Daily Cannes: des enfants, pas de snap, du langage des signes et Michelle

Posté par cynthia, le 18 mai 2017

Comme chaque jour petit tour d'horizon cannois avec la conférence de presse du jour, le focus célébrité et le tweet qui fallait voir.

En ce 18 mai c'est une spéciale Wonderstruck de Todd Haynes. Au vu du standing ovation de fin de séance, ce film sur l'enfance et la surdité n'a pas fini de faire parler de lui. Décrit comme une douce rêverie, Todd Haynes a plongé le spectateur dans un songe sonore puissant et prenant, selon certains avis, ou a ennuyé selon d'autres.

La Conférence de presse du jour: Wonderstruck de Todd Haynes.

La conférence s'est déroulée en plusieurs langues, dont celle des signes, grâce à la toute jeune actrice Millicent Simmonds, malentendante. La beauté du moment a été la réponse en anglais et signée de son camarade le jeune Jaden Michael (qui incarne l'ami du jeune héros Ben) afin que la jeune fille comprenne: on a adoré. Autre love moment, lorsque nous avons aperçu Brian Selznick, le scénariste et écrivain de Wonderstruck e( de Hugo Cabret): classe et sexy, il a prouvé en quelques battements de cils que l'on peut être fondu d'écriture et être un sex appeal sur pattes (il n'y a qu'à nous voir, nous à écran noir, on est tous sexy et accro à l'écriture).

Adapté de son propre bouquin, Wonderstuck a été directement proposé à Todd Haynes qui n'a pas hésité à faire fonctionner son âme d'enfant car "tout à avoir avec l'imagination, la complexité des enfants...on a tout à apprendre des enfants!"
Oui le réalisateur de Carol a précisé que Wonderstruck était bien un hymne à nos jolis morveux qui méritent d'être observés et côtoyés plus souvent, comme aime le dire également l'actrice Michelle Williams: "J'aime travailler avec les enfants et pour les enfants."
Le jeune héros (à croquer) Jaden Michael confie qu'il ne fait pas partie de la génération actuelle, celle des fondues de snapchat ("je n'ai pas Snapchat"), des écrans et autres machines briseuses d'imagination: "plus jeune, je jouais avec des boîtes de conserve vides, j'espère que ce film va donner envie aux enfants de jouer avec des boîtes de conserve vides ou des Lego plutôt que faire des choses trop compliquées et sophistiquées" (petit clin d’œil à la génération 2.0).

Le film est produit par Amazon, et qui dit plateforme internet, dit Netflix, torchon brûlant du moment. Forcément la polémique est tombée et la réponse du réalisateur a fusé: "Amazon n'a rien à voir avec ce débat. Ils cherchent à donner des nouvelles opportunités aux réalisateurs de films d'art et d'essai, ce sont des gens qui aiment vraiment le cinéma. Après c'est toujours mieux de voir quelque chose sur grand écran et nous nous orientons dans cette direction."

Du coup, je lance un appel personnel à Netflix. Oh plateforme tentatrice et diffuseur de séries merveilleuses et de films grandioses, ne déconnez pas et sortez vos films en salles!

Focus du jour : Michelle Williams

Ex-blondinette de Dawson, interprète de Marilyn Monroe (rien que ça), nommée aux Oscars et j'en passe, Michelle Williams a honoré la croisette de ses douces mirettes et gambettes, alors qu'elle n'a qu'un rôle furtif dans le film de Haynes.
Ce n'est pas la première fois que la belle monte les marches, puisque, déjà, en 2010, elle était aux côtés de Ryan Gosling pour Blue Valentine de Derek Cianfrance. Et si Michelle Williams n'est pas une grande habituée du Palais, il n'empêche que nous n'avions d'yeux que pour elle lors de la présentation de Wonderstruck. Quelque chose nous dit qu'elle reviendra...peut-être dans le jury comme Jessica Chastain?

Le tweet du jour

Ce tweet nous le devons à mon confrère Wyzman, qui a entendu la chose la plus what the fuck qui soit!

