Les 30 films sélectionnés pour le 8e MyFrenchFilmFestival

Posté par vincy, le 10 janvier 2018

MyFrenchFilmFestival se lancera le 19 janvier et s'achèvera le 19 février 2018. Avec 30 longs et courts-métrages disponibles partout dans le monde en streaming, le festival initié par Unifrance va devoir renouveler son énorme succès de l'an dernier (7 millions de spectateurs).

Les films seront disponibles dès le 19 janvier, sur la plateforme MyFrenchFilmFestival.com et sur cinquante plateformes partenaires à travers le monde.

Paolo Sorrentino (La Grande Bellezza, The Young Pope) présidera le Jury de cette 8e édition, qui sera composé de Nabil Ayouch, Kim Chapiron, Julia Ducournau et Brillante Mendoza.

La section WTF…RENCH!?
La Loi de la jungle, de Antonin Peretjatko
Rock'n Roll, de Guillaume Canet
Willy 1er, de Ludovic Boukherma, Zoran Boukherma, Marielle Gautier et Hugo P. Thomas
Belle à croquer, de Axel Courtière
Lazare, de Tristan Lhomme
Le Scénariste, de François Paquay

La section HIT THE ROAD!
Ava, de Léa Mysius
Crash test Aglaé, de Éric Gravel
Avant la fin de l'été, de Maryam Goormaghtigh
Le Film de l’été, de Emmanuel Marre

La section TEEN STORIES
Noces, de Stephan Streker
Swagger, de Olivier Babinet
1:54, de Yan England
Chasse Royale, de Romane Gueret et Lise Akoka
L'Enfance d'un chef, de Antoine de Bary

La section FRENCH AND FURIOUS
Dans la forêt, de Gilles Marchand
Les Derniers Parisiens, de Hamé et Ékoué
C'est arrivé près de chez vous, de André Bonzel, Rémy Belvaux et Benoît Poelvoorde
Please Love Me Forever, de Holy Fatma
La Mort, Père & Fils, de Denis Walgenwitz et Winshluss
La Caresse, de Morgane Polanski

La section LOVE “À LA FRANÇAISE”
Victoria, de Justine Triet
Le Dernier Métro, de François Truffaut
Noyade interdite, de Mélanie Laleu
Que vive l'Empereur, de Aude Léa Rapin
Le Goût du Vietnam, de Pier-Luc Latulippe
Une robe d'été, de François Ozon

La section NEW HORIZONS
PLANET ?, de Momoko Seto
Phallaina, de Marietta Ren
WEI OR DIE, de Simon Bouisson

Export du cinéma français en 2016: une année à oublier

Posté par vincy, le 21 novembre 2017

Mauvais cru que 2016 pour l'exportation du cinéma français: 26,8 millions d'entrées pour les films en langue française (- 41,3%) sur un total de 40,7 millions d'entrées pour les films français ou majoritairement français (-63,5%). Le pré-bilan sorti en janvier (lire notre article) se confirme une fois les chiffres consolidés.

Le grand plongeon. 2016 a été la première année où il y a eu moins de 50 millions d'entrées depuis 2000, largement en dessous du très mauvais chiffre de 2013 (50,8 millions d'entrées). Les recettes vont à l'avenant avec une chute de 58,7% pour un montant total de 257,5 millions d'euros.

Le cinéma français tombe ainsi à 1,96% en entrées et 2,12% en recettes de part de marché dans le monde, France comprise. Une misère. D'autant que 2016 a été une année record en nombre de sorties: 2243 sorties, dont 607 films inédits à l'international dans 73 territoires, auxquelles s'ajoutent 772 continuations.

Cette dépression provient d'un facteur essentiel: le manque de locomotive anglophone (type Taken). Ainsi, le leader de l'année 2016 est le même que celui de 2015, Le Petit Prince avec 3,1 millions d'entrées (contre 15 millions l'année précédente). Le film a ainsi cumulé 18,2 millions d'entrées à l'international depuis sa sortie, ce qui le fait entrer dans le club très sélect des films produits par la France et ayant dépassé les 20 millions de spectateurs dans le monde (incluant la France). Il se classe ainsi 8e des plus gros succès français à l'international depuis 2000. Dans ce Top 20 dominé par EuropaCorp (4 des 5 premiers, 10 des 20 premiers), Le Petit Prince est le deuxième film d'animation (avec Arthur et les Minimoys) à s'inviter dans la cour des grands.

Il n'y a finalement que 6 films (contre 10 en 2015) qui ont dépassé en cumul le million d'entrées cette année. Car plus précisément, outre Le petit Prince, un seul film a réussi à franchir le cap du million de spectateurs pendant l'année 2016 (Oppression, film en langue anglaise). Les autres ont franchi la barre du million sur deux exercices: Le goût des merveilles, Les nouvelles aventures d'Aladdin, Mustang et Belle et Sébastien, l'aventure continue.

Parmi les autres succès, on note ceux d'Un homme à la hauteur, qui fait mieux à l'étranger qu'en France, Les saisons, Chocolat, L'étudiante et Monsieur Henri, et Elle, qui dépassent tous les 600000 entrées internationales. D'autres, comme Les innocentes, Mon roi et Frantz deviennent millionnaires en spectateurs grâce à l'international.

Globalement 63,1% des sorties ont attiré moins de 10000 spectateurs. Et en fait seul 11,5% des titres ont dépassé les 100000 entrées. Une claque d'autant plus énorme que c'est la première fois depuis 10 ans qu'aucun film français ne passe la barre des 5 millions d'entrées.

Pour les coproductions internationales, cela va un peu mieux grâce aux beaux scores de Love & Frienship, The Lobster, Ballerina, Youth et Moi, Daniel Blake.

