Bilan 2010 – Avatar domine le marché vidéo

Posté par vincy, le 23 janvier 2011

Avatar domine les meilleures ventes de DVD et de Blu-Ray en 2010. Logique. Le film aux 14,6 millions d'entrées a vendu 2,4 millions de "disques".

Derrière, Twilight classe deux de ses chapitres, et la meilleure vente de film français (la seule du Top 10) est Le petit Nicolas.

Le film d'Eastwood, Gran Torino, est une jolie surprise : un film d'auteur, certes grand succès public, qui dépasse un Disney... Quant à Inception, il est en début de carrière, et arrive déjà dans les meilleures ventes.

Au total, le marché est resté stable avec une hausse de 0,1% par rapport à l'an dernier en recettes et une hausse de 1% en volume. Soit 95 millions d'unités vendues 1,38 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Le Blu-Ray représente 13% de parts de marché.

Par ailleurs la vidéo à la demande connaît une croissance de 40% (135 millions d'euros).

9 films se sont classés parmi les 10 meilleures ventes de "galettes" cette année. Seule l'humoriste Florence Foresti est parvenue à rivaliser avec les productions cinématographiques.

1 - Avatar
2 - Twilight chapitre 2 : Tentation
3 - 2012
4 -Le Petit Nicolas
5 - Twilight chapitre 3 : Hésitation
6 - Michael Jackson's This is it
7 - Gran Torino
8 - La Princesse et la grenouille
9 - Inception

Un festival en ligne pour découvrir huit films russes

Posté par vincy, le 8 décembre 2010

Initiative intéressant pour conclure l'Année croisée France-Russie 2010. Les internautes des deux pays peuvent visionner gratuitement ce mois-ci des films russes et français, dans le cadre du MixMovieFestival.

Huit films russes sont ainsi en ligne pour les internautes français : Le Miroir (Andreï Tarkovsky), Le coucou (Alexander Rogozhkin), Cinq soirées (Nikita Mikhalkov), L'assassin du Tsar (Karen Chakhnazarov), La nuit du carnaval (Eldar Riazanov), Le 9e escadron (Fiodor Bondartchouk), La ballade du soldat (Grigori Tchoukrai) et Le père (Ivan Solovov).

De même, huit films français sont visibles pour les internautes russes : Truffaut (Jules et Jim, Le dernier métro), Annaud (La guerre du feu), Blier (Les valseuses), Klapisch (Peut-être), Chabrol (L'enfer), Beineix (37°2 le matin), Malle (Ascenseur pour l'échaffaud) forment le bataillon.

Attention chaque films a ses périodes de visionnage. Il n'est donc pas possible des tous les voir la même semaine ou de rattraper ceux déjà passés. Petite faiblesse de programmation qui n'empêchera pas les curieux de se connecter à wwwMixMovieFestival.com.

Déçus par le gouvernement français, les Auteurs-réalisateurs-producteurs (Arp) se tournent vers l’Europe

Posté par vincy, le 28 octobre 2010

En clôture de ses 20è Rencontres cinématographiques le 23 octobre dernier (à Dijon), la société civile des Auteurs-réalisateurs-producteurs (Arp) a émis un cri d'alarme auprès d'un gouvernement qui ne clarifie pas certaines de ses positions. Ils souhaitent ainsi obtenir un débat public (et forcément politique) pour réfléchir aux nouveaux modes de diffusion des films (VOD, ...) et sur l'impact de ceux-ci (exploitation, distribution, ...). Ils souhaitent aussi qu'une TVA à taux réduit pour les biens culturels soit mise en place.

Leur appel (dont vous pourrez lire ci-après le texte complet) révèle une forte attente, mais aussi une déception. Le gouvernement n'appliquant pas les décrets et tergiversant autour de certaines décisions, l'Arp préfère porter ses espoirs sur l'Europe, même si la nouvelle commissaire européenne était absente.