Comme quoi au festival il faut savoir garder les yeux mais surtout les oreilles grandes ouvertes!

Bob Dylan, prix Nobel de littérature, objet de fascination au cinéma

Posté par vincy, le 15 octobre 2016

Prix Nobel de littérature, qui aurait pu le croire? Bob Dylan, musicien légendaire, chanteur iconique, poète indéniable, a donc fait entrer la chason folk dans le cercle littéraire. L'art mineur de Serge Gainsbourg s'invite dans les arts majeurs.

Mais Bob Dylan c'est aussi du cinéma. Si on croit la base IMDB, plus de 600 films (Forrest Gump, American Beauty, The Big Lebowsky, Jerry Maguire, Snake Eyes, Las Vegas Parano, Outsider entre autres), téléfilms et séries (évidemment les Simpsons mais aussi True Detective, How I met Your Mother, Deux flics à Miami ou Glee) ont utilisé ses chansons. Il en a d'ailleurs composé une pour My Own Love Song d'Olivier Dahan. Et avec une chanson écrite pour Wonder Boys de Curtis Hanson, il a remporté un Oscar et un Golden Globe.

On le sait moins mais Bob Dylan a aussi été acteur. Dans Pat Garrett et Billy le Kid de Sam Peckinpah (le seul qui vaille le détour), Hearts of Fire de Richard Marquand, Catchfire de Dennis Hopper, Paradise Cove de Robert Clapsadle et Masked and Anonymous de Larry Charles, sur un scénario qu'il a coécrit sous le nom de Sergei Petrov.

Il également écrit (avec Sam Shepard), interprété ET réalisé un film, Renaldo and Clara en 1978 (notons que si Bob joue dans cette fiction, c'est Ronnie Hawkins qui incarne Dylan), cinq ans après avoir écrit et réalisé le documentaire Eat the Document, qui racontait la tournée anglaise de 1966 appelée "Judas".

On ne peut pas éviter de mentionner La dernière valse, ultime concert de The Band, filmé par Martin Scorsese et où apparaît, entre autres, le chanteur. Scorsese, avec le documentaire No Direction Home, en 2005, se concentre sur Dylan et présente les débuts de sa carrière et des concerts et des tournées aux USA et en Europe.

Et puis, last but nos least, Dylan a été mythifié par le 7e art sans mentionner I'm not there, réalisé par Todd Haynes en 2007. La musique de Dylan y est omniprésente. Et pour cause: Bob Dylan y est incarné par six acteurs différents, pour chaque période de sa vie , avec un personnage reflétant une facette de sa vie, de ses influences ou de sa personnalité (Marcus Carl Franklin, Ben Whishaw, Heath Ledger, Christian Bale, Richard Gere et Cate Blanchett). Un biopic puzzle entre faits et fiction. C'est peut-être là qu'il faut chercher les origines de ce Nobel étrange. Dylan est un caméléon, qui fait de la poésie des chansons, de sa vie un matériau littéraire ou cinématographique, de sa vie une introspection métaphysique qui vire à l'universel.

La National Society of Film Critics récompense Spotlight, Carol et Timbuktu

Posté par vincy, le 3 janvier 2016

Pas de favoris du côté de la National Society of Film Critics. Mais un bon indicateur en pleine période "électorale" des Oscars. Spotlight et Carol se disputent toujours les meilleures places. Charlotte Rampling dans un film anglais et Kristen Stewart dans un film français prennent l'ascendant côté actrices. Même si Timbuktu a déjà été nommé aux Oscars en février dernier, il remporte un prix supplémentaire en bout de course, avec le prix du meilleur film en langue étrangère.

Spotlight a gagné le prix du meilleur film et celui du meilleur scénario tandis que Carol a décroché ceux du meilleur réalisateur (pour Todd Haynes) et de la meilleure photo. Mark Rylance (dans Le pont des espions) et Kristen Stewart (dans Sils Maria, d'Olivier Assayas) ont été distingués dans la catégorie meilleurs seconds-rôles masculin/féminin. Michael B. Jordan (dans Creed) et Charlotte Rampling (dans 45 Years) ont été récompensés dans la catégorie meilleur acteur/actrice.

