Jean-Claude Brisseau (1944-2019) part sans bruit ni fureur

Posté par vincy, le 11 mai 2019

Le cinéaste Jean-Claude Brisseau est décédé samedi à Paris à l'âge de 74 ans, a appris l'AFP par son entourage.

Le réalisateur et scénariste est décédé dans un hôpital des suites d'une longue maladie. Sa filmographie est marquée par trois films: De bruit et de fureur (1988), prix spécial de la jeunesse au Festival de Cannes et prix Perspectives du cinéma français, Noces Blanches (1989) qui révéla l'actrice Vanessa Paradis (qui empocha un césar l'année suivante) et La Fille de nulle part (2012), Léopard d'or au festival de Locarno.

Sa filmographie s'étend sur 40 ans, depuis son premier long en 1976, La croisée des chemins, qui pose une partie des bases d'un cinéma sulfureux où il scrute une jeune fille rebelle partagée entre le désir et la mort. Avec Un jeu brutal, il croise le chemin de Bruno Cremer, qu'il enrôle pour être un biologiste meurtrier. Crémer sera le truand de De bruit et de fureur, l'un des premiers films sur la banlieue, où la dureté et la violence quotidienne croise le rêve naturaliste d'un adolescent dans un environnement de solitude et d'exclusion. Une série de déflagrations qui achève le film dans une tragédie désespérée.

Noce blanche est une confrontation presque sage entre un Cremer prédateur et une Paradis pas vraiment innocente en jeune fille ex-prostituée et toxico, amoureuse de son professeur de philosophie. Derrière son émancipation, et leur histoire d'amour, il y a le vertige des deux à plonger dans un monde inconnu. Dans une interview accordée aujourd'hui au journal Le Monde, Vanessa Paradis évoque un réalisateur très grand, très autoritaire, avec une voix grave.

Il était réputé difficile. Pas vraiment le genre à attirer la sympathie. Mais ce révolté passionné et avide de liberté, avec le soutien des Films du Losange, a pu bâtir une œuvre singulière dans le cinéma français et relativement hétérogène. Avec Céline, portrait d'une jeune femme paumée versant dans le surnaturel, L'ange noir, seul grand rôle de cinéma pour Sylvie Vartan, accompagnée de Michel Piccoli, Tchéky Karyo et Philippe Torreton, dans une sordide manipulation criminelle, ou encore Les savates du bon Dieu, film romantique autour d'une quête amoureuse, à travers une errance et des braquage.

C'est loin d'être parfait. Mais il y a l'influence des grands cinéastes américains - dont John Ford qu'il admirait - qui planent à chaque fois. A partir des années 2000, la difficulté de trouver des vedettes de premier rang ou des noms connus ont compliqué le montage de ses films. Il poursuit sa voie sur le portrait de jeunes femmes marginales, dans des milieux précaires, avec la séduction, la cruauté et la mort qui s'entremêlent: Choses secrètes, A l'aventure, ou son dernier film Que le Diable nous emporte, son ultime film (2018), vaudeville plus mature où la violence masculine et la méditation sont autant d'obstacles ou de leviers vers le bonheur compliqué par le jeu des sentiments.

Jusqu'à cette mise en abyme ratée dans Les anges exterminateurs, inspiré de son propre livre et présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, où il confie ses méthodes particulières de travail, sa manière de sélectionner ses actrices et finalement, comment il s'est retrouvé condamné en justice pour harcèlement et agression sexuelle sur des actrices à qui il avait fait passer des auditions.

Il avait été condamné par le tribunal correctionnel de Paris en 2005 pour harcèlement sexuel à un an de prison avec sursis et à 15 000 euros d'amende pour harcèlement sexuel sur deux actrices lors d'auditions pour son film Choses secrètes. En décembre 2006, il est condamné en appel pour agression sexuelle sur une troisième actrice.

Suite à cela, le mouvement #metoo, qui jugeait toute célébration de son œuvre insupportable, avait contraint la Cinémathèque, qui avait essayé de défendre l'artiste en oubliant que l'homme avait été condamné, à annuler fin 2017 la rétrospective qu'elle devait lui consacrer.

Pas étonnant que son film le plus sincère, sacré à Locarno, La fille de nulle part, soit aussi son film miroir. Il y joue le rôle masculin principal, Michel un professeur de mathématique veuf et à la retraite qui vit cloîtré dans son appartement parisien. Sa vie monacale est bouleversée par l'arrivée d'une jeune femme agressée. Se noue une complicité et une entraide, troublée une fois de plus par d'étranges manifestations paranormales. Tout son cinéma est condensé là: la détresse des femmes, la violence de la société, l'amour comme seul rempart, loin des jugements et de la morale.

