L’Arabie Saoudite autorise l’ouverture de salles de cinéma

Posté par vincy, le 12 décembre 2017

On vous l'annonçait le 24 octobre dernier. C'est désormais officiel. L'Arabie saoudite va autoriser l'ouverture de salles de cinéma à partir de début 2018. Les salles de cinéma étaient interdites depuis plus de 35 ans.

Les autorités vont délivrer dès à présent les permis d'exploitation, selon le ministère de la Culture. "C'est un moment clé dans le développement de l'économie culturelle dans le pays", a déclaré le ministre de la Culture Awad al-Awad dans le communiqué.

Ce n'était pas gagné: en janvier, le mufti d'Arabie saoudite s'était insurgé contre la possible ouverture de salles de cinéma, affirmant qu'elles seraient sources de "dépravation" car elles favorisent la mixité.

Mais le Royaume ne pouvait plus tolérer que ses propres habitants aillent au cinéma à l'étranger, provoquant des fuites de devises, et il faut bien anticiper la fin du règne du pétrole. Dans son plan Vision 2030, l'un des régimes les plus obscurantistes de la Planète a du le concéder: "Nous considérons que la culture et le divertissement sont indispensables à notre qualité de vie. Nous avons bien conscience que l'offre culturelle actuelle ne correspond pas aux attentes croissantes des citoyens et résidents."

Un accord avec un circuit américain

Dès le lendemain de cette annonce, le Fonds souverain saoudien (PIF) a confirmé la signature d'un accord avec le plus gros exploitant de salles de cinéma américain AMC Entertainment Holdings. Le PIF a estimé que le marché cinématographique saoudien pourrait peser 1 milliard de dollars par an. AMC, désormais appartenant à un conglomérat chinois depuis 5 ans, possède 1000 cinémas et 11000 écrans à travers les marques Odeon, UCI et Carmike.

The Shape of Water et Big Little Lies en tête des nominations aux Golden Globes 2018

Posté par wyzman, le 11 décembre 2017

Comme chaque année, les nominations pour les Golden Globes ont créé de véritables surprises. Call Me By Your Name (3), Lady Bird (4), The Post et The Shape of Water partant déjà favoris côté cinéma, ces quatre films n'ont fait qu'asseoir leur statut d'incontournables dans la course aux Oscars. Rappelons néanmoins que les résultats des Golden Globes n'ont aucune incidence sur les nominations des Oscars puisque ce sont 93 membres de la Hollywood Foreign Press Association qui élisent les lauréats des Golden Globes et non l'Académie américaine.

Pas une seule femme côté réalisatrice. La Fox triomphe côté nominations.

The Shape of Water part cependant grand favori avec 7 nominations, un Lion d'or à Venise, et un film mélangeant un genre grand public à un sujet politique. L'autre grand triomphateur de ces nominations est la Fox. Avec son studio Fox Searchlight et la 20th Century Fox, la société cumule 27 nominations (dont 6 pour The Post (Pentagon Papers) et autant pour Three Billboards, véritable surprise de la sélection). Sony, toutes filières confondues, suit, de loin avec 12 citations. On remarque aussi les 3 nominations pour All the Money in the World à peine finalisé par Ridley Scott, soit autant que Dunkerque, qui partait comme un champion depuis l'été. En revanche Wonder Woman, Detroit et Wind River ont été snobés et Get out doit se contenter de deux petits prix. Les réalisatrices ou cinéastes issus de la diversité ont globalement été oubliés. C'est d'autant plus choquant que cette année tous les palmarès les distinguent un à un. Par ailleurs, aucun film français n'est dans la liste cette année, ce qui est très rare.

Côté télévision, HBO domine avec 12 nominations, devant Netflix (9, auxquelles on peut ajouter 3 nominations en cinéma). Big Little Lies est large leader avec 6 citations devant les 4 de Feud: Bette and Joan. Twin Peaks (une seule citation) et Veep (zéro pointé) sont les grands perdants.

