Lettre à Xavier Dolan

Posté par wyzman, le 21 septembre 2016

Cher Xavier,

Avec toi, c'est toujours la même chose. A chaque passage à Cannes, tu fais un malheur. Certains t'adorent, d'autres te détestent. Mais rares sont ceux qui, après avoir vu l'un de tes films, se disent "Mouais… Bof… Ça passe !" Il y a deux ans, Mommy faisait le job comme personne. Je m'en souviens comme si c'était hier. Tu étais partout, tout le monde te citait, tu allais gagner. Jusqu'à la dernière minute, tout le monde te voyait remporter la Palme d'or… Et puis finalement non. Ce n'est pas grave. Ton nouveau bébé, Juste la fin du monde, est la preuve que ton meilleur film (à ce jour !) allait sortir deux ans plus tard.

Alors oui, nombreux sont ceux qui t'ont reproché et vont continuer à te reprocher la mise-en-scène de cette adaptation de la pièce de Jean-Luc Lagarce. Mais on s'en fiche. Comme tout metteur en scène, tu t'es approprié l'oeuvre de J.-L. L., quitte à la modifier légèrement. C'est tant mieux. En modernisant un peu le tout, tu m'as donné envie de découvrir le travail de ce dramaturge. Et ce n'était pas gagné d'avance. Comme avec Tom à la ferme à l'époque, il est évident que ton nouveau film va diviser et déranger. N'est-ce pas ce que les grands artistes sont censés faire ? En n'allant là où tu n'étais pas franchement attendu, tu nous as prouvé (si c'était nécessaire) que tu étais seul maître de ta carrière. Et je ne te remercierai jamais assez pour cela.

Dramatique au possible et sincèrement prenant, Juste la fin du monde m'a réconcilié avec ma famille (j'y reviendrai plus tard) et avec cette belle et grande famille du cinéma français. Parce que cela mérite d'être dit : ton casting cinq étoiles est une merveille. Oui, l'interprétation de Léa Seydoux risque d'en agacer certains. Oui, Nathalie Baye aurait dû forcer encore un petit peu le trait. Mais en face, impossible de résister au jeu de Gaspard Ulliel (un bonheur qui mérite une nomination aux César), de Marion Cotillard (plus juste que la justesse elle-même) et de Vincent Cassel (parfait au possible).

Parce que tous tes acteurs sont incroyables, je suis d'autant plus content que tu n'aies pas lésiné sur les gros plans. Si pour certains spectateurs et internautes, ce n'est que du cadrage, pour moi, cela a fait toute la différence. Et ne me lance même pas sur ces regards qu'Ulliel et Cotillard s'échangent ou sur tes ralentis ! En mettant en scène et de manière brillante mais osée une pièce de théâtre essentiellement basée sur les non-dits, tu as réussi un véritable exploit. Et au cas où tu ne le saurais pas, tu es officiellement l'un des meilleurs réalisateurs de cette décennie et de notre génération.

Mais assez parlé de ton excellent travail (tu méritais plus qu'un Grand Prix, ça reste entre nous), parlons maintenant de moi et de toutes les personnes qui vont aller voir ou revoir ton film dès aujourd'hui. Évoquons brièvement tous ceux qui vont être pris par les tripes, songer à leur famille pendant de longues minutes et se baisser sur leur siège de cinéma pour pleurer discrètement. Car oui, Juste la fin du monde est d'une telle beauté que j'en ai pleuré. Bon d'accord, j'ai pleuré devant chacun de tes films, mais celui-ci m'a vraiment laissé en PLS pendant plusieurs heures. D'ailleurs, je ne m'en suis toujours pas remis. D'où cette lettre.

Après avoir vu Juste la fin du monde, j'ai presque changé d'avis sur les repas de famille. Presque. Je les déteste toujours autant parce que tout le monde semble y être en pleine représentation, mais je les tolère davantage. J'y communique et y partage également plus. Avec la puissance d'un électrochoc, ton nouveau film m'a fait comprendre que ce sont ces petits moments passés autour d'une table qui font les familles et pas juste les liens du sang.

Alors merci. Merci pour ces 95 minutes absolument flamboyantes. Merci d'être toujours toi-même (talentueux, franc, sensible et parfois mal compris). Merci de partager ton regard sur le monde et ta maturité avec le public (même les purs haters). Mais plus encore, merci de ne jamais avoir cédé sous la pression des critiques.

