Posté par vincy, le 18 janvier 2012
Deux films a la tonalité différente, mais peu joyeuse, ont reçu le premier Prix Saint-Germain, initié par Bernard Henri-Levy et sa revue La Règle du jeu.
Hors Satan de Bruno Dumont a été couronné comme meilleur film français tandis que Winter's Bone de Debra Granyk a emporté le prix du meilleur film étranger.Les deux cinéastes ont reçu, chacun, 3 000 euros.
Le jury était composé uniquement d'écrivains : présidé par Yann Moix, il était composé de Bernard-Henri Lévy, Catherine Millet, Régis Jauffret, Marc Weitzmann, Bruno de Stabenrath, Jean-Paul Enthoven, Fernando Arrabal, Nicolas d'Estienne d'Orves et Christine Angot.
Hors Satan avait été présenté en avant première mondiale à Un certain regard, à Cannes, en mai dernier. Winter's Bone a été quatre fois nommé aux Oscars, et avait reçu le Grand prix du jury à Sundance en 2010.
L'an prochain le jury sera présidé par Christine Angot.
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Posté par vincy, le 21 mai 2011
Deux films iraniens arrivés à Cannes en dernière minute (clandestinement par valise pour l'un, par clef USB pour l'autre) ont été présentés en sélection officiel. Deux films de deux metteurs en scène condamnés, empêchés de sortir de leur pays. Mohammad Rasoulof, sélectionné dans Un Certain Regard avec Au Revoir et Jafar Panahi, co-réalisateur de Ceci n'est pas un film, hors-compétition, sont pourtant absents de la Croisette.
Dans Ceci n'est pas un film, Jafar Panahi ne blâme pas ses collègues iraniens qui ne peuvent pas le soutenir, dépendant du régime pour faire leurs films. Historien du cinéma perse, Mamad Haghighat explique qu'il y a trois catégories de cinéastes en Iran : "ceux qui sont proches du régime, qui en sont les enfants chéris et bénéficient d'énormes moyens, une catégorie qui fait des films sociaux qui ne gênent personne et les cinéastes plutôt intellectuels qui sont dans la critique".
Pas étonnant que certains filment sans autorisation ou dans des appartements, des lieux fermés, à l'abri des regards. Une caméra incite vite à la suspicion. Jafar Panahi a ainsi été filmé chez lui, assigné à résidence, menacé d'une peine de prison de six ans et de 20 ans d'interdiction de tourner. Lorsqu'il sort de son immeuble, caméra à la main, face à la grille le séparant de l'extérieur, le jeune homme qu'il suit lui ordonne de rentrer pour ne pas avoir de problème.
Mohammad Rasoulof est aussi condamné par la justice iranienne, sous le coup d'une peine de six ans de prison et actuellement assigné à résidence. Lorsque son film a été présenté à la première projection d'Un certain regard, son épouse, au bord des larmes, expliquait qu'il n'avait pas pu venir : "je suis très angoissée actuellement. Il y a une heure, Mohammad m'a appelé car les services de renseignements l'ont appelé pour lui signifier son verdict". Il a dédié son film à "tous les prisonniers en Iran dont on ne connaît pas le nom." Les nouvelles le concernant sont meilleures depuis quelques jours - les autorités iraniennes ont annoncé mardi qu'il était désormais autorisé à quitter l'Iran - mais il n'a finalement pas pu venir à Cannes.
Le tournage n'a pas été interdit par les autorités, mais les dialogues tournés en intérieur n'étaient pas ceux du projet déposé initialement, confie James Velaise, le distributeur du film (Pretty Pictures).
