Christoph Waltz passe derrière la caméra

Posté par redaction, le 9 mai 2017

C'est au tour de Christoph Waltz, acteur deux fois oscarisé et primé à Cannes de passer derrière la caméra avec Georgetown. Le tournage aura lieu cet été à Montréal, avec Vanessa Redgrave au générique (l'actrice présente par ailleurs un documentaire qu'elle a réalisé en sélection officielle à Cannes). L'actrice a été nommée six fois aux Oscars et a emporté celui du meilleur second-rôle féminin en 1978.

Waltz sera son époux dans le film. L'histoire est inspiré d'un fait réel: celle d'Albrecht Muth. Dans le film il est renommé Ulrich Mott, inculpé du meurtre de sa femme, Elsa Brecht, il y a six ans à Washington. Il s'agit d'un coupe iconoclaste: elle a trente de plus que lui. Riche veuve, elle s'est mariée avec cet homme excentrique et a organisé avec lui des soirées mémorables dans leur résidence de la capitale américaine. Retrouvée morte quelques heures après une de ces soirées et il est rapidement accusé du meurtre, soupçonné par l'entourage d'Elsa d'être un escroc.

Adapté d'un article du New York Times Magazine signé Franklin Foer ("The Worst Marriage in Georgetown"), le scénario a été écrit par David Auburn (Entre deux rives, Proof).

Christoph Waltz est attendu dans les salles avec Tulip Fever (cet automne), Downsizing (cet hiver) et Alita: Battle Angel (été 2018).

Pourquoi le César d’honneur 2016 est une offense au cinéma et aux cinéphiles ?

Posté par kristofy, le 30 janvier 2016

Cette semaine, l’Académie des Arts et Techniques du Cinéma vient de faire connaître la liste des nominations des César, dont les gagnants seront connus le 26 février prochain, et d'annoncer un César d’honneur pour Michael Douglas alors qu’il en a déjà reçu un en 1998

Depuis quelques années un César d’honneur est remis à une star (surtout américaine) de passage à Paris : Dustin Hoffman, Harrison Ford, Quentin Tarantino, Kate Winslet, Kevin Costner, Scarlett Johansson, Sean Penn… Mais on ne sait pas vraiment pourquoi Michael Douglas, qui a déjà eu le droit à cet honneur en 1998, est de nouveau distingué.

Le cas des doublés

Le cas d’un César d’honneur doublé s’était déjà produit pour Jean-Luc Godard et pour Jeanne Moreau. En fait, Jeanne Moreau avait préféré le transmettre à Céline Sciamma (alors remarquée pour son premier film Naissance des Pieuvres). On croyait alors que ce doublé incompréhensible n’allait plus se reproduire. Le choix du récipiendaire d’un César d’honneur ne correspond à aucun vote, il s’agit d’une décision de la présidence de L’Académie des Arts et Techniques du Cinéma. Depuis 2003 c'est le producteur Alain Terzian. Seule explication, le créateur des César Georges Cravenne était un ami de Diana Douglas, la mère de Michael Douglas, décédée durant cet été 2015.

Pendant plusieurs années il y avait un César d’honneur pour une personnalité internationale ET une personnalité française : en 2005 Will Smith et Jacques Dutronc, en 2006 Hugh Grant et Pierre Richard, en 2007 Jude Law et Marlène Jobert… Dernièrement, début janvier, en réaction à la mort de Michel Galabru à 93 ans et acteur dans plus de 200 films, Bertrand Blier avait déploré que l’Académie des César ne lui ai pas remis un César d’honneur plutôt que d’en donner un à une jeune actrice de 19 ans (une allusion à Scarlett Johansson)...

