Cannes 2019 : Qui est Leyna Bloom ?

Posté par wyzman, le 22 mai 2019

Première femme transgenre et de couleur en tête d’affiche d’un film sélectionné au Festival de Cannes, Leyna Bloom va marquer la section Un certain regard autant qu’elle a marqué Port Authority de Danielle Lessovitz.

Des ballrooms aux catwalks

Née en 1994 d’une mère philippine et d’un père afro-américain, Leyna Bloom a très tôt su qu’elle était une femme. Si l'expulsion de sa mère vers son pays d'origine a marqué son enfance, elle a pu compter sur un père favorable à sa transition. Bien évidemment, celle-ci aura lieu des années plus tard, après que Leyna Bloom se soit formée à la danse. Très polyvalente, elle maîtrise aussi bien le ballet que le hip-hop, le moderne jazz que les claquettes, la danse lyrique que le voguing.

A l’adolescence, elle abandonne la Chicago Academy for the Arts parce que celle-ci ne lui permet pas de danser (et donc de s’exprimer) en tant que femme. Pas de problème ! La jeune femme coriace qu’elle est en train de devenir embarque pour New York et ses aventures. Ces dernières seront nombreuses et loin d’être toujours plaisantes. Sans abri pendant un temps, c’est dans les ballrooms que Leyna Bloom enchaîne les trophées et gagne sa croûte. Son corps mue, sa beauté intérieure se révèle au grand jour, à l’instar de son talent. Mère de la maison new-yorkaise Miyake-Mugler, Leyna Bloom est communément appelée « la princesse polynésienne ». Mais c’est en 2014 qu’elle fait son coming-out. En couverture du magazine Candy, elle apparaît plus heureuse et féminine que jamais aux côtés de Laverne Cox (Orange Is the New Black) et Janet Mock (Pose).

Reconvertie au mannequinat, elle ne manque pas de se faire un nom, étant l’une des rares femmes ouvertement transgenres dans le milieu à l’époque. Fin 2017, elle devient d'ailleurs la première femme transgenre à poser pour le Vogue indien. Une consécration qui donne une idée à cette militante dans l’âme : devenir un ange Victoria’s Secret. Si la marque de lingerie opère à ce moment-là quelques changements dans sa politique socio-culturelle (moins de mannequins blanches, plus de diversité), rien n’y fait. La société qui a employé Tyra Banks, Laetitia Casta ou encore Heidi Klum n’est pas prête. Peu s’en faut, Leyna Bloom décroche un gros contrat chez H&M. Une occasion en or d’être vue partout dans le monde – et aux côtés d’it girl telles que Gigi Hadid et Stella Maxwell.

Des catwalks aux red carpet

Cette année, en plus d’être la seule femme transgenre et de couleur à défiler pour la collection automne-hiver de "Tommy Hilfiger x Zendaya", Leyna Bloom devrait faire sensation sur la Croisette. En effet, dans Port Authority, le premier film de Danielle Lessovitz, l’actrice de 25 ans incarnera Wye, une vogueuse qui évolue connue des ballrooms new-yorkaises et qui tombe amoureuse de Paul (Fionn Whitehead), un jeune homme venu du Midwest et qui devra se confronter à sa propre identité.

Chargé du casting du film, Damian Bao se félicite de l'avoir trouvée : "C'est vraiment une histoire d'amour entre deux cultures différentes, et deux scènes différentes qui s'affrontent. [Avec Kate Antognini] nous avons choisi Leyna parce que nous voulions faire le casting le plus authentique possible, et nous voulions honorer la culture des ballrooms. Il n'y a rien de plus authentique que de rendre hommage à quelqu'un de cette communauté et elle incarne l'esprit du personnage." Voilà qui est dit.

Cannes 2019: Nos retrouvailles avec Fernanda Montenegro

Posté par vincy, le 20 mai 2019

C’est une grande dame du cinéma brésilien (et pour le coup du cinéma mondial) qui revient par la grande porte du 7e art. La vie invisible de Euridice Gusmao de Karim Aïnouz, adaptation du roman de Martha Batalha, est sélectionné à Un certain regard, et met en vedette Fernanda Montenegro. Il y a 20 ans, l’actrice était nommée aux Oscars (la seule comédienne lusophone a avoir été nommée), un an après avoir reçu l’Ours d’argent de la meilleure actrice à Berlin pour Central do Brasil de Walter Salles, qui remporte également l'Ours d'or du meilleur film. En France, le film a attiré près de 600000 spectateurs dans les salles, le plus gros succès du cinéma brésilien dans le pays, toujours aujourd’hui.