6 films que l’on a hâte de voir en 2016

Posté par vincy, le 1 janvier 2016

Midnight Special de Jeff Nichols - MPM

"Le film que j’attends le plus en 2016 ? C’est un film dont je n’ai pas encore entendu parler, dont je n’attends rien, et que je reconnaîtrai le cœur battant en le voyant, parce qu’il me bousculera et me donnera la sensation que le cinéma a encore tout à dire et à inventer. S’il faut absolument citer un titre, ça pourrait être Midnight special de Jeff Nichols, parce qu’il a les capacités pour provoquer ce genre d’émotions."

Batman v Superman de Zach Snyder - Wyzman

"S'il y a bien un film que l'on est en droit d'attendre avec impatience, c'est sans conteste Batman v Superman : L'Aube de la Justice. Le film le plus cher de toute l'histoire réunira en effet les deux plus grands héros de bande dessinée qui soient, ou du moins mes préférés. Réalisé par Zack Snyder (le papa de 300 et Watchmen), ce Batman v Superman devrait être son Réveil de la Force… Ou ne sera pas !"

Carol de Todd Haynes - Cynthia

"Le cru 2016 semble alléchant et devant ces mets cinématographiques qui donnent l'eau à la bouche, mon choix s'est porté sur Carol de Todd Haynes. Comment ne pas être impatient face à un film qui met en scène l'iconique Cate Blanchett et l'étoile montante Rooney Mara et sa légèreté qui lui est propre dans des tenues sublimes des années 50. Ajoutons à cela une histoire d'amour qui fait triompher la différence dans un monde cruellement fermé d'esprit et cela donne un cocktail sulfureux que j'ai hâte de dévorer au cinéma en 2016."

The Neon Demon de Nicolas Winding Refn - Kristofy

"Nicolas Winding Refn a su imposer sa marque (NWR) et son style (l'art est un acte de violence). Après Drive, Only God Forgives et Bronson et la reconnaissance de ses pairs dans le circuit des festivals même si l’adhésion du public n’est pas toujours au rendez-vous, on attend vraiment The Neon Demon avec Elle Fanning, Keanu Reeves, Christina Hendricks, Jena Malone : une jeune mannequin qui sera l'objet de désirs d’autres femmes prêtes à tout pour 'prendre' sa beauté et sa vitalité... Comment sera racontée ce genre d'histoire dans le Los Angeles d'aujourd'hui avec le goût de Nicolas Winding Refn pour une sophistication très graphique ? The Neon Demon sera aussi son premier film où des femmes seront les personnages principaux. Grosse attente pour cette année 2016, avec une présence probable au prochain Festival de Cannes..."

Jodorowsky's Dune d'Alejandro Jodorowsky - Geoffroy

"Puisqu'il est si difficile de ne citer qu'un seul film pour nommer le plus attendu de l'année 2016, celui qui m'inspire le plus, en dehors des quelques événements ciné incontournables, est un film qui ne s'est jamais fait. Ce paradoxe, non rédhibitoire, est l'occasion de visionner sous la forme documentaire la préparation de l'adaptation avortée du roman Dune de Frank Herbert par le réalisateur Chilien Alejandro Jodorowsky. Jodorowsky's Dune relate, bien avant le long-métrage culte de David Lynch, l'incroyable projet - fou dira t-on par la suite - aussi pharaonique que don quichottesque d'un artiste au service de son art."

