Le cinéma français connaît la crise

Posté par vincy, le 12 mars 2010

Le Centre national de la Cinématographie a publié les chiffres 2009 de la production française. Un bilan qui traduit l’impact de la crise financière qui touche les producteurs, alors que la fréquentation a connu une hausse historique (voir l’article sur le cinéma français en berne cet hiver). Selon le CNC, le secteur a bien résisté. Même du côté de la vidéo, qui a vu, grâce au Blu-Ray, ses ventes augmenter (+9,7%) ainsi que son chiffre d’affaires (+0,5%). Cependant, les films français ont, en vidéo, connu une baisse de 2,4% de leur chiffre d’affaires. preuve là encore d’une santé très fragile.

Au total, 230 films ont été agréés en 2009, dont 182 d’initiative française, pour un montant de 1,01 milliard d’euros, soit un budget moyen de 4,23 millions d’euros par films.

Cela faisait cinq ans que l’investissement n’avait pas été aussi bas. Les devis sont en baisse, notamment parce que les producteurs croient moins dans des super-productions. Si la tendance générale des dernières années continuent d’être à la hausse, on note malgré tout que la prise de risque est plus contrôlée, en misant sur des films à budgets moyens.  Les co-productions avec 34 pays étrangers et les premiers et deuxièmes films n’ont pas soufferts de ce coup de blues.

Ce n’est pas le cas des comédiens français.  La rémunération des interprètes n’a représenté que 11,4% des coûts de production, soit le plus bas niveau en sept ans. Les stars ont même vu baisser leur cachet de 19,1% (soit malgré tout 59% des dépenses totales pour les comédiens). Si elles ont toutes faits des concessins, c’est aussi en échange d’aménagement contractuels. Leur cachet est moindre, dépassant rarement le million d’euros, mais elles choisissent aussi des films plus intimes et négocient de meilleurs intéressements aux recettes (10% si le film dépasse un million d’entrées, par exemple). Cela ne concerne que 50 acteurs et actrices. Le reste a, lui, subit une sérieuse baisse des rémunérations.

L’avenir n’est pas certain, mais il y a des rayons de soleil, malgré un hiver déprimant pour le cinéma français. Le crédit d’impôt international a permis à six productions américaines d’importance de faire travailler des techniciens (et quelques comédiens français. Clint Eastwood, Christopher Nolan, Woody Allen, Christopher Renaud, Raoul Ruiz, Kenneth Branagh, Len Wiseman, Robert Luketic, Jeremy Webb, Hideki Rakeuchi et Harley Cokeliss en ont profité pour tourner en France.

Rien qu’à Paris, en 2009, 90 longs métrages ont été filmés, soit 925 jours de tournage. Mais là aussi c’est en baisse de 10%. 14 d’entre eux étaient étrangers.

Ceci dit, le phénomène n’est pas que français. Aux USA, alors que le box office est aussi en pleine forme (+10% en 2009), le nombre de films sortis a diminué de 11,% (558 contre 633 en 2008), touchant principalement le cinéma indépendant et étranger. On constate aussi une frte hausse du ticket d’entrée (+32%).

Jim Sheridan s’offre trois stars “de rêve” pour son thriller

Posté par vincy, le 10 février 2010

Actuellement dans les salles françaises avec Brothers, Jim Sheridan débute le tournage de son prochain film dimanche au Canada. Dream House (Maison de rêve) est un thriller écrit par David Loucka. Il raconte l’histoire d’un couple et de leur deux filles qui emménagent dans une maison de la Nouvelle-Angleterre : une maison parfaite qui comporte un petit défaut. Elle fut le théâtre d’une scène de meurtre violente où périrent une mère et ses deux enfants.

Le couple sera interprété par Daniel Craig et Rachel Weisz, qui a signé à la dernière minute. Naomi Watts sera une voisine qui connaissait bien les victimes. Notons que les trois acteurs ont un point commun dans leur filmographie : Peter Jackson. Craig a tourné Tintin, Weisz, Lovely Bones (aujourd’hui en salles) et Watts, King Kong.

Quatuors choc et chic pour Soderbergh

Posté par vincy, le 10 février 2010

C’est peut-être contagieux : les stars attirent les stars. Elles se répandent au fil des jours. Pour le prochain film de Steven Soderbergh, Contagion, le cinéaste avait déjà réussi à réunir Matt Damon (un habitué) et Jude Law. Les pourparlers sont désormais engagés pour que Marion Cotillard et Kate Winslet les rejoignent.  Le tournage du film commencera dans le courant de l’année 2010, à partir d’un script de Scott Z. Burns (The Informant, The Bourne Ultimatum). Soderbergh a discrètement glissé que le film était dans la veine de Traffic et reposait sur de multiples intrigues autour d’un même sujet, une pandémie mortelle.