Pierre Etaix et Hayao Miyazaki ont reçu un Oscar d'honneur

Il serait bon de revenir à plusieurs César d’honneur, surtout avant qu’il ne soit trop tard. Il y a du monde à récompenser. Pas seulement des comédiens d'une génération antérieure aux César (qui n'ont que 40 ans), mais aussi des talents français connus dans le monde entier, des cinéastes étrangers qui doivent une grande partie de leur carrière aux financement hexagonaux ou même des artistes étrangers qui ont une place à part dans le coeur des cinéphiles français. C'est aussi un acte de résistance face à l'hégémonie hollywoodienne, une manière de montrer que le cinéma en France n'est pas considéré comme un simple business glamour. Ainsi, Rohmer, Rivette, Chabrol n'ont jamais été honoré malgré leur place dans le panthéon mondial du 7e art. On est proche du scandale quand les Oscars n'hésitent pas à récompenser Peter O'Toole, Ennio Morricone, Robert Altman, Pierre Etaix (sic, on n'y a jamais pensé en France!), Hayao Miyazaki (logique imparable), Jean-Claude Carrière, Spike Lee, Gena Rowlands, Lauren Bacall ou Maureen O'Hara (pour ne citer que quelques un des Oscars d'honneur depuis 15 ans).

Un César pré ou post mortem?

Et rien n'empêche aux Césars d'en remettre à titre posthume. 9a a été le cas en 2008 pour Romy Schneider. On peut ainsi imaginer Lino Ventura ou Jean Renoir, Marcel Pagnol ou Yves Montand, Françoise Dorléac ou Arletty, Jacques Demy ou Louis Jouvet. Alors que le cinéma de patrimoine est en vogue, ça aurait du sens.

En 2006 en recevant le sien Pierre Richard avait déclaré « quand j’ai appris que j’allais avoir le César d’honneur, j’ai foncé voir mon docteur pour lui demander ‘c’est si grave que ça, je n’en ai plus pour longtemps ?’ Je vais très bien. Ce César je le prends avec joie. J’ai envie de le partager avec tout ceux qui ne l’auront jamais… »

10 propositions pour le César d'honneur

Alors voici dix noms qui depuis longtemps sont fixés autant sur les génériques de quantités de films que dans les mémoires des spectateurs, comme autant de suggestions pour un futur César d’honneur mérité. La liste pourrait être beaucoup plus longue. D'Etaix à Miyazaki, de Loach à Moretti, de Leigh à Von Trier, de Wenders à Panahi, de Ocelot à Depardon, de Delon à Belmondo, les noms à honorer ne manquent pas. Et on pourrait ajouter Gilles Jacob dans la liste.

Anna Karina : 75 ans, actrice dans plus de 80 films depuis 1960 (Le petit soldat et Une femme est une femme, tous deux de Jean-luc Godard). Muse de JLG (Vivre sa vie, Pierrot le fou, Bande à part, Made in USA, Alphaville, Le plus vieux métier du monde), elle a tourné avec les plus grands auteurs de son époque: Agnès Varda (Cléo de 5 à 7), Michel Deville (Ce soir ou jamais), Chris Marker (Le joli mai), Luchino Visconti (L'étranger), Roger Vadim (La ronde), mais aussi George Cukor (Justine), Volker Schlöndorff (Michael Kohlhaas), Rainer Werner Fassbinder (Roulette chinoise), Raoul Ruiz (L'île au trésor). Plus récemment elle était chez Jacques Rivette (Haut bas fragile). Prix d'interprétation féminine à Berlin pour Une femme est une femme, nommée au César du meilleur second-rôle féminin pour Cayenne Palace en 1988, réalisatrice, romancière, chanteuse (divine), comédienne de théâtre, elle est la plus française des danoises.

Claudia Cardinale : 77 ans, actrice dans environ 100 films depuis 1955 (La Fille à la valise de Valerio Zurlini, Rocco et ses frères de Luchino Visconti, Austerlitz d'Abel Gance, Cartouche de Philippe de Broca, Huit et demi de Federico Fellini, Il était une fois dans l'Ouest de Sergio Leone, Les Pétroleuses de Christian-Jaque, Fitzcarraldo de Werner Herzog, Un balcon sur la mer de Nicole Garcia, Gebo et l'ombre de Manoel de Oliveira, L'Artiste et son modèle de Fernando Trueba…), plusieurs David di Donatello (le César italien) de meilleure actrice, 2 Golden Globe, Lion d’or d’honneur à Venise et Ours d’or d’honneur à Berlin pour l’ensemble de sa carrière, depuis 2008 en France dans l’Ordre national de la Légion d'honneur…

