Et si on regardait… Thee Wreckers Tetralogy

Posté par MpM, le 27 mars 2020

Sorti en salles le 4 mars dernier, le programme Thee Wreckers Tetralogy regroupant 4 courts métrages du réalisateur Rosto a vu comme beaucoup d'autres son exploitation stoppée net par la fermeture des salles de cinémas dix jours plus tard. Excellente nouvelle : à l'occasion de la fête du court métrage, son producteur Autour de Minuit le propose exceptionnellement en vidéo à la demande jusqu'au 31 mars !

Pour les amateurs du cinéma si singulier de celui qui nous a quittés prématurément en mars 2019, comme pour ceux qui le découvriront à cette occasion, c'est une chance inestimable de se plonger dans l’univers si cohérent et foisonnant de l’artiste, peuplé de créatures à la fois humaines et monstrueuses. L’occasion rêvée d’entrer dans son oeuvre tentaculaire composée de films sélectionnés dans les plus grands festivals internationaux (Cannes, Ottawa, Clermont-Ferrand), mais aussi du roman graphique Mind my Gap et de la musique de son groupe The Wreckers, elle aussi disponible en ligne.

La tétralogie réunit quatre films tournés entre 2008 et 2018 (No place like Home, Lonely bones, Splintertime, Reruns, auxquels s’ajoute le documentaire Everything is different Nothing has changed)) qui mettent en scène les membres de The Wreckers dans un trip rock halluciné racontant la mort du groupe originel puis sa renaissance sous une forme virtuelle, Thee Wreckers. Chaque film commence où se termine le précédent, dans un esprit de cadavre exquis mental qui mêle cauchemars éveillés, fantômes, illusions, souvenirs et regrets.

On est ainsi face à une introspection intime dans les méandres d’un passé foisonnant, doublée d'un voyage hypnotique aux confins des “mondes rêvés” de Rosto, cet ailleurs fantomatique et punk où se projette son inconscient, et auxquels la combinaison de différentes techniques (prise de vues réelles, animation en volume, animation 3D) confère une esthétique reconnaissable entre mille. C’est tout simplement passionnant, brutal et sidérant, conduisant le spectateur à cesser de s’interroger sur ce qu’il voit pour profiter pleinement de l’intensité d’une expérience unique. Et pour prolonger la découverte, Autour de Minuit propose d'autres films de Rosto ainsi que des bonus sur sa chaîne youtube.

Bientôt les films sortis en mars à la maison?

Posté par vincy, le 21 mars 2020

Un article du projet de loi d’urgence autorise le CNC à déroger aux règles de la chronologie des médias. Les salles de cinéma ont fermé le 13 mars, sacrifiant les films sortis le 11 mars (et même le 4 mars) mais aussi de nombreux films prévus le 18 mars qui étaient déjà en campagne de promotion.

Ce projet de loi d’urgence qui passera en commission mixte paritaire (Assemblée nationale et Sénat) demain, dimanche 22 mars permettra au gouvernement de prendre des mesures exceptionnelles par voie d’ordonnances dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de COVID-19, certaines touchant à des acquis sociaux et d'autres facilitant le financement d'un pays à l'arrêt.

Une chronologie inadaptée

Le président du CNC pourrait donc déroger à titre exceptionnel aux règles de chronologie des médias pour les films en exploitation en salles le 14 mars 2020 et uniquement pour ces films-là. Ce qui concerne finalement une soixantaine de films, qui pourraient être mis à disposition en vidéo à la demande. Ce que demandaient certains producteurs et distributeurs. Aux Etats-Unis, les studios ont déjà avancé les dates de sorties sur les plateformes, comme Birds of Prey, En avant, Invisible Man...

La Fédération nationale des cinémas français s'oppose à une telle mesure: "Le caractère d’urgence et indispensable à la vie de la Nation de cette mesure ne nous paraissant absolument pas avéré, outre notre opposition à priver sans aucune concertation les professionnels de la maîtrise d’un tel dispositif et à modifier le Code du Cinéma unilatéralement, Richard Patry a adressé une lettre de protestation au Ministre de la Culture" .

