Edito: Combat épique

Posté par redaction, le 20 juillet 2017

C'est finalement le grand conflit de l'année: Netflix face au cinéma. Christopher Nolan, dont le film Dunkerque semble être un chant du cygne pour le 70mm, a donné son avis sur le sujet lors d'une interview à Indiewire.

"Netflix a une étrange répugnance à soutenir la sortie de films au cinéma. Ils ont cette politique insensée de rendre tout simultanément disponible en ligne lors de la sortie, ce qui est un modèle évidemment intenable pour des sorties au cinéma. Du coup, ils ne sont même pas dans le jeu, et je pense qu’ils ratent une énorme opportunité." Il prend l'exemple d'Amazon: "On peut remarquer qu’Amazon est très satisfait de ne pas faire la même erreur:lLes cinémas ont une fenêtre de tir de 90 jours avant de passer en streaming . C'est un modèle parfaitement viable." Pour lui, "l'investissement que Netflix met dans des réalisateurs et des projets intéressants serait plus admirable si ce n'était pas utilisé comme un étrange moyen d'influence pour écarter les salles de cinéma. C'est vain."

Pourtant Netflix continue de grandir avec son modèle. Le cap des 100 millions d'abonnés dans le monde a été dépassé. Martin Scorsese est l'une de leurs dernières grosses prises, avec The Irishman qui réunit Al Pacino, Robert de Niro, Harvey Keitel et Joe Pesci. Dernière gros coup qui date d'hier: Sandra Bullock avec son projet Bird Box, réalisé par Susanne Bier. Deux projets auxquels s'ajoutent Bright avec Will Smith, Outlaw King avec Chris Pine et le prochain Dan Gilroy avec Jake Gyllenhaal.

La technique de carnet de chèque semble fonctionner. Même sans l'attrait des salles de cinéma (et donc des Oscars, du box office, etc...).

En France, face à un Canal + affaiblit, Orange a décidé de passer à la vitesse supérieure. En créant la semaine dernière Orange Content, qui rassemble Orange Studio et les chaînes OCS, le groupe cherche à investir davantage dans le cinéma et les séries (100 millions d'euros sur 5 ans pour les séries tout de même), que ce soit en coproduisant ou en acquérant les droits de distribution. Pour ça Orange va renforcer son partenariat avec Canal +, mais aussi signer un accord exclusif avec UGC Images. Par ailleurs, Orange Studio ouvrira à la rentrée 2017 un nouveau département de ventes internationales et UGC Images lui confiera la commercialisation internationale de l’ensemble de ses films dès l’an prochain.

Cela suffira-t-il? Tout est question d'offre. Si les films et les séries sont à la hauteur, le consommateur aura le choix entre une offre européenne et la plateforme Netflix plutôt américaine. Netflix a juste une longueur d'avance (mais un cash-flow en berne). Et avec tous ces concurrents, le téléspectateurs s'y perd (et ne peut pas forcément payer plusieurs abonnements). Ce qui séduit chez Netflix, malgré son obsession de l'exclusivité qui sort les films du circuit classique, c'est bien de choisir les plus grands auteurs, les plus grandes stars. Et ça fonctionne: Netflix comme l'un de ses films, Okja, étaient parmi les 10 films et sujets les plus mentionnés sur les réseaux sociaux durant le Festival de Cannes.

Aladdin a son casting

Posté par vincy, le 19 juillet 2017

Disney a trouvé ses trois acteurs pour incarner Aladdin, Jasmine et le Génie de la version en prises de vues réelles d'Aladdin. L'annonce a été faite au Comic-Con de San Diego qui a lieu cette semaine. Le film est prévu dans les salles en 2018.

Aladdin sera ainsi interprété par un nouveau venu, Mena Massoud, comédien égypto-canadien. C'est assez rare, pour ne pas dire exceptionnel, qu'un rôle principal d'une grosse production hollywoodienne soit confié à un jeune arabe. Mena Massoud, bientôt 25 ans, a été vu dans des séries comme Jack Ryan et Open Heart. Il sera à l'affiche du thriller de Rowan Athale, Stranger But True, aux côtés de Greg Kinnear et Amy Ryan.

Naomi Scott aura le rôle de la princesse Jasmine. L'épouse du joueur de foot Jordan Spencer, tout juste âgée de 24 ans, est aussi chanteuse (2 EPs). Découverte dans la série Disney Life Bites, elle eu des rôles secondaires dans Seul sur Mars de Ridley Scott et Power Rangers de Dean Israelite.

Enfin, comme annoncé, le Génie sera dévolu à Will Smith, qui aura la lourde responsabilité de faire oublier la performance de Robin Williams dans le dessin animé.