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Posté par MpM, le 16 mai 2011
Le conte de fée cannois continue pour Nadine Labaki. En 2007, la jeune réalisatrice, scénariste et actrice libanaise présentait Caramel, son premier long métrage, à la Quinzaine des réalisateurs, et y obtenait un joli succès critique. Tandis que le magazine Variety la classait parmi les 10 réalisateurs à suivre, les spectateurs du monde entier plébiscitaient cette comédie romantique joyeuse et profonde sur cinq Libanaises vivant à Beyrouth. Au final, Caramel est sorti dans 40 pays, a remporté plus de 13 millions de dollars à travers le monde et est resté numéro 1 au box-office libanais pendant presque deux mois.
Un beau début pour Nadine Labaki qui, après avoir obtenu son diplôme en études audiovisuelles à l’université francophone de Saint-Joseph de Beyrouth en 1997 et reçu le prix du meilleur court métrage à la Biennale du cinéma arabe à l’Institut du monde arabe (Paris) en 1998 pour son film de fin d'études (11 rue Pasteur), s'était spécialisée depuis le début des années 2000 dans la réalisation de clips musicaux pour des chanteuses célèbres au Moyen-Orient comme Nancy Ajram ou Carole Samaha. Un peu touche-à-tout sur les bords, elle s'était également essayée à la comédie, en apparaissant dans plusieurs courts métrages, et dans deux longs, L'autobus et Caramel.
Quatre ans après avoir été révélée à Cannes, l'heureuse réalisatrice est donc de retour sur la Croisette avec son deuxième long métrage, Et maintenant on va où, qui est en sélection officielle dans la section Un certain regard. Tourné avec des acteurs non professionnels, le film a pour toile de fond la guerre civile et les déchirements de ceux, et surtout celles, qui en souffrent le plus : les civils.
Quel que soit l'accueil qui attend le film, on peut d'ores et déjà saluer le joli parcours de Nadine Labaki dont la voie semble désormais toute tracée... Ce qu'on peut lui souhaiter de pire, c'est de revenir à Cannes avec son 3e film, mais sur le tapis rouge, cette fois.
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Posté par MpM, le 7 mai 2011
On se demandait par quel acte symbolique le Festival de Cannes marquerait cette année son soutien au cinéaste iranien Jafar Panahi, condamné à six années de prison et vingt ans d'interdiction de travail. L'an dernier, il avait été invité au jury de la compétition officielle, où une chaise vide avait symbolisé son absence pendant tout le Festival.
Pour cette 64e édition, non seulement un siège vide à l’orchestre du Théâtre Croisette (lieu de projection de la Quinzaine des Réalisateurs) continuera de rappeler son absence, mais surtout, son dernier film intitulé In Film Nist (Ceci n'est pas un film), cosigné avec Mojtaba Mirtahsmab, sera présenté en séance spéciale le vendredi 20 mai. Il s'agit d' "un journal de bord" qui "raconte comment, depuis des mois, Jafar Panahi est en attente du verdict de la cour d'appel".
Par ailleurs, le film Bé Omid é Didar (Au revoir) de Mohammad Rasoulof (lui aussi condamné à six années de prison) sera projeté le 13 mai dans le cadre de la section Un certain Regard.
Les deux films ont été "réalisés dans des conditions semi-clandestines" et "sont parvenus au Festival ces derniers jours", précisent les organisateurs, qui soulignent "l'acte de courage en même temps que [le] merveilleux message artistique" des deux réalisateurs.
Le 5 mai dernier, Jafar Panahi, qui est assigné à résidence à Téhéran, avait envoyé un message au Festival, dans lequel il déclarait : "Le fait d'être en vie et le rêve de garder le cinéma iranien intact nous encouragent à dépasser les restrictions actuelles qui nous sont faites".
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Posté par vincy, le 5 mai 2011
Pour ses 60 ans, les prix Jean Vigo, décernés le mercredi 4 mai ont récompensé le long métrage Les Chants de Mandrin, de Rabah Ameur-Zaimeche et au court métrage La dame au chien de Damien Manivel.