"C’est précisément l’esprit archaïque du cinéma des origines que convoque le réalisateur dans son propre appartement, où il a tourné avec un caméscope et une poussette (pour les travellings). Impression unique de voir un hybride entre le prosaïsme délicat et articulé d’Éric Rohmer (tendance Lumière) et les noires féeries de John Carpenter (tendance Méliès). Le dispositif paraît évidemment rudimentaire, voire bredouillant, mais cela en fait le charme gracile et discret" pouvait-on lire dans L'Humanité.

Sans doute filmait-il son propre fantôme, lui si mystique. Sans doute son cinéma a-t-il été mal compris à cause de ses agissements et de ses méthodes qui déforment les jugements. Car si on y regarde bien, il sublimait souvent ses actrices, et dénonçait tout aussi souvent la brutalité masculine. Homme d'une autre époque, cela n'excuse pas tout. Il vitupérait le féminisme castrateur d'hommes hétérosexuels et le climat de censure de l'époque. Mais il regrettait surtout de ne plus pouvoir tourner avec les vedettes qui l'intéressaient. Il s'inquiétait de ne plus pouvoir filmer. Il était déphasé.

Dans une de ces dernières interview, à Paris-Match, il expliquait: "Je suis trop émotif (...)  Je vous avoue que l’opinion que les gens de cinéma peuvent avoir de moi me laisse indifférent. Là où je suis triste, c’est pour mes anciens élèves. Avant, quand je les rencontrais dans la rue, ils étaient fiers. Maintenant, j’ai l’image colportée d’un “super-violeur”. Mais quand j’ai eu un procès, je ne me suis pas défendu. J’ai eu tort". Ajoutant: "J’ai vécu des réactions de vengeance… Alors que la jouissance de la femme m’a toujours intéressé au cinéma et que je ne fais que creuser les mêmes thèmes."

Jean-Claude Brisseau, inexcusable, restera entaché par cette affaire (alors que d'autres bien plus vénérés s'en sont sortir indemnes). Mais le cinéaste, lui, aura produit quelques beaux films qui sondaient le mystère des femmes, le plus inexplicable à ses yeux.

Cannes 2018: un festival « en-chanteur »

Posté par wyzman, le 10 mai 2018

Les amoureux de la Croisette le savent, le cinéma n'est qu'une des dimensions du Festival de Cannes. A côté de cela, nombreux sont les acteurs qui ont déjà prouvé, ici et là, qu'ils étaient capables de faire autre chose que jouer la comédie. Pour vous, voici une petite compilation des projets et personnalités que les mélomanes suivront de très près.

Des acteurs aux talents multiples

A l'affiche de deux films par an (minimum), Kristen Stewart est ce que l'on appelle communément une touche-à-tout. Et non, nous ne faisons pas référence à son incroyable performance dans On the Road. Après avoir présenté son premier court-métrage l'an dernier, elle est de retour sur la Croisette en tant que jurée. Et elle a d'ores et déjà montré l'étendu de son talent de chanteuse dans Into the Wild (2007) et Les Runaways (2010) avant de s'acoquiner personnellement avec les chanteuses Soko et St. Vincent. Mais au jury, il y a surtout Khadja Nin, auteure, compositrice, interprète. La musicienne du Burundi a sorti plusieurs albums et sa chanson « Mama » a été clipée par Jeanne Moreau en 1998.

Parmi les acteurs-chanteurs qui défileront sur le tapis rouge, impossible de ne pas évoquer la plus connue, Vanessa Paradis, à l'affiche d'Un couteau dans le coeur de Yann Gonzalez (et la zik de M83).Elle aussi a un lien cannois avec Jeanne Moreau puisqu'elle y a chanté "Le tourbillon de la vie". C'est l'une des rares artistes françaises à avoir su équilibrer la double face cinéma et musique en restant au top dans les deux arts.

Elle sera suivie par Adam Driver (BlacKkKlansman) qui a fait ses preuves dans Inside Llewyn Davis et Hungry Hearts.

Parmi les films hors-compétition, il ne faudra pas manquer Le Grand bain de Gilles Lelouche dans lequel Philippe Katerine se dévoile (encore) en slip de bain tandis que Donald Glover (a.k.a. Childish Gambino) sera l'une des stars de Solo : A Star Wars Story. Il y incarne un jeune Lando Calrissian. Du côté de la Quinzaine des réalisateurs, il va sans dire qu'Audrey Tautou (En Liberté !), photographe à ses heures, et Isabelle Adjani (Le Monde est à toi), sans pull marine, seront chaleureusement accueillies.