D'un point de vue plus général, notons que toutes les œuvres ayant eu un lien de près ou de loin à une histoire de harcèlement ont été évincées.

La 75e cérémonie des Golden Globes se tiendra le 7 janvier prochain à Beverly Hills et sera présentée par Seth Myers.

FILMS

Meilleur film, drame

Call Me by Your Name
Dunkirk
The Post
The Shape of Water
Three Billboards Outside Ebbing, Missouri

Meilleur film, comédie ou musical

The Big Sick
Get Out
The Greatest Showman
I, Tonya
Lady Bird

Meilleur acteur, drame

Timothée Chalamet, Call Me by Your Name
Daniel Day-Lewis, Phantom Thread
Tom Hanks, The Post
Gary Oldman, Darkest Hour
Denzel Washington, Roman J. Israel, Esq.

Meilleur acteur, comédie

James Franco, The Disaster Artist
Hugh Jackman, The Greatest Showman
Daniel Kaluuya, Get Out
Ansel Elgort, Baby Driver
Steve Carell, Battle of the Sexes

Meilleur actrice, drame

Jessica Chastain, Molly’s Game
Sally Hawkins, The Shape of Water
Frances McDormand, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri
Meryl Streep, The Post
Michelle Williams, All the Money in the World

Meilleure actrice, comédie

Judi Dench, Victoria & Abdul
Margot Robbie, I, Tonya
Saoirse Ronan, Lady Bird
Emma Stone, Battle of the Sexes
Helen Mirren, The Leisure Seeker


Meilleur réalisateur

Guillermo del Toro, The Shape of Water
Martin McDonagh, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri
Christopher Nolan, Dunkirk
Ridley Scott, All The Money in the World
Steven Spielberg, The Post

Meilleur acteur dans un second rôle

Willem Dafoe, The Florida Project
Armie Hammer, Call Me by Your Name
Richard Jenkins, The Shape of Water
Sam Rockwell, Three Billboards Outside Ebbing, Missouri
Christopher Plummer, All the Money In the World

Meilleure actrice dans un second rôle

Mary J. Blige, Mudbound
Hong Chau, Downsizing
Allison Janney, I, Tonya
Laurie Metcalf, Lady Bird
Octavia Spencer, The Shape of Water

Meilleur scénario

The Shape of Water
Lady Bird
The Post
Three Billboards Outside Ebbing, Missouri
Molly’s Game

Meilleure bande originale

Three Billboards Outside Ebbing, Missouri
The Shape of Water
Phantom Thread
The Post
Dunkirk

Meilleure chanson originale

“Home”, Ferdinand
“Mighty River”, Mudbound
“Remember Me”, Coco
“The Star”, The Star
“This Is Me”, The Greatest Showman

Meilleur film en langue étrangère

Une femme fantastique
First They Killed My Father
In the Fade
Faute d'amour
The Square

Meilleur film d'animation

The Boss Baby
The Breadwinner
Coco
Ferdinand
Loving Vincent

SERIES

Meilleure série, drame

The Crown
Game of Thrones
The Handmaid’s Tale
Stranger Things
This is Us

Meilleure série, comédie

Black-ish
The Marvelous Mrs. Maisel
Master of None
SMILF
Will & Grace

Meilleure mini-série ou film de télévision

Big Little Lies
Feud: Bette and Joan
Fargo
Top of the Lake: China Girl
The Sinner

Fargo

Meilleur acteur, drame

Sterling K. Brown, This is Us
Freddie Highmore, The Good Doctor
Bob Odenkirk, Better Call Saul
Liev Schreiber, Ray Donovan
Jason Bateman, Ozark

Meilleur acteur, comédie

Anthony Anderson, Black-ish
Aziz Ansari, Master of None
Kevin Bacon, I Love Dicke
William H. Macy, Shameless
Eric McCormack, Will & Grace