Fille de la classe ouvrière, Arlete Pinheiro Esteves da Silva, son nom de naissance, approche des 90 ans. Elle est considérée comme la plus grande comédienne de son pays. Honorée d’à peu près toutes les breloques officielles que le Brésil compte, en plus de prix internationaux (y compris un Emmy Award), elle a traversé les décennies depuis ses début dans les années 1950, quand elle a été la première actrice à signer un contrat avec la chaîne Tupi. Vedette de « telenovelas », parmi les plus populaires (parmi lesquelles Danse avec moi, qui a fait les belles heures de TF1 dans les années 1980), Fernanda Montenegro reste l’une des personnalité les plus influentes du pays. C’est notamment elle qui a lu un poème lors de la cérémonie d’ouverture des J.O. de Rio, doublée en anglais pas une autre Lady, Judi Dench.

Grande comédienne de théâtre, cette littéraire n’a jamais cessé de jouer, de la comédie à la tragédie. Au cinéma, elle a débuté en 1965 avec A Falecida, de Leon Hirszman, où elle interprète une jeune femme obsédée par la mort, jusqu’à prévoir le moindre détail de ses funérailles. Occupée par le petit écran et les planches, elle ne tourne pas tant que ça. On la remarque chez Arnaldo Jabor dans Tudo bem, comédie catastrophe de 1978. A noter que Fernanda Torres, sa fille, a remporté le prix d’interprétation au Festival de Cannes pour le film Parle-moi d’amour du même Arnaldo Jabor. En 1985, elle figure au générique en second-rôle dans A Hora da Estrela, de Suzana Amaral, trois fois primé à Berlin et sacré à La Havane.

Il faut réellement attendre les années 1990 pour que Fernanda Montenegro prenne le cinéma au sérieux. Elle apparaît dans un court métrage de Carlos Diegues, Veja Esta Cançao, fait face à Alan Arkin dans Quatre jours en septembre, de Bruno Barreto. Le film est nommé aux Oscars et en compétition à Berlin. Puis vint Walter Salles avec Central do Brasil, où elle joue une vieille femme pieuse et revêche qui se prend d’affection pour un gamin qui cherche son père. Une performance unanimement saluée qui lui vaut une myriade de prix.

En 2004, elle frappe de nouveau avec L’autre côté de la rue de Marcos Berstein. Le film va à Berlin et San Sebastian. L’actrice est récompensée à Tribeca (New York). En 2005, dans La maison de sable de son gendre Andrucha Waddington, elle interprète trois rôles. Le film est récompensé à Sundance.

Figure engagée pour la défense de la culture, dans un pays qui est en train de couper dans toutes les aides, elle semble faire un retour. Outre La vie invisible, où elle a un rôle symbolique et qui sortira en décembre en France, elle a aussi tourné pour Claudio Assis (Piedade) et pour son beau-fils (O Juizo).

Cannes 2019: Qui est Midi Z ?

Posté par kristofy, le 20 mai 2019

Taïwan représente un vivier de jeunes cinéastes à suivre, même s'ils sont encore méconnus: le réalisateur Midi Z pourrait être l’un d’eux mais, à 37 ans, il est déjà un cinéaste reconnu. Son 3ème film en 2014 Ice Poison attire plus particulièrement l’attention à l'international, représentant Taïwan pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Son film suivant en 2016 The Road to Mandalay est alors sélectionné au Festival de Venise, et son dernier Nina Wu est donc présenté à Un Certain Regard cette année à Cannes. Une ascension dont seuls Hou Hsiao-hsien et Tsai Ming-lang peuvent se prévaloir d'une telle aura internationale, si on excepte le "mo,dialisé" Ang Lee.