Une fédération dans le déni

Dans son communiqué du 20 mars, "La FNCF a eu l’assurance de Dominique Boutonnat, Président du CNC, confirmée par le communiqué du CNC de ce jour, qu’il s’attachera à prendre les éventuelles mesures dans ce cadre avec discernement et au cas par cas, sans jamais obérer l’avenir des salles de cinémas et à revenir à une application stricte des textes après cette crise. (...) La FNCF souhaite entamer dès maintenant des discussions constructives avec l’ensemble des organisations des distributeurs – éditeurs de films, et avec le CNC sous l’égide de Franck Riester, Ministre de Culture, pour envisager demain la réouverture des salles de cinéma pour le plus grand plaisir des spectateurs. Elle appelle ainsi les salles de cinéma à soutenir, lors de leur réouverture, les films qui étaient à l’affiche le 14 mars pour leur permettre de poursuivre leur carrière en salle avec succès."

Au cas par cas

C'est un peu utopique. Hormis quelques gros succès comme La bonne épouse ou De Gaulle, aucun film n'a de chance de ressortir dans de bonnes conditions dans un calendrier qui va être très chargé avec tous les reports de sortie. La bonne épouse ressortira en salles, évidemment. Radioactive et Vivarium sans doute aussi. Mais la visibilité des petits films ne sera pas assez grande pour amortir le coût d'une nouvelle exploitation alors que l'on craint déjà un énorme embouteillage de nouveautés dès mai-juin et encore plus à l'automne. Pourquoi priver Un fils, Une sirène à Paris, Femmes d'Argentine, pour ne citer que trois sorties du 11 mars, qui n'ont pas pu trouver leur public en moins de quatre jours, d'une nouvelle fenêtre dès maintenant, profitant de la notoriété acquise par la promotion récente en publicité ou dans les médias? Idem pour ceux sortis fin février et début mars, et qui ont déjà fait une grande partie de leurs entrées et qui ne gagneront rien à ressortir, à l'instar de Dark Waters ou Un divan à Tunis? Et finalement pourquoi empêcher producteurs et distributeurs de récupérer un peu de recettes rapidement en ces temps de crise financière... ?

Les sorties post-13 mars non concernées

Et puis il n'y a pas lieu de paniquer. On voit bien que l'objectif est de conserver la chronologie des médias, sauf à titre exceptionnel.

Le CNC a précisé que chaque demande serait menée en pleine concertation avec les représentants de la filière et notamment les organisations professionnelles des exploitants de salles de cinéma. "La fermeture des salles de cinéma est un moment critique pour toute la filière. Le public doit pouvoir accéder aux films, mais il nous faut également assurer les équilibres fondamentaux qui permettent de financer la création à moyen et long terme, ainsi que la reprise de l’activité au moment de la réouverture des salles" a déclaré Dominique Boutonnat, Président de l'organisme.

La disposition examinée par le Parlement ne concerne pas les films destinés aux salles mais qui n’étaient pas encore sortis au moment de la fermeture des cinémas (Petit Pays, Forte, Benni) et qui n'avaient pas encore annoncé leur report.

Des films directement en Vidéo à la demande?

Tous ces films prêts à sortir ne sont pas soumis à la chronologie des médias et les titulaires de droits sont libres de les exploiter sur tous supports dans le cadre de leur liberté contractuelle indique le CNC. Reste le cas épineux des films programmé qui ne sortiront finalement pas en salles, pour de multiples raisons. Le CNC est, en principe, tenu de réclamer, aux bénéficiaires d’aides accordées dans le cadre du soutien financier au cinéma, la restitution de ces sommes lorsque la première exploitation des films ne se fait pas en salles. Mais l'institution a lancé cette semaine, pour ces films non encore sortis en salles, une concertation qui associe toute la filière du cinéma et de l’audiovisuel, pour réfléchir aux modalités selon lesquelles certains d’entre eux pourraient, le cas échéant, être mis à la disposition du public directement sous forme de VOD ou de DVD / Blu-Ray, sans que les bénéficiaires des aides "cinéma", ainsi d’ailleurs que des autres financements réglementés, soient contraints pour autant de les restituer.

"Le public doit pouvoir accéder aux films, mais il nous faut également assurer les équilibres fondamentaux qui permettent de financer la création à moyen et long terme, ainsi que la reprise de l'activité au moment de la réouverture des salles", rappelle Dominique Boutonnat.