Guy Ritchie (Le Roi Arthur, Sherlock Holmes) va devoir adoucir son style frénétique pour rentrer dans le moule Disney. Le scénario de John August (Charlie et ses drôles de dames, cinq Tim Burton au compteur dont Charlie et la Chocolaterie) reprendra fidèlement l'histoire du film d'animation, qui fut deux fois oscarisé (musique, chanson) en plus d'être la plus importante recette en Amérique du nord en 1992. Le film y avait rapporté 217M$ (et au total 505M$ dans le monde), loin devant Home Alone 2, Batman Returns, L'arme fatale 3 Des hommes d'honneur, Sister Act, The Bodyguard et Basic Instinct. Depuis Le Livre de la jungle en 1967, seuls 6 films ont finit leader de l'année aux USA : La belle et la bête en 1991, Aladdin en 1992, Le Roi Lion en 1993, Toy Story en 1995, Shrek 2 en 2004 et Toy Story 3 en 2010.

Les versions "live" de dessins animés de Disney sont devenus de véritables mines d'or pour le groupe. Alice aux pays des merveilles a rapporté 1,03 milliard de $ dans le monde, Le monde fantastique d'Oz 495M$, Maleficent 758M$, Cendrillon 543M$, Le Livre de la jungle 967M$ et La belle et la bête 1,3 milliard de $.

Disney a prévu de faire revivre Mary Poppins et Mulan (2018), Dumbo et Le Roi Lion (2019).

Ang Lee va dédoubler Will Smith

Posté par vincy, le 7 juillet 2017

Gemini Man est un long serpent de mer. Pensez que le projet a 20 ans! A l'origine Tony Scott devait le réaliser. Puis 12 ans plus tard, Curtis Hanson, avec un autre scénariste, étaient repartis à l'attaque. On s'inquiéterait à la place d'Ang Lee, qui a repris le projet: les deux réalisateurs sont morts.

Jusqu'aux récentes versions du script, Gemini Man racontait l'histoire d'un agent de la NSA qui part à la retraite. Mais, avec tout ce qu'il sait, la NSA décide d'engager un tueur à gages pour le tuer. Il découvre que l'assassin n'est autre qu'un clone de lui-même, plus jeune.

Cette fois-ci, cependant, ça semble la bonne. Paramount a daté le film au 4 octobre 2019. Will Smith en sera l'acteur principal.

Gemini Man est un film d'action SF, une première pour le cinéaste doublement oscarisé (Brokeback Mountain, L'Odyssée de Pi). Son dernier film, sorti en février, Un jour dans la vie de Billy Lynn, malgré sa prouesse technique, a été son pire échec en France (11000 entrées), et l'un de ses pires box office aux Etats Unis (1,7M$). Un sacré revers de fortune, 5 ans après L'odyssée de Pi (610M$ dans le monde).

Will Smith a tourné Bright, thriller SF de David Ayer pour une diffusion sur Netflix à la fin de l'année. Il a toujours en projet un Bad Boys 4 et la version "live" d'Aladdin. Gemini Man serait donc son prochain projet cinématographique.

Cannes 70 : Où est la diversité ?

Posté par cannes70, le 28 avril 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-20. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .

Festival de cinéma créé en France et basé en France, le festival de Cannes a souvent récompensé des films français (point sur lequel nous ne reviendrons pas), tout en s'amourachant de films occidentaux traitant de la thématique raciale. On pense à Dheepan de Jacques Audiard, à Divines de Houda Benyamina mais aussi à Loving de Jeff Nichols, pour n'en citer que des récents. Mais cette vitrine du cinéma mondial ne serait-elle pas un peu opaque ?

Calculs visibles

A l'heure où la question de la diversité raciale touche tout le cinéma occidental (on se souvient tous de la polémique #OscarsSoWhite), il ne fait aucun doute que la question sera très prochainement soulevée concernant le Festival de Cannes. Soixante-onze ans après sa création, le plus international des festivals de cinéma semble avoir du mal sinon à se renouveler, au moins à se diversifier ! Ainsi, la première chose qu'on lui reproche fréquemment, c'est son adoration pour certains noms (réalisateurs comme acteurs) qui semblent revenir de manière cyclique, empêchant les petits nouveaux de débarquer par la grande porte.

Par la suite, il y a le problème de ces pays certes non-occidentaux au sens strict, mais appartenant plutôt aux pays dits "du Nord" et qui reviennent chaque année. Parmi eux : le Japon (La Porte de l'enfer, CKagemusha, l'Ombre du guerrier, La Ballade de Narayama, L'Anguille, La Forêt de Mogari), la Turquie (Yol, la permission, Il était une fois en Anatolie, Winter Sleep) ou encore la Chine (Adieu ma concubine, Vivre !). Acteurs récurrents d'une série télévisée qui finirait par ronronner, lesdits pays trustent les sélections et par analogie les palmarès, faisant naître un sentiment de diversité calculée.

Des palmarès visibles

Au sein de la sélection officielle, il est important de constater que le monde entier est représenté (voir notamment notre texte sur l'Afrique à Cannes), mais globalement ce monde est essentiellement occidental, une constatation encore plus forte si l'on s'arrête au palmarès du jury officiel des longs-métrages et que l'on consulte la liste les réalisateurs et comédiens issus des minorités visibles qui remportent les trophées.