Les trois premiers films de Midi Z Return to Burma (en 2011), Ooor Folk (en 2012) et donc Ice Poison évoquent de manière particulièrement sensible des déracinements pour former une « trilogie de l’Origine » : des personnages reviennent là où ils ont grandis, d’autres souhaitent émigrer ailleurs, des difficultés financières incite à l’illégalité… Cette double culture, qui l'habite lui-même, est l'un des thèmes majeurs de ses films.

Au début, il espérait devenir photographe de mariage en Birmanie, une activité lucrative. Le dilemme de rester à Taïwan ou de retourner en Birmanie le déprime et sera pourtant le moteur de ses premiers films. Il se lance finalement dans le cinéma à Taïwan, admirateur de ses compatriotes comme d'Ingmar Bergman, et s'inscrit à l’Académie du film du Festival du Cheval d’or d'Hou Hsiao-hsien qui forme de jeunes réalisateurs, scénaristes et photographes. Il tourne alors son premier court métrage L’Incident de Hua-Xing. Hou Hsiao-Hsien le forme dans la direction d'acteurs amateurs pour réaliser des films authentiques et réalistes, tandis que Ang Lee lui apprend à faire face à ses propres sentiments à travers la mise en scène.

En parallèle à ses films de fiction Midi Z réalise aussi plusieurs documentaires. D’un format à un autre il raconte moins des histoires que des témoignages: partir travailler loin de sa famille, devenir un clandestin, le trafic de drogue... L’humain est sa matière première pour ses recherches qu'il restitue avec sa caméra. Les émotions humaines en sont l'énergie narrative. Adieu Mandalay est une approche documentée de la précarité sociale, de la nécessité de migrer et de l'aspiration à une vie meilleure de deux travailleurs birmans œuvrant dans l'illégalité. Le film est primé à Venise, le cinéaste sacré aux Asian Pacific Awards.

Son nouveau film Nina Wu va faire parler de lui beaucoup pour ses qualités mais aussi pour son écho avec une récente actualité : le sujet est en rapport avec le scandale Weinstein et le mouvement #MeToo. Le scénario a été écrit par Midi Z en collaboration avec son égérie Wu Ke-Xi.

Cannes 2019: Qui est Monia Chokri ?

Posté par vincy, le 15 mai 2019

A bientôt 36 ans, la québécoise Monia Chokri va goûter les saveurs du Palais des festivals avec son premier long métrage en tant que réalisatrice, La femme de mon frère, qui ouvre aujourd'hui la section Un Certain regard.

Cannes, elle connaît. Elle y est venue plusieurs fois en tant qu’actrice pour Denys Arcand (L’âge des ténèbres) mais surtout pour Xavier Dolan (Les amours imaginaires, Laurence Anyways). Dans Les amours imaginaires, elle était Marie, partagée entre deux hommes, Dolan et Niels Schneider, dans ce trio amoureux. C’est ainsi qu’on la remarque.  Avec Laurence Anyways, elle franchit un cap en étant nommée aux Jutra en tant que meilleur second-rôle féminin.

Formée au conservatoire de Montréal puis au théâtre, la comédienne est rapidement repérée. On la croise en France chez Claire Simon (Gare du nord), Katell Quillévéré (Réparer les vivants), Morgan Simon (Compte tes blessures).

Elle était aussi à l'affiche de Je suis à toi du belge David Lambert, encore un trio amoureux qui se déjoue du genre. puisque Lucas (Nahuel Pérez Biscayart), un prostitué argentin vient travailler comme apprenti dans une petite boulangerie de Belgique. Le patron tombe amoureux de lui, alors que Lucas ne pense qu'à la vendeuse. Le film a été deux fois récompensé à Angoulême.

A cette filmographie libre et vagabonde, elle réplique: "Je pense surtout qu'on attire les gens qui nous ressemblent. Avec Xavier Dolan, on a des goûts communs, de fortes affinités. Ma filmographie, c'est donc un semi hasard, et un semi choix de ma part."

Pourtant, c’est son  premier court-métrage, il y a six ans, qui va la distinguer. Quelqu’un d’extraordinaire, avec une autre fidèle du clan Dolan, Anne Dorval, fait le tour du monde des festivals. Il glane plusieurs prix importants : le Jutra du meilleur court métrage au Québec, le prix jeunesse du meilleur court métrage à Locarno, le Grand prix du court métrage au festival du Nouveau cinéma à Montréal et le Grand prix du jury au festival d’Austin, le très hype SXSW. Cet étrange film est une histoire hivernale où l’on suit la reconstruction d’une jeune femme poussée à régler ses comptes avec son entourage, avec quelques digressions assez comiques.