Le 18 mars, Franck Riester, ministre de la Culture, a soutenu un ensemble de mesures mis en place par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) comme la suspension du paiement de l’échéance de mars 2020 de la taxe sur les entrées en salles de spectacles cinématographiques (TSA) pour soutenir leur trésorerie, le versement de manière anticipée des soutiens aux salles art et essai et à la distribution et la garantie du paiement de ses aides. Le ministre a rappelé que "toutes les subventions attribuées par le CNC aux manifestations annulées pour des raisons sanitaires leur resteront acquises si elles ont déjà été versées, ou seront effectivement payées si elles ne l’ont pas encore été."

Et si les films sortis en mars passaient tout de suite en vidéo à la demande?

Posté par vincy, le 17 mars 2020

Les cinémas sont fermés depuis le 13 mars. La pandémie de Covid-19, aka le satané coronavirus, pourrait bousculer la chronologie des médias, temporairement. Après tout, Canal + s'est mis en clair pour les non abonnés. Et confinés que nous sommes, nous pouvons acheter des films récents en vidéo à la demande, notamment sur Netflix ou à La Cinetek, ou se gaver gratuitement de 1150 films de patrimoine sur Open Culture.

Le CNC réfléchit à un dispositif qui permettrait d'avancer les sorties de films en vidéo à la demande (achat à l'acte), notamment pour ceux sortis en salles depuis début mars et qui n'ont eu une exploitation que de moins de dix jours (autant dire à perte). Or, pour ces films sortis avant le décret de fermeture des salles, et qui ont perdu beaucoup, il est impossible de les voir distribuer en VOD avant une période de quatre mois, en l’état actuel des choses. Si on souhaitait les rendre disponibles sur les plateformes, il faudrait changer la loi. A moins que le CNC et le gouvernement puissent contourner le problème et offrir une dérogation.

Des films sacrifiés

En revanche, pour les films programmés en salles d'ici au 15 avril, il y a deux options. Reporter la date de sortie (ce que beaucoup ont déjà fait, y compris Black Widow, prévu le 29 avril et Trolls 2, décalé au 14 octobre) ou être directement diffusé en VOD ou DVD, sans jamais connaître une exploitation au cinéma..

Mais dans ce cas il faut que le CNC garantisse que les producteurs puissent obtenir les financements publics liés au visa d'exploitation, notamment le fonds de soutien.

Dans tous les cas, pour ne pas fâcher les exploitants, il faudrait que les mesures soient temporaires. Alors que Netflix est au top des passe-temps et que Disney + arrive en France, il serait assez intelligent de pouvoir rattraper les films sortis après mars. Marc Irmer (@marcdolcevita) soutenait sur twitter cette option; "Je suis le producteur de Un Fils de Mehdi Barsaoui sorti mercredi 11 et dans le contexte, je suis pour l'ouverture de la VOD en attendant la réouverture des salles. Tous ces efforts, pour n'être vu que 4 jours...c'est trop frustrant."

LaCinetek démocratise les films du patrimoine avec une nouvelle offre

Posté par vincy, le 14 septembre 2018

Inaugurée en 2015, LaCinetek a lancé le 10 septembre son offre par abonnement. Les abonnés pourront découvrir 10 nouveaux chefs-d'œuvre du cinéma de patrimoine pour 2,99€ (sans engagement). A cela s'ajoute deux autres offres: un abonnement annuel de 30€ pour douze mois (soit deux mois offerts et 120 films par an) et un abonnement annuel à 59€ qui comprend un an d'accès à la Sélection du mois et 12 films à la carte issus du catalogue, dont le plus vieux film date de 1907!

Par conséquent, la nouvelle offre permet de voir 10 par mois sélectionnés autour d'une thématique, accompagnés de bonus exclusifs livrant l’analyse de réalisateurs et/ou d’extraits d’émissions sur le cinéma. Pour lancer cette offre, LaCinetek a fait appel aux internautes via Kiss Kiss Bank Bank pour assurer cette nouvelle formule. Près de 750 participants se sont ainsi pré-abonnés pour une valeur totale de 20000€, dépassant ainsi l'objectif initial.

Deux ans après son lancement, LaCinetek a séduit 20000 cinéphiles et compte 1000 abonnés. La plateforme propose déjà 62 listes de réalisateurs, de Audiard à Ozon, de Kiarostami à Kore-eda, un catalogue de plus de 925 films dont 200 inédits (introuvables sur les services concurrents.) en VàD, provenant de 60 pays, mais également 141 bonus exclusifs et 203 bonus archives. La boutique a vu son nombre de locations augmenter de 175% depuis début 2017. Les films les plus vendus sont Conversation secrète de Francis Fors Coppola, La Chèvre de Francis Veber, Les quatre cent coups de François Truffaut, Théorème de Pier Paolo Pasolini, Meurtre mystérieux à Manhattan de Woody Allen et L'Homme de Rio de Philippe de Broca.