Le texte insiste bien sur les défaillances de l'Etat et le combat que les professionnels s'apprêtent à mener. "Nous ne pouvons imaginer, alors que le financement de la culture par les collectivités territoriales est largement remis en cause, que la prochaine élection présidentielle française fasse l’impasse sur les enjeux culturels. Nous serons extrêmement vigilants et combatifs sur ce point." Notons que les collectivités locales, de droite comme de gauche, diminuent leurs financements à cause d'un Etat qui délègue de plus en plus  de compétences sans reverser les financements équivalents.

A l'heure où la part de marché des films français dépasse péniblement les 30% cette année, et tandis que des chaînes comme Canal + investissent de plus en plus dans le format des séries télévisées, l'inquiétude ne se nourrit pas seulement des nouvelles technologies "menaçantes", mais bien du contexte économique qui fragilise de plus en plus le secteur.

L'Arp est représenté par Radu Mihaileanu, Président, Claude Lelouch, Président d'Honneur, Pierre Jolivet, Jean-Paul Salomé, Dante Desarthe, Michel Ferry, tous Vice Présidents et les autres membres du Conseil d'Administration, Jean-Jacques Beineix, Costa Gavras, Cécile Telerman, Evelyne Dress, Patrick Braoudé, Christian Carion, Dominique Crèvecœur, Lionel Delplanque, Michel Hazanavicius, Gérard Krawczyk, Jeanne Labrune, Philipe Muyl, Raoul Peck, Artus de Penguern, Coline Serreau, Abderrahmane Sissako.

Le communiqué final

"Nous, Cinéastes, Auteurs Réalisateurs Producteurs de L’ARP réunis à Dijon, constatons que 20 ans après leur naissance, ces Rencontres Cinématographiques n’ont jamais été aussi nécessaires. En effet, les dernières avancées technologiques risquent de bouleverser les régulations pertinemment mises en place pour protéger et développer la création cinématographique.
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La Horde en dvd et vod : rencontre avec Yannick Dahan et Benjamin Rocher

Posté par kristofy, le 9 juillet 2010

yannick dahan benjamin rocher la hordeLe film de genre français est comme un serpent de mer qui revient : il y a l’enthousiasme d’en faire et l’envie d’en voir mais il manque l’engouement. Pour fêter en avance la sortie en dvd de leur film La Horde les deux réalisateurs Yannick Dahan et Benjamin Rocher ont donné rendez-vous dans un bar parisien à dix internautes. Une rencontre autour de quelques verres pour parler autant du film que de cinéma en général, sans intervenant extérieur ni langue de bois, et des discussions improvisées pendant plus de deux heures dont voici un écho.

L’accueil du film : Plusieurs mois après la sortie en salles on est toujours convaincus que notre film est 1000 % différent des autres productions françaises. Les anglais ont adoré et ça va sortir au Japon, la chose à laquelle on ne s’attendait pas la sortie directement en dvd (interdit aux moins de 18 ans) en Allemagne; en Australie et au Brésil. C’est notre premier film et il nous a apporté pleins de satisfactions même avec un nombre d’entrées en salles en deçà des espérances. En fait il y a un vrai public large pour le film de genre étranger comme The Descent ou Saw, mais il y a malheureusement une certaine défiance quand c’est fait par des Français. En plus quand 18 nouveaux films sortent la même semaine tout se joue entre le mercredi et le dimanche pour les ‘petits’ films, en face on avait Wolfman avec Benicio Del Toro et toujours Avatar. Il n’y a pas que La Horde qui n’a pas bien marché (48 000 entrées en première semaine, ndlr), c’est aussi le cas de films d’auteur plus classiques comme L’autre Dumas avec Depardieu qui a fait un flop, même Lovely bones de Peter Jackson s’est planté. Ce contexte difficile de sorties encombré fait que La Horde a été beaucoup plus vu à l’étranger qu’en France.