Chez les acteurs et actrices, citons les Afro-américains John Kitzmiller pour La Vallée de la paix de France Stiglic (1957) et Forest Whitaker pour Bird de Clint Eastwood (1988), de nombreux Asiatiques dont Ge You pour Vivre ! de Zhang Yimou (1994), Tony Leung Chiu-wai pour In the Mood for Love de Wong Kar-wai (2000), Maggie Cheung pour Clean d'Olivier Assayas (2004), ou encore Jeon Do-yeon pour Secret Sunshine de Lee Chang-dong (2007),  Shahab Hosseini pour Le Client de Asghar Farhadi et Jaclyn Jose pour Ma' Rosa de Brillante Mendoza (2016).

N'oublions pas les Français Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem et Sami Bouajila pour Indigènes de Rachid Bouchareb (2006), ainsi que le Portoricain Benicio del Toro pour Che de Steven Soderbergh (2008). Chez leurs collègues féminines, on retrouve, venues d'Amérique latine, Norma Aleandro pour L'histoire officielle (1985), Fernanda Torres pour Parle-moi d'amour d'Arnaldo Jabor (1986), Sandra Corveloni pour Une famille brésilienne de Walter Salles et Daniela Thomas (2008) ainsi que la Sud-africaine Linda Mvusi pour Un monde à part de Chris Menges en 1988 ex-aequo avec ses partenaires Barbara Hershey et Jodhi May.

Les prix de mise en scène ont notamment honoré Glauber Rocha pour Antonio Das Mortes (1969), Nagisa Oshima pour L'Empire de la passion (1978), Fernando Solanas pour Le Sud (1988), Wong Kar-wai pour Happy Together (1997), Edward Yang pour Yi Yi (2000), Im Kwon-taek pour Ivre de femmes et de peinture (2002), Tony Gatlif pour Exils (2004), Alejandro González Iñárritu pour Babel (2006), Brillante Mendoza pour Kinatay (2009), Carlos Reygadas pour Post Tenebras Lux (2012), Amat Escalante pour Heli (2013) ou Hou Hsiao-hsien pour The Assassin (2015). Les Grands Prix et autres prix du jury sont revenus eux aussi régulièrement à des artistes «non occidentaux».

Ceci n'est pas un coup marketing

Bien que les films portés par des acteurs de couleur et sacrés par les différents jurys ne soient pas majoritaires, tout n'est pas perdu. La nécessité de diversité passe par des jurés issus de tous horizons, ce qui aide, au moins indirectement, à trouver une plus grande variété d'origines parmi les artistes primés. La vraie diversité se trouve au sein du jury, la direction d'un festival étant libre de pouvoir pallier à des manques constatés dans la production mondiale. Ainsi Katayoun Shahabi en 2016, Rokia Troaré et Guillermo del Toro en 2015, Jeon Do-yeon, Gael Garcia Bernal, Leila Hatami et Jia Zhangke en 2014, etc. Les figures incontournables du cinéma mondial répondent tous les ans présents pour délivrer le Graal des Graals, la Palme d'or.

Artistes - car il s'agit avant tout d'art -, ils font des choix avant tout esthétiques et sentimentaux, même si la politique n'est, on l'imagine aisément, jamais totalement absente des délibérations si  secrètes des jurys.

De fait, tous ces artistes et professionnels du 7e art n'ont ainsi eu de cesse de contribuer au rayonnement du festival de Cannes à travers le monde. Et cette année, il y a un acteur qui pourrait bien devenir le MVP dont les organisateurs ne pensaient pas avoir besoin. Relayée par le New York Times, le Daily Mail, Business Insider, le HuffPost et Slate (pour ne citer qu'eux), la présence de Will Smith à Cannes (en tant que membre du jury) est vite devenue un l'événement. Acteur ultra-bankable (il a rapporté 3,2 milliards de dollars au box-office américain), Will Smith c'est aussi cet homme à la cote de popularité indéboulonnable, nommé deux fois aux Oscars, cinq fois aux Golden Globes et qui n'a jamais été à l'affiche d'un film montré sur la Croisette. Un vrai drame lorsque l'on sait qu'il a déjà tourné pour Robert Redford, Michael Mann, Francis Lawrence, Peter Berg et M. Night Shyamalan.

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Cannes 2017 : le jury du 70e Festival

Posté par wyzman, le 25 avril 2017

A trois semaines de la 70ème édition, les organisateurs du festival de Cannes viennent de dévoiler la liste des jurés. Du 17 au 28 mai, et comme nous vous l'avions déjà annoncé, Pedro Almodóvar (réalisateur espagnol) présidera ce jury.

Il sera épaulé par Jessica Chastain (actrice américaine), Will Smith (acteur américain), Fan Bingbing (actrice chinoise), Maren Ade (réalisatrice allemande), Park Chan-wook (réalisateur sud-coréen), Agnès Jaoui (actrice française), Paolo Sorrentino (réalisateur italien), Gabriel Yarde (compositeur français). Très international, ce jury est également assez paritaire : quatre femmes et quatre hommes aux côtés de Pedro Almodovar.

