Lors de leur passage à Venise, où le film Vénus noire était en compétition, Yahima Torres, Olivier Gourmet et André Jacobs nous ont accordé un entretien sur la terrasse (légèrement bruyante) d'un hôtel du Lido.
Chacun a évoqué son expérience, sa vision du métier et de ses limites, mais aussi le challenge qu'a représenté le film d'Abdellatif Kechiche.
Rencontre avec des acteurs détendus et souriants, à l'opposé de leurs personnages, quelques heures à peine avant la projection officielle du film.
Devenue rare sur les écrans, Maggie Cheung est présente à Venise pour deux courts métrages signés Isaac Julien, The leopard et Better life, présentés dans la section Orrizonti. Souriante, détendue et disponible, elle a répondu aux questions des journalistes ainsi qu'aux interminables sollicitations d'autographes et photos avec la simplicité des plus grands. Une générosité alliée à une indéniable élégance naturelle.
On peut être surpris de voir une si grande star dans des films aux formats atypiques, mais c'est justement ce qui a intéressé l'actrice lorsqu'on lui a parlé du projet. D'autant qu'elle tient un rôle complétement muet, ce qui lui plaît beaucoup. "Dans mes autres films, chaque fois que je devais jouer une scène sans dialogue, je ne sais pas pourquoi, j'étais toujours très contente. Il ne faut pas croire que l'on joue moins si l'on ne parle pas, c'est le contraire. Il faut jouer plus."
Malheureusement, l'inoubliable interprète d'In the mood for love et de Clean n'a pas d'autre projet en vue. Alors, en attendant de la retrouver à l'écran, on ne manquera pas de garder en mémoire son sourire désarmant, sa classe innée et sa gentillesse. Ce n'est pas tous les jours que l'on croise une vraie star.
Rien de pire dans un festival que de ne pas trouver ses marques. Surtout à Venise, où il faut parfois une boussole pour se rendre aux différentes salles de projection.
Visite guidée en images des lieux qu'il faut connaitre : le tapis rouge qui mène à la "Sala Grande", et autour duquel campent les fans ; l'Excelsior et sa terrasse, incontournable pour les journalistes en interview ou tout simplement siroter une coupe en bonne compagnie, et bien sur, la plage !
La 67ème édition de la Mostra Internazionale d'Arte Cinematografica démarre avec certains des films les plus attendus de l'année. Pour la soirée d'ouverture du 1er septembre, ce sont en effet pas moins de 3 films différents qui se sont succédés, et qui ont chacun à leur manière électrisé les spectateurs dans la salle et aussi le public venu apercevoir les premières stars arrivées.
Dès 19h, c'est le nouveau film de Darren Aronofsky Black Swan qui lance les festivités : la foule scande "Natalie, Natalie" qui semble encore plus adulée en Italie qu'ailleurs, mais Vincent Cassel n'est pas en reste.
À 22h : ce sont surtout les Asiatiques qui se regroupent pour Legend of the fist : the return of Chen Zhen réalisé par Andrew Lau et avec la star Donnie Yen, tout sourire avec ses fans.
Minuit : Robert Rodriguez présente Machete avec la "sale gueule" de Danny Trejo et le joli minois de Jessica Alba : tous les billets avaient été réservés en quelques heures.
Il avait beau faire froid, la neige imprégnant son humidité à travers les semelles, un bon millier de Berlinois et d'étrangers sont venus découvrir un film vieux de... 83 ans en plein air. Métropolis, de Fritz Lang. La toile blanche couvrait la Porte de Brandebourg. Cinéma de plein-air monumental, avec les invités de l'Ambassade de France (au chaud), aux premières loges. Jeunes ou vieux, attentifs ou l'esprit bon enfant, l'événement fera date dans la Berlinale, qui avait organisé cet happening, en plus des traditionnelles projections de presse et de gala (où l'orchestre interprétait en direct la partition d'origine composée par Gottfried Huppertz. La Berlinale recréait ainsi les conditions de la première mondiale du film, le 10 janvier 1927 à Berlin (au cinéma berlinois Ufa-Palast am Zoo).
Vendredi 11 février à 20h, le projecteur éphémère lançait sa première "bobine" tandis que le son enregistré par 'orchestre symphonique de la Radio de Berlin, jouait la partition qui accompagne le film muet de 1927, réalisé par l'immense Fritz Lang. Outre qu'il s'agit d'un chef d'oeuvre épique, Metropolis est une somptueuse synthèse allégorique où le progrès se confronte aux dogmes et à l'espérance des Hommes. Sa narration, très ambitieuse pour un film de l'époque, lui donne encore un aspect "moderne" et en fait une oeuvre atemporelle. Surtout,il fut le premier grand film de science-fiction de l'histoire du cinéma (si l'on excepte les Méliès).