Est-ce qu’il y a un avenir pour le film de genre français ?
Il y a des producteurs qui ont vraiment une volonté pour ce qu’on appelle le film de genre, mais leur financement est toujours difficile. Il a bien fallu nous adapter au budget qu’on avait, en élaguant notre scénario et en supprimant des plans pour moins de jours de tournage. Si on n’avait pas eu le soutien de Canal+ le film n’aurait certainement pas vu le jour, c’est pareil pour Frontières, A l’intérieur ou Martyrs. Et puis comme il y a un vrai risque de perdre de l’argent car ce n’est pas facile à rentabiliser alors au bout d’un moment les producteurs baissent les bras, par exemple après les problèmes de distribution de Martyrs le producteur s’est tourné vers la comédie avec Safari… Après, la conséquence logique c’est qu'on nous propose de faire des remake aux Etats-Unis : je crois que tout le monde a été contacté pour celui de Hellraiser. Et encore il faut arriver à exposer son point de vue, il y a un très bon scénario d’un Dracula Year One (sur la découverte de ses envies de sang) qui circule et qui a été proposé à Xavier Gens, ça l’intéressait et il leur a expliqué sa vision du film avec une série de dessins, mais il y a Alex Proyas qui arrive avec carrément une dizaine de minutes de film déjà tourné, les américains, eux ils peuvent produire une bobine démo. A part Alexandre Aja qui sait ce qu’il veut, pour tout les français qui ont été engagés sur des films de commandes ça donne plutôt des produits que des films. Pour notre ami Xavier Gens il a réussit depuis à monter son nouveau film The Divide et il s’est vraiment éclaté, pas comme sur Hitman. Je viens d’en voir un montage, c’est un groupe de personnes coincées dans un immeuble après une explosion de fin du monde, et je peux vous dire que ça va être une bombe. Nous on a une structure de production ici et on veut faire des films en France, et on est en train d’écrire ; on a aussi un projet de série un peu comme Dead Set qui mélange comédie et horreur, on va voir si ça se concrétise cet été. Lire le reste de cet article »

L’iTunes Store d’Apple propose des films à télécharger

Posté par vincy, le 2 mai 2010

apple itunes movie storeL'iPad n'est pas encore arrivé en France mais Apple a déjà commencé à mettre à disposition de nouveaux contenus en vue de sa commercialisation fin mai. Deux ans après les émissions et séries de télévision, et en attendant les livres et bande dessinées dans l'iBook Store, la marque à la pomme propose depuis ce week-end  des films à télécharger en France, mais aussi en Irlande, Australie..., avec son iTumes Movie Store. Le service existe depuis 2008 aux USA et au Royaume Uni et depuis 2009 en Allemagne.

La firme de Steve Jobs a conclu des accords avec  plusieurs studios américain - la 20th Century Fox, la Metro-Goldwyn-Mayer, Paramount Pictures, Sony Pictures, Universal Studios, Walt Disney et Warner Bros. - mais aussi européens comme Pathé, SND (groupe M6) et StudioCanal.

Si la boutique iTunes Movie Rentals ne propose pas encore tous les films en VOST, on peut déjà y télécharger des hits comme Avatar, Twilight 2, Inglourious Basterds, Coraline, Là-haut, LOL, La cité de la peur, ou Coco, mais aussi des classiques comme La mort aux trousses, Le parrain, Le cercle rouge ou Casablanca...Au total, 600 films sont proposés, et l'offre est appelée à être enrichie rapidement (aux USA plus de 8 500 titres sont disponibles).

Les films seront disponibles le même jour que leur sortie DVD et seront visibles sur iPod, iPhone, ou un ordinateur (PC ou Mac). Apple s'engage ainsi à respecter la Loi française sur la chronologie des médias. En proposant cette offre légale de téléchargement, elle se met en adéquation avec la politique anti-piratage, mais risque de porter un coup dur à Canal + et TF1, leaders nationaux de la VOD.