Mohamed Ali en trois films

Posté par vincy, le 4 juin 2016

Le boxeur américain Mohamed Ali, né Cassius Marcellus Clay Jr, est mort vendredi 3 juin 2016 à Phoenix (Etats-Unis) à l'âge de 74 ans. Atteint depuis trente ans par la maladie de Parkinson, cette légende du ring ("I am the greatest" disait-il), "Sportif du siècle" selon Sports Illustrated et la BBC en 1999, doté d'une technique très pure, d'une mobilité fascinante et d'un punch incroyable, savait aussi utiliser sa gloire pour faire valoir ses idées et communiquer avec brio en laçant des formules acérées ou poétiques. Né le 17 janvier 1942 à Louisville dans le Kentucky, il est champion olympique à Rome à 18 ans, champion du monde à 22 ans (il se convertit à l'Islam et prend le nom de Mohamed Ali la même année), il a un palmarès incontestable: 56 victoires en 61 combats, dont 22 en championnats du monde et 37 avant la limite.

Il a aussi refusé d'aller faire la guerre au Vietnam, ce qui l'interdit de ring pendant trois ans. Piler de la contre-culture, défenseur de l'égalité des droits, il a aussi été l'une des premières stars sportives et médiatiques dans les années 70. Quand il revient sur le ring, au début des années 80 après deux ans de retraite, et pour des raisons financières, il perd ses derniers matchs. La maladie commence alors à pointer son nez. Mohamed Ali s'est alors fait très discret, et sa légende n'a jamais été entamé.

Hollywood lui a consacré un biopic, sous estimé, réalisé par Michael Mann en 2011, Ali. Will Smith incarnait le boxeur (et fut d'ailleurs nommé aux Oscars pour le rôle), objecteur de conscience et musulman. Le film s'attache à la décennie glorieuse (1964-1975) du sportif, s'achevant sur le match épique contre Forman au Zaïre devant 70000 personnes. C'est l'allégorie d'un homme qui se bat aussi bien avec ses poings sur un ring qu'avec ses mots dans la vie. Ironie de l'histoire, Will Smith avait initialement refusé le rôle. C'est Mohamed Ali lui-même qui l'a appelé et lui a demandé de revoir sa décision, "parce qu'il était aussi beau que lui quand il était jeune".

25 ans avant, Tom Gries, avait adapté l'autobiographie du boxeur, The Greatest: My Own Story. Ce qui est intéressant dans ce cas précis n'est pas forcément le film. Mais bien que Mohamed Ali interprète lui-même son propre rôle dans cette version cinématographique de sa vie jusqu'à la moitié des années 1970. Cette reconstitution n'est pas forcément brillante mais elle a une charge émotionnelle non négligeable. A noter que le réalisateur n'a jamais vu son film en salles, décédé quatre mois avant la sortie. Et surtout vous y entendez une chanson, The Greatest Love of All, par George Benson, dix ans avant que Whitney Houston ne la reprenne et en fasse un énorme hit.

Enfin, Leon Gast, en 1996 a réalisé When We Were Kings. Un documentaire qui revient sur le match légendaire Ali/Forman à Kinshasa en 1974. Composé à partir d'archives de l'époque, le film a pourtant pris 23 ans à se monter à cause d'une succession de procès autour des négatifs et de la propriété intellectuelle des images. Lorsqu'il a reçu l'Oscar du meilleur documentaire, les deux boxeurs, George Foreman et Muhammad Ali, sont montés sur scène, voulant montrer que le combat était bien loin désormais entre eux. Et le plus amusant c'est que cet Oscar a été co-présenté par... Will Smith.

Will Smith est-il fini ?

Posté par wyzman, le 14 février 2016

A deux semaines de la 88ème cérémonie des Oscars, Will Smith est déjà passé à autre chose. Notamment parce qu'il a décidé de la boycotter. La raison nous la connaissons tous : l'absence de diversité parmi les nommés aux prix d'interprétation dénoncée par le hashtag #OscarsSoWhite. Mais si Will Smith se sent particulièrement concerné, c'est ni plus ni moins parce qu'il figurait parmi la short-list des possibles nommés dans la catégorie meilleur acteur pour son rôle dans Concussion (Seul contre tous en VF). Dans le film de Peter Landesman, Will Smith incarne Bennet Omalu, le neurologue qui a alerté le premier la National Football League des traumatismes liés à la pratique du sport.

Pour ce rôle, l'acteur de 47 ans a déjà reçu des nominations aux Golden Globes, aux Hollywood Film Awards et aux NAACP Image Awards. Mais l'absence de reconnaissance par les votants de l'Académie nous amène à nous poser la question suivante : et si Will Smith était officiellement fini ? Il est vrai qu'à Hollywood, rares sont les acteurs fâchés (voire désespérés) au point de boycotter les Oscars. Peu sont ceux à avoir déjà récolté 7 nominations aux Razzie Awards ou à se satisfaire de ne pas beaucoup tourner.

