4 films en plus pour les sélections du Prix Louis-Delluc

Posté par vincy, le 4 décembre 2018

9 films et 5 premiers films avaient été sélectionnés le 25 octobre dernier pour les Prix Louis-Delluc qui doivent être révélés le 12 décembre.

Finalement trois titres s'ajoutent à la pré-sélection du Delluc : Amanda de Mikhaël Hers, Pupille de Jeanne Herry et L’homme fidèle de Louis Garrel.

Pour le Delluc du premier film, L’amour flou de Romane Bohringer et Philippe Rebbot s'invite dans la course.

Ce qui donne finalement:

Prix Louis-Delluc
- Amanda, Grand prix du festival de Tokyo
- La douleur, film français sélectionné pour les Oscars
- En liberté, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs
- Les frères Sisters, Prix de la mise en scène à Venise
- Le grand bain, hors-compétition à Cannes
- High Life
- L’homme fidèle, Prix du scénario à San Sebastian
- Mademoiselle de Joncquières
- Mes provinciales
- Plaire, aimer et courir vite, en compétition à Cannes
- La prière, prix d'interprétation masculine à Berlin
- Pupille

Prix Louis-Delluc du premier film
- Jusqu'à la garde, plusieurs fois primé à Venise
- Les garçons sauvages, récompensé à Venise J
- Shéhérazade, primé à la Semaine de la Critique à Cannes
- Sauvage, primé à la Semaine de la Critique à Cannes
- Retour à Bollène
- L'amour flou

Naomi Kawase signera le film officiel des JO de Tokyo

Posté par vincy, le 25 octobre 2018

La cinéaste japonaise Naomi Kawase a été choisie pour réaliser le film officiel des Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Le comité olympique a rappelé que la réalisatrice enrichira ainsi "un héritage de plus d'un siècle de films olympiques, comprenant notamment les documentaires réalisés pour les Jeux Olympiques organisés au Japon" : Tokyo 1964 (Kon Ichikawa), Sapporo 1972 (Masahiro Shinoda) et Nagano 1998 (Bud Greenspan, qui a signé une grande partie des films olympiques depuis 1984).

Elle sera la cinquième femme à réaliser un film officiel, après Caroline Rowland (Londres 2012), Gu Jun (Beijing 2008), Mai Zetterling (pour un des segments de Munich 1972) et Leni Riefenstahl (Berlin 1936).

Pour chaque édition des Jeux Olympiques, le Comité International Olympique, en étroite collaboration avec le comité d'organisation des Jeux, examine les propositions des plus grands cinéastes du pays hôte qui participent à un concours lancé pour la réalisation du film officiel.

"Le réalisateur du film officiel doit illustrer l'expérience des Jeux Olympiques en question sous un angle original et chercher à saisir l'âme d'une édition spécifique des Jeux tout en considérant le contexte social et culturel plus large" rappelle le CIO. "Naomi Kawase a été choisie pour la force de sa proposition qui traduit une compréhension nuancée de la culture japonaise et des valeurs olympiques, ainsi que pour son solide palmarès et sa remarquable réputation internationale" ajoute le communiqué.

"J'espère saisir "l'instant" et tirer pleinement parti de l'attrait du film documentaire et de sa capacité à figer ces moments dans “l'éternité”, et contribuer ainsi à communiquer au monde entier tout l'intérêt des Jeux de Tokyo 2020" a expliqué la réalisatrice, dont le dernier film, Vision (Voyage à Yoshino) , avec Juliette Binoche, sera dans les salles françaises le 28 novembre.

La collection des films olympiques, débutée en 1912, comprend plus de 50 longs métrages, dont ceux signés par Milos Forman, Claude Lelouch, Arthur Penn, John Schlesinger (tous pour Munich en 1972), Im Kwon-taek, Carlos Saura...