L'utilisateur a 30 jours pour le visionner une fois téléchargé. Il a 48 heures pour le voir ou le revoir une fois commencé le visionnage (la plupart des chaînes VOD limitant à 24 heures).

Les tarifs sont en ligne avec la concurrence : 2,99€ pour la location de titres du catalogue et de 3,99€ pour les nouveautés. Pour l'achat de films, il faudra débourser moins qu'un DVD ou un Blu-Ray : 7,99€ pour les titres du catalogue, 9,99€ pour les titres récents et 13,99€ pour les nouveautés.

L’offre en VOD explose en 2009

Posté par vincy, le 17 avril 2010

Les différentes plateformes françaises de Vidéo à la demande (Video On Demand) proposent désormais 4 900 films à la location ou l'acquisition légale en ligne. C'est une progression de 18,2% en un an, avec 748 films supplémentaires proposés. Les films français ont notamment élargi leur offre en augmentant de 23,7% le nombre de films disponibles (+7,9% pour les films américains).

Les films récents sont les principaux bénéficiaires, avec 179 oeuvres sorties dans l'année précédent sa mise à disposition.

Le chiffre d'affaires global, quant à lui, explose. 82 millions d'euros en 2009, soit une hausse de 57,7%, et notamment la location de films qui double ses ventes entre 2008 et 2009. En revanche, ce sont les films américains qui tirent leur épingle du jeu avec une croissance de 58,6%, contre 30,9% pour les films français et 10,5% pour les films d'autres pays.

Reste à régler quelques couacs : l'indisponibilité de blockbusters comme Iron Man ou le troisième épisode de Jason Bourne. Et surtout il faudra améliorer la navigation et la recherche de films dans des catalogues toujours plus fournis et de plus en plus longs à consulter avec une simple télécommande...

Démineurs s’offre une deuxième chance dans 36 salles françaises

Posté par vincy, le 10 mars 2010

Sorti fin septembre 2009, Démineurs, désormais auréolé de 6 Oscars dont celui du meilleur film, avait attiré seulement 200 000 curieux.

Son distributeur SND (groupe M6) ressort aujourd'hui le film dans 36 salles françaises, dont 7 à Paris (Bretagne, Médicis, Escurial, Saint-Lambert sur la Rive Gauche et Mac-Mahon, Publicis, UGC Orient-Express sur la Rive Droite).

Pour l'Île de France comme pour la France, ce ne sont pas forcément les plus grandes villes qui sont privilégiées, hormis Lille et Strasbourg. Une stratégie de diffusion dans des villes moyennes comme Poitiers, Avignon, Brest ou Perpignan qui permet une séance de rattrapage dans des pôles souvent oubliés par des sorties confidentielles.

Pour les autres, Démineurs est disponible en DVD et en VOD.

The Blind Side sur FilmoTV la veille des Oscars

Posté par vincy, le 5 mars 2010

The Blind Side est le succès surprise du second semestre 2009 aux Etats-Unis. 250 millions de $ plus tard, et un Oscar à portée de main pour Sandra Bullock, le film n'a toujours pas de date de sortie en France, mais, si vous vous abonnez à FilmoTV, vous pourrez le voir, légalement, dès le samedi 6 mars.

Warner s'interroge sur la sortie du film en salles, peu convaincue par l'attrait des films de sports auprès du public français.  Une sortie en DVD semble plus probable. FilmoTV sert surtout de laboratoire expérimental pour explorer d'autres manières de diffuser des films à faible potentiel.

Pour 4 euros 99,  et pour une durée pour l'instant indéterminée, ce gros hit sera en exclusivité sur cette chaîne qui propose aussi le catalogue de Clint Eastwood, ceux de Pathé, Bac Films, Wild Side, Wild Bunch...

Alice au pays des merveilles dans la tourmente

Posté par vincy, le 22 février 2010

alice au pays des merveillesLe prochain film de Tim Burton, Alice au pays des merveilles, l'un des blockbusters les plus attendus de l'année, fait l'objet d'un boycott qui a commencé sa propagation aux Pays-Bas. Ecran Noir aurait pu vous en parler alors, mais nous ne sommes pas là pour répéter les communiqués de presse et les dépêches "officielles". Nous avons bien fait d'attendre puisqu'en une semaine, le problème est devenu international, et donc plus sérieux.