Julieta de Pedro Almodovar - Vincy

"Trois ans que Pedro Almodovar n'a rien sorti. Après une série d'oeuvres majeures (et dramatiques) au début des années 2000, le cinéaste espagnol a moins convaincu avec successivement un film passionnel et tragique, un thriller glaçant et tendu et une comédie loufoque mais un peu ratée. C'est dire si l'attente est grande avec ce Julieta (anciennement Silencio) qui naviguera entre les années 80, qui lui furent si inspirantes, et aujourd'hui. En allant chercher de nouvelles têtes (muses), en retrouvant un récit mélodramatique et une histoire de femmes (ses deux marottes), on espère forcément voir un grand Almodovar sur les écrans, et sans doute sur les marches à Cannes. Le plus surprenant sera sans doute le style qu'il nous promet plus intime, plus sombre, moins drôle. Le rouge ferait place au vert et au brun. C'est tout ce qu'on souhaite d'un maître du cinéma: qu'il nous étonne encore et toujours."

Mon film de l’année 2015: The Lobster de Yorgos Lanthimos

Posté par vincy, le 30 décembre 2015

2015 restera sans doute comme une année sombre pour les Français. De Charlie Hebdo au Bataclan, les attentats ont marqué l'année et les esprits. Aussi, quand il a fallu choisir un film, parmi les trois cents vus cette année, mon choix aurait pu être un divertissement intelligent (Vice-Versa, Shaun le mouton), une oeuvre formelle sidérante ou séduisante (Le fils de Saul, Tangerine), une fresque politique qui en dit long sur le délitement de la société (Au-delà des montagnes), une comédie de résistance (Taxi Téhéran) ou un drame lucide de rébellion (Much Loved), une oeuvre absurde et poétique (Un pigeon perché sur une branche..., Vincent n'a pas d'écailles), un polar nostalgique (Phantom Boy, Avril et le mondre truqué), un drame dénonciateur (El Club), un film binational bouleversant (Mustang), un poème romantique (Hill of Freedom), un délire jouissif (Les nouveaux sauvages, The Voices) ou même l'un des films cités par les autres rédacteurs d'Ecran Noir. Du contemplatif Apitchapong Weerasethakul au saignant Alberto Rodriguez en passant par le clinique Ruben Östlund, les cinéastes d'ici ou d'ailleurs ont rendu l'année cinéma riche et variée, même si, souvent, les sujets étaient aussi sombres que l'actualité.

Et c'est bien parce que 2015 fut peu joyeuse que je voulais choisir un film qui évoque l'amour. Après tout, c'est encore le seul sentiment qui peut nous faire oublier l'horreur économique ou les peurs de notre époque. Carol aurait été le candidat évident. Mais il ne sort que le 13 janvier. Dans le film de Todd Haynes, l'amour est dévastateur, irrésistible, passionnel et donc irrationnel. Il fait fi de la censure, des carcans, du conservatisme et s'impose comme le seul remède pour s'affranchir, s'émanciper, bref, être libre. Il nous coupe le souffle et nous tire les larmes quand on devine que l'étreinte brisée pourrait se réparer par un simple baiser.

Ce qui peut faire écho à l'autre grand film de l'année, celui qui sera donc mon coup de coeur, The Lobster. Le film de Yorgos Lanthimos est aussi un film romantique, à sa façon. Le cadre est tout aussi autoritaire. Si, dans Carol, la société rejette un amour homosexuel, dénie le droit de vivre hors des conventions, dans The Lobster, la Loi oblige à être en couple. Le cinéaste grec imagine alors une fable parfois surréaliste, parfois allégorique, toujours plus réaliste qu'on ne le croit, sur un vivre-ensemble liberticide. Dans ce monde étrange, un célibataire peut devenir un animal s'il ne trouve pas de partenaire. Il n'a pas le droit de se masturber. Il doit s'obliger à trouver un(e) alter-ego quitte à modifier son comportement ou mentir pour séduire. Question de survie. Avec un humour décalé, quelques situations cocasses, The Lobster dessine la noirceur de notre temps, où le mariage semble un aboutissement évident, où vivre seul est toujours considéré comme une tare. Le célibataire serait un handicapé, bon à revenir à l'état bestial.