Des bandes originales à surveiller

Sans surprise, les bandes originales des films sélectionnés seront scrutées de près. Mais avant de savoir à qui les quelques journalistes triés sur le volet remettront le Cannes Soundtrack Award, notez dès maintenant que c'est le DJ japonais Tofubeats qui s'est occupé de la musique de Netemo sametemo de Ryusuke Hamaguchi. Le film concourt pour la Palme d'or et a tout d'une romance exclusivement dédiée aux adultes.

D'ailleurs, en parlant de films réservés aux adultes, sachez que Gaspar Noé est de retour à Cannes pour présenter son cinquième long-métrage, Climax. Avec son casting composé d'acteurs inconnus, le réalisateur d'Irréversible pourrait de nouveau bousculer les festivaliers. Mais cette fois, nous vous parlons de la musique qu'il aura choisie pour illustrer le successeur de Love.

L'immanquable de l'année

Enfin, impossible de ne pas parler du seul film exclusivement dédié à une chanteuse réelle. Trois ans après Amy d'Asif Kapadia, c'est Whitney qui devrait émouvoir les festivaliers. Projeté en Séance de minuit, le documentaire de Kevin Macdonald raconte la véritable histoire de Whitney Houston, en ne laissant jamais de côté les aspects les plus difficiles de sa vie. Sans jamais être misérabiliste, le film montre comment une jeune Noire américaine souhaitant être choriste comme sa mère est devenue mannequin avant d'être la plus grande voix féminine du 20e siècle.

César 2018: 120 battements par minute, des premiers films au top et un César du public

Posté par vincy, le 31 janvier 2018

La 43e cérémonie des César, qui aura lieu le 2 mars, a dévoilé finalement ses nominations ce mercredi 31 janvier. Sous le regard de Jeanne Moreau, avec Vanessa Paradis pour ouvrir le cinéma, Penélope Cruz en invitée d'honneur, et Manu Payet en maître de cérémonie, la prochaine cérémonie sera certainement l'occasion d'un sacre: celui de 120 battements par minute. Le film récolte 13 nominations, devant Au revoir là-haut (12), Le sens de la fête (10), Barbara et Petit paysan (8), Grave (6), Les gardiennes et Patients (4).

Mais signalons quand même la très belle place de la comédie cette année dans les nominations, qui, avouons-le, souligne aussi le manque de grands films du cinéma français cette année. Autre remarque; la présence de deux premiers films dans la catégorie suprême (Patients, Petit paysan), par ailleurs aussi nommés dans la catégorie meilleur premier film. Au moins, il y a de la fraîcheur dans l'air...

Dans la catégorie meilleur réalisateur, on notera d'ailleurs que la seule femme nommée est aussi l'auteure d'un premier film (qui plus est de genre). Rappelons que depuis un an, le César du meilleur réalisateur et le César du meilleur film ne peuvent pas revenir à la même œuvre.

On notera aussi que Laetitia Dosh, dont Jeune femme est le 8e film, n'est nommée qu'en espoir, tandis que Doria Tiller, dont c'est le premier film, a les honneurs de la catégorie actrice. De même L'échange des princesses, coproduction franco-belge, en français, adaptée d'un roman français, avec un casting essentiellement français, est retenu en film étranger. Question de règles.

Il y a aussi quelques oublis: Félicité d'Alain Gomis (pourtant à Grand prix du jury à Berlin), Emilie Dequenne (Chez nous), Sandrine Bonnaire (Prendre le large) et Céline Sallette (Corporate) côté actrices, Ava en premier film, Makala en documentaire, Moonlight, L'autre côté de l'espoir, Un homme intègre, Une femme fantastique ou encore You were never really here en film étranger, Guédiguian et sa Villa, Desplechin et ses Fantômes d'Israël et Bruno Dumont pour sa Jeannette complètement zappés, Jean-Louis Trintignant et Fantine Harduin pour Happy End, Les grands esprits et Ôtez-moi d'un doute (scénario)...

Côté distributeurs, Gaumont domine largement la fournée annuelle avec 36 nominations, devant Memento (14), Pathé (13), Pyramide (11), Studiocanal (8) e Wild Bunch (7).