Pour elle, "Raconter ou interpréter une histoire, c'est un peu le même métier, mais on a une prise différente sur la narration." Elle affirme que ce qui l'intéresse "c'est de créer. Quel qu'en soit le moyen." En voulant valoriser les rôles de femmes dans ce milieu encore trop masculin. "Il est temps que les femmes, elles aussi, racontent le monde et racontent les autres femmes. Avec, peut-être, un peu plus d'acuité et de vérité" explique-t-elle.

Pour son long métrage, tourné entre février et juin 2018 et concourant pour la Caméra d’or, c’est encore une relation tortueuse qui sera au centre d’un duo fusionnel entre une sœur et son frère, perturbés par l’arrivée d’une femme.

Cannes 2019: Les 18 documentaires dans la course à l’Œil d’or

Posté par vincy, le 10 mai 2019

L’Œil d’or 2019, prix du meilleur documentaire toutes sélections confondues au Festival de Cannes, sera remis le 25 mai. 18 documentaires seront départagés par un jury présidé par Yolande Zauberman (M), entourée de Romane Bohringer, Eric Caravaca, Ross McElwee et Ivàn Giroud.

- 5B de Dan Krauss, USA  (séance spéciale)
- Cinecittà - I mestieri del cinema de Bernardo Bertolucci : no end travelling de Mario Sesti, Italie (Cannes Classics)
- La cordillère des songes de Patricio Guzmán, France/Chili  (séance spéciale)
- Demonic de Pia Borg, Australie  (Semaine de la critique, courts métrages)
- Diego Maradona d’Asif Kapadia, Royaume Uni  (hors compétition)
- Être vivant et le savoir d’Alain Cavalier, France (séance spéciale) - photo
- For Sama de Waad Al Kateab et Edward Watts, Syrie/Royaume-Uni  (séance spéciale)
- Forman vs. Forman d’Helena T?eštíková et Jakub Hejna, République tchèque/France (Cannes Classics)
- Le grand saut de Vanessa Dumont et Nicolas Davenel, France  (courts métrages)
- Haut les filles de François Armanet, France  (Cinéma de la Plage)
- La glace en feu de Leila Conners, USA  (séance spéciale)
- Invisível Herói (Invisible Hero) de Cristèle Alves Meira, Portugal/France  (Semaine de la critique, courts métrages)
- Making Waves: The Art of Cinematic Sound de Midge Costin, États-Unis (Cannes Classics)
- On va tout péter de Lech Kowalski, France  (Quinzaine des réalisateurs)
- La passion d'Anna Magnani d’Enrico Cerasuolo, Italie/France  (Cannes Classics)
- Que sea ley de Juan Solanas, Argentine  (séance spéciale)
- Les silences de Johnny de Pierre-William Glenn, France  (Cannes Classics)
- Tenzo de Katsuya Tomita, Japon  (Semaine de la critique, courts métrages).

L'an dernier, l'Œil d’or avait été attribué au film d'animation Samouni Road de Stefano Savona (Semaine de la critique).

Cannes 2019: Tarantino, Kechiche, Noé et des Ours en sélection officielle

Posté par vincy, le 2 mai 2019

Pas de Kore-eda, mais Tarantino (attendu, avec un DiCaprio qui sera aussi présent avec un docu en séalce spéciale), Kechiche (déjà su et toujours en montage) s'ajoutent en compétition. Avec un deuxième film d'animation dans Un certain regard, un moyen métrage de Gaspard Noé avec Béatrice Dalle et Charlotte Gainsbourg en séance de minuit, et deux cinéastes latino-américains notoires en séances spéciales, la sélection officielle s'enrichit de 9 titres.