Fascinant, le film bascule ensuite dans le camps de ceux qui se révoltent. Les rebelles ont pris le maquis. Mais, par posture, par idéologie, par esprit de contradiction, eux refusent toute idée du couple. Le solitaire est roi dès lors qu'il n'y a aucun "solitaire" (diamant) en jeu. Yorgos Lanthimos réussit à montrer à quel point il est absurde de vouloir dicter les sentiments, de décider à leur place ce qui est bien, au nom du collectif. Mais, comme dans Carol, le film est un hymne à la liberté amoureuse, à cet amour plus fort que tout, à cette émotion si intense qu'on en devient aveugle ou fou, prêt à laisser tomber toute sa vie d'avant. L'amour nous projette dans un avenir qu'on imagine heureux, joyeux, immortel. Cela vaut tous les sacrifices. La satire est acide. La symétrie parfaite. La dialectique habile. La farce cruelle. La fantaisie pessimiste.  Au passage, il égratigne le consumérisme, le repli sur soi, l'idéologie sectaire et donc exclusive. Esthétique, glaçant et glacé, morbide, c'est orwellien, frigide et grinçant.

Sans doute parce que l'oeuvre est plus terrifiante que romanesque, il s'agit non pas d'une simple critique de notre monde mais d'un appel à refuser la norme. La normalité est aliénante, qu'elle soit conservatrice ou extrêmiste. Refuser l'autre sous prétexte qu'il est différent, détruire l'autre sous prétexte qu'il ne rentre pas dans les cases de sa grille (intellectuelle, sociétale, politique, idéologique). Sous ses allures intrigantes et audacieuses, The Lobster est davantage le portrait de notre désenchantement et de notre impuissance qu'un drame romantique, même si les élans du coeur font pousser des ailes à ceux qui ont trouvé l'amour, le vrai. La seule emprise capable de faire oublier le déclin de nos empires.

Les critiques de New York succombent au charme de Carol

Posté par vincy, le 2 décembre 2015

Todd Haynes réussit à faire presque aussi bien qu'en 2002 avec Loin du Paradis quand il avait emporté 5 prix à l'issue des votes du cercle des critiques de New York (film, réalisateur, scénario, image - déjà Edward Lachman - et les deux seconds rôles). Cette année, avec Carol, il obtient l'image, le scénario, la réalisation et surtout le titre de meilleur film. Carré d'as. Autant dire qu'il rafle l'essentiel et que Carol est définitivement dans les starting blocks pour les Oscars (l'an dernier Boyhood avait raflé trois prix dont film et réalisateur avant de devenir l'un des films les plus primés de la saison).

Notons aussi une sorte de razzia franco-cannoise (Le fils de Saul, Timbuktu et Sils Maria, tous produits en France), qui, avec Vice-Versa, donne ainsi 8 prix, indirectement aux sélections de Thierry Frémaux.

Meilleur film: Carol
Meilleur réalisateur: Todd Haynes (Carol)
Meilleur acteur: Michael Keaton (Spotlight)
Meilleure actrice: Saoirse Ronan (Brooklyn)
Meilleur film d'animation: Vice-Versa
Meilleur documentaire: In Jackson Heights
Meilleur scénario: Phyllis Nagy (Carol)
Meilleure image: Edward Lachman (Carol)
Meilleur second-rôle masculin: Mark Rylance (Le Pont des espions)
Meilleur second-rôle féminin: Kristen Stewart (Sils Maria)
Meilleur film étranger: Timbuktu
Meilleur premier film: Le fils de Saul
Prix spécial: William J. Becker (1927-2015), patron du distributeur Janus Films
Prix spécial: Ennio Morricone (pour la musique de The Hateful Eight)

Cannes 2015: Carol, Queer Palm distinguée

Posté par vincy, le 24 mai 2015

La Queer Palm 2015 a été décernée au Silencio samedi 23 mai, dans une salle bondée (open bar en bonus).