Vincent Cassel, Rosamund Pike et Daniel Brühl pris en otage

Posté par vincy, le 31 juillet 2016

Vincent Cassel, Rosamund Pike et Daniel Brühl sont en discussions avancées pour embarquer dans le film britannique de Jose Padilha, Entebbe. Working Title et Participant sont aux manettes du côté de la production.

Entebbe, dont le scénario est écrit par Gregory Burke, à qui l'on doit '71 de Yann Demange, raconte l'histoire vraie de quatre pirates de l'air (deux Palestiniens et deux Allemands) qui, en 1976, ont pris un avion en otage pour le détourner et le faire atterrir à l'aéroport d'Entebbe en Ouganda. Ils réclamaient la libération de douzaines de prisonniers Palestiniens et pro Palestiniens. Le thriller suit ainsi les pirates, les otages, le Premier ministre israélien de l'époque Yitzhak Rabin et son ministre de la Défense Shimon Peres, qui devaient décider de négocier ou de lancer un raid sur l'avion dont les pilotes étaient français. Au cours du raid, un soldat israélien a été tué, Jonathan Netanyahyu, frère aîné de Benjamin Netanyahou (lire l'article de Wikipedia). Le film se démultipliera selon les points de vue de chacun des protagonistes.

Le cinéaste brésilien Jose Padilha avait remporté l'Ours d'or en 2007 avec Troupe d'élite (Tropa de Elite) et a réalisé par la suite le remake de Robocop et la série TV "Narcos" pour Netflix.

Rosamund Pike sera d'ici là à l'affiche de l'adaptation du roman français HHhH, aux côtés de Jason Clark et Jack O’Connell. Daniel Brühl, actuellement à l'affiche de Colonia, vient de terminer le tournage de The Zookeeper’s Wife avec Jessica Chastain. Vincent Cassel, qui est au générique de Jason Bourne, sera aussi dans les cinémas cet automne avec Juste la fin du monde de Xavier Dolan.

[L'instant Glam'] Cannes 2016 – Jour 9: le bleu est toujours une couleur chaude…

Posté par cynthia, le 19 mai 2016

Oyé oyé cinéphiles, neuvième jour des hostilités cannoises: on n'est toujours pas fatigué (on frime), on enchaîne les films avec fougue ou désarroi, on mange des sandwichs (si on a le temps), on squatte les soirées mondaines et on croise (et décroise) les peoples... bref la routine à Ecran Noir! Le plus dur c'est de se réveiller à 7 heures du mat.

Aujourd'hui notre bassin a fait des pirouettes (oui les ronds ce n'étaient pas assez). L'équipe de Juste la fin du monde a embrasé le tapis rouge par sa beauté et son glamour. Tout d'abord Marion Cotillard qui, grâce à son magnifique make up, a pu camoufler ses valises en dessous des yeux. La môme à la mort cinématographique si gracieuse remporte le prix de la prestance dans sa robe mi-cuir, mi-tissu noire qui nous a bien tapé dans l’œil. On lui demanderait bien de nous la prêter pour notre prochaine soirée vip! Autre classe à la Française Léa Seydoux en princesse des mille et une nuits avec sa robe argentée. La belle blonde qui aurait grandi à "l'école de la vie" (on ne rigole pas) a brillé par sa beauté et ses yeux bleus pénétrants.

Parce que le bleu est une couleur chaude, on a eu un arrêt cardiaque devant le regard de Gaspard Ulliel. Non sans blague.. Il y avait les chutes du Niagara dans notre pantalon, on tremblait des pieds à la tête et nos neurones matérialisaient un scénario à faire pâlir de honte les fans de Cinquante nuances de Grey. L'acteur nous a envoyés au Valhalla en un battement de cils!

Alors qu'on essayait de reprendre nos esprits, Vincent Cassel est arrivé avec sa belle gueule et son regard glacial/sexuel... on était foutu! Même sa barbe hirsute était séduisante. En parlant de séduisante, Nathalie Baye a su capter notre esprit par sa robe blanche et son incroyable sourire. Xavier Dolan, quant à lui, le réalisateur de ce film qui a divisé les journalistes, était éblouissant et mimi à souhait avec son costume couleur bordeaux, aux côtés de son équipe. Le jeune homme a émoustillé notre âme de son sex-appeal... On l'aurait bien croqué tel un Magnum au chocolat.

On a aperçu aussi Emmanuelle Béart (dans la série que sont-ils devenus) toute en volant, avec sa robe fluide noire et aussi Valeria Golino avec son décolleté plongeant sans vulgarité (dans tes dents Kim KardaCHIANTE).