Les César créent aussi à partir de cette année le César du public qui récompense le film ayant fait le plus d'entrées. Il sera remis au film français sorti en 2017 ayant réalisé le plus d'entrées (jusqu'au 27 février 2018). Pour l'instant c'est Raid dingue de Dany Boon qui domine le classement avec 4570887 entrées.

Meilleur film
120 battements par minute de Robin Campillo
Au revoir là-haut d’Albert Dupontel
Barbara de Mathieu Amalric
Le Brio de Yvan Attal
Patients de Grand Corps Malade et Mehdi Idir
Petit paysan de Hubert Charuel
Le sens de la fête de Eric Tolédano et Olivier Nakache

Meilleur réalisateur
Robin Campillo pour 120 battements par minute
Albert Dupontel pour Au revoir là-haut
Mathieu Amalric pour Barbara
Julia Ducournau pour Grave
Hubert Charuel pour Petit Paysan
Michel Hazanavicius pour Le redoutable
Eric Tolédano, Olivier Nakache pour Le sens de la fête

Meilleure actrice
Jeanne Balibar dans Barbara
Juliette Binoche dans Un beau soleil intérieur
Emmanuelle Devos dans Numéro une
Marina Fois dans L’atelier
Charlotte Gainsbourg dans La promesse de l’aube
Doria Tiller dans Monsieur et madame Adelman
Karin Viard dans Jalouse

Meilleur acteur
Swan Arlaud dans Petit paysan
Daniel Autueil dans Le brio
Jean-Piere Bacri dans Le sens de la fête
Guillaume Canet dans Rock’n’roll
Albert Dupontel dans Au revoir là-haut
Louis Garrel dans Le redoutable
Reda Kateb dans Django

Meilleure actrice dans un second rôle
Laure Calamy dans Ava
Anaïs Demoustier dans La villa
Sara Giraudeau dans Petit Paysan
Adèle Haenel dans 120 battements par minute
Mélanie Thierry dans Au revoir là-haut

Meilleur acteur dans un second rôle
Niels Arestrup dans Au revoir Là-haut
Laurent Lafitte dans Au revoir là-haut
Gilles Lellouche dans Le sens de la fête
Vincent Macaigne dans Le sens de la fête
Antoine Reinartz dans 120 battements par minute

Meilleur espoir féminin
Iris Bry dans Les gardiennes
Laetitia Dosh dans Jeune femme
Eye Haidera dans Le sens de la fête
Camelia Jordana dans Le Brio
Garance Marillier dans Grave

Meilleur espoir masculin
Benjamin Lavernhe dans Le sens de la fête
Finnegan Olfield dans Marvin ou la belle éducation
Pablo Pauly dans Patients
Nahuel Perez Biscayart dans 120 battements par minute
Arnaud Valois dans 120 battements par minute

Meilleur film d'animation
Longs métrages
Le grand méchant renard et autres contes de Benjamin Renner, Patrick Imbert
Sahara de Pierre Coré
Zombillénium de Arthur de Pins, Alexis Ducord
Courts métrages
Le futur sera chauve de Paul Caron
I’m want pluto to be a planet again de Marie amachoukeli, Vladimir Mavounia-Kouka
Le jardin de minuit de Benoït Chieux
Pépé le Morse de Lucrèce Andreae

Meilleur premier film
Grave de Julia Ducournau
Jeune Femme de Léonor Séraille
Monsieur et Madame Adelman de Nicolas Bedos
Patients de Grand Corps Malade et Mehdi Idir
Petit paysan de Hubert Charuel

Meilleur film documentaire
12 jours de Raymond Depardon
A voix haute la force de la parole de Stéphane de Freitas et Ladj Ly
Carré 35 d’Eric Caravaca
Visages, Villages d’Agnès Varda et JR
I’m not your negro de Raoul Peck

Meilleur film étranger
Le Caire confidentiel de Traik Saleh
Dunkerque de Christopher Nolan
L’échange des princesses de Marc Dugain
Faute d’amour d’Andreï Zviaguintsev
La La land de Damien Chazelle
Noces de Stephan Streker
The Square de Ruben Ostlund

Meilleure musique originale
Arnaud Rebotini pour 120 battements par minutes
Christophe Julien pour Au revoir là-Haut
Jim Williams pour Grave
Myd pour Petit paysan
Matthieu Chedid pour Visages, Villages

Meilleur court métrage
Les bigorneaux de Alice Vial
Le bleu blanc rouge de mes cheveux de Jozsa Anjembe
Debout Kinshasa ! de Sébastien Maitre
Marlon de Jessica Palud
Les misérables de Ladj Ly