Jean-Claude Carrière : 84 ans, scénariste de plus de 60 films depuis 1963 (films réalisés par Pierre Étaix, Luis Buñuel, Louis Malle, Jacques Deray, Milos Forman, Alain Corneau, Volker Schlöndorff, Jean-Luc Godard, Nagisa Oshima, Jean-Paul Rappeneau, Jonathan Glazer, Fernando Trueba, Atiq Rahimi…), 4 nominations aux Césars (Cet obscur objet du désir, Danton, Cyrano de Bergerac) dont statuette obtenue en 1983 pour Le Retour de Martin Guerre, nomination à l'Oscar de la meilleure adaptation pour L'Insoutenable Légèreté de l'être, et même Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière en 2014…

Jacques Doillon : 71 ans, 27 longs-métrages depuis 1973, 2 films à cannes, 3 films à Venise, 4 films à Berlin, La Drôlesse avec 2 nominations aux Césars (meilleur réalisateur, scénario), Le Petit Criminel avec 3 nominations aux Césars (meilleur film, réalisateur, scénario) et Prix Louis-Delluc… Il est l'un des derniers cinéastes de sa génération en activité, et a toujours été en marge du système.

Michael Lonsdale : 84 ans, acteur dans plus de 130 films depuis 1956 (Le Procès d’Orson Welles,  La Mariée était en noir de François Truffaut, Le Souffle au cœur de Louis Malle, India Song de Marguerite Duras, Section spéciale de Costa-Gavras, Monsieur Klein de Joseph Losey, James Bond 007:Moonraker de Lewis Gilbert, Le Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud, Les Vestiges du jour de James Ivory, Ronin de John Frankenheimer, Munich de Steven Spielberg, Maestro de Lea Fazer…), 3 nominations aux Césars en catégorie meilleur acteur dans un second rôle (Nelly et Monsieur Arnaud, La Question humaine) dont statuette obtenue en 2011 pour Des hommes et des dieux

Michel Piccoli : 90 ans, acteur dans plus de 220 films depuis 1945 (Le Journal d'une femme de chambre de Luis Buñuel, Le Mépris de Jean-Luc Godard, Paris brûle-t-il ? de René Clément, Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy, L'Étau d'Alfred Hitchcock, Les Choses de la vie de Claude Sautet, La Grande Bouffe de Marco Ferreri, Partir, revenir de Claude Lelouch, Mauvais Sang de Leos Carax, Milou en mai de Louis Malle, Je rentre à la maison de Manoel de Oliveira…), réalisateur de 3 films, 4 nominations aux Césars (Une étrange affaire, La Diagonale du fou, Milou en mai, La Belle Noiseuse), palme du meilleur acteur au Festival de Cannes 1980 (Le Saut dans le vide), ours du meilleur acteur au Festival de Berlin 1982 (Une étrange affaire), meilleur acteur au Festival de Locarno 2007 (Les Toits de Paris), et même David di Donatello (le César italien) du meilleur acteur en 2012 (Habemus papam)…

Vanessa Redgrave : 78 ans, actrice dans plus de 80 films depuis 1958 (Blow-Up de Michelangelo Antonioni , Le Crime de l'Orient-Express de Sidney Lumet, Prick Up Your Ears de Stephen Frears, Retour à Howards End de James Ivory, Little Odessa de James Gray, Mission impossible de Brian De Palma, The Pledge de Sean Penn, Reviens-moi de Joe Wright, Le Majordome de Lee Daniels, Foxcatcher de Bennett Miller…), 6 nominations aux Oscars (1 statuette remportée pour Julia), 2 fois Palme de la meilleure actrice à Cannes (pour Morgan, Isadora)…