Les films sont disponibles à la location (2,99 en SD et 3,99 en HD) et à l’achat (7 ,99 en SD et 9,99 en HD). Par ailleurs, depuis juin 2018, LaCinetek est aussi proposée aux abonnés Freebox.

Une personnalité invitée parrainera également chaque mois son film coup de cœur parmi les 10 de la liste, en le présentant dans une courte vidéo. Cette rentrée, Béatrice Dalle présente Accatone de Pier Paolo Pasolini, qu'elle considère comme un génie.

La thématique de l'offre de lancement tourne autour de la Première œuvre, "celle qui contient toutes les autres" avec au programme, outre Pasolini, Jacques Demy (Lola), Jean-Luc Godard (A bout de souffle), David Lynch (Eraserhead), Alain Resnais (Hiroshima mon amour), Jean Vigo (L’Atalante), George A. Romero (La Nuit des morts vivants), Gus Van Sant (Mala Noche), Georges Franju (La Tête contre les murs) et Barbara Loden (Wanda).

En octobre, les abonnés auront le droit à une sélection Boys Meets Girls, en novembre à l'Eternelle adolescence et en décembre à Enfance et cinéma.

LaCinetek est est une association loi 1901 fondée en 2014 par La Société des Réalisateurs de Films (La SRF) et LMC/UniversCiné, premier éditeur et prestataire technique VoD au service du cinéma indépendant. L'association est présidée par Pascale Ferran, vice-présidée par Cédric Klapisch et administrée par Laurent Cantet.

Le Studio des Ursulines lance sa plateforme VàD Benshi Studio

Posté par vincy, le 5 novembre 2017

Le Studio des Ursulines (Paris), récompensé par le CNC pour son site Internet dédié au jeune public Benshi.fr mis en ligne il y a trois ans, va lancer son offre de vidéo à la demande le 8 novembre pour 4,99 € par mois.

La plateforme Benshi Studio permettra d'accéder à 50 films et 50 courts-métrages destinés au jeune public , soit "toutes les pépites de l’animation à destination des 3 -11 ans". Les films resteront accessibles en téléchargement hors-ligne, pendant toute la durée de l’abonnement. La plateforme est disponible sur tous les écrans.

Pour pouvoir lancer cette offre, le cinéma parisien avait fait appel à une campagne de financement participatif qui a attiré 650 donateurs pour un montant total de 23 000 €.

Les deux directeurs du cinéma Adrien et Louis-Paul Desange veulent "transmettre l’amour du cinéma aux plus jeunes, éveiller leur curiosité et leur ouverture sur le monde, se fabriquer un imaginaire curieux, enthousiaste, lumineux à travers un choix de films adaptés à chaque âge." Le communiqué précise qu'on y trouvera "Des films sélectionnés pour leurs qualités artistiques, culturelles et émotionnelles avec une attention portée à leur fabrication et aux valeurs qu’ils défendent ainsi qu’une grande vigilance à déterminer les âges à partir desquels les enfants peuvent découvrir certaines œuvres."

Plusieurs critères son retenus:
• Les qualités cinématographiques, picturales, de mise en scène, d'interprétation.
• La capacité des films à susciter l'empathie du spectateur pour des personnages, un destin, une histoire, mais aussi à déclencher sa curiosité, et ouvrir sur des mondes qu'il ne connaît pas forcément.
• La singularité, chez Benshi nous soulignons ce qui rend chaque film unique
• La longévité, c’est-à-dire ces films qui traversent les époques sans jamais prendre une ride

On y trouvera ainsi Kirikou, Le chant de la mer, Mia et le migou, Le garçon et le monde, Popeue, Peau d'âne, Le cirque, Wadjda, La balade de Babouchka, Lettre à Momo....

Pierce Brosnan ne suffit plus

Posté par wyzman, le 16 novembre 2016

L'heure est grave. Non, on ne parle pas de Donald Trump ou de la sortie des Animaux fantastiques mais bien de l'ancien James Bond Pierce Brosnan. Son film I.T. vient de sortir en e-cinéma et semble cartonner, mais il n'en va pas de même pour sa carrière. Explications.