Compétition

Once Upon a Time... in Hollywood de Quentin Tarantino

Mektoub, My Love : Intermezzo d’Abdellatif Kechiche

Séances de minuit

Lux Æterna de Gaspar Noé

Un certain regard

La fameuse Invasion des Ours en Sicile / La famosa invasione degli orsi in Sicilia de Lorenzo Mattotti

Odnazhdy v Trubchevske de Larissa Sadilova

Séances spéciales

Chicuarotes de Gael García Bernal

La Cordillère des songes / La Cordillera de los sueños de Patricio Guzmán

La Glace en feu / Ice on Fire de Leila Conners

Ward 5B de Dan Krauss

Cannes 2019: Un certain regard, les grands écarts

Posté par vincy, le 18 avril 2019

Invisible Life de Karim Aïnouz
Evge de Nariman Aliev
Beanpole de Kantemir Balagov
Les hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman & Eléa Gobé Mévellec - animation
La femme de mon frère de Monia Chokri
The Climb de Michael Covino
Jeanne de Bruno Dumont
Viendra le feu d'Olivier Laxe
Chambre 212 de Christophe Honoré
Port Authority de Danielle Lessovitz
Papicha de Mounia Meddour
Adam de Maryam Touzani
Zhuo ren mi mi de Midi Z
Liberté de Albert Serra
Bull d'Annie Silverstein
Summer of Changsha de Zu Feng

Cannes 2019: Nadine Labaki, présidente du jury Un certain regard

Posté par vincy, le 26 mars 2019

La cinéaste libanaise Nadine Labaki, Prix du jury l'an dernier avec Capharnaüm, nommé aux Golden Globes et aux Oscars, présidera le jury Un Certain Regard de la 72e édition du Festival de Cannes.

Réalisatrice, productrice, scénariste, et comédienne , elle est une fidèle de la Croisette. Ses trois longs métrages y ont été présentés: Caramel, projeté à la Quinzaine des réalisateurs, Et maintenant on va où?, prix du jury œcuménique, et Capharnaüm en compétition l'an dernier.

"Je me souviens du temps où je venais à Cannes en tant qu’étudiante de cinéma, avide de découvrir le festival le plus prestigieux du monde !, déclare-t-elle dans le communiqué du festival. À cette époque, ce monde me semblait inaccessible. Je me rappelle des réveils matinaux et des queues interminables pour pouvoir obtenir un billet. Il y a quinze ans de cela, comme si c’était hier, je remplissais avec angoisse et espoir la fiche d’admission à la Cinéfondation du Festival de Cannes. Aujourd’hui, me voilà Présidente du Jury Un Certain Regard : la vie apporte parfois plus que les rêves. J'ai hâte de découvrir les films de la Sélection. J’ai hâte de débattre, d’échanger, d’être secouée, de trouver l’inspiration dans la découverte du travail d’autres artistes."

Née en 1974, Nadine Labaki a aussi réalisé un des films à sketches de Rio, I Love you et plusieurs clips musicaux au Moyen-Orient. Elle a également été candidate aux élections municipales de Beyrouth. En tant qu'actrice on l'a vue dans ses deux premiers films mais aussi dans Rock the Casbah de Laïla Marrakchi, Mea Culpa de Fred Cavayé et La rançon de la gloire de Xavier Beauvois.

Elle a reçu de multiples prix au cours de sa carrière dont les prix du meilleur film et du public au Festival en Acadie, les prix du public aux Festival de Melbourne, Sarajevo et de Rotterdam, le prix de la mise en scène aux Asia Pacific Screen Awards (Capharnaüm), le prix du public à San Sebastian pour Caramel et Et maintenant on va où?, qui aussi récolté le convoité prix du public à Toronto.

Prix Magritte 2019 : deux films cannois récoltent 9 prix!

Posté par kristofy, le 2 février 2019

En France la cérémonie des César aura lieu le 22 février, chez nos voisins belges (côté francophones) la cérémonie des Magritte est déjà bouclée : le grand gagnant est Nos Batailles de Guillaume Senez qui remporte 5 prix dans les catégories principales : meilleur film, meilleure réalisation, meilleure actrice dans un second rôle, meilleur espoir féminin et meilleur montage. Le film, présenté à la Semaine de la critique l'an dernier à Cannes,  est aussi nommé aux César, notamment dans la catégorie film étranger et acteur (Romain Duris).