Meilleur scénario original
Robin Campillo pour 120 battements par minute
Mathieu Amalric et Philippe di Folco pour Barbara
Claude Le Pape et Hubert Charuel pour Petit paysan
Julia Ducournau pour Grave
Eric Tolédano, Olivier Nakache pour Le sens de la fête

Meilleure adaptation
Albert Dupontel et Pierre Lemaître pour Au revoir là-haut
Xavier Beauvois, Frédérique Moreau et Marie-Julie Maille pour Les gardiennes
Grand corps malade et Fadette Drouard pour Patients
Eric Barbier et Marie Eynard pour La promesse de l’aube
Michel Hazanavicius pour Le redoutable

Meilleure photographie
Jeanne Lapoirie pour 120 battements par minute
Vincent Mathias pour Au revoir là-haut
Christophe Beaucarne pour Barbara
Caroline Champetier pour Les gardiennes
Guillaume Schiffman pour Le redoutable

Meilleurs costumes
Isabelle Pannetier pour 120 battements par minute
Mimi Lempicka pour Au revoir là-haut
Pascaline Chavanne pour Barbara
Anaïs Romand pour Les gardiennes
Catherine Bouchard pour La promesse de l’aube

Meilleurs décors
Emmanuelle Duplay pour 120 battements par minutes
Pierre Quefféléan pour Au revoir là-haut
Laurent Baude pour Barbara
Pierre Renson pour La promesse de l’aube
Christian Marti pour Le redoutable

Meilleur son
Robin Campillo pour 120 battements par minute
Christophe Pinel pour Au revoir là-haut
François Gédigier pour Barbara
Julie Lena, Lilian Corbeille, Grégoire Pontecaille pour Petit Paysan
Dorian Rigal Ansous pour Le sens de la fête

Meilleur montage
Robin Campillo pour 120 battements par minute
Christophe Pinel pour Au revoir là-haut
François Gédigier pour Barbara
Julie Lena, Lilian Corbeille, Grégoire Pontecaille pour Petit Paysan
Dorian Rigal Ansous pour Le sens de la fête

Keira Knightley chante « Le tourbillon de la vie » de Jeanne Moreau

Posté par vincy, le 17 décembre 2017

Pour Chanel et sa marque de joaillerie Coco Crush, la maison de luxe a fait appel à l'une de ses égéries, l'actrice Keira Knightley. Et en guise de pub virale, ils ont décidé de reprendre une chanson mythique, Le tourbillon de la vie, avec une simple guitare, la voix de la comédienne et des sous-titres pour l'international. So frenchy.

Ecrite par Serge Rezvani en 1957 pour Jeanne Moreau (disparue en août dernier), Le tourbillon a acquis le statut de chanson culte quand elle est chantée par Jeanne Moreau dans Jules et Jim de François Truffaut. En 1995, Renaud, Patricia Kaas et Alain Souchon font un trio sur cette chanson pour Les Enfoirés. Deux mois plus tard, elle est chantée par Vanessa Paradis, ancienne muse de Chanel par ailleurs, lors de la cérémonie d'ouverture du Festival de Cannes devant la présidente du jury, Jeanne Moreau, qui, émue, termine le titre avec elle. La séquence devient mémorable. Six ans plus tard, Paradis la reprend dans une compilation. Tal, qui invite Alizée pour la chanter en duo sur son album, la reprend en 2013.

Le 70e Festival de Locarno dévoile une programmation très française

Posté par vincy, le 12 juillet 2017

Adrien Brody honoré par un Leopard Club Award. Mathieu Kassovitz (qui viendra pour le premier film de Samuel Jouy, Sparring) récompensé par un Excellence Award. A ces deux acteurs, s'ajoutent Michel Merkt (Prix du producteur indépendant), Jean-Marie Straub (Léopard d'or d'honneur) et Nastassja Kinski parmi les hommages rendus cette année. Le 70e Festival de Locarno a révélé ce mercredi 12 juillet le programme des festivités.

Lynch, Huppert, Ruiz...

En compétition on retrouve notamment pas mal de productions et coproductions françaises: 9 doigts de F.J. Ossang, As Boas Maneiras de Juliana Rojas et Marco Dutra, Charleston d'Andreï Cretulescu, Good Luck de Ben Russell, Madame Hyde de Serge Bozon, avec Isabelle Huppert et Romain Duris, Mrs. Fang de Bing Wang et Wajib de Annemarie Jacir. A côté de ces films, ont note la présence de Denis Côté (Ta peau si lisse), Xu Bing (Qing Ting Zhi Yan), John Carroll Lynch (Lucky, avec David Lynch), une œuvre posthume de Raul Ruiz (La telenovela Errante), Jim McKay (On the Seventh Day), Travis Wilkerson (Did You Wonder Who Fired Gun?), Aaron Katz (Gemini) ou encore Germano Maccioni (Les astéroïdes - Gli asteroidi, avec Pippo Delbono)

Paradis, Ardant, Argento...