Enfin, notons que Marina Fois, saucissonnée dans une robe noire tressée, et Guillaume Canet beau comme tout en smoking, sont passés par là. Ce neuvième jour nous a bien mis en bouche pour la fin du festival... On a hâte!

Cannes 2016 – Télex du marché: Scorsese, Paradis, Demoustier, Cassel, et un célèbre chat

Posté par vincy, le 18 mai 2016

- Le vieux projet de Martin Scorsese, The Irishman, pourrait renaître puisque STX Entertainment a racheté les droits internationaux à Paramount, qui conserve la distribution américaine éventuelle du film. Cette adaptation du livre de Charles Brandt (inédit en France) tourne autour du gangster Frank Sheeran, dit l'Irlandais, et notamment son rôle dans la disparitionn de Jimmy Hoffa (qui avait fait l'objet d'un film avec Jack Nicholson). Scénarisé par Steve Zaillian, le projet est censé être réservé à Robert De Niro, 20 ans après Casino. Le tournage pourrait commencer en janvier prochain.

- Vanessa Paradis, membre du jury, a plusieurs projets en cours. Elle a accepté d'être à l'affiche du prochain film de Yann Gonzalez. Et elle sera aux côtés de JoeyStarr et Isabelle Carré dans L'angle mort, drame fantastique de Pierre Trividic et Patrick Mario-Bernard, où il s'agit d'un homme invisible (ou visible, c'est selon ses caprices).

- Anaïs Demoustier a aussi plusieurs projets sur le feu puisqu'elle sera à l'affiche du prochain film de Robert Guédiguian, La villa, réinterprétation de La cerisaie version Marseille, avec les fidèles Darroussin, Meylan, Ascaride et Robinson Stévenin. Juste avant ce tournage en novembre, elle sera aussi dans le premier long de Yann Le Quellec, Cornelius le meunier hurlant, aux côtés de Gustave Kervern et Denis Lavant.

- Vincent Cassel, en compétition avec le film de Xavier Dolan, Juste la fin du monde, partagera le générique avec Romain Duris et Sandrine Kiberlain, dans le prochain drame d'Erick Zonka (La vie rêvée des anges), Fleuve noir. Cassel incarnera un flic sans illusions qui commence à enquêter sur la mort d'un enfant quand son fils, délinquant, revient dans sa vie.

- Enfin, Joann Sfar, qui a déjà confirmé il y a quelques jours qu'il allait réalisé un film d'animation adapté de sa BD Petit Vampire, a annoncé qu'il écrivait et réaliserait une nouvelle adaptation du Chat du Rabbin (César du meilleur film d'animation en 2012). Mais cette fois-ci le film sera tourné en prises de vues réelles. Le film sera, comme sa version animée, écrit et réalisé par Joann Sfar.

Omar Sy, acteur français le mieux payé du cinéma français

Posté par vincy, le 26 février 2016

Deux ans après la polémique sur les salaires disproportionnés des comédiens français, les cachets et rémunérations annexes se sont stabilisés. Depuis un an, les aides publiques sont liées à la proportion de ses salaires de "stars" dans le budget (voir le barème retenu par le CNC). Résultat, les cachets sont moins monstrueux mais les bonus se multiplient en cas de succès. Et nombreux sont ceux qui entrent en coproduction. Sans oublier ceux qui multiplient les casquettes: scénario, réalisation, ...

Le Parisien, après avoir interrogé les agents artistiques, a dressé un Top 15 "à la louche" des acteurs et actrices ayant touché le gros lot ces douze derniers mois. "L'époque où les stars du stand-up comme Gad Elmaleh ou Franck Dubosc exigeaient 1 M€ pour des comédies au scénario indigent est bien finie" parait-il. Comme on le sait depuis de nombreuses années les Depardieu, Deneuve, Marceau, Baye peuvent être à l'affiche pour des cachets assez "modestes", surtout si le film n'est pas une grosse production. Dujardin, Boon et Merad s'adaptent aussi aux budgets de films qu'ils veulent absolument faire (respectivement Un + Une, Lolo et Bis).

Au total, une quarantaine de comédiens et comédiennes peuvent réclamer plus de 500 000 euros. On notera dans ce top 15 qu'on ne trouve que deux femmes, deux acteurs issus de la diversité, un rescapé du Splendid, et au total trois ayant commencé leur carrière avant 1980),un sociétaire de la comédie française, neuf qui se sont fait connaître en tant que "comiques", cinq qui ont tourné avec un cinéaste américain.