Gena Rowlands : 85 ans, actrice dans plus de 40 films depuis 1958 (7 films avec son mari John Cassavetes, Light of Day de Paul Schrader, Une autre femme de Woody Allen, Ce cher intrus de Lasse Hallström, Night on Earth de Jim Jarmusch, N'oublie jamais de Nick Cassavetes…), 2 nominations aux Oscars, à Berlin Ours d'argent de la meilleure actrice…

Liv Ullmann : 77 ans, actrice dans plus de 40 films depuis 1957 (ceux avec son mari Ingmar Bergman, Léonor de Luis Buñuel, Un pont trop loin de Richard Attenborough…) mais aussi réalisatrice et scénariste (Infidèle, Mademoiselle Julie…), 2 nominations aux Oscars, en 2001 elle était présidente du jury du Festival de Cannes, en 2004 elle reçoit un European Award d'honneur pour sa contribution au cinéma mondial…

Max von Sydow : 86 ans, acteur dans plus de 80 films depuis 1949 (L'Exorciste de William Friedkin, Les Trois Jours du Condor de Sydney Pollack, La Mort en direct de Bertrand Tavernier, Conan le Barbare, James Bond 007:Jamais plus jamais, Hannah et ses sœurs de Woody Allen, Minority Report de Steven Spielberg, Shutter Island de Martin Scorsese, en ce moment au cinéma dans Star Wars, épisode VII : Le Réveil de la Force et Les Premiers, les Derniers de Bouli Lanners), 2 fois nominé pour un Oscar (Pelle le conquérant, Extrêmement fort et incroyablement près), d’origine suédoise il est devenu citoyen français en 2002 et dix plus tard honoré du titre Chevalier de la Légion d'honneur…

British Independent Film Awards : Tyrannosaur et Fassbender

Posté par kristofy, le 6 décembre 2011

La 14ème cérémonie des British Independent Film Awards (sponsorisés par Moët) s’est tenue à Londres le 4 décembre. Presque sans surprise le BIFA du meilleur acteur va à Michael Fassbender pour son interprétation dans Shame, rôle qui lui avait déjà valu d’être sacré meilleur acteur au festival de Venise. Avant Shame, Steve McQueen avait déjà fait reconnaître sur la scène internationale l’acteur Michael Fassbender dans Hunger présenté à Cannes, comme l’ont été d’autres films où il était au générique comme Fish Tank de Andréa Arnold et Inglorious Basterds de Quentin Tarantino. On retrouvera Michael Fassbender dans quelques semaines dans A dangerous Method de David Cronenberg. En 2012 il sera à l'affiche de Haywire de Steven Soderbergh et de Prometheus de Ridley Scott.

Le film Tyrannosaur de Paddy Considine a été élu film de l’année avec trois prix. Ol avait déjà été plébiscité lors du dernier Festival du Film Britannique de Dinard (Hitchcock d’Or, et meilleur scénario). Si une sortie de Tyrannosaur en France est malheureusement encore hypothétique, il y avait aussi en compétition à Dinard le film Week-end qui devrait nous arriver au premier trimestre 2012. Week-end a remporté deux BIFAs (meilleure révélation pour l’acteur Tom Cullen, et meilleure production).

Sans surprise, Une séparation, Ours d'or à Berlin, a gagné son énième prix dans la catégorie meilleur film étranger.

Par ailleurs, Kenneth Branagh et Ralph Fiennes ont reçu un prix pour l'ensemble de leur carrière.

Le palmarès

Meilleur film britannique indépendant : Tyrannosaur réalisé par Paddy Considine

Douglas Hickox Award – Meilleur nouveau réalisateur : Paddy Considine pour son film Tyrannosaur

Meilleure actrice : Olivia Colman pour Tyrannosaur

Meilleure acteur : Michael Fassbender pour Shame

Meilleur réalisateur : Lynne Ramsay pour We Need To Talk About Kevin

Meilleur scénario : Richard Ayoade pour Submarine

Meilleur actrice d’un second rôle : Vanessa Redgrave pour Coriolanus

Meilleur actrice d’un second rôle : Michael Smiley pour Kill List

Meilleur documentaire : Senna

Meilleur film étranger  indépendant : Une Séparation

Cannes 2010 : Qui est Oleg Menchikov ?