L'événement n'était pas seulement de voir ce film dans un cadre aussi singulier. Il s'agissait surtout de la renaissance d'un film grâce à la découverte de 26 minutes de pellicules qu'on croyait disparues. La quasi-totalité des scènes manquantes ont été retrouvées en juin 2008 en Argentine. Lorsque la fondation Friedrich Wilhelm Murnau, propriétaire des droits du film a annoncé que "presque toutes les scènes qui manquaient jusqu'à présent ont été retrouvées dont deux grandes scènes importantes" . Une pellicule 16 millimètres a été découverte chez un particulier par des collaborateurs du musée du cinéma de Buenos Aires. "Grâce à cette découverte sensationnelle" et en dépit de la mauvaise qualité des images, le film pouvait retrouver sa durée originelle. Paramount, producteur du film avait en effet, par la suite, largement amputé l'oeuvre, afin d'en simplifier l'histoire. Le studio avait retiré un quart de sa durée par un nouveau montage qui en obscurcissait l'intrigue. En fait cette mutilation (le film fait 4 189 mètres de longueur) était due à un énorme flop. Quatre mois de présence dans une salle sans succès. On le raccourcit alors à 3 241 mètres pour la sortie nationale.
Metropolis avait été assassiné par la critique (et par H.G. Wells, au passage) et boudé par le public. Oeuvre incomprise, devenue culte et source d'inspiration de Kubrick, Lucas, Scott et Cameron, il a été le premier film à avoir été inscrit sur le Registre de la Mémoire du monde de l’UNESCO, dans sa version transformée. On considérait que les scènes manquantes avaient été disparues. En 2002 une version numériquement remastérisée (et reconnue comme l'une des meilleures restauration cinématographique de la décennie) avait été réalisée, accompagnée de fiches résumant aux spectateurs les scènes manquantes.Un DVD de cette version intégrale (145 minutes) va être prochainement disponible.
C'est donc un véritable miracle cinématographique qui eut lieu lorsqu'on retrouva les négatifs manquants. On a pu admirer hier l'imposant travail de Fritz Lang (quatre ans avant M le Maudit). Incroyable production qui dura deux ans et employa jusqu'à 37 000 figurants, elle coûta 5 millions de marks (150 millions d'euros actuels) de l'époque dans une Allemagne qui ne parvenait pas à se remettre de la première guerre mondiale.
Ecran Noir vous offre quelques courts films pour revivre la soirée du 12 février. Pardon pour les tremblements (le froid) de l'image. Si vous passez à Berlin, ne manquez pas, en plus, l'exposition "The Complete Metropolis" au Musée du cinéma et de la Télévision, jusqu'au 25 avril, avec 200 objets (caméras, pages du scénario, décors en trompe-l'oeil, extraits de la partition de la musique du film ...)
________ Ecran Noir, en direct de la Porte de Brandebourg
Paranormal activity, le nouveau phénomène du cinéma américain, sortira sur les écrans français le 2 décembre prochain. Ce thriller psychologique qui montre un jeune couple aux prises avec un esprit maléfique se présente comme le montage a posteriori d’images de surveillance vidéo tournées par les deux protagonistes dans leur propre maison entre septembre et octobre 2006.
Réalisé avec très peu de moyens (environ 11 000 dollars) et tourné en une semaine pour 15 000$, ce long métrage signé par un jeune inconnu, Oren Peli, designer de jeux vidéos, avait tout d’abord été acheté par DreamWorks comme base de travail pour un remake. Mais suite à l’enthousiasme de Steven Spielberg (si effrayé qu’il n’a pu regarder le film en une seule traite, dit-on), Paranormal activity a finalement bénéficié d’une sortie en salles où il a rapporté plus de sept fois son budget en un week-end et seulement 12 écrans ! Depuis, il a récolté près de 35 millions de dollars et a été vendu dans 52 pays. En France, le film a été acquis il y a un an par Wild Bunch, qui voulait le sortir initialement le 6 janvier 2010 mais à décidé d'avancer la sortie pour profiter du phénomène.
Un tel succès s’explique probablement par la simplicité et le dépouillement du film qui se déroule entièrement en huis-clos (la maison du jeune couple) et joue principalement la carte de la suggestion. Le réalisateur ravive notamment nos peurs enfantines en filmant dans de larges plans fixes les protagonistes en train de dormir pendant que quelque chose d’invisible semble se rapprocher de leur lit. Ce genre de situation extrêmement banale permet ainsi au spectateur de s’identifier facilement à ce qu’il voit, d’où une angoisse permanente qui pourrait bien se prolonger au-delà du film...