Pour cette édition anniversaire, le cinéma français sera très présent avec Olivier Assayas et Sabine Azéma à la présidence de deux jurys, mais aussi Samuel Benchetrit, Vanessa Paradis et Vincent Macaigne (Chien), Fanny Ardant transgenre (Lola Pater), Noémie Lvovsky et Mathieu Amalric (Demain et tous les autres jours qui ouvrira la prestigieuse programmation de la Piazza Grande), Paul Hamy et Pascal Greggory (9 Doigts) et Jean-Pierre Léaud (36 fillette). Parmi les autres stars attendues Albert Serra, Francesca Comencini, Irrfan Khan et Golshifteh Farahani (The Song of the Scorpions), Vincent Pérez et le cultissime Dario Argento. Locarno a aussi obtenu la comédie indépendante The Big Sick, véritable phénomène à Sundance, et succès inattendu au box office américain cet été dans les circuits art et essai.

Côté diversité, Locarno présentera deux blockbusters Atomic Blonde avec Charlize Theron et le thriller SF de Netflix, What Happened to Monday? avec Noomie Rapace. De Cannes, seul Good Time des frères Safdie a été retenu pour la Piazza Grande.

D'hier à aujourd'hui

Dans la section Cinéastes du présent, on notera le sud coréen Kim Dae-hwan (The First Lap), le japonais Ryutaro Ninomiya (Sweating the Small Stuff), la française Narimane Mari (Le fort des fous) et l'américain Dustin Guy Defa (Person to Person).

Enfin, est-ce pour la francophilie affirmée de cette édition? Mais la Rétrospective 2017 sera consacrée à Jacques Tourneur, disparu il y a 40 ans: "un réalisateur qui n’est encore pas reconnu à la hauteur de son talent. Tourneur a souvent tourné des films classifiés comme « série B », des films qui nous semblent aujourd’hui plus incisifs, plus visionnaires et plus actuels que leurs aînés. Car le réalisateur a toujours su mêler dans son travail l’imaginaire puissant des récits de genre et une poésie visuelle unique, héritée sans doute de sa double identité, européenne et américaine."

Vanessa Paradis dans l’univers de Yann Gonzalez

Posté par vincy, le 30 juin 2017

Yann Gonzalez a commencé le tournage d'Un couteau dans le cœur, son nouveau long métrage, quatre ans après Les rencontres d'après minuit, qui avait été l'une des sensations cannoises en 2013 à la Semaine de la Critique.

La musique sera signée par M83 (Oblivion, Suburra) et le film distribué par Memento Films.

Vanessa Paradis, Kate Moran et Nicolas Maury seront plongés dans l'univers porno des années 1970. Le pitch: Au cœur du Paris sulfureux, Anne (Vanessa Paradis) a fait carrière en produisant à la chaîne des films pornographiques. Pour retrouver les faveurs de sa compagne, Loïs (Kate Moran), Anne décide de changer de registre en finançant un film beaucoup plus ambitieux, dont elle confie la réalisation à Archibald (Nicolas Maury). Mais un mystérieux tueur en série contrarie ses plans et s'attaque à tous les acteurs liés au projet.

Muse de Gonzalez, Kate Moran a été vue notamment dans deux adaptations de romans de Tatiana de Rosnay, Elle s'appelait Sarah et Boomerang, mais aussi dans Les bien-aimés de Christophe Honoré, Planetarium de Rebecca Zlotowski, et dans la comédie récemment sortie, L'embarras du choix. Elle surtout été remarquée dans la série TV Cannabis.

Nicolas Maury, connu des téléspectateurs pour son rôle d'assistant homosexuel dans la série Dix pour cent, a tourné pour Patrice Chéreau, Philippe Garrel, Emmanuelle Bercot, Noémie Lvovsky, Riad Sattouf, Rebecca Zlotowski, Valeria Bruni Tedeschi. Il était déjà au générique des Rencontres d'après minuit. L'an dernier, il avait un second-rôle dans la comédie populaire La Folle Histoire de Max et Léon.

