland tient un pari audacieux : flirter avec le ridicule en incluant des éléments contemporains à un monde moyenâgeux fidèlement reconstitué. Chevalier réussit sa mission : divertir le spectateur, lui faire oublier les tourments de l'actualité pour le plonger dans un monde différent - ici, l'univers des tournois du moyen-âge, filmés comme une compétition sportive moderne.
Brian Helgeland prouve qu'en plus d'être un bon scénariste qui parvient toujours à bien caractériser ses personnages, il a un certain talent pour la mise en scène. Les joutes sont impressionnantes et il multiplie les façons de les filmer afin de ne pas susciter une impression de répétition.
Heath Ledger confirme qu'il est l'un des jeunes acteurs d'Hollywood à suivre et réussit à donner du charisme et de la fougue à son personnage, en étant aussi à l'aise dans les combats que dans les joutes verbales. Rufus Sewell est également parfaitement indigne en méchant sans scrupules mais la véritable révélation du film c'est Paul Bettany. Génial dans le rôle de Chaucer, un héraut joueur et provocateur, il rend chaque joute unique par ses discours, donne au film un côté gentiment révolutionnaire, bref sans lui, Chevalier paraîtrait bien long et monotone.
La longueur de son film est d'ailleurs son principal défaut : 2h10 pour un film pop-corn c'est beaucoup trop long. Le parti-pris risqué n'est pas assumé jusqu'au bout et après une heure et demie réjouissante avec des personnages hauts en couleur et son énergie communicative, le film devient plus sérieux avec l'inévitable morale sociale, plus classique aussi dans sa facture. Les anachronismes géniaux (ou ridicules, ou les deux à la fois) disparaissent également remplacés par un épais pathos émotionnel beaucoup moins original et réjouissant.

Mais qu'importe, Chevalier reste une agréable surprise surtout qu'on pouvait redouter le pire après le catastrophique D'Artagnan.

Yannick- 

 (C) Ecran Noir 2001