Échecs, fours, désastres

Nous pourrions passer un moment à évoquer ce nouveau film, I.T., mais ce ne serait pas pertinent. Comme la plupart des projet dans lesquels l'acteur de 63 ans s'embarque désormais, le résultat n'est pas à la hauteur de nos attentes. Pire, on en vient à se demander pourquoi l'on continue à espérer. Dans I.T., Pierce Brosnan incarne tout de même un PDG de compagnie innovante type Apple qui se retrouve harcelé par un informaticien un brin pervers. Intéressant sur le papier, ce thriller est hautement dispensable. Malheureusement, il en va de même pour la quasi-totalité des films qui incluent Pierce Brosnan depuis 2011…

A l'exception du Dernier Pub avant la fin du monde et No Escape, cet Irlandais pure souche n'est plus en mesure de nous mettre dans tous nos états. Et c'est un drame. Car outre 4 bons James Bond (GoldenEye, Demain ne meurt jamais, Le monde ne suffit pas, Meurs un autre jour), Pierce Brosnan a fait de belles choses. On pense bien évidemment à Madame Doubtfire, Mars Attacks!, L'Affaire Thomas Crown et Mamma Mia! Des films qui, outre leur belle carrière au box office mondial, ont assis son statut de superstar européenne. D'ailleurs, le petit Pierce va recevoir un prix pour sa contribution au cinéma mondial aux prochains European Film Awards. Mais plus le temps passe, plus l'on vient à se dire que ces beaux jours sont derrière lui. Beaucoup de ses films ne sortent même plus en salles en France. A moins que…

Un retour en grâce prévu pour 2017 ?

D'un ennui mortel dans November Man et Survivor, l'ancien 007 a fait le choix, comme beaucoup d'autres, de se tourner vers la télévision. Et en bons sériephiles que nous sommes, nous n'allons pas nous plaindre. En 2017, il devrait ainsi crever le petit écran dans The Son, une mini-série diffusée sur la chaîne cablée AMC (Mad Men, Breaking Bad, The Walking Dead). Adaptation du roman éponyme de Philipp Meyer, The Son raconte les péripéties de trois générations d'une famille texane, de 1850 à nos jours.

Présentée comme un drama familial sur fond de western, The Son pourrait faire de l'ombre à Westworld, le nouveau hit de HBO (Game of Thrones) et devenir par la même occasion l'Eldorado de Pierce Brosnan. A condition qu'il accepte de se lancer à fond dans ce projet et d'abandonner les pistolets et ses tics corporels devenus outranciers. Mais en attendant de connaître la date de lancement de The Son, c'est avec beaucoup de regret que l'on vous conseille de faire l'impasse sur ses prochains films… Vous ne direz pas que l'on ne vous avait pas prévenus !

Edito: des films privés de sortie?

Posté par redaction, le 17 mars 2016

C'est une drôle de semaine. Le meilleur film du mois, 99 Homes, Grand prix à Deauville, avec Michael Shannon (qui est aussi à l'affiche de Midnight Special, qui bénéficie de la plus grosse combinaison de copies de la semaine), ne sort pas en salles. Idem pour Black, l'un des meilleurs films belges de ces derniers mois. Et s'il n'y avait que ces deux films directement sortis en "e-cinema" (autrement dit en Vidéo à la Demande)! Sur les 16 sorties de la semaines, 6 n'ont le droit qu'à une ou deux copies sur Paris, dont le fantastico-poétique Evolution, de Lucile Hadzihalilovic, produit par Sylvie Pialat (Les films du Worso, soit L'inconnu du Lac et Timbuktu tout de même). Sur toute la France, le film, prix spécial du jury et prix du jury pour la photo à San Sebastien, n'est diffusé que dans 6 salles.