Actuellement, il finit de tourner Knockout (voir actualité du 6 septembre 2009), avec Antonio Banderas, Michael Fassbender, Ewan McGregor et Gina Carano.

Piccoli en pape chez Moretti

Posté par vincy, le 20 décembre 2009

Comme nous vous l’annoncions le 21 mai dernier, Nanni Moretti (Palme d’or en 2001 pour La chambre du fils), s’attaque au Pape dans son prochain film. La comédie Nous avons un pape (9 millions d’euros de budget) se tournera en janvier. Grand habitué des cinéastes italiens (sept films avec Ferreri, mais aussi Bellocchio, Scola, Castellitto, …), Michel Piccoli incarnera un cardinal qui deviendra fortement angoissé après avoir été élu pape. Pour cela il consultera le psy du pape, joué par Moretti. Le Vatican aurait eu le droit de lire le scénario…

Les ventes du film commenceront à Berlin. Cannes semble difficile à envisager en terme de délais. Mais Venise guette.

Philippe Locquet aime très beaucoup Firmine Richard

Posté par vincy, le 26 novembre 2009

Avec 1,7 million de spectateurs séduits par La première étoile, l’actrice (et élue) Firmine Richard voit son étoile briller. Après avoir accepté de tourner la suite du film de Lucien Jean-Baptiste, La deuxième étoile, elle vient de terminer le tournage du deuxième film de Philippe Locquet. Je vous aime très beaucoup est l’histoire de trois demi-frères qui ne se connaissent pas et vont passer leurs premières vacances à la campagne, chez leur grand-mère, la Nonna. Le rôle de la Nonna a été écrit spécifiquement pour elle.

Le film a coûté 2,7 millions d’euros. Tourné durant sept semaines dans les Alpes-Martinimes, Jour2Fête distribuera le film au printemps 2010.

Detroit, ton univers impitoyable…

Posté par vincy, le 30 septembre 2009

Il y a quelques semaines, je vous évoquais le destin déclinant des villes du Michigan chères à Michael Moore, comme Detroit ou Flint, ravagées par la crise de l’automobile et une pauvreté rampante (il suffit de voir Eight Mile ou Out of Sight…). Dans le Courrier International du 17 septembre, le USA Today titrait « Quand Detroit rêve de supplanter Hollywood ».

Ancienne grande métropole nord-américaine, Detroit, à cheval entre les grands lacs et le Canada, espère séduire les producteurs pour dynamiser son économie locale, mais aussi revaloriser son image, très atteinte par 35 ans de crise.

Certes, la ville dispose de tout ce qu’il faut pour attirer d’importants tournages : chambres d’hôtels de luxe, décors variés, y compris naturels, et quelque part un environnement « neutre ». Detroit peut ressembler à n’importe quelle ville américaine, hormis celles qui ont du cachet, comme New York ou San Francisco.

Cette reconversion n’a donc rien d’une lubie. De là à dépasser Hollywood, il n’y a qu’un raccourci journalistique, qui s’apparente plus à de la provocation sensationnaliste qu’à de la réflexion rationnaliste. Avec une politique de crédits d’impôts et un niveau de vie moins cher qu’à Los Angeles, Detroit a en effet des avantages financiers indéniables pour un producteur. Cependant, Detroit a un climat très rude durant six mois de l’année. Malgré le Renaissance Center au cœur de la ville, l’urbanisme n’a rien de glamour. Et même si Los Angeles est un lieu de tournage très cher, les stars préféreront toujours bruncher et négocier leurs contrats sur une terrasse sud-californienne et se promener avec leur chien sur la plage (pour la photo dans le magazine people). On voit mal ces accros du bronzage migrer dans les pleines enneigées du Michigan.

Detroit prend davantage au Canada qu’à Hollywood

Mais surtout, les studios ont toujours choisi « à la carte » leurs lieux de tournages, en fonction de différents critères – fiscaux, humains, techniques… En fait Detroit bénéficie surtout de trois facteurs : la crise économique et la pression des actionnaires qui obligent à contrôler au plus près les budgets favorisent les villes à bas coûts. Le protectionnisme ambiant qui a délocalisé les tournages de Montréal ou Toronto (à une heure d’avion de Detroit) aux Etats-Unis. Enfin, les villes dépeuplées ne gênent pas les rares habitants; mais au delà de cette donnée, beaucoup de films ont pour cadre la chute du modèle américain, dont Detroit est le parfait symbole.