Le jury de la Queer Palm présidé par l’actrice et réalisatrice américaine Desiree Akhavan a récompensé Carol, de Todd Haynes, film de la compétition dans le cadre de la Sélection officielle. C'est la première fois qu'un film en lice pour la Palme d'or emporte la Queer Palm. Carol a reçu le prix "pour ses performances à fendre le cœur, pour sa mise en scène soignée et distinguée, pour sa maîtrise impressionnante de l’art cinématographique."

Une mention spéciale a été attribuée à un autre film de la compétition, The Lobster de Yorgos Lanthimos, "un film qui ne contient aucun élément “gay”, mais qui se démarque par la manière dont il se moque des normes sociales absurdes et des conventions sur les relations sexuelles. Une allégorie parfaite, qui fait écho à un manque de représentation ouvertement gay à Cannes."

Enfin, la Queer Palm du court-métrage est revenue au film chilien Locas Perdidas (Lost Queens) d’Ignacio Juricic Merillan, qui a aussi reçu le 2e prix de la Cinéfondation.

Après deux heures de cérémonie, les fidèles de la Queer Palm ont terminé le Festival au Vertigo, avec la légendaire Miss Koka.

Cannes 2015 – les télex du marché: Todd Haynes foudroyé, Miles Teller en boxeur, Nicloux en Indochine et Cotillard face à Garrel

Posté par vincy, le 18 mai 2015

marché du film - cannes

Alors que la presse internationale lui a décerné la meilleure moyenne parmi les films en compétition pour Carol, le réalisateur Todd Haynes, cinéaste rare, a déjà annoncé son prochain film. Il adaptera le roman jeunesse Après la foudre (Wonderstruck) de Brian Selznick (auteur de L'invention d'Hugo Cabret, transposé par Martin Scorsese). Après la foudre est l'histoire de Ben et Rose qui auraient préféré que leurs vies soient différentes. Ben regrette de ne pas connaître son père, Rose est obsédée par la vie d'une actrice mystérieuse. Les deux enfants vont finalement vouloir trouver ce qui leur manque. Les deux histoires se déroulent avec 50 années d'écart, en 1977 et en 1927.

Miles Teller sera le boxeur Vinny Paz dans Bleed for this. Le tournage est achevé. La vie du champion de boxe va donc être dans les mois qui viennent un biopic sur les grands écrans. Le champion de boxe avait fait un retour triomphant sur le ring après avoir été victime d'un accident de voiture en 1991, alors qu'il était au sommet de sa carrière. Contre l'avis des médecins, il a repris l'entraînement et a gagné d'autres titres par la suite. Martin Scorsese est parmi les producteurs de ce film réalisé par Ben Younger.

En compétition à Cannes cette année avec Valley of Love, Guillaume Nicloux a déjà son prochain film en tête. Les confins du monde sera un drame historique, se déroulant pendant la Guerre d'Indochine, et inspiré du récit du journaliste et ancien parachutiste Erwan Bergot, Commandant Vandenberghe: Le pirate du Delta, publié en 1973. Scénarisé par Jérôme Beaujour (qui avait déjà collaboré avec Nicloux sur La Religieuse), le film explore la vie d'un commandant dans l'Indochine des années 40, entre premiers conflits rebelles et romance avec une vietnamienne. Gérard Depardieu serait en négociations pour le rôle. Le tournage est prévu au Cambodge au printemps 2015.

Et enfin, un petit post-scriptum: Louis Garrel sera le partenaire de Marion Cotillard dans l'adaptation du roman Mal de Pierres de Milena Agus (lire notre article du 12 juillet 2014) et réalisée par Nicole Garcia.

Le film de Todd Haynes « Loin du Paradis » transposé à Broadway

Posté par vincy, le 4 juin 2013

loin du paradis far from heavenLoin du Paradis est sans doute le meilleur film, sinon le plus beau, de Todd Haynes. Sorti il y a 11 ans, quatre fois nommé aux Oscars et aux Golden Globes, cinq fois primé aux Independent Spirit Awards, le film réunissait Julianne Moore en épouse délaissée par un mari aux désirs homosexuels de moins en moins refoulés (Dennis Quaid) et tombant amoureuse de son jardinier noir (Dennis Haysbert) en pleine période de ségrégation raciale.