Le Studio Ghibli fête ses 30 ans avec une grande expo à Tokyo

Posté par vincy, le 22 août 2016

Tout l'été, à Tokyo, le Studio Ghibli fête son 30ème anniversaire avec une immense exposition rétrospective. Affiches, objets, dessins, produits dérivés d’époque, installations monumentales : cela n'a rien à voir avec ce qui est proposé au Musée Ghibli, à une demi-heure de train, partiellement fermé pour cause de travaux.

Créé en juin 1985 par Hayao Miyazaki et Isao Takahata, créent la compagnie Tokuma Shoten qui muera en studio Ghibli (du nom utilisé par les italiens pour désigner un avion de reconnaissance pendant la Seconde Guerre Mondiale). Depuis Ghibli est devenu une référence dans l'animation, avec un Ours d'or, un Lion d'or et un Oscar. A Roppongi Hill, le Tokyo City View, un observatoire à 250 mètres haut dessus du niveau de la mer offrant une vue panoramique à 360 degrés sur la ville, accueillent donc l'hommage spectaculaire à cette gloire (inter)nationale.

Derrière un bar, un Totoro grandeur nature, un chat-bus qui peut recevoir plusieurs adultes, une immense maquette qui vole, de haut en bas, etc... tout est fait pour revivre les grands moments des dessins animés issus des studios, de Nausicaa à La tortue rouge.

[Extrait] Le vent se lève : la terre tremble à Tokyo

Posté par vincy, le 22 janvier 2014

le seisme de tokyo le vent se lève hayao miyazaki

C'est notre premier coup de coeur de l'année. On pourra toujours préférer Le Voyage de Chihiro, ou rester nostalgique du choc de Princesse Mononoke, l'ultime film d'Hayao Miyazaki, Le vent se lève (notre critique) est un mélodrame historique d'une ambition folle. Un film à la fois autobiograhique et épique.

Miyazaki cite ainsi Fellini et Ozu et voyage à Tokyo (lire aussi : Une ville dans le cinéma : Tokyo). La ville a subit un violent séisme en 1923, que le cinéaste reproduit, à sa façon, comme si un monstre soulevait la ville par dessous la terre. La séquence rappelle le bombardement d'Hiroshima et de Nagazaki, le tremblement de terre de Kobe, ou encore, plus récemment, la catastrophe de Fukushima. Tout le film tire des liens entre le passé du pays et le Japon d'aujourd'hui.

Lors de ce séisme, on dénombre plus de 100 000 morts et près de 40 000 disparus. Tokyo est dévastée. Dans Le vent se lève, c'est aussi le moment où le héros du film Jiro, qui vient à Tokyo pour étudier, rencontre sa future épouse Naoko.

Le séisme de Kant? a déjà été l'objet de films et même de reportages (vidéo Pathé). La Submersion du Japon, le roman de Sakyo Komatsu, a été adapté deux fois sur grand écran : par Shir? Moritani en 1973 et par Shinji Higuchi en 2006. Le documentariste Choonkong Oh a également réalisé des films sur le sujet dans les années 80. Akira Kurosawa a souvent évoqué le traumatisme qu'il a vécu avec ce tremblement de terre, expliquant que certaines scènes de ses films, comme Ran et Kagemusha, puisaient leur influence artistique dans cet événement. De même, Yasujiro Ozu restera profondément marqué : la maison de sa famille a été détruite par le choc des plaques tectoniques.

Mais avant tout, le séisme a été dommageable au cinéma japonais. Avec lui, il a emporté la plupart des cinémas de la capitale mais aussi les archives cinématographiques du pays, soit une vingtaine années de films détruits.

Hayao Miyazaki, retraité actif : « Le repos pour moi ressemble à du travail pour les autres »

Posté par vincy, le 6 septembre 2013

hayao miyazakiElle était promise depuis quelques jours : la conférence de presse d'Hayao Miyazaki s'est déroulée vendredi matin à Tokyo devant 600 journalistes. Depuis l'annonce de sa retraite par le président des Studios Ghibli, dimanche dernier à Venise, on patientait pour en savoir plus : retraite définitive? partielle? pourquoi?