Meilleure actrice, drame

Elisabeth Moss, The Handmaid’s Tale
Claire Foy, The Crown
Mandy Moore, This Is Us
Maggie Gyllenhaal, The Deuce
Caitriona Balfe, Outlander

Meilleure actrice, comédie

Alison Brie, GLOW
Rachel Brosnahan, The Marvelous Mrs. Maisel
Debra Messing, Will & Grace
Issa Rae, Insecure
Pamela Adlon, Better Things
Frankie Shaw, SMILF

Meilleur acteur dans une mini-série ou un film de télévision

Robert De Niro, The Wizard of Lies
Kyle MacLachlan, Twin Peaks
Jude Law, The Young Pope
Ewan McGregor, Fargo
Geoffrey Rush, Genius

Meilleure actrice dans une mini-série ou un film de télévision

Nicole Kidman, Big Little Lies
Reese Witherspoon, Big Little Lies
Jessica Lange, Feud: Bette and Joan
Susan Sarandon, Feud: Bette and Joan
Jessica Biel, The Sinner

Meilleur acteur dans un second rôle dans une mini-série ou un film de télévision

Alfred Molina, Feud
Alexander Skarsgard, Big Little Lies
David Thewlis, Fargo
David Harbour, Stranger Things
Christian Slater, Mr. Robot

Meilleure actrice dans un second rôle dans une mini-série ou un film de télévision

Laura Dern, Big Little Lies
Ann Dowd, The Handmaid's Tale
Chrissy Metz, This Is Us
Michelle Pfeiffer, The Wizard of Lies
Shailene Woodley, Big Little Lies

Golden Globe Ambassador

Simone Garcia Johnson

120 battements par minute domine les nominations des Prix Lumières 2017

Posté par vincy, le 11 décembre 2017

Avec 6 nominations, 120 Battements par minute domine logiquement la 23e sélection des Prix Lumières de la presse internationale (80 membres de 30 pays). Barbara et, surprise, Le sens de la fête suivent avec 4 citations. Dans une année, où les favoris sont ouverts pour les César, beaucoup de films héritent souvent de deux citations, sans faire la différence. On note d'ailleurs que les catégories film et réalisateur coïncident peu (3 des cinéastes nommés ne sont pas retenus en meilleur film). Les films remarqués à Berlin et Cannes sortent du lot si on les totalise.

Film
120 battements par minute, de Robin Campillo
Au revoir là-haut, d'Albert Dupontel
Barbara, de Mathieu Amalric
Félicité, d'Alain Gomis
Orpheline, d'Arnaud des Pallières
Le sens de la fête, d'Eric Toledano et Olivier Nakache

Réalisateur
Mathieu Amalric - Barbara
Robin Campillo - 120 battements par minute
Laurent Cantet - L'atelier
Philippe Garrel - L'amant d’un jour
Alain Gomis - Félicité
Michel Hazanavicius - Le redoutable

Actrice
Hiam Abbass - Une famille syrienne
Jeanne Balibar - Barbara
Juliette Binoche - Un beau soleil intérieur
Emmanuelle Devos - Numéro une
Charlotte Gainsbourg - La promesse de l’aube
Karin Viard - Jalouse

Acteur
Swann Arlaud - Petit paysan
Daniel Auteuil - Le brio
Jean-Pierre Bacri - Le sens de la fête
Louis Garrel - Le redoutable
Reda Kateb - Django
Nahuel Pérez Biscayart - 120 battements par minute

Scénario
Christelle Berthevas, Arnaud des Pallières - Orpheline
Robin Campillo, Philippe Mangeot - 120 battements par minute
Albert Dupontel, Pierre Lemaitre - Au revoir là-haut
Karim Moussaoui, Maud Ameline - En attendant les hirondelles
Eric Toledano, Olivier Nakache - Le sens de la fête

Image
Christophe Beaucarne - Barbara
Céline Bozon - Félicité
Caroline Champetier - Les gardiennes
Alain Duplantier - Le semeur
Irina Lubtchansky - Les fantômes d’Ismaël
Vincent Mathias - Au revoir là-haut