Enfin, côté régions, l'Europe occidentale reste le marché le plus attractif avec 46,1% des entrées internationales malgré les très beaux efforts d'Unifrance pour aller chercher d'autres publics. Les films français séduisent d'abord l'Italie, puis l'Allemagne, la Belgique et le Luxembourg (où le cinéma français affiche une part de marché de 12,4%) et l'Espagne.

L'Amérique du nord (15,3%), l'Europe centrale et orientale (11,8%), l'Amérique latine (12,5%) et l'Asie (10,2%) suivent. C'est inquiétant de voir que l'Asie ne soit pas plus haut alors que la Chine (1,5M d'entrées, soit 0,1% de part de marché dans le pays) et le Japon (1,2M d'entrées soit 0,7% de part de marché dans le pays) sont respectivement les 2e et 3e marchés cinématographiques dans le monde. C'est encore plus embêtant de constater le retard de l'Afrique (1,8%) en l'absence de circuits de distribution solides alors qu'avec la Francophonie, l'exportation pourrait être simple. Dans le même élan, on continue de se désoler de voir dans un marché mature comme le marché québécois que malgré 75 films français sortis au Québec, la part de marché est seulement de 3% avec 600000 spectateurs.

Reste que dans 13 pays, le cinéma français dépasse le million de spectateurs et dans 8 il parvient à amasser plus de 10 millions d'euros de recettes. C'est toujours le marché Etats-Unis/Canada anglophone qui ramène le plus d'entrées (13,7%) et le plus de recettes (16,9%).

Cannes 2017: Isabelle Huppert et Maysaloun Hamoud, lauréates du 3e Women in Motion

Posté par vincy, le 15 mai 2017

Kering et le Festival de Cannes remettront le 3e Prix Women in Motion 2017 à Isabelle Huppert. L'actrice a choisi d'attribuer le Prix Jeunes Talents à Maysaloun Hamoud.

Les Prix seront décernés lors du dîner officiel Women in Motion le dimanche 21 mai 2017.

"Libre et audacieuse entre toutes, Isabelle Huppert a multiplié les prises de risque artistique, et joué auprès des plus grands pour imposer son style dans les registres les plus variés, allant du drame à la comédie. Faisant bouger les lignes à travers les rôles forts et loin de tout stéréotype qu’elle interprète depuis ses débuts, qu’elle soit dirigée par des réalisateurs mythiques ou par une nouvelle génération de créatrices et créateurs brillants, Isabelle Huppert est l’une des figures les plus inspirantes du monde du cinéma" explique le communiqué. Par ailleurs, Kering, partenaire officiel du Festival, a choisi un portrait d’Isabelle Huppert pour l’affiche officielle de la 3e édition de Women in Motion.

Et pour conforter l'image de cette comédienne qui multiplie les sélections cannoises années après années (pour cette édition 2017, Huppert est présente deux fois en sélection officielle), il suffit de voir son choix pour le Prix Jeunes Talents. La jeune réalisatrice et scénariste palestinienne Maysaloun Hamoud a réalisé en 2016 Je danserai si je veux (Bar Bahar), à l'affiche en France depuis un mois. Le film avait déjà été récompensé par le Prix NETPAC (Network for the Promotion of Asian Cinema) au 41e Festival International du Film de Toronto et trois récompenses au 64e Festival de San Sebastian : le Prix Sebastiane, le Prix L’Autre Regard et le Prix de la Jeunesse.

Ce premier long-métrage suit le quotidien de trois jeunes femmes palestiniennes vivant à Tel Aviv, partagées entre leur désir d’indépendance et les traditions familiales. "Ce film remarqué dans les Festivals du monde entier a été produit par Shlomi Elkabetz dont la soeur, la grande scénariste, réalisatrice et actrice Ronit Elkabetz, disparue l'année dernière, a marqué de son empreinte le cinéma israélien" rappelle le communiqué.

Le Prix Jeunes Talents, accompagné d’un soutien financier de 50 000 euros, permettra à Maysaloun Hamoud de poursuivre ses projets cinématographiques.

Un partenariat avec Unifrance

Isabelle Huppert et Maysaloun Hamoud rejoignent ainsi les personnalités mises à l’honneur lors des éditions précédentes de Women in Motion. En 2016, Geena Davis et Susan Sarandon, les deux actrices américaines de Thelma et Louise particulièrement engagées dans la défense des droits des femmes, avaient ainsi reçu le Prix Women in Motion, avant de mettre à l’honneur les trois jeunes réalisatrices Leyla Bouzid, Gaya Jiji et Ida Panahandeh. Cinq femmes de talent qui succédaient à l’actrice mythique Jane Fonda et à la productrice Megan Ellison, récipiendaires de la première édition.

Lancé en 2015, Women in Motion continuera cette année à organiser des Talks ouverts aux journalistes et aux professionnels du cinéma permettront de confronter les expériences et les points de vue de grandes personnalités autour de la question de la contribution des femmes au cinéma, et de partager leurs recommandations pour faire avancer leur représentation au sein de ce secteur.

Cette année, Kering et Unifrance se sont associés pour accélérer le déploiement de Women in Motion et assurer sa présence dans les festivals à l’étranger. Un partenariat de deux ans a été signé pour accroître la portée du programme et l’inscrire dans des manifestations cinématographiques internationales.

Le cinéma s’invite dans la Nuit des idées

Posté par vincy, le 26 janvier 2017

Pour la 2e Nuit des Idées, qui se déroule ce soir en France et dans 40 pays , le cinéma s'invite dans cet événement festif et philosophique. De Tokyo (pour l'ouverture) à Los Angeles (pour la clôture), les débats auront pour thème "Un monde commun". Initiée par l’Institut Français, ce sont plus de 70 événements qui auront lieu.