Heureux en dessin, malheureux en cinéaste

Ce sera une retraite partielle : il ne veut plus faire de longs métrages, mais il a d'autres projets en tête. "Je voudrais oeuvrer au moins dix ans de plus, mais je pense que faire des longs métrages n'est plus mon travail", a expliqué Hayao Miyazaki. "Cette fois c'est vrai, je l'ai dit au producteur" comme pour anticiper les réactions à d'éventuels faux adieux. Il ajoute : "Je n'ai jamais pensé une seule fois que j'étais heureux d'être devenu réalisateur, alors que je suis très souvent heureux quand je suis un dessinateur. Si vous être capable d'obtenir parfaitement le mouvement de l'eau ou du vent en tant que directeur de l'animation, vous êtes réellement content pendant plusieurs jours. Mais si vous êtes le réalisateur, vous devez aussi décider de beaucoup d'autres choses. Et ce n'est pas bon pour mon estomac."

Il détaille cette fatigue : "Kaze Tachinu a pris 5 ans. Si je pensait au prochain film cela prendrait 6 ou 7 ans. Je vais avoir 73 ans et j'en aurais alors 80 à la fin". Film après film, les délais de production, souvent parce qu'il voulait prendre du temps pour trouver le bon sujet mais aussi parce que son perfectionnisme le poussait à refaire des scènes entières, s'étiraient. "Chaque réalisateur de film d'animation travaille différemment, mais depuis que j'ai commencé, j'éprouve le besoin d'être le dessinateur" explique-t-il. "Peu importe comment j'essaie de trouver ma force avant de démarrer une production, ce qui est vrai c'est que ma concentration diminue année après année, et je le ressens."

Des projets et de la liberté

"Je vais être libre. Toutefois, tant que je pourrai prendre ma voiture pour aller au studio j'irai. Ce que je voudrai faire, je le ferai" précise-t-il. Il a de nombreux projets en tête. Le musée Ghibli doit s'agrandir et il veut s'investir davantage dans les expositions qui s'y déroulent. Le studio Ghibli qu'il a cofondé s'apprête aussi à sortir un deuxième long métrage cette année.

Son rêve c'est de pouvoir se reposer les samedis. Même s'il n'est pas sûr d'y parvenir : "Le repos pour moi ressemble à du travail pour les autres".

Miyazaki s'en va au sommet avec Kaze Tachinu (Le vent se lève), en compétition à Venise. C'est déjà le plus gros succès de l'année au Japon.

[Hayao Miyazaki / Ghibli] Ecran Noir visite le Musée Ghibli (3/3)

Posté par vincy, le 1 août 2013

atelier de miyazaki © vincythomasFinissons notre tour du Musée Ghibli avec les étages de cette maison dédiée à l'univers de Miyazaki. Il y a, bien sûr, un espace, assez vaste, pour les expositions temporaires, consacrée aux arts fantastiques ou aux contes et légendes ou encore à certains films estampillés Ghibli, sources inépuisables d'inspiration graphiques ou littéraires du Studio japonais. La prochaine mettra en avant les forêts dans les différentes oeuvres du Studio.

L'atelier

Plus intime, l'atelier d'Hayao Miyazaki, où l'on serpente entre les pièces, jonchées de livres, dessins, objets divers. Nous sommes ainsi immergés dans le "bordel" du réalisateur : des ouvrages sur l'Europe, avec des photos, qui permettent de créer les décors des dessins animés, des croquis où l'on voit se construire dessins par dessin un storyboard d'une séquence, des romans de tous les pays pour trouver de nouvelles idées, etc.