  1. Omar Sy - 1,8M€ (2,2 millions d'entrées en moyenne)
  2. Dany Boon - 1,5M€ minimum (2,9 millions)
  3. Kev Adams - 1,5M€ (2,3 millions)
  4. Jean Dujardin - entre 1 et 1,5M€ (1,5 million)
  5. Fabrice Luchini - 1M€ (860 000)
  6. Franck Dubosc - 1M€ (1,4 million)
  7. Jamel Debbouze - 1M€ (2,6 millions)
  8. Sandrine Kiberlain - entre 800K et 1M€ (670 000)
  9. Catherine Frot - entre 700K et 1M€ (845 000)
  10. Kad Merad - 800K€ (1,6 million)
  11. Christian Clavier - 800K€ (2,2 millions)
  12. Vincent Cassel - 600K€ (875 000)
  13. José Garcia - 600K€ (1,2 million)
  14. Gérard Depardieu - 500K€ (1,4 million)
  15. Laurent Lafitte - 500K€ (1 million)

Xavier Dolan s’offre Cotillard, Seydoux, Cassel, Baye et Ulliel pour une adaptation de Lagarce

Posté par redaction, le 28 avril 2015

xavier dolan prix cannes 2014

Juste la fin du monde est annoncé comme le prochain tournage de Xavier Dolan, prix du jury l'an dernier à Cannes pour Mommy et membre du jury de la compétion cette année.

Et il frappe fort le Québécois: Marion Cotillard, Léa Seydoux, Vincent Cassel, Nathalie Baye et Gaspard Ulliel seront au générique. Pour Baye, ce sera une deuxième collaboration avec le cinéaste, après avoir incarné la mère de Melvil Poupaud dans Laurence Anyways.

Le tournage débutera après le Festival de Cannes.

Juste la fin du monde sera l'adaptation d'une pièce de théâtre de Jean-Luc Lagarce, écrite en 1990. Cette pièce, écrite alors que l'auteur était atteint du Sida, met en scène cinq personnages: Louis, un écrivain, Suzanne, sa sœur, Antoine, leur frère, Catherine, la femme d'Antoine, et la Mère. Louis rend visite à sa famille pour la première fois depuis des années. Le père est mort peu avant le départ de Louis. Ce dernier veut annoncer à ses proches sa mort prochaine et inexorable mais il repartira sans avoir divulgué son secret.

A la fin de ce tournage, Dolan enchaînera cet automne avec le tant attendu John F. Donovan, avec Jessica Chastain, entre autres.

Cannes 2014 – Les télex du Marché : Robert Pattinson, Jia Zhang-ke, une franchise française, Vincent Cassel…

Posté par vincy, le 22 mai 2014

marché du film - cannes

- Robert Pattinson chez Olivier Assayas, quelle ironie! Le réalisateur français va présenter demain en compétition son nouveau long métrage, Sils Maria, avec Juliette Binoche et Kirsten Stewart, partenaire de Pattinson dans Twilight mais également ex petit ami. Son ex va donc lui succéder devant la caméra d'Assayas pour Idol's Eyes, inspiré d'une histoire vraie autour d'un voyou malmené par la mafia de Chicago dans les années 70.

- Jia Zhang-ke, membre du jury de la Compétition cette année à Cannes, et primé pour son scénario l'an dernier avec son film A Touch of Sin, a annoncé qu'il tournerait son prochain film cet automne. Mountains May Depart sera son premier film réalisé à l'extérieur de la Chine. L'histoire se déroule en partie dans une Australie futuriste.

- Belle et Sébastien, la suite. Après le succès de Belle et Sébastien en France, mais aussi au Canada, en Belgique, en Suisse et en Italie de l'adaptation du feuilleton imaginé par Cécile Aubry, les producteurs ont décidé de lancer une franchise. Le deuxième épisode sera réalisé par Christian Duguay (Jappeloup), qui succède à Nicolas Vanier, et réunira le même casting. L'idée est de faire évoluer le personnage de Sébastien sur la durée, à la manière d'Harry Potter. Ce nouvel opus se déroulera durant l'après-guerre et le tournage est déjà prévu pour début août.

- Vincent Cassel (encore) rejoint le casting du prochain film de Carlos Diegues, Le grand cirque mystique. Le cinéaste brésilien (président du jury de la Caméra d'or en 1992) a écrit son film avec George Moura. Le tournage de ce road-movie qui suivra une dynastie du cirque durant un siècle débutera en septembre. Au générique, figurent également Catherine Mouchet (Thérèse), Dawid Ogrodnik (Ida) et Jesuita Barbosa (vu en compétition à Berlin avec Praya do futuro).