A 44 ans, on ne présente plus Vanessa Paradis (6 albums studios, 5 tournées, 20 longs métrages dont 6 millionnaires en entrées en France). Au cinéma, la star française vient d'enchaîner les tournages: 2017 : Maryline de Guillaume Galienne (prévu le 15 novembre en salles), Chien de Samuel Benchetrit et Frost de Sharunas Bartas, présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Elle vient aussi de terminer le tournage de Big Bang. Son palmarès comprend trois Victoire de la meilleure chanteuse et un César du meilleur espoir.

Big bang familial pour Paradis, Cottin, Deladonchamps, Bacri et Lauby

Posté par vincy, le 4 mars 2017

Cecilia Rouaud retrouve Vanessa Paradis, actrice qui avait participé à son premier film, Je me suis fait tout petit (2012). Elle tourne son deuxième long métrage, Big Bang, avec la chanteuse-compositrice-auteure-comédienne-ex de on sait qui, depuis le 20 février. Au générique, on retrouve également Jean-Pierre Bacri, Chantal Lauby, Camille Cottin et Pierre Deladonchamps (récemment nommé au César du meilleur acteur). Un casting inédit donc et assez iconoclaste.

Vanessa Paradis est une femme qui fait "statue" pour les touristes, ce qui déplaît fortement à son fils ado.
Camille Cottin interprète une jeune femme en colère contre la terre entière et désespère de tomber enceinte.
Pierre Deladonchamps incarne un game designer de génie régulièrement dépressif qui se noie dans l’alcool et se ruine dans la psychanalyse.
Les trois sont frère et sœurs mais ne se voient plus.

Leurs parents - Jean-Pierre Bacri et Chantal Lauby - sont un peu responsables. Séparés depuis longtemps, la famille n'était pas leur priorité. Il faut un enterrement pour qu'ils se réunissent de nouveau. Las, le grand père étant mort, il va falloir trouver une solution pour la mamie...

Produit par Firelight et Jerico, Big Bang sera distribué par SND. Le tournage se finira fin mars.

Le tournage en Ile-de-France, est calé sur 37 jours de prise de vues.

Cannes 2016 – Télex du marché: Scorsese, Paradis, Demoustier, Cassel, et un célèbre chat

Posté par vincy, le 18 mai 2016

- Le vieux projet de Martin Scorsese, The Irishman, pourrait renaître puisque STX Entertainment a racheté les droits internationaux à Paramount, qui conserve la distribution américaine éventuelle du film. Cette adaptation du livre de Charles Brandt (inédit en France) tourne autour du gangster Frank Sheeran, dit l'Irlandais, et notamment son rôle dans la disparitionn de Jimmy Hoffa (qui avait fait l'objet d'un film avec Jack Nicholson). Scénarisé par Steve Zaillian, le projet est censé être réservé à Robert De Niro, 20 ans après Casino. Le tournage pourrait commencer en janvier prochain.

- Vanessa Paradis, membre du jury, a plusieurs projets en cours. Elle a accepté d'être à l'affiche du prochain film de Yann Gonzalez. Et elle sera aux côtés de JoeyStarr et Isabelle Carré dans L'angle mort, drame fantastique de Pierre Trividic et Patrick Mario-Bernard, où il s'agit d'un homme invisible (ou visible, c'est selon ses caprices).

- Anaïs Demoustier a aussi plusieurs projets sur le feu puisqu'elle sera à l'affiche du prochain film de Robert Guédiguian, La villa, réinterprétation de La cerisaie version Marseille, avec les fidèles Darroussin, Meylan, Ascaride et Robinson Stévenin. Juste avant ce tournage en novembre, elle sera aussi dans le premier long de Yann Le Quellec, Cornelius le meunier hurlant, aux côtés de Gustave Kervern et Denis Lavant.

- Vincent Cassel, en compétition avec le film de Xavier Dolan, Juste la fin du monde, partagera le générique avec Romain Duris et Sandrine Kiberlain, dans le prochain drame d'Erick Zonka (La vie rêvée des anges), Fleuve noir. Cassel incarnera un flic sans illusions qui commence à enquêter sur la mort d'un enfant quand son fils, délinquant, revient dans sa vie.

- Enfin, Joann Sfar, qui a déjà confirmé il y a quelques jours qu'il allait réalisé un film d'animation adapté de sa BD Petit Vampire, a annoncé qu'il écrivait et réaliserait une nouvelle adaptation du Chat du Rabbin (César du meilleur film d'animation en 2012). Mais cette fois-ci le film sera tourné en prises de vues réelles. Le film sera, comme sa version animée, écrit et réalisé par Joann Sfar.