On peut aussi admirer des reproductions de ses films, du matériel cinématographique, des papiers gribouillés partout, des accessoires étranges, ceux d'un quotidien révolu, qui nous ramènent dans certains films familiers. Un bureau, des objets ramenés de voyages, et finalement toute l'origine d'un film d'animation, avec, en cadeau, une machine pour animer des planches de dessin. Les enfants en raffolent.

Sortez la carte de crédit

Les plus petits préfèrent la salle du Chat-bus. Immense peluche où l'on peut s'assoir dessus, pénétrer à l'intérieur, jouer et s'imaginer Totoro arriver. Au dernier étage, il s'agit de la seule attraction : le reste est dévolu à une bibliothèque/librairie, où l'on peut trouver quelques ouvrages en anglais ; mais surtout c'est ici que la folie s'empare de tous les visiteurs : au bout du couloir, il y a la boutique, temple mercantile où Ghibli compte les Yens par milliers.

la librairie du musée ghibli © vincy thomasOn y trouve de tout : du thermos "Totoro" à la maquette reproduisant un avion de Pocco Rosso, des T-shirts aux cartes postales, des porte-clefs aux miniatures, sans oublier les figurines, puzzles, vaisselle, et autres produits. Cela paraît très varié et pourtant, ça ne l'est pas. Les dessins animés les plus populaires en Occident, tels Mononoke, Chihiro et Le château ambulant sont très peu représentés. Le business de Ghibli s'effectue autour de Totoro, Kiki, Nausicaa et Ponyo. Il sera intéressant de voir si le nouveau film, The Wind Rises deviendra une réserve de produits dérivés...

Une ultime surprise sous le ciel de Tokyo

On a le choix alors entre se diriger vers le patio et grignoter ou boire quelque chose, à l'ombre des arbres. Ou monter encore plus haut. Une tourelle nous fait grimper sur le toit de la maison qui réserve une énorme surprise, la Tour Eiffel du lieu. Le robot géant du Château dans le ciel. Un employé du Musée, dont c'est la tâche, organise les séances : un par un, sans débordement, tout le monde y passe. Les appareils photos cliquent-claquent.

Robot bienveillant qui espère voir le musée s'agrandir. C'est dans les cartons, mais il y a encore quelques autorisations administratives à conclure (le terrain voisin, municipal, doit être acheté) et un financement à finaliser. C'est dans son intérêt : le Musée nous semble bien petit par rapport au potentiel qu'il possède. 12 ans après son ouverture, il attire plus de 650 000 visiteurs par an, dont 30 000 étrangers environ.

____________
Notre série estivale [Miyazaki/Ghibli]
Le Musée : Première partie et Deuxième partie
Avec ses projets, le Studio Ghibli entretient ses légendes
Le « Maître » au coeur d’une polémique politique
Son nouveau dessin animé séduit le Japon

le robot du Chateau dans le ciel au musée ghbli © vincy thomas

[Hayao Miyazaki / Ghibli] Ecran Noir visite le Musée Ghibli (2/3)

Posté par vincy, le 28 juillet 2013

maison ghibli musée ghibi © vincy thomasContinuons la visite de ce Musée Ghibli (voir le premier épisode). Arrivés au sous-sol par un long escalier en bois, les visiteurs ont deux options : la salle de projection et une immense pièce nommée "Beginning of the Movement". C'est la seule partie réellement muséale du lieu. La musique que l'on entend, "Musica del Museo" a été composée par Joe Isaishi.

A l'origine du mouvement. Dès l'entrée, comme un calendrier de l'avant, la (haute) maison Ghibli dévoile fenêtre par fenêtre treize images représentant chacune un film du studio, de Nausicaa au Royaume des Chats (2002). De là commence un parcours à travers les techniques de l'animation. Itinéraire pédagogique, ludique et merveilleux qui permet de remonter aux origines de l'animation et de comprendre comment elle se fabrique, de la façon la  plus traditionnelle à la plus sophistiquée.

- une boîte mécanique qui, en l'actionnant, met en mouvement nuages, arbres, moulin à vent, herbe et fleurs tandis que le personnage central, Mei, semble marcher...