Révélation masculine
Khaled Alouach - De toutes mes forces
Matthieu Lucci - L’atelier
Nekfeu - Tout nous sépare
Finnegan Oldfield - Marvin ou La belle éducation
Pablo Pauly - Patients
Arnaud Valois - 120 battements par minute

Révélation féminine
Iris Bry - Les gardiennes
Laetitia Dosch - Jeune femme
Eye Haïdara - Le sens de la fête
Camélia Jordana - Le brio
Pamela Ramos - Tous les rêves du monde
Solène Rigot - Orpheline

Premier film
Les bienheureux, de Sofia Djama
En attendant les hirondelles, de Karim Moussaoui
Grave, de Julia Ducournau
Jeune femme, de Léonor Serraille
Patients, de Grand Corps Malade et Mehdi Idir
Petit paysan, de Hubert Charuel

Film francophone
Avant la fin de l’été, de Maryam Goormaghtigh
La belle et la meute, de Kaouther Ben Hania
Noces, de Stephan Streker
Paris pieds nus, de Dominique Abel et Fiona Gordon
Une famille syrienne, de Philippe Van Leeuw

Film d'animation
Drôles de petites bêtes, de Antoon Krings et Arnaud Bouron
Le grand méchant Renard et autres contes, de Benjamin Renner et Patrick Imbert
Zombillenium, d'Arthur de Pins et Alexis Ducord

Documentaire
Carré 35, de Eric Caravaca
Lumière! L'aventure commence, de Thierry Frémaux
Makala, d'Emmanuel Gras
Sans adieu, de Christophe Agou
Le vénérable W, de Barbet Schroeder
Visages Villages, d'Agnès Varda et JR

Musique
Gaspar Claus - Makala
Angelo Foley et Grand Corps Malade - Patients
Grégoire Hetzel - Les fantômes d'Ismaël
Igorrr - Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc
Arnaud Rebotini - 120 battements par minute
Philippe Rombi - L'amant double

Le nouveau film avec John Travolta annulé 10 jours avant sa sortie

Posté par vincy, le 11 décembre 2017

Ce coup-ci pas de scandale sexuel. Enfin officiellement. Le film Gotti, un biopic réalisé par Kevin Connolly sur le mafieux new yorkais éponyme John Gotti, devait sortir le 15 décembre aux Etats-Unis. Finalement Lionsgate, le distributeur s'est désengagé le 5 décembre, à dix jours de la sortie.

Pour 4,5M$, Lionsgate a cédé les droits à une société de production, Emmett/Furla/Oasis Films, qui doit maintenant trouver un autre distributeur pour une sortie éventuelle l'année prochaine. Le film réunit John Travolta dans le rôle principal, sa femme Kelly Preston, leur fille Ella Bleu Travolta,  mais aussi Pruitt Taylor Vince et Stacy Keach.

Ce film, en gestation depuis 2011, est maudit depuis des lustres. Joe Pesci, qui avait été initialement engagé pour jouer Angelo Ruggiero, a été viré avant même le tournage, et a décidé de réclamer 3 millions de $ aux producteurs. De nombreux acteurs de premiers plans ont été approchés et ont tous refusé les propositions. Les réalisateurs ont valsé au gré des versions du scénario.

Les raisons de l'abandon par Lionsgate sont mystérieuses selon la presse professionnelle américaine. Est-ce à cause des récentes révélations de deux masseurs qui ont accusé Travolta d'attouchements sexuels?

Selon Emmett/Furla/Oasis Films, cela n'a rien à voir avec tout ceci: le film a, selon eux, le potentiel pour être largement mieux distribué que ce que prévoyait Lionsgate. On voudrait bien y croire, mais, dans ce cas, pourquoi éviter la période phare pour ce genre de films et de possibles nominations aux Oscars?