Unifrance et MK2 proposeront ainsi une Nuit des Nouvelles Images pour débattre du futur du cinéma. À 18h, au mk2 Bibliothèque (Paris), on y discutera de l’émergence de nouvelles images et de nouveaux modes de diffusion, à l’heure où mk2 ouvre une nouvelle salle consacrée à la Réalité virtuelle et où UniFrance organise la 7e édition de son festival en ligne MyFrenchFilmFestival. Cette soirée se déroulera en présence des cinéastes Rebecca Zlotowski et Clément Cogitore, du DG de mk2 Agency Elisha Karmitz et du commissaire de l'exposition à la Cinémathèque française Laurent Mannoni. Le public sera invité à intéragir avec les intervenants sur Twitter avec le hashtag #NDNI. l'éntre est libre et le débat sera retransmis sur Facebook Live.

Au Forum des Images, l'écrivain et scénariste Jean-Claude Carrière, le photographe Vasantha Yogananthan, l'ethnoscénologue Amiane Béranger et la conteuse et danseuse Nathalie Le Boucher évoqueront  "Ramayana et Mahabharata : a persistance des mythes au coeur de la culture indienne", deux grands textes indiens sacrés. La soirée est accompagnée de la projection Gita Govinda du réalisateur expérimental Amit Dutta, transposition cinématographique du poème hindou (2014), présentée à Cinéma du réel en 2015.

A Nantes, au Lieu unique, dans le cadre de la programmation Doc a LU - focus  sur le cinéma allemand, sera projeté le film de Philip Scheffner, Révision (2012), qui rouvre une sordide affaire de l'été 1992 où deux roumains ont été retrouvés morts à la frontière germano-polonaise. A travers ses films, le documentariste "met en œuvre une pensée politique qui opère une redistribution entre ce qui est manifeste et ce qui ne l’est pas".

La cinémathèque de Grenoble et le cinéma Le Dietrich à Poitiers participeront aussi à cette Nuit pas comme les autres.

A l'étranger, l’Institut National Audiovisuel polonais (NINA) à Varsovie projettera la projection du dernier film (en exclusivité en Pologne) d'Andrzej Wajda Les fleurs bleues (sortie en France le 22 février), le Cinéma Andorra à Helsinki diffusera le documentaire Human de Yann Arthus-Bertrand, en plus d'un débat en sa présenceet à Pinamar en Argentine, le vieil hôtel d'Ostende programmera des fictions et documentaires en continu en plus d'une séance de cinéma sur la plage.

Bilan 2016: Grosse fatigue du cinéma français à l’export

Posté par vincy, le 15 janvier 2017

Ce fut une très belle année pour la fréquentation des salles en France. A l'inverse, 2016 a été désastreuse pour le cinéma français dans le monde. Seulement 34 millions de spectateurs sont venus voir des films français à l'étranger (soit 230 millions d'euros de recettes, et donc une chute de 62% des revenus). On est très loin des 111 millions d'entrées à l'international en 2015 ou des 120 millions en 2014, deux années où le nombre d'entrées à l'étranger était supérieur à celui des spectateurs en France pour des films français.

Le phénomène est global, touchant tous les genres et tous les pays. Du jamais vu depuis plus de dix ans. En effet, c'est la première fois que l'on passe sous le cap des 50 millions d'entrées depuis 2007.

Il faut dire que 2016 a souffert de l'absence d'une comédie porteuse comme Intouchables ou de productions anglophones d'Europacorp comme Taken ou Le Transporteur (2017 devrait ainsi être largement meilleure grâce à Valérian de Luc Besson). Mais ceci n'explique pas tout.

Car en 2016, les films en langue française n'ont séduit que 22 millions de spectateurs dans le monde: c'est une chute de 52% par rapport à 2015. Par voie de conséquence, Unifrance, qui publie les chiffres, constate que "Les 5 plus grands succès français de l’année 2016 ne représentent que 28,3% des entrées globales du cinéma français dans les salles étrangères, contre 70,5% en 2015. Autre conséquence notable, les films en langue française réalisent 22 millions d’entrées en 2016, soit près de 64% des entrées totales sur la période, une proportion record depuis plus de 15 ans, bien supérieure à la moyenne de 43,6% constatée sur les 10 dernières années."

On s'interroge cependant: sans Le Petit Prince, déjà un beau carton en 2015, qu'est-ce-que ça aurait été? "Après une année 2015 exceptionnelle à plus de 15 millions d’entrées, [il] continue de rayonner hors de nos frontières pour sa 2e année d’exploitation. Avec plus de 3 millions de spectateurs supplémentaires rassemblés sur une quarantaine de territoires, il devient le plus grand succès de l’année 2016 pour une production franc?aise et le film d’animation le plus vu à l’international."

Derrière Le Petit Prince et ses 92M€ de recettes cumulées, on retrouve un modeste succès d'EuropaCorp, Oppression de Farren Blackburn (1,8 million d'entrées, dont près de la moitié en Amérique du nord), puis Le goût des merveilles d'Éric Besnard (900000, essentiellement en Allemagne où il fait deux fois mieux qu'en France), Les nouvelles aventures d'Aladin d'Arthur Benzaquen (800000, dont les trois quarts en Chine), Un homme à la hauteur de Laurent Tirard (700000, qui a bien fonctionné en Pologne et en Russie), Les saisons de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud (700000 grâce au Japon), Mustang de Deniz Gamze Ergüven (700000), L'étudiante et Monsieur Henri d'Ivan Calbérac (600000), Chocolat de Roschdy Zem (600000) et Elle de Paul Verhoeven (500000), qui n'a largement pas terminé sa carrière internationale. Médecin de campagne, 11e, approche des 500000 entrées et des films comme Les innocentes et L'avenir ont dépassé les 400000 entrées. En revanche, de Radin! avec Dany Boon aux Visiteurs 3 en passant par L'odyssée et Cézanne et moi, les flops ont été nombreux, ne réalisant pas les scores attendus dans des marchés captifs (Belgique et Suisse pour les comédies, Royaume Uni et USA pour les biopics).