- un zootrope, jouet optique en forme de boîte cylindrique, qui permet à une petite fille de sauter à la corde en treize dessins qui s'enchaînent.

- deux sortes de disques - l'Amazing Theater et Mirage - qui, en les tournant, reproduisent l'effet visuel du zootrope, mais à plat. Un autre zootrope (sous forme de tour cylindrique cette fois-ci nous donne l'illusion que des oiseaux s'envolent autour du robot du Château dans le ciel).

- La structure la plus impressionnante est sans aucun doute le zootrope en trois dimensions "Bouncing Totoro", composée de 7 rangées de 18 éléments (au maximum) soit un total de 347 figures . Première rangée : des petits lapins qui avancent, puis juste derrière Mei qui saute à la corde, devant un Totoro qui bondit avec son parapluie, etc... Au dessus de tous ces personnages, un chat-bus qui vole et encore au dessus un chat-chauve-sours qui plane... Lorsqu'il se met à tourner, le mouvement est hypnotique.  La synchronisation est d'une précision telle qu'on est soufflé par le travail minutieux des artisans de Ghibli.

bouncing totoro musée ghibli © vincy thomas

- La boîte panoramique comporte six tableaux où l'oeil apprend le principe tri-dimensionnel, autrement dit la profondeur de champ. De Princesse Mononoke aux mondes sous-marins en passant par le snack-bar de l'ogre et Mon Voisin Totoro, sept panneaux de verre peints, avec chacun des angles de lumières variés, s'enrichissent les uns les autres jusqu'à composer un tableau presque vivant alors qu'il est statique.

- Enfin, le visiteur peut comprendre le mécanisme du 24 images par seconde avec "Films Go Round", ou comment l'animation préhistorique est entrée dans le monde moderne. On peut ainsi regarder un court métrage finalisé, puis sans le son, sans le mixage, etc.

cabine de projection musée ghibli © vincy thomasLe cinéma. Il reste alors à aller voir la projection du film au Saturn Theater, où les spectateurs, munis d'un billet réservé à l'avance patientent docilement. La salle est colorée avec des fresques (notamment un soleil qui sourit à la lune au plafond) et des dessins bucoliques (imaginés par Sahshi Takaha). La cabine de projection a des allures de cabine téléphonique londonienne.

Trois court-métrages inédits, tous écrits et réalisés par Hayao Miyazaki, sont projetés selon les mois : La chasse à la baleine, La grande sortie de Koro et Mei et le bébé chat-bus. Ce dernier, que nous avons pu voir, est le plus populaire. C'est une suite (de 13 minutes) à Mon Voisin Totoro. L'histoire est simple : Mei récupère un bébé chat-bus qui, pour la remercier, va l'emmener dans un grand rassemblement où Totoro va la présenter au plus grand et vénérable des chat-bus. Totoro est d'ailleurs accueilli par une salve d'applaudissements lorsqu'il apparaît à l'écran.

Après la projection, il est temps de découvrir les autres étages de cette maison troglodytique...

________

Hier : Un musée réservé aux initiés et fans persévérants
Demain : Musée Ghibli, les ateliers de Miyazaki, et la machine à cash Ghibli

[Hayao Miyazaki / Ghibli] Ecran Noir visite le Musée Ghibli (1/3)

Posté par vincy, le 27 juillet 2013

l'entrée du musée ghibli © vincy thomasFinissons notre spécial Miyazaki/Ghibli avec un voyage en trois temps au sein du Musée Ghibli, dédié entièrement à l'oeuvre d'Hayao Miyazaki.