La Fondation Gan pour le Cinéma s’engage en faveur de la jeune création

Posté par MpM, le 11 décembre 2017

Lundi 27 novembre s'est tenue la très attendue Soirée des lauréats de la Fondation Gan pour le cinéma durant laquelle sont traditionnellement annoncés les projets de longs métrages qui seront soutenus par l'Institution. Ces Prix, qui existent depuis la création de la Fondation en 1987, ont récompensé notamment Raymond Depardon (La captive du désert), Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro (Delicatessen), Tran Ahn Hung (L'odeur de la papaye verte), Catherine Corsini (Les amoureux), Christine Carrière (Rosine), Gaël Morel (A toute vitesse) ou encore Bruno Dumont (La vie de Jésus). En tout 182 projets ont été aidés, dont 90% ont été tournés. Près d’un lauréat sur deux aidé pour son premier film en réalise au moins un deuxième. Plus d'un quart est une réalisatrice.

Les projets soumis au jury, présidé cette année par le réalisateur Thomas Lilti, sont des scénarios de premier ou deuxième long métrage (jusqu'à 1998, il était également possible pour les troisièmes films de postuler). Les lauréats reçoivent une aide de 53 000 euros (50 000 pour le producteur, 3000 pour le réalisateur). En 2017, 146 projets ont été étudiés dont 80% de premiers films et 40% proposés par des réalisatrices.

Les 4 lauréats 2017 sont :
- Meryem Benm’Barek pour Sofia (premier long métrage) produit par Curiosa Films. La réalisatrice, née au Maroc, s'était fait remarquer avec son court métrage Jennah en lice pour les Oscars 2015.
- Jayro Bustamante pour Tremblements (deuxième long métrage) produit par Tu Vas Voir productions. Le réalisateur franco-guatémaltèque avait connu un important succès avec son premier long métrage, Ixcanul, prix Alfred Bauer à Berlin en 2015.
- Blaise Harrison pour Les particules (premier long métrage) produit par Les Films du Poisson. Le réalisateur a été sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs en 2011 avec le moyen métrage documentaire Armand, 15 ans l'été.
- Jean-Bernard Marlin pour Shéhérazade (premier long métrage) produit par Géko Films. Le réalisateur avait reçu l'Ours d'or du meilleur court métrage à Berlin en 2013 pour La fugue, également nommé aux César 2014.

Le prix spécial revient quant à lui à la réalisatrice Florence Miailhe, connue pour ses courts métrages en peinture et sables sur verre animés directement sous la caméra, tels que Au premier dimanche d'août ou Conte de quartier, et qui travaille actuellement sur son premier long métrage, La traversée, co-scénarisé par l'écrivaine Marie Desplechin et produit par Les Films de l'Arlequin.

Enfin, à l'occasion du 30e anniversaire de la Fondation, un prix exceptionnel a par ailleurs été attribué au projet de série L'image originelle réalisé par Pierre-Henri Gibert, dont le principe consiste à interroger des cinéastes de renom tels que David Lynch, Olivier Assayas ou Lars von Trier sur l'expérience fondatrice de leur premier film.

On n'a vraisemblablement pas fini d'entendre parler des projets lauréats : si l'on en croit les statistiques, un sur trois a en effet une chance d'être sélectionné lors d'un prochain Festival de Cannes. Rendez-vous sur la croisette, donc.

Seule la Terre triomphe aux British Independent Film Awards 2017

Posté par vincy, le 10 décembre 2017

Quatre films se sont partagés les honneurs des British Independent Film Awards ce dimanche soir: Seule la terre, I Am not a Witch, The Young Lady (Lady MacBeth) et La mort de Staline. Autant dire qu'il ne restait rien pour les autres hormis quelques prix de consolation. On peut le dire: il n'y a pas de fausse note dans ce palmarès de très bon goût.