Unifrance constate aussi le retour du leadership de l'Europe occidentale comme marché principal, repassant devant l'Amérique du nord, de très loin. Aux Etats-Unis et au Canada anglophone (-61%), seuls Elle et Les innocentes ont dépassé le million de dollars de recettes. Mais ce territoire reste le plus important pour l'export français.
L'Asie s'affiche aussi en baisse, notamment en Chine où le recul est de 93%! Les Saisons a été le film le plus vu au Japon, 2e marché de la zone, avec 421 000 entrées.
En Espagne, ça chute de 46%, en Allemagne (où la fréquentation globale est en fort recul), de 30%, en Italie (2e marché après les USA, sauvé grâce au Petit Prince), de 15% et en Belgique et Luxembourg de 13%, pour ne prendre que les cinq plus gros marchés.
Au Québec on enregistre 676 000 entrées pour le cinéma français (11% de parts de marché), grâce notamment aux 86 000 entrées du Petit Prince, mais aussi aux très jolis scores de Demain et de La Vache, qui viennent compléter le podium.

30 films à voir chez soi grâce au 7e Festival MyFrenchFilmFestival.com

Posté par vincy, le 14 janvier 2017

La 7e édition de MyFrenchFilmFestival.com a été ouverte hier, vendredi 13 janvier, en présence du jury présidé par l’Argentin Pablo Trapero et composé des Français Bertrand Bonello et Rebecca Zlotowski, du Belge Fabrice du Welz (lauréat qui du Prix du Jury des Cinéastes de MyFrenchFilmFestival.com en 2016) et de l’Israëlien Shlomi Elkabetz.

Jean-Paul Salomé, président d'UniFrance, et Isabelle Girodano, Dg d'UniFrance, ont lancé le festival en ligne accessible dans le monde entier, en 9 langues, qui dure jusqu'au 13 février. L'an dernier plus de 6,5 millions de visionnages avaient été enregistrés.

Au total 30 films sont en lice pour trois Prix dont le Prix du Public. MyFrenchFilmFestival.com rend cette année hommage à Françoise Dorléac, "Véritable légende dont 2017 marque les 50 ans de la disparition".

Grandir au XXIème siècle
Bang Gang (une histoire d'amour moderne), de Éva Husson
Le Nouveau, de Rudi Rosenberg
Peur de rien, de Danielle Arbid
Les Démons, de Philippe Lesage (hors compétition, film canadien en partenariat avec Telefilm Canada)
1992, de Anthony Doncque
Viaduc, de Patrice Laliberté (hors compétition)

Familles en (re)composition
Marguerite et Julien, de Valérie Donzelli
Les Ogres, de Léa Fehner
Préjudice, de Antoine Cuypers (en compétition, film belge en partenariat avec Wallonie-Bruxelles Images (WBI))
Dans les eaux profondes, de Sarah Van Den Boom
La Rentrée des classes, de Vincent Patar et Stéphane Aubier

Sentimentalisme à la française
Ce sentiment de l'été, de Mikhaël Hers
La Bande à Juliette, de Aurélien Peyre
La Convention de Genève, de Benoît Martin
Le Dernier des Céfrans, de Pierre-Emmanuel Urcun
D'ombres et d'ailes, de Eleonora Marinoni et Elice Meng (hors compétition)

À la folie
Je ne suis pas un salaud, de Emmanuel Finkiel
Irréprochable, de Sébastien Marnier
Moka, de Frédéric Mermoud (hors compétition)
Violence en réunion, de Karim Boukercha

French women
Je suis à vous tout de suite, de Baya Kasmi
Cléo de 5 à 7, de Agnès Varda (hors compétition, film de patrimoine)
La Chair et les volcans, de Clémence Demesme
Un grand silence, de Julie Gourdain
Maman(s), de Maïmouna Doucouré
4XD - Françoise Dorléac, de Philippe Labro (hors compétition, film de patrimoine)

Les séances de minuit (pour les plus grands)
• À la recherche de l’ultra-sex, de Nicolas Charlet et Bruno Lavaine
• Une formalité, de Pierre-Marc Drouin et Simon Lamarre-Ledoux
• Le Plombier, de Méryl Fortunat-Rossi et Xavier Seron

MyFrenchFilmFestival 2016: Record de fréquentation et trois films indépendants récompensés

Posté par vincy, le 23 février 2016

Gros succès pour MyFrenchFilmFestival, ce festival en ligne organisé durant un mois par Unifrance. Cette 6e édition (18 janvier-18 février) présentait 10 longs métrages et 10 courts sur le site dédié de la manifestation et 37 plateformes partenaires (15 de plus que l'an dernier). Avec 6,5 millions de visionnages dans 90 pays, le Festival enregistre un record.

Le romantisme en tête

Les Etats-Unis, le Mexique, la France, la Russie et le Canada sont en tête des pays ayant fourni le plus de trafic. Parmi les 10 langues de sous-titrage proposées pour le visionnage des films, l’espagnol arrive en premier, suivi par l’anglais, le portugais et le français.