Cannes 2014 – Les télex du Marché : Adèle Exarchopoulos, Tilda Swinton, Catherine Deneuve, Vincent Cassel …

Posté par redaction, le 14 mai 2014

marché du film - cannes- StudioCanal vient d'acheter les droits de deux films internationaux.
Le premier projet est celui de James Watkins (La dame en noir) intitulé Bastille Day. Il s'agit d'un thriller d'action qui mettra en scène Adèle Exarchopoulos et Idris Elba (Mandela). Le tournage est prévu cet été à Paris.
Le second projet quant à lui réunira Ralph Fiennes et Tilda Swinton, tous deux vu récemment ensemble dans The Grand Budapest Hotel, ainsi que l'australienne Margot Robbie (Le Loup de Wall Street) et le belge Matthias Schoenaerts (De rouille et d'os). Il s'agit d'un thriller sur fond de séduction. Le tournage est également prévu cet été mais cette fois en Italie.

- Catherine Deneuve retrouve Emmanuelle Bercot. Après Elle s'en va (en compétition au Festival de Berlin l'an dernier), la réalisatrice et la comédienne tourneront La tête haute (Standing Tall pour le marché du film). Produit par la société Elle Driver, le film mettra en scène Deneuve dans le rôle d'une juge pour enfant qui s'occupe d'un jeune délinquant. Benoît Magimel et Sara Forestier feront partis du casting.

- Vincent Cassel va aussi célébrer des retrouvailles avec un cinéaste qu'il connaît bien puisqu'il s'est engagé sur le tournage du prochain Jean-François Richet, le réalisateur du diptyque Mesrine. Cassel jouera aux côtés de François Cluzet dans Un moment d'égarement, remake de la comédie de Claude Berri sortie en 1977. Dans ce film originel, deux amis, la fille de Victor Lanoux, 16 ans, tombait amoureuse de Jean-Pierre Marielle. Cassel reprendra le rôle de Marielle tandis que Cluzet héritera de celui de Lanoux.

Vincent Cassel et Salma Hayek chez Matteo Garrone

Posté par vincy, le 20 janvier 2014

Après Gomorra et Reality, tous deux grand prix du jury à Cannes, respectivement en 2008 et 2012, Matteo Garrone prépare son prochain film, The Tale of Tales.

Pour la première fois, le cinéaste italien a engagé deux vedettes internationales. Salma Hayek et Vincent Cassel se donneront la réplique, en anglais. Le tournage, selon les informations de Variety, se déroulera en Italie ce printemps.

Le film est une co-production franco-italienne. Le Pacte, déjà distributeur des deux premiers films du cinéaste, s'est associé à Archimede film, la société de Garrone.

On ne sait pas grand chose de l'histoire. Tout juste Garrone a-t-il expliqué qu'il s'agit d'une "revisitation" des différents contes traditionnels italiens, transposés à notre époque.

A noter également que Le Film français avait annoncé la semaine dernière que Vincent Cassel serait l'une des vedettes du prochain film de Maïwenn (Polisse), aux côté d'Emmanuelle Bercot. Le film devrait se tourner début mars.

Cannes 2012 : I???V??SIBL? – 10 ans après le choc

Posté par matthieu, le 23 mai 2012

Film que l'on ne présente plus et dont le scandale autour a largement contribué à son succès (plus de 500 000 entrées en France tout de même), Irréversible est ce long-métrage français réalisé par le sulfureux Gaspard Noé et qui a bousculé (choqué même) le festival de Cannes en 2002. C'est l'un des rares films à avoir divisé la rédaction d'Ecran Noir au point de publier deux critiques (l'une emballée, l'autre très réticente).

Suscitant indignations et abandons multiples pendant les séances, mais aussi acclamations et étonnements, le film, provocateur et troublant, ne laissa donc personne indifférent. À en croire cette vidéo, l'ambiance de la séance cannoise fut explosive, plaçant Noé tantôt comme un preux chevalier du 7ème art, tantôt comme une monstre anti-artistique à abattre. Si au départ Irréversible ne devait être qu'un projet mineur, celui-ci évolua progressivement vers une oeuvre plus ambitieuse au budget plus conséquent, avant de devenir ce que l'on en garde aujourd'hui... Et justement, quel souvenir dix ans après ? Oeuvre marquante et toujours controversée ?