Mais Will Smith, lui, s'en fiche. Au cours des trois dernières années, on l'a vu tenter de lancer maladroitement la carrière de son fils Jadden avec After Earth, faire des apparitions déjà oubliées dans Légendes vivantes et Un amour d'hiver. Et l'an dernier, il a rendu sceptique la critique dans la comédie dramatique Diversion où son expression monofaciale surprenait dans un registre de cambrioleur gentleman. A l'exception de Men in Black 3 en 2012, et passablement décevant, aucun de ses films n'a cartonné au box office mondiale récemment. Ceci dit, le Prince de Bel-Air a un plan, et pas des moindres !

Relance

Pour relancer sa carrière, il envisage de faire le yoyo entre performances Oscar-worthy et blockbusters rentables. A commencer par Seul contre tous qui sort le 9 mars prochain. A défaut de recevoir de statuette dorée, le mari de Jada Pinkett compte prendre un malin plaisir à rappeler à tous ses haters qu'il peut porter un film dramatique sur son simple nom. Le 3 août, c'est aux côtés de Margot Robbie, Jared Leto, Jai Courtney, Cara Delevingne, Joel Kinnaman et Viola Davis qu'il va tout faire péter dans le très attendu et prometteur Suicide Squad.

Par la suite, c'est avec humilité qu'il compte jouer dans The American Can et incarner le marine qui a vraiment risqué sa vie pendant l'ouragan Katrina et permis le sauvetage de 244 personnes. Rien que ça. Le film devrait être réalisé par Edward Zick, déjà auteur du Dernier samouraï et de Blood Diamond. Mais c'est bien évidemment le projet Collaboral Beauty qui agite la toile dernièrement. Notamment parce que Keira Knightley et Kate Winslet sont en pleine négociation pour y jouer. Ce drame raconte comment les collègues d'un publicitaire (Will Smith) s'organisent pour le sortir d'une mauvaise passe. Helen Mirren, Edward Norton, Michael Pena et Naomie Harris ont déjà été engagés. Annoncé pour le 16 décembre prochain, Collaboral Beauty sortirait pile-poil dans la saison des Oscars…

Mais que les fans de blockbusters se rassurent : l'acteur a confirmé cette semaine au micro de BBC Radio 1Xtra qu'un Bad Boys III était prévu. Malgré une date de début de tournage inconnue, le film déboulerait dans nos salles obscures courant 2017. Un Hancock 2 est prévu pour 2018 tandis qu'un passage derrière la caméra n'est toujours pas exclu. Voilà qui devrait contenter les fans de l'ancienne star d'Independence Day et faire rager ses détracteurs pendant un moment !

#OscarsSoWhite – Face à la polémique, les Oscars se réforment en profondeur

Posté par vincy, le 23 janvier 2016

C'était l'année de trop. Un an après la polémique autour de l'absence de nominations d'Ava DuVernay, réalisateur de sexe féminin et de couleur noire, les Oscars ont du affronter une fronde médiatique sur la question ultrasensible aux Etats-Unis de la représentation des minorités (les "non blancs représentant 40% de la population américaine). C'est désormais la question qui est posée dans chaque interview. Tout le monde se doit d'y répondre: les Oscars sont-ils racistes? (lire aussi notre article du 17 janvier) Les vétérans - de Michael Caine à Charlotte Rampling - ont beau tempéré, rien n'y fait. Le hashtag #OscarsSoWhite continue de se propager. Les Will Smith, Spike Lee (pourtant Oscar d'honneur cette année) & co ont décidé de boycotter la cérémonie, qui sera d'ailleurs animée par Chris Rock, comique afro-américain qui va devoir jongler sur le sujet avec délicatesse, ou pas. Certains activistes lui ont demandé de démissionner de son poste. Dustin Hoffman a même parlé de "racisme subliminal". Mais si la fronde provient des afro-américains, elle touche en fait toutes les minorités ethniques (asiatiques, latinos) et l'égalité hommes-femmes.

Aucun acteur, aucune actrice, aucun cinéaste n'est issu des rangs de la "diversité" cette année. Certains plaideront que noirs, latinos, asiatiques n'ont pas eu les meilleurs rôles (et la responsabilité est rejetée sur les studios), d'autres pointent des absences criantes (Idris Elba pour commencer). Au-delà du problème de couleur de peau, les Oscars sont aussi critiqués pour leur misogynie, reflet d'une industrie qui laisse peu de pouvoirs et peu de films entre les mains d'une femme - aucune réalisatrice n'est citée (une seule, française, dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère) -, et pour leur homophobie (le procès est latent depuis la défaite de Brokeback Mountain il y a plus de dix ans).