Côté films, les cinq films les plus vus sont la comédie romantique 20 ans d'écart, le drame amoureux La Belle saison, la comédie romantique et le premier film de Clovis Cornillac Un peu, beaucoup, aveuglément, la fantaisie A trois on y va et la romance légère et mélancolique Les châteaux de sable (pourtant produit pour un budget dérisoire).

Les châteaux de sable d'Olivier Jahan a remporté le Prix Lacoste du public qui a pris en compte les 25 000 votes des internautes. Ce beau film, qui avait attiré près de 80 000 spectateurs dans les salles, n'a hélas pas été proposé dans le coffret des César.

Le prix de la presse internationale a distingué le thriller Coup de Chaud de Raphaël Jacoulot. Ce film au modeste coût lui aussi avant séduit 81 000 spectateurs.

Enfin le jury du Prix Chopard, présidé par Nicolas Winding Refn, entouré de Marjane Satrapi, Felix Van Groeningen, Valérie Donzelli et David Robert Mitchell, a récompensé Alléluia, film interdit aux moins de 16 ans, réalisé par Fabrice du Welz, déjà multiprimé à Austin et présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2014. "Pour la première fois dans l’histoire de MyFrenchFilmFestival, le lauréat est un film franco-belge, diffusé grâce à un partenariat avec Wallonie-Bruxelles Images. Nous profitons de ce palmarès pour remercier nos partenaires belges et québécois car leurs films ont beaucoup plu. La francophonie est un atout primordial dans la promotion du cinéma français à travers le monde" a mentionné Jean-Paul Salomé, Président d’UniFrance.

Les films étaient présentés par thématiques: French kiss (La belle saison, Les châteaux de sable, A trois on y va, Henri Henri), Paris Comedy (20 ans d'écart, Caprice, Un peu, beaucoup, aveuglément), In Your Face (Alléluia, Un Français) et Crime Scene (L'affaire SK1, Coup de chaud).

Bilan 2015: 106 millions d’entrées dans le monde pour le cinéma français

Posté par vincy, le 18 janvier 2016

"Pour la 3e fois en seulement 4 ans, les films français franchissent le seuil des 100 millions de spectateurs à l’international. Avec 106 millions d’entrées et 600 millions d’euros de recettes dans les salles étrangères, le cinéma français célèbre en 2015 sa 3e meilleure année hors de ses frontières depuis plus de 20 ans" annonce Unifrance en guise de bilan annuel pour l'exportation des films produits majoritairement en France. Mais pas forcément en langue française. 42,6 millions de ces entrées à l'international concernent des films en langue française (un bond de 22% tout de même en un an).

Toujours plus d'entrées à l'international qu'en France

106 millions d'entrées soit 600 millions d'euros de recettes (soit une baisse de 12% par rapport à 2015), c'est un double exploit quand on compare avec les 72,5 millions d'entrées pour les films français en France. Notons que les films d'animation représentent 20% des entrées internationales.

En 2015, 515 films français ont été exploités dans les salles étrangères. Il y a désormais plus d'entrées à l'étranger qu'en France et ce pour la deuxième année consécutive. C'est aussi le troisième meilleur score en 20 ans. L'Asie devient la première zone d’exportation des films français en 2015, devant l’Europe occidentale et l'Amérique latine (avec 22,3 millions d’entrées) a dépassé l'Amérique du nord.

Isabelle Giordano, directrice générale d’UniFrance, se félicite de ces bons scores: "Ces bons résultats à l’international confortent notre place de deuxième exportateur mondial et sont la preuve que notre écosystème est efficace et que cela vaut la peine de valoriser la diversité de nos talents. Les films français sont les seuls à être ainsi appréciés aussi bien sur les marchés internationaux que dans les grands festivals."

L'animation en force

Trois films d'animation se sont classés parmi les dix films les plus vus à l'étranger: Le Petit Prince, Astérix le domaine des dieux et Mune, le gardien de la lune ont séduit aussi bien des spectateurs européens, chinois, brésiliens, mexicain que russes. C'est une année record pour le genre, même si les films d'animation d'auteur ont eu plus de difficultés à s'imposer. "En 2e place du classement annuel, avec 15 millions d’entrées, Le Petit Prince devient le plus grand succès d’animation française à l’international depuis 20 ans" rappelle Unifrance.

Leader toutes catégories, une production Luc Besson une fois de plus, qui succède à Lucy (vainqueur 2014 par K.O.). Le 3e volet de la saga Taken attire à lui seul 40% des spectateurs de productions françaises sur la période: 44 millions de spectateurs dont 10,7 millions aux Etats-Unis et au Canada anglophone et 5,4 millions en Chine et un million d'entrée dans 10 pays différents.
Suivent Le Petit Prince (15 millions avec des records historiques au Brésil et au Mexique) et Le Transporteur - Héritage (10 millions dont 4 millions en Chine et 2 millions aux États-Unis et au Canada anglophone), soit trois films en langue anglaise. C'est donc la comédie La Famille Bélier (devant la continuation de la carrière historique de Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?, près de 10 millions de spectateurs étrangers au total), qui remporte la palme du film francophone le plus vu dans le monde en 2015.

La Famille Bélier (3,5 millions) a établit un record de fréquentation pour un film en langue française en Colombie (537 000 entrées), détrônant Intouchables, en plus de séduire 500 000 spectateurs en Italie, 430 000 en Allemagne, 380 000 en Espagne ou encore 150 000 au Québec.

Grand succès francophone de l’année 2014 (3,9 millions d’entrées en Allemagne notamment), Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? est le leader français en Espagne en 2015, avec 830 000 entrées supplémentaires pour 1,3 million d’entrées cumulées.