Dès le début du film, on est happé par ce générique à l'envers qui bascule. L'aura et la réputation toujours intacts précédant le film donne l'impression au spectateur d'assister à quelque chose d'unique qui a autrefois affolé les cinéphiles. Et ce n'est pas la caméra virevoltante durant les vingt premières longues minutes qui vont nous faire dire le contraire. Le rendu est déjà indescriptible, sorte de manège sordide qui slalome entre les corps, sillonnant dans l'obscurité ce baisodrome, pour mieux en dévoiler les tréfonds sexuels de l'espèce humaine.  Ou plutôt d'homosexuels dont la présence relève de l'animal de foire et de vitrine à dégoût (ça se brûle les tétons à la bougie, ça se doigte, ça se masturbe, ça se sodomise dans tous les coins, il ne manque que les "fists" auxquels on échappe de justesse). Vingt premières minutes de mascarade expérimentale autour de sexualités débridées, le tout sur une bande son agressive qui nous oppresse voire nous enferme dans ces couloirs érotiques aux lumières folles où se pavanent des monstres. Un résultat inouï  qui se conclut par une défiguration à couper le souffle. Même dix ans après, l'ultra-violence du film n'a pas prit une ride et les effets visuels n'ont pas perdu de leur vigueur.

"Le temps détruit tout"

Lorsque l'histoire se lance enfin - certainement après que la moitié des salles se soient vidées en 2002 : la ménagère égarée comme l'homosexuel blessé ou encore l'hétérosexuel dégoûté, peu importe, ils auront participé au buzz du film en courant vers un échappatoire - on comprend comment vont s'organiser les scènes selon un ordre antéchronologique. Les mouvements fous de caméras orchestrent cette succession d'histoires qui s'emboitent pour former un récit à l'envers, ça pivote vers le ciel noir à chaque fin de scénettes pour passer à une autre sans coupure. La scène la plus marquante du film est bien évidemment l'interminable et éprouvante scène de viol de Monicca Bellucci aux formes érotisantes dans un décor électrique rouge pétant. Voyeurisme jusqu'au-boutiste. Mais c'est aussi le moment où le récit commence à prendre de la consistance et les personnages gagner en intérêt, à partir de là, on comprend ce qui se trame depuis le début : simple histoire de vengeance en milieu urbain. De même, l'ordre antéchronologique parvient enfin à toucher lorsque l'on sait ce qui va arriver à Bellucci si elle quitte la fête. Irréversible affiche l'horreur de certains faits divers qu'on préfèrerait ne jamais voir.

"Le temps détruit tout" annonce l'un des personnages au tout début, le comble d'Irréversible est alors de parcourir une temporalité inversée pour en appuyer la transgression des repères originaux : ceux de l'amour, de la vie, de l'harmonie. Sorte de fausse catharsis, on va vers le bonheur et le folie disparait au fil des minutes : ce choix artistique du réalisateur d'inverser les évènements. On va de la barbarie vers un état nature, où l'homme et la femme en tant que couple sont complètement nus et ne répondent qu'à la passion qui les unit. L'apothéose finale fait que l'on en ressort épuisé, aveuglé, avec cette sensation de vertige.

Exercices techniques ingénieux, plans séquences de longues durées et réussis avec Cassel, Dupontel et Belluci qui prouvent l'étendue de leur talent, voilà ce que l'on garde encore dix ans d'après d'Irréversible. Alors oui, le long-métrage met toujours une claque au spectateur avec sa violence très dérangeante, un sommet dans son genre, et qui ne laissait en rien présager autant d'entrées en France. Le succès est certainement dû au bouche-à-oreille, à l'entreprise cannoise, aux réactions disproportionnées et aux sélections et quelques prix engrangés par le film (meilleur réalisateur Gaspard Noé au Stockholm film festival et meilleur film étranger au San Diego Film Critics Society Awards). Irréversible s'est également bien exporté à l'étranger puisqu'une quarantaine de pays l'ont distribué - dans un cercle de salles sûrement réduit - et le réalisateur peut remercier le Festival de Cannes, facilitant l'exportation d'oeuvres aussi viscérales. À titre de comparaison, son film précédent, Seul contre tous, était distribué dans une dizaine de pays ; et son tout dernier nommé Enter The Void, dans lequel il continuait l'exploration visuelle, une petite trentaine seulement.

Gaspar Noé est de retour cette année sur la Croisette, dans un film collectif, 7 jours à La Havane, présenté à Un certain regard. Le film est présenté ce 23 mai. Irréversible avait été projeté le 24 mai 2002.