Le grand vainqueur reste Seule la terre, le premier film de Francis Lee sorti mercredi sur les écrans français. En remportant le prix du meilleur film, mais aussi celui du meilleur acteur, du meilleur premier scénario et du meilleur son, Seule la terre a dominé la compétition, après avoir été primé à Berlin (Männer Jury Award aux Teddy Awards), à Dinard (Hitchcock d'or, prix des exploitants), à Stockholm (meilleur réalisateur, meilleur acteur), à Sundance (meilleure réalisation) et à Saint-Jean-de-Luz (meilleur film, meilleur acteur).

I Am Not a Witch et The Young Lady, tous deux en lice pour le Independent Spirit Award du meilleur film étranger aux Etats-Unis, ont de quoi être également réjouis. Le premier, qui a fait son avant-première mondiale à la Quinzaine des réalisateurs, sortira le 27 décembre en France. Il a remporté 3 prix dont celui de meilleur réalisateur. Le second, sorti en avril dernier en France (145000 entrées), primé aux Arcs et à San Sebastian, choisi parmi les 10 meilleurs films indépendants par le National Board of Review américain, a récolté 5 prix dont celui de la meilleure actrice.

Un autre film se détache en nombre de trophées: La mort de Staline, coproduction française, adapté d'une bande dessinée française, et, comme Seule la terre, présenté à Dinard fin septembre. Le film sort en mars en France et a reçu 4 récompenses.

Enfin, notons que Get Out s'offre le prix du meilleur film étranger.

Tous les prix
Meilleur film indépendant britannique : Seule la terre de Francis Lee
Meilleur réalisateur : Rungano Nyoni (I Am Not A Witch)
Meilleur acteur : Josh O’Connor (Seule la terre)
Meilleure actrice : Florence Pugh (The Young Lady)
Meilleur scénario : Alice Birch (The Young Lady)
Meilleur second rôle féminin : Patricia Clarkson (The Party)
Meilleur second rôle masculin : Simon Russell Beale (La mort de Staline)
Meilleur premier scénario : Francis Lee (Seule la terre)
Prix Douglas Hickox du meilleur réalisateur d'un premier film : Rungano Nyoni (I Am Not A Witch)
Meilleur documentaire : Almost Heaven de Carol Salter
Meilleure révélation producteur : Emily Morgan (I Am Not A Witch)
Meilleur film indépendant international : Get Out de Jordan Peele
Meilleur court métrage britannique : Fish Story de Charlie Lyne
Meilleure révélation : Naomi Ackie (The Young Lady)
Prix de la découverte : In Another Life de Jason Wingard
Meilleure photo : Ari Wegner (The Young Lady)
Meilleur casting : Sarah Crowe (La mort de Staline)
Meilleurs costumes : Holly Waddington (The Young Lady)
Meilleur montage : Jon Gregory (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri)
Meilleurs effets spéciaux : Nick Allder et Ben White (The Ritual)
Meilleure musique : Carter Burwell (Three Billboards Outside Ebbing, Missouri)
Meilleurs maquillage et coiffure : Nicole Stafford (La mort de Staline)
Meilleurs décors : Cristina Casali (La mort de Staline)
Meilleur son : Anna Bertmark (Seule la terre)

Robin Campillo, Julie Delpy et The Square récompensés aux European Film Awards 2017

Posté par wyzman, le 9 décembre 2017

C'est ce soir qu'avaient lieu les European Film Awards 2017. Sacrés à Berlin, les vainqueurs sont élus par l'European Film Academy, rassemblement de plus de 2500 professionnels du cinéma. Cette année encore, les films récompensés sont tous passés par des festivals majeurs (Cannes, Berlin, Venise).