Pour la première fois, l’Asie devient la première zone d’exportation des films français en 2015. Avec 28,9 millions d’entrées, la zone capte plus d'une entrée sur quatre du cinéma français sur la période. Autre fait historique, la Chine se place au même niveau que les États-Unis et le Canada anglophone en attirant près de 15 millions de spectateurs en 2015. 3,5 millions de Japonais et 2,2 millions de Coréens se sont rendus en salles pour voir des films français en 2015.

Avec 25,6 millions de spectateurs, l’Europe occidentale repasse donc au 2e rang des zones d’exportation du cinéma hexagonal en 2015, avec deux points noirs: une année plutôt timide en Allemagne (4,7 millions d’entrées) et une situation toujours alarmante au Royaume-Uni. L’Italie est le seul pays européen à se hisser dans le top 5 de l’année, avec 5,2 millions de spectateurs. Cependant, l’Europe occidentale est, cette année, avec l’Europe centrale et orientale, la zone la plus favorable aux films en langue française, avec près de 60% des spectateurs recensés pour ces films.

Avec 22,3 millions d’entrées, 2015 marque une année charnière pour le cinéma français en Amérique latine, qui dépasse ainsi l'Amérique du nord. Le cinéma français y réalise des records de fréquentation au Mexique (9,4 millions d’entrées / +76% par rapport à 2014), au Brésil (5,3 millions / +44%) et en Colombie (2,4 millions / +116%), les 2 premiers accédant ainsi au top 5 de l’année devant l’Italie.

Enfin, l’Amérique du Nord passe en quatrième position des zones d’exportation des films français en 2015, faute de succès écrasants au box office, à l’image de Lucy l’année précédente. Le cinéma français subit surtout la désaffection globale du public nord-américain pour les films en langue étrangère et les films art et essai (lire aussi le bilan 2015 du box office en Amérique du nord). Sils Maria, Timbuktu ou encore Le Sel de la terre sont des exceptions.
Au Québec, la fréquentation avoisine les 900 000 entrées, dont près de 200 000 pour Astérix le domaine des dieux, le plus grand succès de langue française depuis Intouchables. Là encore, pas de quoi se réjouir dans un marché qui devrait être "acquis" au films en langue française.

Commission européenne: La culture aux mains d’un proche du dirigiste Viktor Orbán

Posté par vincy, le 27 octobre 2014

La culture a un nouveau commissaire européen. Adoubé par les grands partis politiques, rejetés, notamment par des formations comme les écologistes. Jean-Claude Juncker, président de la Commission, a donné le poste au Hongrois Tibor Navracsics. Son portefeuille comprend également l'éducation, la jeunesse et les sports (on lui a retiré symboliquement la citoyenneté). Il est placé dans le bas de l'organigramme. C'est dire l'importance d'un tel portefeuille dans la nouvelle commission. Pourtant, le choix du commissaire n'est pas anodin à un moment où la culture européenne peine à se construire et se protéger.

Navracsics succède à Androulla Vassiliou. Pour résumer son parcours, il fut Ministre des Relations économiques extérieures et des Affaires étrangères de Hongrie en juin 2014, après avoir été Vice Premier ministre et Ministre de l'Administration publique et de la Justice de Hongrie entre 2010 et juin 2014. Il a débuté comme chef de cabinet de Viktor Orbán, président du Fidesz-MPSz, en 2003, avant d'être élu membre de l'Assemblée nationale de Hongrie en 2006.

Un cinéaste réputé qui voit son financement public amputé

Son parti le Fidesz est fondé sur le conservatisme et le protectionnisme économique, un mélange de traditionalisme et nationalisme. Côté culture, le parti a fait très fort. Pour ne parler que de cinéma, le gouvernement de Viktor Orbán a mis la main sur le Fonds national pour le film hongrois (17.6 millions euros de budget annuel), qui a récemment retiré son aide financière au prochain film de György Palfi.

Selon Le Monde, le fonds souhaitait imposer au cinéaste un réalisateur adjoint, en charge des scènes d’action. Le directeur du Fonds national pour le film hongrois, Andrew G. Vajna, ancien producteur de Rambo et Total Recall et désormais homme d’affaires à la tête de casinos en Hongrie, trouvait le projet trop artistique et manquant de scènes d’action. Ultra-libéral, il a été nommé pour financer des films populaires et divertissants. L'accent est mis sur les comédies, films d'aventures, l'animation.

De plus, le Fonds a décidé de conditionner ses aides en s'octroyant le droit de modifier la version finale après des projections tests. Pour l'instant quelques films ont réussi à recevoir des fonds publics, notamment White God, de Kornél Mundruczó, Grand prix du jury Un certain regard à Cannes cette année et candidat hongrois pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Heavenly Shift (meilleur film à Fantasporto), Land of Storms (sélectionné à Berlin) et Lily Lane sont passés entre les mailles du filet.

Béla Tarr en exil

Parallèlement, le régime hongrois a créé une Académie des cinéastes pour contrer l’Association des cinéastes, dont le président, Béla Tarr (lire notre actualité du 24 février 2012: Horizon sombre pour le cinéma hongrois : Bela Tarr mène la révolte). Tarr réside désormais à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine).

Régulièrement, lors de projections de films hongrois dans des festivals comme Berlin, le gouvernement hongrois envoie des représentants pour tracter ou discourir sur l'aspect fictif des films et corriger la vision des cinéastes, qui ne reflète pas, selon le régime d'Orbán, la Hongrie.

En 2013, le Festival du film hongrois, vitrine annuelle de la production nationale, a été annulé, pour la première fois depuis 1965, à cause du nombre insuffisant de films produits en Hongrie.

Le dirigisme dans ses pires excès. Le cinéma n'est pas le seul secteur mis sous la coupe du gouvernement: les médias, Internet, les manuels scolaires sont autant de domaines où l'Etat décide de tout contrôler.