Le premier prime "un grand cinéaste" et "la liberté, la poésie et l'esprit de joyeuse contrebande" de son univers. Le tournage a eu lieu l'été dernier dans le sud de la France, avec Jacques Nolot. Le film n'étant pas sélectionné à Cannes, il pourrait faire son avant-première à Locarno. Ameur-Zaïmeche a déjà réalisé Wesh Wesh (2001), Bled number one (Un certain regard 2006) et Dernier maquis (Quinzaine des réalisateurs 2008).
Le second a été salué pour son "incongruité" et son "audace peu commune pour un premier film".
Un prix spécial au réalisateur Jean-Marie Straub, pour "avoir su maintenir au fil d’un œuvre exemplaire une ligne de conduite indépendante, originale et toujours novatrice", a été rajouté au palmarès.
Le prix Jean Vigo, créé en 1951, honore un réalisateur français indépendant d'esprit. Dans l'histoire du prix, on remarque Resnais, Chabrol, Godard, Robert, Enrico, Bertucelli, Garrel, Charef, Moullet, Assayas, Fontaine, Beauvois, Dumont, Ducastel et Martineau... L'an dernier Un poison violent, de Katell Quillévéré, avait gagné le prix une semaine avant sa présentation à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.
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Posté par vincy, le 4 mai 2011
Petites évolutions pour le festival de Cannes qui commence la semaine prochaine...
Le film de Michel Hazanavicius, The Artist, avec Jean Dujardin et Bérénice Béjo sera finalement en compétition (au total 20 longs métrages).
Elena, d’Andrey Zvyagintsev, sera projeté le samedi 21 mai en clôture d'Un Certain Regard. Le jury de cette sélection est désormais connu. Autour de son Président, Emir Kusturica, il y aura l'actrice française Elodie Bouchez, le critique britannique Peter Bradshaw, le directeur artistique de Tribeca, Geoffrey Gilmore et la directrice du festival de Morelia au Mexique, Daniela Michel.
Le jury de la caméra d'or est lui aussi bouclé. Bong Joon-ho présidera la critique française Danièle Heymann, la directrice de Magyar Filmunio Eva Vezer, le chef opérateur français Robert Alazraki, le directeur de laboratoire Daniel Colland, le cinéaste Jacques Maillot et le critique Alex Masson. ils devront départager le meilleur premier film toutes sélections confondues.
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Posté par vincy, le 14 avril 2011
19 films cosmopolites, mais pas seulement. Un Certain Regard a été cherché des vétérans et des jeunes talents, d'Afrique du Sud au Mexique en passant par la Corée du sud, Singapour et la Norvège. Des films de genre, ou du sang neuf, des narrations audacieuses ou radicales, de l'animation et du documentaire, des portraits du monde qui en font désormais la sélection la plus excitante pour les cinéphiles.
Avec Emir Kusturica en président du jury, nul ne doute que les organisateurs veulent la doper.
Restless de Gus Van Sant (ouverture)
The Hunter de Bakur Bakuradze
Marty Marcy May Marlene de Sean Dorkin
Halt auf freier Strecke d'Andreas Dresen
Hors Satan de Bruno Dumont
Les neiges du Kilimandjaro de Robert Guédiguian
Skoonheid d'Oliver Hermanus
The day he arrives de Hong Sang-soo
Bonsaï de Cristian Jimenez
Tatsumi d'Eric Khoo
Arirang de Kim Ki-Duk
Et maintenant on va où ? de Nadine Labaky
Loverboy de Catalin Mitulescu
Yellow Sea de Na Hong-jin
Miss Bala de Gerardo Naranjo
Travailler fatigue de Juliana Rojas, Marco Dutra
Toomelah d'Ivan Sen
L’exercice de l’Etat de Pierre Schoeller
Oslo, August 31st de Joachim Trier
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Posté par vincy, le 25 mars 2011
Deux fois Palme d'or (Papa est en voyage d'affaires, Underground), six fois en sélection officielle (un prix de la mise en scène au passage), Président du jury de la compétition en 2005, de celui des courts métrages Cinéfondation en 2003, membre du jury de la compétition en 1993 : Emir Kusturica est un artiste lié à l'histoire contemporaine du festival de Cannes.