Meilleur film

- THE SQUARE by Ruben Östlund

Meilleure comédie

- THE SQUARE de Ruben Östlund

Meilleur réalisateur

- Ruben Östlund - THE SQUARE

Meilleur scénariste

- Ruben Ostlund - THE SQUARE

Meilleure actrice

- Alexandra Borbély - ON BODY AND SOUL

Meilleur acteur

- Claes Bang - THE SQUARE

Meilleur compositeur

- Evgueni & Sacha Galperine - LOVELESS

Meilleur chef-opérateur

- Michail Krichman - LOVELESS

Meilleur monteur

- Robin Campillo - 120 BATTEMENTS PAR MINUTE

Meilleur décorateur

- Josefin Åsberg - THE SQUARE

Meilleur costumier

- Katarzyna Lewinska - SPOOR

Meilleur mixeur

- Oriol Tarragó - A MONSTER CALLS

Meilleur maquilleur-styliste

- Leendert van Nimwegen - BRIMSTONE

European Achievement in World Cinema

- Julie Delpy, Ethan Hawke

Meilleur documentaire

- COMMUNION by Anna Zamecka

EFA Lifetime Achievement Award

- Aleksandr Sokurov

Meilleur court-métrage européen

- TIMECODE de Juanjo Gimenez

Meilleur film d'animation

- LOVING VINCENT de Dorota Kobiela & Hugh Welchman

EFA People's Choice Award 2017

- STEFAN ZWEIG - FAREWELL TO EUROPE de Maria Schrader

Prix FIPRESCI de la meilleure découverte

LADY MACBETH de William Oldroyd

Call Me By Your Name, Get Out et Wonder Woman parmi les 10 meilleurs films de 2017 selon l’AFI

Posté par wyzman, le 9 décembre 2017

Une fois n'est pas coutume, le classement de l'AFI qui vient d'être dévoilé fait étonnamment penser à celui des Critics' Choice Awards sorti un peu plus tôt cette semaine. Ainsi, cette année, l'American Film Institute a décidé de faire dans le compromis, optant à la fois pour des films indépendants (Call Me By Your Name, Get Out), des blockbusters (Dunkerque, Wonder Woman) sans oublier les réalisateurs incontournables (The Post est signé Steven Spielberg).

Côté télévision, presque le même son de cloche. Si l'AFI n'a pas souhaité encourager les longs métrages de Netflix, force est de reconnaître que l'organisation a comme nous craqué pour ses séries. Voici dès maintenant les 20 meilleurs films et séries de l'année selon l'AFI.

FILMS DE L’ANNÉE

The Big Sick
Call Me By Your Name
Dunkirk
The Florida Project
Get Out
Lady Bird
The Post
The Shape of Water
Three Billboards Outside Ebbing, Missouri
Wonder Woman

SÉRIES DE L’ANNÉE

Big Little Lies, HBO
The Crown, Netflix
Feud: Bette and Joan, FX
Game of Thrones, HBO
The Good Place, NBC
The Handmaid’s Tale, Hulu
Insecure, HBO
Master of None, Netflix
Stranger Things 2, Netflix
This Is Us, NBC

Bryan Singer remplacé à deux semaines de la fin du tournage de Bohemian Rhapsody

Posté par vincy, le 9 décembre 2017

Viré en plein tournage lundi dernier du biopic sur Freddie Mercury, Bohemian Rhapsody, Bryan Singer a été remplacé. Officiellement, la Fox l'a renvoyé pour absences répétées, mettant l'équipe sur les nerfs et causant le départ de l'un des acteurs, Tom Hollander. La plupart du temps c'est le chef opérateur Thomas Newton Sigel qui réalisait les scènes quand Singer n'était pas là. Dexter Fletcher (Eddie the Eagle) se chargera de prendre la relève dès lundi après quelques jours d'interruption.

Cela ne changera rien à la date de sortie, prévue pour le 25 décembre 2018. Une grande partie du film a été tournée puisqu'il ne reste que deux semaines de prises de vue à faire. Étrangement, le réalisateur semble indifférent à ce renvoi, qu'il considère comme injuste: il explique en guise de justification que ses absences étaient liées à un grave problème de santé de l'un de ses parents. La Fox a évoqué une indisponibilité inattendue de la part du réalisateur, ne lui laissant pas de marges de manœuvre.