On comprend mal le choix de Jean-Claude Juncker pour son commissaire à la culture. Une provocation qui risque de créer de sérieuses frictions avec les acteurs de la culture européenne, alors qu'ils se battent pour défendre des mécanismes de financements et pour maintenir l'exception culturelle.

La France, l'Allemagne et l'Italie interpellent l'Union européenne

À l'occasion d'une grande conférence sur l'audiovisuel à Rome, il y a quelques jours, Peter Dingues, de la FFA, Roberto Ciccuto, de l'Istituto Luce-Cinécittà et Jean-Paul Salomé, d'UniFrance, ont interpellé le Conseil de l'Union européenne sur l'avenir du 7e Art européen, rappelle Le film français. Ils constatent que "quelque chose à l'intérieur de ce système ne fonctionne plus, nous perdons du public." Ils s'interrogent: "A quoi ressemblera le cinéma européen dans dix ans ?"

"Responsables de la promotion de nos propres cinématographies, nous souhaitons afficher notre volonté de réfléchir ensemble pour soutenir notre production, renforcer nos coproductions, favoriser la diffusion de nos films en Europe et dans le monde" expliquent-ils. "Alors que le nombre de films produits n'a jamais été aussi élevé, nous regrettons qu'ils ne soient pas plus visibles au-delà de leurs frontières. Dans les salles, notamment les multiplexes, sur les chaines de télévisions publiques, sur les écrans et les plateformes numériques, nous constatons leur trop faible présence, hors de leurs frontières. Nous devons inverser cette tendance. C’est pourquoi l’augmentation de la fréquentation des films européens est une de nos priorités majeures. Un meilleur accès aux cinémas européens doit s'organiser et se décide au moment où les habitudes de consommation des films évoluent. Nous devons agir avant qu'il ne soit trop tard.
Au moment où une nouvelle commission se met en place, il nous semble urgent et nécessaire de réaffirmer la qualité, la valeur, l'attractivité, l'originalité du cinéma européen car nous refusons de le voir se fragiliser face aux films hollywoodiens
."

Ils proposent six pistes:
1 - Rétablir un dialogue constructif avec les élus et responsables européens,
2 - Renforcer la collaboration européenne dans l'écriture, le développement, la production et la distribution de nos films,
3 - Travailler, avec l'UE, à ce que, particulièrement, les chaines publiques assument leur responsabilité de diffusions des films européens non nationaux,
4 - Adapter la régulation et la réglementation aux médias numériques en assurant le maintien et la défense du droit d'auteur qui n'empêche en rien la diffusion des œuvres quel que soit leur support,
5 - Appliquer les mécanismes de régulation aux nouveaux opérateurs numériques qui profitent de leur dimension transnationale pour échapper à leur juste participation à la création audiovisuelle européenne,
6 - Mettre en place une politique commune contre la piraterie audiovisuelle.

Vaste chantier pour un Commissaire qui, jusque-là, a adhérer à un gouvernement hongrois qui, à défaut d'être sanctionné, est souvent condamné par différentes institutions pour une politique peu respectueuse des traités européens.

Des propositions pour promouvoir le cinéma en Afrique francophone

Posté par vincy, le 2 juillet 2014

Lundi 30 juin, Unifrance a publié un rapport passionnant, qu'on aimerait lire pour d'autres secteurs culturels comme la musique ou le livre. Pour l'instant, il s'agit de cinéma.

Le groupe de travail Francophonie, présidé par le producteur Eric Névé, constate, d'après les chiffres de l'Organisation Internationale de la Francophonie que 50% des 220 millions de francophones dans le monde résident sur le continent africain. Ce chiffre devrait grimper à 85% à l'horizon 2050 avec 750-800 millions d'habitants. La croissance économique suivra la croissance démographique avec un PIB multiplié par 15 entre 2020 et 2040 (selon la Banque mondiale).

Autant dire que les opportunités sont énormes pour l'industrie culturelle française, surtout avec le numérique qui permet d'abolir les frontières géographiques au profit de territoires linguistiques. Les Anglais ont toujours profité de leur langue pour s'exporter, certes, aidés par la puissance américaine, mais aussi en profitant du Commonwealth. Les Espagnols ne sont pas en reste en ayant vampirisé le continent latino-américain (à l'exception du Brésil). Face à la concurrence américaine, turque, indienne et chinoise, le cinéma français doit s'engager auprès de la filière naissante d'un cinéma en Afrique francophone pour bénéficier d'un relais de croissance à fort potentiel.

Mais l'Afrique francophone souffre de multiples carences que n'ont pas l'Amérique latine ou les puissances émergentes asiatiques. En Afrique francophone, il n'y a pas de distribution et peu de production de films, des salles de cinéma très rares et finalement un public à "former". Il faudrait donc investir dans un réseau complet, des films à l'exploitation en passant par la promotion.

Le rapport d'Unifrance montre cependant que tout évolue très vite.

L'insuffisance des salles de cinéma

Les pays se ressaisissent : il faut bien divertir les nouvelles classes moyennes. Au Maroc, la fréquentation n'a jamais retrouvé ses scores des années 80 (45 millions de spectateurs, 241 salles dans le pays. Alors on reconstruit. En 2012, il n'y avait que 61 salles dans le pays et deux millions de spectateurs. Mais Megarama et ses deux nouveaux multiplexes (Casablanca et Marrakech) a contribué à la construction de 23 de ces 61 écrans et capte la moitié des entrées du pays. En Tuinisie, le CinéVog vient d'être inauguré près de Kram et d'autres salles comme le CinéMadart à Carthage ont récemment émergé.  A Kigali (Rwanda), un multiplexe de 8 salles s'est également ouvert.