Dans un premier temps, le producteur et distributeur du film, Walt Disney,  annonce qu'il va bousculer, là où il peut, c'est-à-dire pas en France par exemple, la chronologie des fenêtres de diffusion du film : le DVD sortira trois mois après sa sortie en salles, au lieu de quatre voire six dans certains pays.

Les Américains comprennent. Les Néerlandais annoncent très vite un boycott. Les réseaux Pathé, Minerva, Wolff et Jogchems (quatre cinémas sur cinq à peu près à eux tous) menacent en effet de ne pas projeter une seule copie du film, considérant, avec une certaine mauvaise foi, que cela leur enlève des spectateurs potentiels. Mauvaise foi car un blockbuster de cette trempe va faire l'essentiel de ses entrées dans le premier mois d'exploitation, vite chassé par les blockbusters du printemps (Iron Man 2 pour commencer). Mais les propriétaires des circuits pensent qu'en annonçant une sortie DVD/VOD aussi rapide, cela découragera certains spectateurs de se déplacer. On nous dit la même chose du piratage alors que les entrées en salles sont en hausse dans toute l'Europe depuis un an. La peur est mauvaise conseillère.

Et puis voilà que les britanniques s'y mettent. Ce lundi 22 février, en soirée, Odeon, le plus gros réseau de cinéma anglais a décidé de suivre le mouvement de ses confrères (Cineworld et Vue avaient déjà annoncé leur refus de jouer le jeu de Disney).

Or, le succès d'un film, notamment une imposante production comme celle-ci, dépend de son nombre de copies et de sa diffusion à travers un territoire. La Grande Bretagne n'est pas les Pays-Bas, puisqu'il s'agit d'un des cinq plus gros marchés étrangers pour les studios américains. Et Disney a réellement besoin d'un énorme hit après des résultats en 2009 un peu contrastés (quelques gros hits, pas mal de flops).

La tendance est un raccourcissement du délai à trois mois, notamment aux USA. Les Européens veulent faire d'Alice un précédent qui décourage les studios américains dans cette spirale temporelle où les films ont de moins en moins de temps pour s'installer.

Dans une interview au Film Français, le directeur de Disney France, Jean-François Camilleri, confirme la stratégie de son groupe : "La question de la chronologie est au centre des préoccupations du nouveau président du studio. L'idée est d'analyser la nouvelle façon de consommer les programmes, et de réagir le plus vite possible. On réfélchit beaucoup à la VOD, au téléchargement définitif."

Malgré les maladresses sémantiques,  il constate que les usages changent et qu'il faut s'y adapter. On ne lui donne pas tort.

Alice sort en France le 23 mars.

Le cinéma fait sa révolution française

Posté par vincy, le 14 juillet 2009

Tout a changé lundi 13 juillet au matin avec la publication au Journal Officiel de l'arrêté sur les délais d'exploitation des films.

Une semaine après avoir arraché l'accord professionnel signé par 28 organisations et entreprises pour raccourcir le délai d'exploitation des films, tout est mis en place pour que le cinéma français fasse sa petite révolution à la veille du 14 juillet.

Les films seront désormais disponibles en vidéo à la demande (Vod) et en DVD quatre mois après leur sortie en salles contre six à sept mois et demi au minimum jusqu'ici. Un délai qui pourra être ramené à trois mois, dans des conditions assez strictes. En effet seuls les films ayant réalisé moins de 200 entrées au cours de leur 4e semaine d'exploitation en salles pourront bénéficier d'une telle dérogation. Conclu pour une durée de deux ans tacitement reconductible par périodes d'un an, cet accord réaménage la fameuse chronologie des médias qui organise la diffusion des oeuvres sur différents supports et à la télévision. Cela veut dire qu'un film comme Harry Potter et le Prince de sang-mêlé qui sort demain en salles pourra être en vente en DVD dès la mi-novembre contre janvier auparavant. Idéal pour en faire un cadeau des fêtes.