Des membres essentiellement mâles, vieux et blancs

Dans l'urgence, et afin d'éteindre le feu qui s'empare de la vénérable Académie, une réforme assez ample a été votée unanimement jeudi 21 janvier pour laisser plus de place aux femmes et aux minorités ethniques dans le corps des votants. La présidente de l'Académie, Cheryl Boone Isaacs, une femme noire qui doit se sentir blessée intimement par les attaques, a proposé une politique d'ouverture plutôt que de quotas.

Il y a actuellement 6261 membres ayant le droit de voter (sur un total de 7152). Tous travaillent dans divers métiers de l'industrie du film. La liste évolue marginalement chaque année, en s'ouvrant à ceux qui ont été nommés récemment ou à des talents reconnus dans les grands festivals. En juin dernier, 322 nouveaux noms se sont ajoutés, soit l'une des plus importantes transformations de l'histoire de l'Académie. Et on constate en effet une amélioration du côté de la diversité et de la féminisation.

Objectif: doubler le nombre de femmes et de votants issus des minorités

L'Académie souhaite désormais, d'ici 2020, doubler le nombre de femmes membres (et atteindre ainsi 48%) et de professionnels issus des minorités ethniques (et atteindre ainsi 14%). Actuellement, les membres sont vieux (en moyenne) mais surtout mâles (76%) et blancs (93%). Ava DuVernay a été l'une des premières à réagir vendredi sur Twitter: "C'est un bon pas au cours d'un chemin long et compliqué pour les gens de couleur et les femmes artistes".

Mais la réforme va bien au-delà d'une simple intention arithmétique. Car désormais, les nouveaux membres n'auront le droit de vote que pour dix ans et non plus à vie, et ce droit ne sera renouvelé que si les membres ont été actifs au cinéma pendant la décennie en question. Le droit de vote à vie ne sera obtenu qu'au bout de trois décennies actives dans l'industrie ou après l'obtention d'une nomination ou d'un Oscar.

Manière de rajeunir le panel qui est considéré depuis des décennies comme trop conservateur. Déjà, il y a quelques années, les Oscars avaient limité les campagnes de lobbying et de promotion mondaine lorsque certains outsiders ont réussi à l'emporter sur des films historiquement plus marquants.

Nouveau processus d'adhésion et fin du statut de membre à vie

L'Académie s'attaque désormais au coeur du réacteur en altérant le processus de sélection de nouveaux membres, jusque là centré sur la cooptation. Une campagne ambitieuse et mondiale pour identifier de nouveaux membres qualifiés représentant une plus grande diversité sera lancée.

"L'Académie va mener le mouvement et ne pas attendre que le secteur rattrape le retard" en termes de diversité, a déclaré Cheryl Boone Isaacs. Manière de renvoyer aussi la balle enflammée aux studios. Elle reproche la lenteur des changements dans les institutions hollywoodiennes, et conforte ainsi le sentiment d'acteurs comme George Clooney qui soutient que l'Académie avait régressé sur ces points là ces dix dernières années.

Les statistiques sont sans appel

Historiquement, les Oscars ont souvent été confrontés à ce genre de crise "politique", certains refusant même la statuette.

Statistiquement, il est vrai que les Oscars sont blancs.
Afro-américains: 4 acteurs noirs ont remporté l'Oscar du meilleur acteur (19 nominations pour 13 comédiens) ; Une actrice noire a été oscarisée (10 nominations, 10 comédiennes) ; 4 acteurs ont reçu l'Oscar du meilleur second rôle masculin (16 nominations pour 14 comédiens, dont 3 ont aussi été nommés pour l'Oscar du meilleur acteur) ; 6 actrices ont été honorées d'un Oscar du meilleur second rôle féminin, dont Hattie McDaniel en 1939, pionnière en la matière (sur 19 nominations, dont 2 ont aussi été nommés pour l'Oscar de la meilleure actrice) ; et sinon les afro-américains ont récolté 70 nominations (dont seulement 3 pour le meilleur réalisateur et 6 pour le meilleur film) dans les autres catégories (une seule cette année) pour 17 victoires (2 pour l'adaptation, un seul pour le meilleur film, 6 pour la meilleure chanson, 2 pour la meilleure musique...).
Les Latinos (hors artistes d'Amérique latine) doivent se contenter de 3 Oscars (deux meilleurs seconds rôles féminins, un pour la meilleure chanson) sur 8 nominations.
Les Asiatiques de nationalité américaine ne comptent que quatre nominations dans la catégorie réalisateur et six toutes catégories d'interprétation confondues. Le nombre est beaucoup plus important si on prend en compte les artistes britanniques d'origine asiatique ou simplement les nombreux talents d'Asie qui ont collaboré à Hollywood.
Côté femmes, une seule réalisatrice a remporté l'Oscar du meilleur film et celui du meilleur réalisateur (Kathryn Bigelow). Seules trois autres réalisatrices ont été nommées dans l'histoire de la catégorie meilleur réalisateur.
Catégorie intéressante puisque les cinq derniers vainqueurs sont tous nés à l'étranger...