Dakar, Abidjan, N'Djamena, Bamako... autant de villes où des salles équipées en numérique ont éclos. A Dakar, le Sea Néma (3 salles) s'est installé dans le centre commercial le plus moderne de la capitale sénégalaise. A Abidjan, on a restauré l'antique salle Ivoire qui est ainsi passée à l'ère numérique. A Bamako (Mali), les deux salles du Ciné Magic sont flambant neuves. L'Institut français numérise aussi ses écrans d'Abidjan, Libreville (Gabon) et Yaoundé (Cameroun). Le Cameroun justement va réouvrir et contruire des salles dans les principales villes du pays. Le Burkina Faso veut réhabiliter 50 salles.

Le petit écran peut-être une solution

La Vidéo à la Demande reste balbutiante mais elle peut aider à la diffusion de films francophones dans un si vaste territoire. Un hit en VàD c'est 1400 téléchargements. Le rapport constate qu'Orange Sénégal a 7,5 millions de clients, mais seulement 1000 en IPTV et 100000 en ADSL. Africafilm.tv est passé à une formule d'abonnement avec un objecif de 10000 abonnés cette année. Une chaîne très populaire comme TV5 Monde est un relais inestimable. Et Canal + Afrique peut aussi servir de tremplin à la promotion et la diffusion de films francophones.

Reste le plus gros problème du continent : la nocivité du piratage. Comme en Asie, les DVD piratés se vendent au grand jour. Cela condamne un segment déjà très fragile de la chaîne du cinéma : la vidéo physique.

La distribution condamnée à être innovante

Pas facile de diffuser des films quand le marché de la distribution est inexistant. Tandis que le belge Cinéart et le suisse Xenix tentent l'expérience, aucun gros distributeur français ne s'aventure sur ce terrain. Certes, la rentabilité est faible. Mais on peut aussi remarquer le manque d'entrain des distributeurs français à aller vers les marchés étrangers, même européens.

Le box office incite à la prudence. La pirogue, pourtant acclamé dans les Festivals, n'a séduit que 932 spectateurs au Sénégal et 949 au Burkina Faso. C'est grâce au cinéma itinérant, le système MobiCiné, qu'il a pu être vu par 8128 spectateurs au Sénégal.

Pour la sortie d'Aya de Yopougon, il a fallu inventer un système de distribution. L'agence Onyx s'est improvisée distributeur : elle a facturée des séances en extérieur (parfois jointes à d'autres événements comme un défilé de mode à Kinshasa) à des sociétés, institutions, etc... qui redistribuaient les tickets à leurs clients, partenaires ou sous forme de jeux concours. 21 273 spectateurs à Abidjan, 8200 dans le reste de la Cote d'Ivoire, 3898 à Dakar, 3350 à Kinshasa, 900 à Ouagadougou. Et le film va encore voyager : Libreville, N'djamena, Douala et Yaoundé.

La production très dépendante de la France

Les choses bougent mais lentement. On le voit chaque année dans les grands festivals, l'Afrique francophone propose deux à trois films par an quand il y a un bon cru. Le Maroc a cependant  augmenté sa production de 70% entre 2004 et 2012. Le Sénegal a annoncé une dotation de 1,5M€ pour le fonds de promotion de l'industrie cinématographique. Idem pour le Mali. Le Gabon vient de mettre en place un fonds d'aide à la production audiovisuelle. Et le Tchad a mis en place une taxe sur la téléphonie mobile pour financer le cinéma.

Mais plus généralement, ce sont les aides européennes et surtout françaises qui, par l'intermédiaire de coproductions, contribue à la surive d'un cinéma africain francophone, qu'il soit magrhébin ou sub-saharien. Les Emirats (Qatar, Emirats Arabes Unis) montent également en puissance avec l'objectif de favoriser un cinéma arabophone et surtout diffusable dans le monde musulman.

Pour l'instant, les grands succès africains de ces dernières années - Les chevaux de dieu, La pirogue, Timbuktu, Grigris - restent dépendants des fonds d'aides français. Au final, c'est loins d'une dizaine de films qui sont produits chaque année.

Deux propositions pour faire bouger le cinéma en Afrique francophone

Le rapport d'Unifrance affirme qu'il ne fait pas se contenter d'être un cinéma simplement exportateur, et de ne pas se contenter des films français. Il faut aussi inclure le cinéma belge, suisse et québécois dans la réflexion. d'etre français

Première proposition : un festival du film francophone itinérant (Dakar, Bamako, N'djamena, Abidjan) avec 2 films majoritairement français, 2 films africains, 2-3 films francophones, un film d'animation et un film de patrimoine. Un festival annuel et transnational destiné au public.

Seconde proposition : les rencontres du cinéma francophone, qui auraient lieu à Dakar en novembre prochain, afin de travailler "à la structuration d'un écosystème favorable à la cinématographie francophone". "Le Sénégal par exemple a fait un travail de titan en un an. Ils ont créé un fonds de production, lancé des rénovations de salles, ils sont en train de créer un centre national sénégalais (sur le modèle du CNC) et une cité du cinéma dans les nouvelles zones industrielles de Dakar!" explique Eric Névé. Dakar accueille un sommet de la Francophonie tous les ans : idéal pour des rencontres professionnelles. Dakar se veut le carrefour du cinéma francophone en Afrique de l'Ouest, comme le Nigéria a su bâtir un Nollywood.

L'objectif est évidemment de créer une Soft Power francophone à l'instar de la Chine, du Japon, de la Corée du sud. La culture est un parfait vecteur pour soutenir l'économie et étendre sa zone d'influence politique et diplomatique. Lire le reste de cet article »