Bien sûr la roue tourne. Hier Toronto, La Nouvelle Orléans ou Vancouver. Aujourd’hui Detroit, Albuquerque ou Philadelphie. Demain, ailleurs. Sans parler de la concurrence étrangère. La Hongrie annonce la construction d’une cité du cinéma composée de huit studios. Besson prévoit un équivalent à Babelsberg ou la Cinecitta en Seine Saint-Denis. Et la Nouvelle Zélande sait accueillir des films comme Avatar.

Detroit va devoir investir pour garder son rang. Ironiquement d’anciennes usines automobiles vont se transformer en studios de production. Montréal avait opté pour cette politique ruineuse et subit actuellement un gros trou d’air. Au delà, il faut former les gens, et pas seulement les techniciens.

Car si L.A. garde son rôle de capitale mondiale de l’image c’est que les décideurs, les financiers, mais aussi les créatifs (et leurs avocats) y sont tous concentrés. Detroit pour l’instant n’est jamais qu’une « usine à rêves », apte à être délocalisée facilement.

Pour les Américains, le cinéma n’est qu’une industrie comme les autres. Et ce qui a tué Detroit, c’est l’absence de regénérescence de l’automobile, incapable de s’adapter.
Ce qui a sauvé Montréal c’est d’investir dans les images de demain, comme les jeux vidéos. Pas de tout miser sur le 7e Art.

Deneuve retrouve Ozon et… Depardieu.

Posté par vincy, le 19 septembre 2009

8 femmes reste leur plus gros succès avec 3,7 millions de spectateurs. Catherine Deneuve et François Ozon se rertouvent pour l’adaptation de la pièce de théâtre Potiche, de Barillet et Grédy (Folle Amanda, Lily et Lily). Casting très classe puisque la star retrouvera aussi son Gérard Depardieu. Ce sera le septième film ensemble. Surtout elle donnera la réplique pour la première fois à Fabrice Luchini. Depardieu et Luchini n’ont jamais tourné avec Ozon, mais on les a vus ensemble dans Uranus et Le Colonel Chabert. Le deal avec Luchini s’est conclu cet été dans la résidence de Pierre Cardin. Autour d’eux graviteront aussi Karin Viard et Jérémie Rénier.

Ozon enchaîne les films. Il a présenté Ricky à Berlin, avec Alexandra Lamy. Hier, il a projeté Le refuge, avec Isabelle Carré, en compétition au Festival de San Sebastian. Et en octobre, il ira tourner chez les belges son douzième long métrage.

Deneuve y incarnera l’épouse d’un grand patron, qu’elle va remplacer suite à un mouvement de grève. Ironique : il s’agit d’une usine de parapluies.

Le rôle avait été créé par Jacqueline Maillan, la papesse du Théâtre de Boulevard, et Danielle Darrieux (la mère de Deneuve dans 8 femmes mais aussi dans Les demoiselles de Rochefort) l’avait aussi interprété en tournée. Maillan l’avait joué durant trois saisons au début des années 80 et la vidéo est d’ailleurs disponible puisqu’une captation avait eu lieu en 1983.

Moins de jours de tournage, moins de gros budget : le cinéma français se protège de la crise

Posté par vincy, le 18 septembre 2009

Le CNC a communiqué les chiffres de la production cinématographique pour le premier semestre 2009. A priori, le secteur ne connaîtrait pas la crise puisque le nombre de films produits se maintient. 110 films (dont 27 à majorité étrangère) ont été agréés contre 109 (dont 23 “étrangers”) pour la même période en 2008.  

Pourtant, les producteurs, s’ils continuent de croire en une offre riche et variée, ont pris leurs précautions. Les investissements sont en forte baisse (- 33.6% par rapport à 2008). Il y a en effet moins de “gros” budgets. Au premier semestre 2008 il y avait même trois films à plus de 40 millions d’euros.  Mais l’investissement reste élevé avec 538 millions d’euros, même s’il n’y a aucun film de plus de 30 millions d’euros agréés.

Le devis moyen est donc en chute libre, passant de 8,16 millions d’euros en 2008 à 5,36 millions  d’euros en 2009. une affaire de prudence. Les producteurs croient davantage dans les films “du milieu”. Les très petits budgets (moins de 1 million d’euros) ne représentent plus que 13,3% des productions (contre 20% en 2008). Un film sur cinq coûte entre 4 et 7 millions d’euros, le prix moyen. Et seulement 4,8% des films ont un devis supérieur à 15 millions d’euros (contre 12,8% en 2008).