Oscars 2016 : Entre blancheur, oubli et hypocrisie

Posté par wyzman, le 17 janvier 2016

Jeudi dernier, l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences a dévoilé la liste des nommés aux prochains Oscars. Bien évidemment, les 12 nominations de The Revenant et le sacre à venir de Leonardo DiCaprio n'ont échappé à personne. Néanmoins, et très vite, la Toile n'a pas manqué de relever l'absence flagrante d'acteurs de couleur parmi les 20 nommés aux prix d'interprétation. Plus encore, ou plus grave si vous préférez, cette année les catégories Meilleur documentaire et Meilleur scénario original ont également été touchées par cet "oubli" des votants. Si l'on s'attarde sur l'histoire des Oscars, on constate très rapidement que ce type d'oubli (ne pas nommer des professionnels de l'industrie du cinéma de couleur) n'est pas nouveau. Mais après le tollé rencontré l'année dernière avec le hashtag #OscarsSoWhite, nous pouvions espérer que les choses allaient rentrer dans l'ordre.

Pour expliquer l'absence d'acteurs, de réalisateurs ou de scénaristes de couleur parmi les nommés, nous pourrions dire qu'aucun n'a fourni de travail suffisamment intéressant pour mériter une nomination. Mais ce serait faux. Si vous lisez Ecran Noir ou si vous êtes simplement cinéphile, il ne vous a pas échappé que cette année, certains acteurs de couleur ont livré des performances remarquables. A l'instar de The Wrap (qui a listé pas moins de 14 acteurs oscarisables), nous pensons à Idris Elba (Beasts of No Nation), Mya Taylor (Tangerine), Will Smith (Concussion), Oscar Isaac (Ex Machina), Jason Mitchell (Straight Outta Compton) et bien évidemment Michael B. Jordan (Creed). Alors comment se fait-il qu'aucun d'entre eux ne soit nommé ? Et comment peut-on penser à nommer Sylvester Stallone pour Creed et pas celui qui porte tout le film ?

93% des votants aux Oscars sont blancs

Premier élément de réponse : Hollywood est l'incarnation même de l'hypocrisie. Récemment, nous évoquions son sexisme apparent (11% de femmes scénaristes, sérieusement ?) Comme le dit si bien Spike Lee : "Nous pourrions remporter un Oscar maintenant ou plus tard, mais un Oscar ne va pas fondamentalement changer comment Hollywood fait du fric. Je ne parle pas des stars hollywoodiennes. Je parle des cadres. Nous ne sommes pas dans la pièce." Et le réalisateur de Inside Man voit juste : rares sont les personnes de couleur qui ont du poids à Hollywood, qui prennent les décisions qui importent, qui sont prêtes à investir dans des projets "orientés" vers les gens de couleur, hormis quels comédies "ciblées" pour la communauté afro-américaine, où la mixité n'est jamais flagrante. Les Oscars ne sont ainsi que la résultante de la "blanchitude" de la chaîne de valeur. En décembre 2013, le Los Angeles Times portait un constat effarant : sur les 6028 votants, 93% d'entre eux étaient blancs, 76% étaient des hommes et la moyenne d'âge était de 63 ans. Oui, oui, 63 ans ! Voilà sans doute pourquoi 6 des 8 films nommés pour l'Oscar du Meilleur film cette année sont portés par des hommes d'origine caucasienne.

Deuxième élément de réponse : la diversité se trouve du côté de la série télé. Après l'annonce des nominations, Fusion n'a pas tardé à lister tous les acteurs de séries qui comptent aujourd'hui. De Viola Davis (How to Get Away with Murder) à Taraji P. Henson (Empire) en passant par Gina Rodriguez (Jane the Virgin), Aziz Ansari (Master of None) et Constance Wu (Fresh Off The Boat). Bref, et comme le précisait Viola Davis lors de son discours aux derniers Emmy Awards (elle était la première afro-américaine à recevoir ce prix!), il est impossible pour des acteurs de couleur de remporter des prix lorsque les rôles intéressants n'existent pas. Mais vous conviendrez que depuis Grey's Anatomy, la télévision américaine n'a eu de cesse de se colorer efficacement, lentement et sûrement. Merci Shonda Rhimes !

Troisième élément de réponse : les critiques n'atteignent pas la télévision. La 88ème cérémonie sera retransmise sur ABC le 28 février prochain et les patrons de la chaîne n'ont pas choisi n'importe quel hôte : l'acteur noir Chris Rock. Comique apprécié, rentable (Tout le monde déteste Chris, Madagascar, Empire) et pragmatique, il ne fait aucun doute que les blagues à caractère racial iront bon train ce soir-là. Après Diana Ross (1974), Richard Pryor (1977, 1983) et Whoopi Goldberg (1993, 1995, 1998, 2001), Chris Rock n'est que la quatrième personnalité de couleur à se faire le présentateur de cette cérémonie. Et bien qu'il l'ait déjà fait en 2005, il est important de préciser que Chris Rock suit Ellen DeGeneres (2014) et Neil Patrick Harris (2015), deux acteurs ouvertement homosexuels et donc membres de ce que l'on appelle encore une "minorité".