Trop de films pour peu d'élus

Chaque mercredi, il y a ce jeu de massacre. Trop de nouveautés? Ou une inégalité de traitement dans l'offre? Cinq nouveautés ont le droit à 15 copies sur Paris-Périphérie. Cinq films qui ont donc la chance de pouvoir "exister" réellement. Et si le distributeur n'obtient pas le graal - l'UGC des Halles - autant dire que son film est déjà condamné. C'est le cas d'Evolution qui se retrouve dans un MK2 et au Publicis, mais n'a pas accès aux autres salles de MK2 ni même au Cinéma des cinéastes ou aux réseaux indépendants (Etoile, Les Ecrans de Paris...). Ce n'est pas étonnant. Il faut aussi faire vivre les continuités, leur donner du temps pour exister. Et comme l'exploitant est aussi un commerçant, il doit s'assurer d'avoir quelques titres porteurs. On comprend bien le délicat équilibre. Et on s'étonne presque de la très belle diffusion de The Assassin ou des Délices de Tokyo.

Le e-cinema, second grand écran?

Et ainsi on comprend tout aussi bien que certains films sortent directement en e-cinema. Sortir en salles coûte cher pour un amortissement très périlleux dans un environnement très concurrentiel. Le phénomène n'est pas nouveau et si vous allez sur les plateformes vous découvrirez des films inédits avec Sandra Bullock, Pierce Brosnan et autres vedettes hollywoodiennes. Plutôt que d'opérer une sortie technique, soumise ainsi à la chronologie des médias, autant court-circuiter les circuits de cinéma. A condition que le motif soit justifié. Que Black ne sorte pas, tout comme Made in France il y a moins de deux mois, parce qu'il y a un risque de troubles de l'ordre public ou parce que le film aborde un thème abrasif, ce n'est pas forcément une bonne excuse. Que 99 Homes soit destitué d'une sortie en salles (alors que le distributeur Wild Bunch a sorti Les naufragés qui peine à atteindre les 100000 spectateurs malgré la présence de Daniel Auteuil) et là on s'interroge. On reste perplexe même.

Le cinéma, produit de consommation impulsif ou durable

Patron de Wild Bunch, Vincent Maraval a expliqué les raisons dans "L'Instant M" sur France Inter. Pour lui, le film n'avait pas ses chances en salles. Pour le sortir correctement, il fallait viser les 400000 entrées. Avec une durée de vie moyenne de dix jours, un film doit remplir ses salles au maximum dès les premières séances. Paradoxalement, alors que le cinéma consacre cette consommation "zapping" du 7e art, le "e-cinema" permet de toucher un public moins ciblé et dans la durée. Car, un film sorti en "e-cinema" peut s'offrir des écrans publicitaires à la télévision contrairement à une sortie en salles. Maraval souhaiterait pouvoir sortir un film comme 99 Homes dans des grandes villes et en e-cinema pour le reste de la France, où de toute façon il ne sera pas projeté. La limitation du risque n'explique pas tout, d'autant que ce serait la porte ouverte à une offre cinéma réduite à des films potentiellement grand public.

La VàD, nouvel eldorado?

Pour l'instant, la sortie simultanée en salles et en VàD n'est pas possible. La chronologie des médias reste un sujet explosif. Mais il va bien falloir revoir la règlementation, même si elle s'est assouplie avec le temps, notamment pour lutter contre le piratage. Et quel intérêt de s'abonner à Canal + pour voir un blockbuster déjà disponible à la location en vidéo à la demande? De la même façon, The Screening Room, start up qui propose simultanément à domicile et le jour même de leur sortie en salles, les films en location pour une période de 48h au tarif de 50$ (en plus d'un décodeur anti-piratage d'un coût de 150$), bouleverse la chronologie des écrans aux Etats Unis. Ce nouveau modèle divise les cinéastes et effraie les exploitants.

Où est le partage quand on est chez soi?

On peut toujours arguer que les écrans de télévision sont de plus en plus grand, que de prendre une voiture pour aller au multiplexe ce n'est pas très écologique. Mais attention: la diversité de l'offre est un ingrédient indispensable dans l'eco-système cinématographique. A trop anticiper le goût des spectateurs en choisissant pour lui ce qu'il devrait aimer et ce qu'on lui demandera d'aimer, on court vers une sorte de formatage cinéphilique et même vers une fracture culturelle entre ceux qui auront accès à des films d'auteurs inédits et ceux qui se contenteront des quelques sorties "aptes" à être diffusées en salles. Mais surtout, on oublie que le cinéma reste un art du partage, un véritable art social, qu'on va voir en communauté (seul ou en couple ou en groupe au milieu d'inconnus) et dont on débat dans un café ou sur les réseaux. 99 Homes comme Black comme Evolution sont typiquement trois films qui pouvaient alimenter de belles conversations. A moins que l'avenir ne soit aux projos "collectives" chez soi, avec like et tweet-live sur les réseaux, pop corn bio et bière, et personne à déranger quand il s'agit d'aller aux toilettes. A 50$, avec dix copains/copines, c'est non seulement rentable et en plus convivial.