La crise a donc eu un impact certain sur l’économie du cinéma, jusqu’à son impact territorial puisque le nombre de jours de tournage recule de 7%. D’une part de nombreuses oeuvres sont des co-productions internationales : les tournages à l’étranger baissent cependant fortement (15,1%). Mais même en France, le chiffre recule (3,9%). En resserant le planning d’un tournage, on réduit les coûts. CQFD. Cependant cela se traduit aussi par des intermittents du spectacle moins occupés et des recettes locales moins importantes. Au total on comptabilise 721 jours de tournage à l’étranger et 1991 en France, soit sensiblement le niveau de 2007.

On comprend mieux que la France ait fait voté rapidement le crédit d’impôts pour les tournages de films étrangers en France…

Duris va vivre sa vie aux côtés de Deneuve et Foïs

Posté par vincy, le 10 septembre 2009

durisdeneuvefoisarestrup.jpgDuris. Deneuve. Foïs. Arestrup. Un sacré quatuor. Excitant. Surtout que les quatre comédiens tournent dans l’adaptation d’un roman de Douglas Kennedy, L’homme qui voulait vivre sa vie (1998), traduction de The Big Picture. Sur le modèle de Ne le dis à personne, le réalisateur Eric Lartigau a transposé le best-seller très américain en région parisienne. Le réalisateur change surtout de registre après deux pastiches (Mais qui a tué Pamela Rose? et Un ticket pour l’espace) et uine comédie romantique à succès (Prête-moi ta main).

Le tournage vient de débuter. Le Figaro a même révélé comment finissait le personnage de Catherine Deneuve. Malhabile. D’autant qu’il s’agit de la surprise de cette adaptation. Dans le roman, l’associé du jeune avocat, interprété par Romain Duris, est un homme. “Ce qui m’a beaucoup plu, c’est qu’Eric m’a dit que le personnage d’Anne, qui est le mentor de Paul, était très viril. Et que finalement c’était un rôle d’homme” avoue la star. Pour se préparer, elle écoute du rock et fait confiance au jeu de son partenaire : “Il a comme moi une façon de parler très rapide et l’envie de bousculer les choses.”

Duris, avocat brillant, marié, deux enfants est passé à côté de sa vie. Sa femme, Sarah (Marina Foïs, la compagne de Lartigau à la ville), prend un amant photographe - le métier que Paul voulait exercer. Après avoir tué accidentellement cet amant, Paul  disparaît et prendre l’identité de l’amant, pour essayer de se reconstruire et vivre enfin sa vie.

Le tournage a commencé à Paris avant de s’externaliser dans le Morbihan et au Monténégro. EuropaCorp avait acquis les droits en 2006. Il y aurait eu une vingtaine de versions de scénario. 18 millions d’euros de budget plus tard, le studio de Luc Besson a lancé la production. La sortie est prévue dans un an.

Le casting du nouveau Mike Leigh en terrain familier

Posté par vincy, le 30 août 2009

Cette semaine, Mike Leigh, Palme d’or, six fois nommé aux Oscars, et deux fois primé par les britanniques pour la meilleure réalisation, a commencé le tournage de son nouveau film. Sans titre.

Il revient donc à un rythme de deux films par an, après un hiatus de quatre ans entre Vera Drake et Happy-Go-Lucky (Be Happy), son dernier film, présenté au Festival de Berlin.

Tourné à Londres durant un peu plus de deux mois, l’histoire, dont on ne sait rien, met en scène les très connus Jim Broadbent (Moulin Rouge, Bridget Jones, Indiana Jones IV) et Imelda Staunton (Vera Drake, Taking Woodstock), tous deux membres de la confrérie des Harry Potter, et des habitués de l’univers de Mike Leigh. Beaucoup de fidèles font d’ailleurs partie du casting : Michele Austin (All or Nothing), Phil Davis (Vera Drake), Martin Savage (All or Nothing et Vera Drake), Oliver Maltman et Karina Fernandez (Happy Go Lucky), Lesley Manville (quatre films depuis Secrets et mensonges), Ruth Sheen et Peter Wight (Secrets et Mensonges et Vera Drake). Deux petits nouveaux : A part David Bradley (celui qui joue Argus Filch dans Harry Potter) et Stuart McQuarrie (vu dans 28 days later).
Le tout devrait être monté pour Cannes et, en cas de refus aux portes de la sélection officielle, pour Venise.