Quatrième élément de réponse : les grands rôles au cinéma sont souvent des clichés. Précisons qu'ici il est question de rôles destinés à des acteurs de couleur. A Hollywood, les rôles destinés aux acteurs non-Caucasiens sont de trois types : criminel, comique ou figure historique. Et ils sont le plus souvent l'œuvre de scénaristes blancs. Voilà pourquoi le dernier black à remporter l'Oscar du meilleur acteur était Forest Whitaker pour Le Dernier Roi d'Ecosse (2006). Du côté des femmes, c'est la violence (psychologique ou physique) subie par leur personnage qui détermine leur oscarisation. Et les nominations passées d'Angela Bassett (Tina - 1993), Halle Berry (A l'ombre de la haine - 2001), Gabourey Sidibe (Precious - 2009), Viola Davis et Octavia Spencer (La Couleur des sentiments - 2011) et Lupita Nyong'o (12 Years a Slave - 2013) en sont la preuve ! Que ce soit pour le box office ou les Oscars, les minorités subissent la Loi hollywoodienne (à savoir fédérer le plus grand nombre). Or, les studios ont su fabriquer des stars "blacks" bankables et respectables dans les années 90 (Denzel Washington, Morgan Freeman, Will Smith, Samuel L. Jackson) mais en ont été incapables depuis quinze ans. Il y a de grands acteurs, de grandes actrices, mais apparemment, personne ne les voit. Et pire, personne ne peut penser qu'un James Bond soit noir, malgré les rumeurs / fantasmes autour de cette hypothèse, ou que la couleur de peau ne change rien à un personnage principal d'un drame oscarisable.

Cinquante nuances de Grey logiquement favori des Razzie Awards 2016

Posté par vincy, le 13 janvier 2016

C'est une sorte de plaisir caché mais jouissif. s Razzies nous rappellent que Hollywood nous a fait bien rire, jaune, ou bien ennuyé, avec certaines productions et des performances risibles. Le nanar élevé au rang d'honneur. Avec 6 nominations, Cinquante nuances de Grey restera même dans les annales. Pire film, pire acteur, pire actrice, pire couple à l'écran, pire réalisatrice, pire scénario. On ne peut pas faire pire. Ah si: Pixels, Paul Blart's Mall Cop 2 et Jupiter Ascending en reçoivent aussi six chacun. Tous nominés dans la catégorie meilleur film, aux côtés des Fantastic Four (seulement 5 nominations).

Côté acteurs on retrouve Johnny Depp, Channing Tatum, Adam Sandler (un habitué), Eddie Redmayne (pourtant oscarisé en février dernier) et Kevin James (dans deux catégories, un must). Côté actrices, Jennifer Lopez, Gwyneth Paltrow, Mila Kunis, Rooney Mara (dans Pan), Julianne Moore (oscarisée elle aussi) vont pouvoir engueuler leur agent.

Les Razzies flinguent aussi les remakes et autres sequels inutiles comme Alvin et les Chipmunks, Human Centipede 3, Hot Tub Machine 2. Globalement, les nominations se concentrent sur les mêmes films (même si Pan et Mortdecai s'ajoutent à la liste à cause des comédiens).

Nul ne doute que ces films ne passeront pas à la postérité. Mais pour bien en être sûr, il suffit de lire l'intitulé de la catégorie "pire duo à l'écran" de l'année pour se rappeler à quel point le producteur du film a manqué de flair ou de goût: les quatre acteurs qui forment les 4 Fantastiques (dommage, un cinquième aurait peut-être pu éviter ce désastre) ; Johnny Depp et sa moustache factice (regrettable, c'est la seule originalité du jeu de l'acteur et le running gag du film) ; Jamie Dornan et Dakota Johnson (dur dur d'être crédible dans le porno quand il n'y a aucune alchimie) ; Kevin James et sa moustache factice ou son Segway (c'est vrai qu'un mec moustachu sur un segway, ça donne pas envie d'en acheter un) ; Adam Sandler et n'importe quelle de ses paires de pompes (dans The Cobbler du réalisateur Tom McCarthy, l'un des favoris pour les Oscars avec Spotlight).

Notons que les Razzies innovent avec une catégorie de la rédemption (des acteurs souvent nommés et qui ont réussi à faire un bon film). Elizabeth Banks, gagnante d’un Razzie mais à l'affiche de deux gros hits (Hunger Games et Pitch Perfect 2) ; M. Night Shyamalan, qui cumule 9 nominations aux Razzies (et 4 gagnantes), qui s’est rattrapé avec The Visit ; Will Smith, qui a retrouvé le chemin de la respectabilité après le flop After Earth, grâce à Seul contre tous ; et Sylvester Stallone, recordman des nominations aux Razzies, et pourtant enfin vainqueur d'un Golden Globe avec Creed.