Cinéma et e-cinema pour la sortie de Made in France

Posté par vincy, le 4 décembre 2015

malik zidi made in france
Sur sa page Facebook, Pretty Pictures a annoncé jeudi 3 décembre que le film de Nicolas Boukhrief, Made in France, sortirait finalement au cinéma le 20 janvier pour les salles qui souhaitent le programmer et en e-cinema le 29 janvier sur toutes les plateformes VOD? en collaboration avec TF1 Vidéo.

L'affiche a été changée: la Tour Eiffel n'est plus symbolisée avec une kalashnikov. Il ne reste plus que la Tour Eiffel pour l'affiche provisoire.

Pretty Pictures avait décidé de reporter la sortie du film quelques jours après les attentats du 13 novembre. L'histoire est celle de Sam, journaliste indépendant, qui profite de sa culture musulmane pour infiltrer les milieux intégristes de la banlieue parisienne. Il se rapproche d’un groupe de quatre jeunes qui ont reçu pour mission de créer une cellule djihadiste et semer le chaos au cœur de Paris.

Dans son communiqué, Pretty Picture explique qu'il "est plus que jamais essentiel de permettre au public de voir le film. Parce que son visionnage éclaire l’actualité, sans jugement ni polémique, le rendre accessible au plus grand nombre fait partie du combat pour la liberté".

Made in France devait sortir le 18 novembre. Le film réunit Malik Zidi, Dimitri Storoge, Ahmed Dramé, François Civil et Nassim Si Ahmed.

La Fnac lance son service de vidéo à la demande

Posté par vincy, le 27 octobre 2015

Un nouveau venu dans la Vidéo à la demande. La Fnac annonce le lancement de FnacPLAY, en partenariat avec VOD Factory. Le service proposera des films et des séries, en location ou en achat définitif. Face à la baisse constante du marché de la vidéo "physique", dont la Fnac est le premier vendeur en France, le groupe a décidé, tardivement, de se lancer dans l'offre numérique, alors qu'elle est présente depuis quelques temps sur le marché du livre numérique (avec Kobo) et du streaming musical (où elle reste un nain face à Spotify et Deezer).

Au moins cela la renforce dans sa stratégie d'occuper tous les canaux, physiques et numériques. 2e site de commerce en ligne en France, le groupe se diversifie : mode (avec Uniqlo), objets connectés, électroménager (la Fnac souhaite d'ailleurs racheter Darty).

FnacPLAY proposera des films 4 mois après leur sortie en salles sur télé, ordinateurs, tablettes et smartphones. Il faudra compter entre 2,99€ et 5,99€ pour une location. Le service promet également la diffusion des meilleures séries américaines 24 heures après leur diffusion aux Etats-Unis. Et ajoute, en "bonus", des avis, des coups de coeur et des sélections thématiques.

Son partenariat avec VOD Factory lui permet d'accéder à un catalogue de 17000 titres.

Deauville 2015 : Eli Roth, honneur à l’horreur

Posté par kristofy, le 6 septembre 2015

Le réalisateur/acteur Eli Roth est venu à Deauville pour accompagner un programme "grindhouse" composé de ses deux derniers films : une première de The Green Inferno avec son actrice Lorenza Izzo; et la grande première de son dernier film Knock Knock, toujours avec Izzo mais aussi Colleen Camp et Keanu Reeves.

Il a expliqué (dans un français presque parfait) qu'avec The Green Inferno, il avait fait son Apocalypse Now, comprendre un tournage dans des conditions difficiles: plusieurs heures de transport en véhicules et bateau chaque jour pour tourner dans un endroit vierge de cinéma en Amazonie, et le thème des cannibales qui a fait peur à différents distributeurs de films. Il sera enfin visible en e-cinema sur différentes plateformes web le 16 octobre. Pour son film suivant Knock Knock, la logistique était à l’opposé : un seul lieu de tournage, en studio, avec de l’air climatisé et à peine une goutte de sang pour un thriller psychologique. La sortie en salles est prévue ce 23 septembre.