L'autre grand gagnant avec 4 prix c'est Girl de Lukas Dhont : meilleur film flamand, meilleur scénario, meilleur acteur, meilleur acteur dans un second rôle. Girl, lui aussi nommé au César du meilleur film étranger, avait remporté la Caméra d'or (meilleur premier film du festival), un prix d'interprétation à Cannes dans la sélection Un certain regard (Victor Polster) et la Queer Palm.

En meilleure actrice, repartie sans récompense, il y avait aussi Cécile de France pour Mademoiselle de Joncquière qui sera dans la même catégorie aux César, Ni juge ni soumise qui a reçu le Magritte du meilleur documentaire est aussi en lice pour le César équivalent.

Outre Nos Batailles et Girl, les autres favoris - avec plusieurs nominations - étaient TueursLaissez bronzer les cadavres, Mon ket, et Une part d'ombre. Si Laissez bronzer les cadavres est distingué par trois prix techniques, Tueurs n'a reçu qu'un prix, pour Lubna Azabal en meilleure actrice, et Mon Ket et Une part d'ombre repartent complètement bredouilles.

Palmarès :
Meilleur film : Nos Batailles de Guillaume Senez
Meilleur premier film : Bitter Flowers d'Olivier Meys
Meilleure réalisation : Guillaume Senez pour Nos Batailles
Meilleur film flamand : Girl de Lukas Dhont
Meilleur film étranger en coproduction : L'homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam
Meilleur scénario original ou adaptation : Lukas Dhont et Angelo Tijssens pour Girl
Meilleure actrice : Lubna Azabal dans Tueurs
Meilleur acteur : Victor Polster dans Girl
Meilleure actrice dans un second rôle : Lucie Debay dans Nos Batailles
Meilleur acteur dans un second rôle : Arieh Worthalter dans Girl
Meilleur espoir féminin : Lena Girard Voss dans Nos batailles
Meilleur espoir masculin : Thomas Mustin dans L'échange des princesses
Meilleure image : Manu Dacosse pour Laissez bronzer les cadavres
Meilleur son : Yves Bemelmans, Benoît Biral, Dan Bruylandt et Olivier Thys pour Laissez bronzer les cadavres
Meilleurs décors : Alina Santos pour Laissez bronzer les cadavres
Meilleurs costumes : Nathalie Leborgne pour Bye Bye Germany
Meilleure musique originale : Simon Fransquet pour Au temps où les Arabes dansaient
Meilleur montage : Julie Brenta pour Nos Batailles
Meilleur court métrage d'animation : La bague au doigt de Gerlando Infuso
Meilleur court métrage de fiction : Icare de Nicolas Boucart
Meilleur documentaire : Ni juge ni soumise de Jean Libon et Yves Hinant

La réalisatrice de « Rafiki » porte plainte contre les autorités kenyanes

Posté par vincy, le 12 septembre 2018

Wanuri Kahiu, réalisatrice de Rafiki, premier film kényan sélectionné au Festival de Cannes en mai dernier, a décidé de porter plainte contre le KFBC (organisme de régulation des diffusions mandaté par le gouvernement kényan), et le procureur général du pays, suite à l'interdiction de son film dans son pays.

Rafiki raconte l'histoire de deux jeunes femmes, à Nairobi, qui tombent amoureuses l'une de l'autre, essayant de ne pas se faire surprendre en restant à l'écart des commères, machos et autres dévots.

Lors de l'annonce de sa sélection à Cannes, tout le monde s'était réjoui de cet "honneur" dans le plus grand des festivals, à commencer par la Commission du Film du Kenya (l'équivalent du CNC) et le ministère des Sports et du Patrimoine, qui comprend la Culture dans ses attributions. Mais rapidement, le film a été censuré, avant même sa projection sur la Croisette. Le KFCB y a vu une "claire intention de promouvoir le lesbianisme au Kenya ce qui est contraire à la loi", ajoutant que ce film "heurte la culture et les valeurs morales du peuple Kényan".

Dans un communiqué, Wanuri Kahiu estime que l'empêchement de la diffusion du film viole plusieurs articles de la constitution qui protège la liberté d'expression et de création: "Quand quelqu’un commence à porter atteinte à votre droit d'être créative et d’exercer votre travail cela devient un problème".

Le film sort le 26 septembre en France. Il y a peu de chance qu'il représente le Kenya aux Oscars.