1. Les billets d'entrée. Pour aller au Musée Ghibli, à Tokyo, il y a d’abord l’obstacle des billets. Il faut les réserver à l’avance, soit à l’étranger, soit dans une supérette Lawson au Japon, mais pas toutes : celles équipées d’un système de billetterie Loppy, uniquement en japonais. Les captures d’écran n’aident pas à grand chose quand on est incapable d’écrire son nom en idéogrammes… Il faut compter sur la serviabilité des nippons pour passer toutes les étapes et comprendre le complexe système d’achat. Un billet vaut 1000 Yens (un peu moins de 8€).

Mais attention, il n’est valide que le jour et à l’heure indiquée sur le billet. Car tout le monde ne peut pas voir le Musée Ghibli d’Hayao Miyazaki : il faut être persévérant, déterminé, choisir longtemps à l’avance son heure de visite. Ainsi toutes les deux heures, six jours par semaine, un peu moins de 300 visiteurs déambulent dans cette drôle de maison, qu’il faut d’abord trouver.

2. Y aller. Car c’est le second obstacle : y aller. Il aurait été trop simple que ce Musée soit dans le centre de Tokyo. Les transports sont performants au Japon, et en moins de 20 mn, vous voilà à la station de Kichijoji, dans le quartier de Mitaka. De là il faut compter le même temps à pieds (la balade est agréable, à travers un parc) pour atteindre l'entrée un peu cachée du Musée (indiqué sporadiquement le long du parcours).

totoro au musée ghibli © vincy thomas3. Une fois trouvé, y entrer. Si l'on regarde le ciel, l'ombre d'un robot géant nous protège de quelconques machines volantes hostiles. Mais ce qui frappe avant tout c'est l'absence de guichet ou plutôt la présence de Totoro dès l'accueil. Car la star des nippons c'est bien lui. Il est à Ghibli ce que Mickey est à Disney, Bugs Bunny à la Warner, Shrek à DreamWorks. Le produit dérivé le plus vendu du Japon (hors manga comme One Piece ou Naruto) est une star.

Sous son guichet, on note les petites boules de suie (adorables en porte clefs) du Voyage de Chihiro.

Le bâtiment commence alors à se dévoiler : maison biscornue s'enfonçant dans le sol, avec quelques annexes pour un restaurant, et des arbres partout aux alentours.

Le Musée Ghibli n'est pas un parc d'attraction malgré les apparences. Mais ce n'est pas non plus un Musée au sens où un occidental l'entend. Mais ça on ne le sait pas avant d'y entrer, quand on nous donne le plan.

De tous âges et de tous pays, la cohorte de "Miyazakiphiles" entrent dans le lieu, tous curieux. Ici il faut descendre un escalier pour commencer la visite. Mais, on vous le précise bien d'emblée : après vous suivez le parcours que vous souhaitez, vous pouvez choisir escaliers, ascenseurs, passerelles, et surtout faîtes bien tout dans le désordre.

C'est important de le préciser : parce qu'en fait le Musée Ghibli est plutôt un mausolée... ludique.

________

Hier : Avec ses projets, le Studio Ghibli entretient ses légendes
Demain : Musée Ghibli, hommage à l'animation et court métrage inédit

Musée Ghibli © vincy thomas

Cannes 2013 / Un film, une ville : Tokyo

Posté par vincy, le 18 mai 2013

Tokyo Tel père tel fils kore-eda

La plus grande ville du monde n'a jamais cessé d'être un lieu de cinéma : ses différents quartiers, son aspect futuriste ou encore son statut de mégapole mondiale ont évidemment servi de décor à de nombreux films japonais, y compris des mangas, des Godzilla et le dernier Kore-eda, Tel père tel fils (en compétition cette année à Cannes). Le cinéaste filme l'aspect moderne de la ville : ses tours glaçées, son métro bondé, la tour Skytree (la plus haute du monde) au loin, ou encore ses quartiers plus résidentiels, presque tranquilles. Il rejoint ainsi les films dOzu qui aimait filmer les mutations post-guerre de cette tentaculaire urbanité.