Retour sur l’itinéraire d’un enfant doué tellement biberonné de films fantastiques qu’il a contribué à en redéfinir les genres:

Cabin fever : premier film devenu culte et symbole d’un certain renouveau du film fantastique américain. L’idée vient d’un problème de peau qu’avait connu Eli Roth. Ici, c’est une bactérie qui s’attaque à la chair d’une bande de jeunes en vacances dans une forêt… L’image qui reste : des lambeaux de peau qui se détachent, et l’eau infectée qui va contaminer une ville.

Hostel : seconde réalisation et nouveau choc. L’idée est venue d’internet où on pourrait ‘acheter’ quelqu'un pour tuer un être humain. Dans le film, un trio de touristes américains en vadrouille en Europe est attiré par quelques jolies filles et vont se retrouver prisonniers d’un centre torture… L’image qui reste : diverses mutilations, comme un œil arraché. Le sous-texte politique : les Américains sont ceux qui sont le plus détestés au monde, en rapport avec la guerre en Irak.

Hostel chapitre 2 : après l’immense succès du précédent, Eli Roth fait mieux qu’une suite : après les victimes torturées, voici l’histoire du côté des bourreaux qui paient pour torturer…. L’image qui reste : des tortures encore plus sadiques, la présence d’un cannibale (déjà). Le sous-texte politique : les Américains sont des sauvages qui aiment pratiquer la torture, en rapport avec le scandale de Abou Ghraib en Irak.

Aftershock : après avoir fait l’acteur chez son pote Quentin Tarantino (Boulevard de la mort et Inglourious Basterds), Eli Roth change de latitude et sympathise avec la jeune garde de cinéastes du Chili Nicolás López et Guillermo Amoedo. Il va désormais écrire et produire des films avec eux et trouve sa muse avec l'actrice Lorenza Izzo. Avec Aftertshock, il ne sera qu'acteur et scénariste. Comme dans le début de Hostel , il s'agit encore de mecs en vacances, qui draguent des filles. Mais un tremblement de terre se produit et c’est le chaos… L’image qui reste : une cabine de téléphérique qui s’écrase, divers scènes de la loi du plus fort (meurtres, viol…). Le plaisir coupable : film de genre à la fois violent, drôle et spectaculaire avec un peu de gore.

The Green Inferno : la même équipe qu'Aftershock et les mêmes acteurs, le film est présenté dans divers festivals en 2013. Une bande de jeunes idéalistes et activistes partent des USA pour l’Amazonie pour s’enchainer à des arbres pour lutter contre des entreprises qui exploitent les forêts et le sol tout en menaçant le territoire d’une tribu dont on ne connaît pas grand-chose: ils vont découvrir leur sauvage appétit… L’image qui reste : le découpage et la cuisson d’une viande… Le plaisir coupable : enfin un  nouveau film de cannibales, et pourtant un divertissement fun, avec beaucoup de gore.

Knock Knock : virage à 180 degrés avec un thriller composé de quelques gouttes de sang, et dans le rôle de la victime, une superstar hollywoodienne aka Keanu Reeves. Ana de Armas, Lorenza Izzo, Ignacia Allamand et Colleen Camp complètent le casting. L’idée vient du film Death Game (en 1977, avec Colleen Camp et Seymour Cassel) remaniée façon Eli Roth, l’histoire est celle d’un homme marié et père de famille qui se retrouve seul chez lui durant quelques jours; un soir, deux séduisantes jeunes filles sonnent à la porte… En moins de 48h, c’est l’existence tranquille de sa vie de famille qui va être menacée. L’image qui reste : deux filles en peignoir qui tournent autour des fauteuils où Keanu s’assoit… Le malaise coupable : la punition effroyable pour avoir été infidèle.

Cabin fever sera suivi de quantité de films du genre ‘des-jeunes-dans-une-cabane-au-fond-des-bois-et-il-va-y-avoir-des-morts…’, Hostel et Hostel Chapitre 2 seront emblématiques d’une nouvelle série de films du genre ‘torture-porn’, Aftershock est une nouvelle variation du genre ‘post-apocalyptique’, The Green Inferno ressuscite le genre du ‘cannibal movie’ et Knock Knock s’inscrit dans le genre ‘home invasion’… Eli Roth va sans doute continuer de nous faire trembler, en marge parfois, mais en digne héritier de Wes Craven, récemment disparu: il faut toujours réinventer le genre et lui donner un sous-texte critique voire satirique.