Singer explique qu'il préfère désormais se concentrer sur ses deux autres projets, notamment la série TV World War III.

Nouvelle accusation de viol

Ceci dit, est-ce la seule explication à son renvoi? Car depuis jeudi, Bryan Singer est en pleine tourmente: il a été accusé de viol par Cesar Sanchez-Guzman, alors que celui-ci avait 17 ans. En 2003, il aurait été forcé de lui pratiquer une fellation avant d'être sodomisé sans son consentement. Ce n'est pas la première accusation de ce genre contre le réalisateur, mais jusqu'ici toutes les plaintes ont été classées ou abandonnées. Le cinéaste a catégoriquement démenti ces accusations, suspectant la victime, qui est en faillite bancaire, de vouloir profiter de la situation actuelle: les répercussions de l'affaire Weinstein.

Le contexte a changé. Et nul ne doute que la dernière provocation de Bryan Singer va en hérisser plus d'un. Dans une interview à TMZ, il a confié qu'il était prêt à travailler de nouveau avec Kevin Spacey, qui fut révélé grâce à son film The Usual Suspects, si un bon projet se présentait. Vu que Spacey est aujourd'hui persona non grata à Hollywood pour de multiples accusations d'agressions et de harcèlements sexuels sur de jeunes hommes, parfois mineurs, l'association des deux risquent de ne pas trouver un studio pour les aider....

El mundo entero de Julian Quintanilla : une fable anti-homophobie à découvrir au Mk2 Beaubourg

Posté par MpM, le 8 décembre 2017

A découvrir chaque soir à 19h au MK2 Beaubourg, le court métrage espagnol El mundo entero de Julian Quintanilla (30 minutes) tient vaillamment l’affiche depuis le 29 novembre. Il n’est pas courant de découvrir en salles un film de ce format, surtout présenté seul, pour lui-même, et non dans un programme ou en première partie d’un long, mais la ténacité du réalisateur et la curiosité de Mk2 Cinémas ont rendu l'aventure possible jusqu'au 12 décembre.

Le film, candidat au Prix Goya de l'Académie d'Espagne (équivalent de nos César) et qualifié pour les Oscars 2018, parle de Julian, un jeune homme qui se rend comme chaque année sur la tombe de sa mère. Elle lui apparaît sous la forme d’un fantôme fringant avec lequel il a une conversation joyeuse et émouvante. Avant qu’ils se séparent, elle lui confie une mission.

Très coloré, exubérant et décalé, El entero mundo est une comédie parfois outrée mais toujours bienveillante qui tourne en dérision les clichés de l’homophobie et soutient l'idée que le comportement d’une seule personne peut faire évoluer les mentalités. La naïveté parfois simpliste du récit est assumée, et c’est vrai que la moindre once d’optimisme fait du bien pour lutter contre le sentiment d’intolérance galopante.

A l'origine du film, l'envie du réalisateur, qui joue lui-même le personnage masculin, de revoir sa mère, morte d’un cancer à l'âge de 49 ans. Et quelle meilleure manière que de la mettre en scène dans un film ? Pour l’incarner, il a choisi une des plus grandes actrices espagnoles de sa génération, Loles Leon (Femmes au bord de la crise de nerfs, Attache-moi !, Parle avec elle de Pedro Almodóvar), qui met toute sa flamboyance et sa générosité au service de "La Chary", une femme haute en couleurs pour qui rien n'importe plus que de permettre à son fils de vivre heureux avec ses différences.

Julian Quintanilla propose ainsi une fable grand public assez pédagogique qui enfonce quelques portes ouvertes pour mieux dynamiter les clichés de genre ou liés à l'orientation sexuelle, ce qui est toujours bon à prendre.


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El mundo entero de Julian Quintanilla (29'53)
Tous les jours à 19h00, au MK2 Beaubourg, présenté par Julián Quintanilla
Tarif : 3 euros