Les cinéastes étrangers ne sont pas en reste : James Bond y a posé les pieds dans On ne vit que deux fois. Hollywood y a tourné un épisode de Fast and Furious (Tokyo Drift) et Cars 2 faisait aussi des tours de piste là bas. les films d'action, tels Jumper, Inception, ou plus loin dans le temps Black Rain de Ridley Scott se sont déroulés sur les toits ou dans les ruelles de la ville. Hou Hsiao-hsien (Café lumière) et Abbas Kiarostami (Like Someone in Love) ont exilé leur cinéma durant le temps d'un film. Les Français sont tout autant fascinés : Michel Gondry et Leos Carax (en compagnie du sud coréen Bong Joon-ho) ont réalisé un film en trois segments, Tokyo! ; Jean Reno y goûtait l'action sauce Wasabi. Gaspard Noe nous hypnotisait dans Enter the Void, qui fut en compétition à Cannes. Tout comme Babel d'Inarritu, qui y passait une partie de son film puzzle mondialisé.

Quintessence du monde moderne, et dépaysante pour les occidentaux, Tokyo aura surtout été magnifiée par Sofia Coppola. Avec Lost in Translation, la cinéaste se baladait dans Shinjuki, le quartier qui ne dort jamais, et transformé le Park Hyatt, qui occupe les étages les plus hauts d'un immense complexe de gratte-ciels, en attraction touristique. Avec Tokyo sous nos yeux, étendue à l'infini, et à jamais entrée dans l'histoire du 7e art.

Le Festival du film de Tokyo subit la guerre diplomatique du Japon avec la Chine

Posté par vincy, le 20 octobre 2012

feng shui wang jing yan bingyanLe 25e Festival de Tokyo, prévu du 20 au 28 octobre 2012, est dans la confusion la plus totale avec l'un de ses films de la compétition.

Feng Shui, de Wang Jing, est-il toujours dans la course aux prix du vénérable festival (et l'un des plus importants d'Asie)? La Chine a décidé de le retirer, unilatéralement, de la sélection, en guise de représailles diplomatiques. Depuis cet été les deux pays sont en litige autour des îles - inhabitées - Senkaku (nom japonais, les Chinois les appelant Diaoyutai). Cette dispute territoriale a déjà amené les Chinois à retirer des livres japonais de la vente en Chine.

Seulement voilà. Le Festival indique dans un communiqué qu'il n'a, pour l'instant, reçu aucune lettre ou notification officielle de la Chine à propos du film. Il est fort probable que le Festival conserve son indépendance artistique en ne tenant pas compte de la volonté chinoise.

Par conséquent, le film est maintenu dans la compétition même si les producteurs (qui dépendent politiquement et financièrement du gouvernement chinois) ont annoncé jeudi que "le gouvernement japonais et les partis d'extrême-droite n'ont pas manifesté une attitude sincère quand aux causes même de ce différend qui a heurté profondément le peuple chinois", confirmant ainsi la volonté de la Chine de ne pas être présente au Festival de Tokyo.

Par le relais de l'agence chinoise Xinhua, un communiqué a été envoyé, affirmant que Feng Shui était retiré de l'événement, qui débute aujourd'hui. L'organisation de la manifestation a également confirmé que l'actrice du film, Yan Bingyan avait annulé sa venue, sans donner une raison particulière.

Sans savoir si lié, le hong-kongais Raymond Chow, certes très vieux (83 ans), fondateur mythique de la Golden Harvest (Bruce Lee, Jackie Chan), a lui aussi annulé sa participation. Il devait recevoir un prix d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. A priori, il invoque plutôt une raison médicale.

Le Festival de Tokyo présentera en compétition le film français Le fils de l'autre, en séances spéciales Les adieux à la Reine, le nouvel Assayas, dans la sélection World Cinéma, mais aussi l'avant-première de Skyfall, le film du Cirque du Soleil, Worlds Away, en ouverture et Une nouvelle chance, avec Clint Eastwood, en clôture. Le jury est présidé par Roger Corman.