En attendant ses prochains films, il reviendra sur la Croisette pour présider le jury Un certain regard, lors du 64e Festival (11-22 mai). Il devra, avec son jury, choisir parmi la vingtaine de films de la sélection pour décerné le successeur de Ha Ha Ha de Hong sang Soo, Prix Un certain regard 2010, actuellement à l'affiche.
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Posté par vincy, le 9 décembre 2010
L'organisme chargé de classifier les films aux Etats-Unis, la MPAA a changé d'avis pour le film Blue Valentine, produit par les puissants frères Weinstein. Il passe du redouté NC-17 (autant dire film pour adultes, comme n'importe quel film porno) à un gros R (pour Restricted). Le film de Derek Cianfrance, présenté à Sundance puis à Un certain regard au dernier festival de Cannes, met pourtant en scène deux jeunes stars hollywoodiennes : Michelle Williams et Ryan Gosling. Il n'a rien de choquant. Son réalisme, son style auteurisant et son histoire même justifient l'ensemble des séquences litigieuses. La censure ne dit rien sur l'alcool, ingrédient autrement plus compromettant dans le film.
Le premier avis de la MPAA en octobre relevait une scène au contact sexuel explicite. Damned. L'hypocrisie américaine n'a pas de limites. Il aurait mieux fallu buté l'un des protagonistes avec au préalable une bonne séquence de torture... Il n'y avait pourtant vraiment pas de quoi fouetter une chatte.
Dorénavant la mention expliquant le classement en R est assortie de "contenu sexuel fortement illustré, mauvais langage, coups".
Pour les producteurs, c'est un salut. Le NC-17 empêche de faire de la publicité dans les journaux, ce qui entraîne un désistement de nombreuses salles de cinéma qui auraient voulu le programmer. Surtout, il s'agit d'un sérieux obstacle pour la course aux Oscars. Or, Williams part dans les favorites pour une nomination.
Le film doit sortir aux USA le 31 décembre, date limite pour les qualifications. Le scénario avait gagné le concours du Chrysler Film Project en 2006.
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Posté par vincy, le 8 juillet 2010
Pablo Trapero n'a pas fait les choses à moitié. Carancho, présenté à Un certain regard cette année à Cannes, caracole dans le box office argentin. Sept semaines après sa sortie, il n'est toujours pas sortie du Top 10 et cumule 600 000 spectateurs, soit presque autant que Robin des Bois ou Prince of Persia et 2 fois plus que Sex & the City 2. Il faut remonter à Dans ses yeux en 2009 pour trouver un film argentin plus populaire (2,4 millions de spectateurs, un record pour un film local).
Il était assez logique que le cinéaste argentin annonce son prochain film. Il a fait mieux en annonçant plusieurs projets. Trapero produira Tarde, co-écrit par les scénaristes de Carancho (Alejandro Fadel, Martin Mauregui, Santiago Mitre) et le réalisateur Santiago Palavecino. Il s'agit de l'histoire d'un village tranquille bousculé par un accident de voiture. Le film devrait sortir en Argentine au premier trimestre 201.
Il produira aussi Caito, le premier film du comédien Guillermo Pfening. Basé sur un documentaire de format court, c'est le récit de la vie de son petit frère, victime d'une maladie musculaire qui l'empêche de marcher.
Autre production, El punto oscuro, de Gabriel Medina, qui évoque la vie d'un ado gérant ses phobies aux pieds des Andes.
La société de Trapero, Matanza Cine, a aussi passé un accord avec les sociétés brésiliennes Jaguar prods et Videofilms pour produire Musica, filosofia et vinho, un documentaire sur Helio Jaguaribe, homme d'Etat et intellectuel qui a transformé le Brésil en pays moderne.
Enfin le réalisateur prépare son prochain film, qu'il tournera au printemps 2011.
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