Les services de télévision payants pourront montrer les films en première diffusion 10 à 12 mois après leur sortie en salles, contre 12 mois minimum aujourd'hui, puis 22 à 24 mois en 2e diffusion (24 mois aujourd'hui).

Les chaînes de télévision en clair pourront les programmer 22 mois (contre 24 mois) après leur sortie en salles lorsqu'elles sont coproductrices, 30 mois dans le cas contraire (contre 36 mois).

Avec un délai de 36 mois à compter de la sortie des films en salles, la VoD par abonnement arrive en fin de chaîne. Seule la VoD gratuite, interdite avant 48 mois, lui est postérieure.

Un bilan régulier de son application sera organisé sous l'égide du Centre national de la cinématographie (CNC) tous les six mois.

L'accord a réussi à être signé in extremis. La Fédération nationale des cinémas français (FNCF) a d'abord voulu obtenir des mesures de rééquilibrage en faveur du secteur de l’exploitation, notamment des mesures liées au prix d’achat des films, des mesures au soutien à l’exploitation, et des mesures fiscales susceptibles de bénéficier à l’ensemble de la filière. La FNCF jugeait en effet que les salles de cinémas sont les seules, parmi tous les diffuseurs, à voir réduire leur durée d’exclusivité d'un tiers de sa durée.

Mais dans un contexte où tout va de plus en plus vite, y compris la consommation des films, le gouvernement avait décidé de s'adapter aux usages déjà en cours dans des pays comme les Etats-Unis ou le Royaume Uni. Il va être de plus en plus difficile de rattraper un film au cinéma deux mois après sa sortie et cela va sans doute conduire à une rotation encore plus rapide. Cela peut aussi inciter de nombreux cinéphiles à attendre la diffusion en VoD pour des films moins marketés, plus risqués ou audacieux. Le genre de films qui a besoin de temps pour s'installer dans un marché saturé. Le public a de plus en plus tendance à choisir des films fédérateurs, et l'augmentation du prix du billet ne va pas inverser le phénomène.

Le Ministère en avait fait un pilier de sa lutte contre le piratage, persuadé qu'en améliorant l'offre légale de films sur internet le piratage allait se réduire. Cela impliquait de bouleverser toute la chronologie des médias. Un accord, le premier qui est aussi global, a été trouvé entre une vingtaine de signataires : organisations professionnelles du cinéma (exploitants, distributeurs, réalisateurs et producteurs), les chaînes (France Télévisions, TF1, Arte, Canal+, M6), les diffuseurs de films en VoD, ou encore Orange et SFR.

Et si la plupart des points sont rendus obligatoires, Ccrtains points de l'accord ne le sont pas. En particulier, celui affirmant la nécessité de règles en matière de rémunération minimale garantie des ayant droits, ou encore celui ayant trait aux pratiques en matière de promotion des oeuvres.

Du coup, tout le monde n'est pas satisfait. La Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), la Société civile des Auteurs Réalisateurs Producteurs (ARP) et la Fédération Française des Télécoms ont stigmatisé le manque d'ambition d'un texte qu'ils n'ont pas signé. La SACD persiste à demander des "initiatives audacieuses pour mettre en place une offre légale, novatrice, générale et sécurisée". La Société souhaite une "réflexion réellement approfondie sur la construction de la nouvelle économie de la création et de son financement à l'ére numérique" et propose notamment de "favoriser, au-delà des périodes d'exclusivité, l'exploitation permanente et suivie des oeuvres audiovisuelles et cinématographiques". Le SEVN (éditeurs de DVD) s'est abstenu jugeant trop restrictives les règles instaurées sur la publicité pour les sorties de films en DVD.