Posté par vincy, le 22 mai 2010

oleg menshikovA 50 ans, il est l'un des comédiens russes les plus connus des cinéphiles. Oleg Menchikov (en anglais Menshikov) a même reçu les Palmes académiques en France en 2004. Formé au théâtre depuis l'âge de 17 ans, il suit un itinéraire institutionnel classique, à Moscou, avant de "s'exporter" sur les planches étrangères (il joua notamment aux côtés de l'immense Vanessa Redgrave dans "When she danced"). Il recevra d'ailleurs un prix Laurence Olivier du meilleur second rôle masculin.

Directeur de théâtre, s'amusant avec les textes de Gogol, il ne délaisse pas la télévision, ni le cinéma. Il doit sa carrière sur grand écran à Nikita Mikhalkov qui le fit débuter en 1981 avec La parentèle.  Il tourne aléatoirement pour le 7e art, de plus ou moins grands rôles, soldat ou homme divorcé, selon son agenda.

La glasnost va sonner son réveil. Il tourne avec des cinéastes de plus grande envergure, comme Aleksei Sakharov ou Alksandr Khvan qui lui permet de venir à Cannes en 1993 pour la première fois avec Dyuba-Dyuba. L'année suivante, il retrouve Mikhalkov avec Soleil trompeur, qui lui aussi est sélectionné à Cannes (Grand prix du jury). Il y tient le rôle principal, et reprendra son personnage dans la suite, Soleil trompeur 2, en compétition cette année. A l'époque le film emporte l'Oscar du meilleur film étranger.

Par la suite, il tourne Le prisonnier du Caucase, de Sergei Bodrov. Là encore, le film obtient une reconnaissance internationale mais surtout il obtient le prix Nika du meilleur acteur (les oscars russes). Désormais star en son pays, il était logique qu'on l'emploie ailleurs. Mikhalkov en fait son jeune officier russe dans Le Barbier de Sibérie (ouverture du Festival de Cannes en 1999), grande épopée à la David Lean, où il croise les yeux de la belle Julia Ormond. Son allure altière, son beau visage en font un magnifique jeune premier, même en approchant de la quarantaine.

Régis Wargnier ne s'y trompe pas. Dans Est-Ouest, il joue le scientifique marié à Sandrine Bonnaire dans l'après guerre, avec, en bonne fée, Catherine Deneuve. Il est impressionnant de sang froid et de résignation. Surtout, ne parlant pas français, il apprend les phrases par coeur, phonétiquement.de là, s'ensuit une longue absence. Il revient sur scène, tourne pour de grandes séries télévisées. Et ne retrouve les chemins des plateaux que pour Mikhalkov et Soleil Trompeur 2.

On le voit un peu vieillit. Mais le désir semble être revenu puisqu'on l'annonce dans la production anglaise, Aleksander Rouge. Pour compléter ses cachet, il peut compter sur des marques de luxe dont il est l'emblème en Russie.

The Deadly affair de Lynn Redgrave (1943-2010)

Posté par vincy, le 3 mai 2010

lynn redgraveUn an après l'accident fatal en ski de sa nièce Natasha Richardson et un mois après son frère, Corin Redgrave, la soeur de l'immense Vanessa Redgrave, Lynn, vient de succomber à son cancer du sein à l'âge de 67 ans.

Si Vanessa a su tisser une carrière dramatique acclamée dans le monde entier, au théâtre comme au cinéma, Lynn ne fut pas une comédienne de l'ombre. Sur les planches, elle se fit diriger par Laurence Olivier, Noel Coward et Franco Zeffirelli, joua Tchékhov avec sa soeur, mais aussi avec Geraldine Page, Charles Durning, Claudette Colbert, ... De "Chicago" (la comédie musicale) à Shakespeare ou Tennessee Williams, elle a su varier ses défis et installer son nom à Broadway.