[L'instant Glam'] Cannes 2016 – Jour 5: The Nice Guys, surtout Ryan

Posté par cynthia, le 15 mai 2016

Oyé oyé cinéphiles, cinquième jour du festival de Cannes et on peut dire que nos organes vitaux en ont pris un coup. Après avoir dansé comme des petits fous avec l'équipe (sexy) du film American Honey (apparemment il y avait plus d'énergie dans leurs trois minutes sur le tapis que durant les 2h42 de leur film), notre froc a explosé! Mais avant d'évoquer notre libido bouillante mettons-nous en bouche avec l'équipe du film de Nicole Garcia, Mal de Pierres. Marion Cotillard est arrivée vêtue d'une longue robe (sublime) de couleur or. Sa robe devait être difficile à porter tant elle était près du corps. Non seulement la Cotillard semblait rentrer le ventre (Marion je compatis...j'ai connu la même chose à la soirée de la Saint-Sylvestre) mais en plus ses tétons criaient au désespoir en pointant telle une épée! Le froid sans doute! Outre sa tenue vestimentaire, la jolie brune semblait quelque peu perdue sur le tapis. En effet, Louis Garrel, son partenaire à l'écran, l'a retenu plus d'une fois sur le red carpet afin qu'elle pose pour les photographes "Marion, Marion revient, il reste encore une photo à faire avant d'emprunter les marches!" En parlant de marche elle a failli en rater une car elle regardait derrière elle, à croire que c'était son premier festival. Mais qu'est-ce qui s'est passé Marion? Tu as tout oublié depuis l'an dernier?

Autre habitué à fouler le tapis rouge, Jean-Paul Gaultier qui était accompagné d'un ex-taulard...ah non excusez-moi ce n'était que Tonie Marshall. Aishwarya Rai (magnifique) affichait un rouge à lèvres bleu violet mauve... bref indéfinissable! En tout cas vue la couleur, soit elle avait froid, soit elle avait embrassé un avatar.

Vanessa Paradis vêtue de dentelle a également été de la partie, pendant que Lily Rose s'éclatait ailleurs loin de sa surveillance.

Plus tard en fin de soirée alors que Geena Davis fusionnait avec le tapis grâce à sa robe vermillon, les gens étaient en ébullition et hurlaient. Pourquoi hurlaient-ils encore? Mes oreilles ont saigné. RYAAAAAAAAAAAAAANNNNNNNNN!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! OMG! Ryan! Ryan SEXling est arrivé vêtu d'une veste de costume blanche et arborant son célèbre sourire, si charmeur. Ma culotte pointe officiellement au chômage et pauvre chose, elle ne trouvera pas un emploi de sitôt tant elle trempée de plaisir *l'effet Ryan Gosling*! Me voici aussi chaude que Cotillard dans son film.

L'acteur aux yeux de braise, venu présenter The Nice Guys, a fait explosé le baromètre du sexy aux côtés de Russell Crowe, car, oui il est sexy lui aussi, en plus d'être drôle! Alors que Ryan Gosling répondait aux questions, Russell Crowe faisait des grimaces derrière lui tandis qu'un autre mâle bandant sur pattes foulait le tapis: Matt Boomer.

Bon récapitulons... Matt Boomer, Russell Crowe, RYAN GOSLING sur le même tapis... ah oui reprendre la ligne 4 au retour du Festival, ça va nous faire mal au cœur! Mais ne pensons pas à cela! Il reste encore pas mal de tapis rouge à savourer. Mais bon sans Ryan, je ne vois pas comment ils vont pouvoir faire mieux.

Cannes 2016: le jury du 69e Festival

Posté par vincy, le 25 avril 2016

© festival de cannes

George Miller sera bien entouré du 11 au 22 mai pour voir les 21 films en compétition du 69e Festival de Cannes.

Arnaud Desplechin (réalisateur, scénariste), Kirsten Dunst (actrice), Valeria Golino (actrice, réalisatrice, scénariste, productrice), Mads Mikkelsen (acteur), Laszlo Nemes (réalisateur, scénariste), Vanessa Paradis (actrice, compositrice, auteure, chanteuse), Katayoon Shahabi (productrice) et Donald Sutherland (acteur) composeront ce jury cosmopolite et quasiment paritaire.

On note la présence de plusieurs primés cannois: Dunst a été prix d'interprétation en 2011, Mikkelsen a reçu le prix d'interprétation en 2012 et Laszlo Nemes fut grand prix du jury l'an dernier. Quasiment tous, hormis Paradis, ont eu un film en sélection officielle.