Au cinéma, elle a commencé dans le culte Tom Jones, en 1963, en plein "swinging london".  Elle enchaîna avec La fille aux yeux verts et surtout Georgy Girl. Elle était Georgy dans cette comédie romantique de Silvio Narizzano. Symbole de la jeune femme anglaise en voie d'émancipation et en quête de liberté totale dans une époque où les moeurs étaient bousculés. Le rôle était destiné à Vanessa, qui le refusa. Lynn obtint sa seule nomination à l'Oscar de la meilleure actrice ... face à Vanessa (toujours). Mais c'est Elizabeth Taylor qui l'emporta.

Ensuite, Lynn Redgrave tourne avec Sidney Lumet, John Dexter, et continue sa collaboration avec Desmond Davis. Elle préfère la scène, fait de temps en temps de la télévision (notamment un Stephen Frears à ses débuts). Le cinéma est accessoire. On la retrouve en Reine dans l'un des premiers Woody Allen (Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe...). Son physique et sa nature enjouée la porte naturellement vers des comédies (oubliées) et même des navets horrifiques. Elle ne tourne rien pour le grand écran durant les années 80.

Finalement, elle retrouve le chemin des studios en 1996 avec un petit film indépendant qui va faire beaucoup parler de lui : Shine. Elle y brillera par l'empathie de son personnage face à une révélation australienne, Geoffrey Rush. Elle prolonge l'état de grâce avec le rôle féminin principal de Gods and Monster, avec Ian McKellen, où elle sera citée à l'Oscar du meilleur second rôle féminin en plus de nombreux prix récoltés.

Vieille dame, on la croisera après dans des films familiaux comme le Peter Pan de Paul Hogan. Mais on la verra aussi dans le récent Confessions d'une accro au Shopping ou dans le mésestimé Kinsey. Elle apparaîtra aussi dans les séries "Desperate Housewives" et "Ugly Betty".

Ralph Fiennes passe à la réalisation

Posté par vincy, le 26 mai 2009

Le comédien Ralph Fiennes, révélé par La liste de Schindler et incarnant Voldemort dans Harry Potter, va faire ses débuts derrière la caméra avec Coriolanus. Fiennes incarnera le personnage principal. Il a aussi enrôlé William Hurt, Vanessa Redgrave et la toute jeune Jessica Chastain pour cette adaptation d'une pièce Shakespearienne. Le scénario a été écrit par John Logan (à qui l'on doit The Aviator). Les décors de la Rome Antique seront reconstitués en Serbie pour un tournage début 2010 et une sortie en salles l'hiver suivant.

Décès brutal de Natasha Richardson (1963-2009)

Posté par vincy, le 19 mars 2009

richardsonag008.jpgFille de l'actrice Vanessa Redgrave, épouse (depuis 15 ans) de l'acteur Liam Neeson, Natasha Richardson est décédée mercredi 18 mars, des suites d'un accident de ski à Mont-Tremblant (Québec). Elle était dans le coma depuis son transfert à New York, où sa famille l'a rejoint un peu plus tôt dans la journée. Liam Neeson a interrompu un tournage à Toronto pour se rendre au chevet de son épouse, et mère de ses deux enfants.

Richardson avait une carrière cinématographique discrète, avec, essentiellement des seconds rôles (Fat Man and Little boy, Nell, Maid in Manhattan). Elle a obtenu des distinctions plus importantes dans des films comme The Handmad's Tale, Widow's Peak et surtout Asylum (sorti en 2005). Elle composait des personnages souvent fêlés, au bord de la rupture psychotique.

Elle fut surtout une comédienne reconnue sur les planches avec des pièces aussi variées que La mouette, Closer, High Society, Hamlet, Un tramway nommé désir. Elle avait obtenu un prestigieux Tony Award pour sa performance à Broadway dans Cabaret.

Natasha Richardson était aussi très respectée pour ses actions caritatives. Depuis la mort de son père, le producteur Tony Richardson, elle s'était vivement impliquée dans la lutte contre le SIDA (mettez des préservatifs, nda).