C'est désormais un drame musical qui se joue "off-Broadway" depuis dimanche (après un mois d'avant-premières) au Playwrights Horizons (petit théâtre de 198 places) de New York. Pour ceux qui envisagent un voyage à "Big Apple", la pièce se jouera jusqu'à début juillet, pour l'instant. Le spectacle avait été rodé au Festival de Williamston l'été dernier.

Divisée en deux actes, cette pièce de deux heures a été adapté par le dramaturge Richard Greenberg (Tony Award pour "Take Me Out"), le musicien Scott Frankel et le parolier Michael Korie. Mis en scène par Michael Greif (on lui doit Rent), Far from Heaven réunit quelques pointures du secteur : Kelli O'Hara, Steven Pasquale et Isaiah Johnson pour les trois rôles principaux.

Ce n'est ni le premier ni le seul film qui inspire les metteurs en scène. Mme Doubtfire, Big, Billy Elliott, La cage aux folles, The Producers, Priscilla Queen of the Desert, Little Miss Sunshine, Sister Act, Martin Guerre, The Full Monty, Peggye Sue s'est mariée, Femmes au bord de la crise de nerfs sont autant d'exemples ... A Los Angeles, le Pasadena Playhouse vient de lancer une version musicale de Nuits blanches à Seattle.

Cannes 2013 : les télex du marché (7) : Bruce Willis, Gael Garcia Bernal, Miguel Gomes, Todd Haynes, Peter Webber, Winnie l’Ourson

Posté par vincy, le 23 mai 2013

Ouf. Le budget d'Expiration, avec Bruce Willis en tête d'affiche, a été bouclé. 60 millions de $ seront dépensés pour ce thriller qui se focalise sur un tueur à gages empoisonné et dont la mort est proche s'il ne trouve pas une solution. Le film sera réalisé par Brian Tucker. Tournage au printemps 2014.

Evita again? Cette fois-ci le mythe argentin ne sera pas un drame musical. Réalisé par Pablo Aguero, Evita s'intéresse à la dépouille de la femme du dictateur Peron, morte en 1952. Mais, au coeur d'enjeux politiques, elle ne sera enterrée qu'en 1975. Gael Garcia Bernal incarnera l'amiral Emilio Eduardo Massera ; Evita sera interprétée par Mia Maestro.

Il était une fois. Tandis qu'il préside le jury de la Semaine de la critique, le réalisateur du très remarqué Tabou, Miguel Gomes, a annoncé son prochain projet. Les 1001 nuits sera un long tournage de huit mois, à partir de septembre. Gomes explique que son film est une transposition moderne et réaliste du célèbre conte. Le film ne sortira pas avant fin 2014-début 2015.

Women. Il n'a rien tourné pour le cinéma depuis 2006 (I'm not there), même s'il a marqué les esprits avec sa version TV de Mildred Pierce il y a deux ans. Todd Haynes reviendra dans les salles avec Carol, qui réunira Cate Blanchett et Mia Wasikowska. Carol est l'adaptation d'un roman de Patricia Highsmith, Les Eaux dérobées. L'histoire, qui se déroule dans les années 50, est celle de deux femmes, une jeune ambitieuse qui travaille dans un grand magasin et d'une épouse piégée dans un mariage sans amour.

De l'or. Après La jeune fille et la perle, Peter Webber adaptera le roman historique de Rose Tremain, The Colour. L'auteure signera elle-même le scénario de ce film qui se tournera l'an prochain. Webber posera ses caméras en Nouvelle-Zélande. Il s'agit de l'histoire d'un jeune couple qui cherche à faire fortune en profitant d'une ruée vers l'or dans les années 1860.

L'ours. On connaissait les dessins animés (et même le film d'animation en 2011) avec Winnie l'ourson. Voici le biopic (un de plus) sur son créateur, Alan Alexander Milne. Goodbye Christopher Robin se concentrera plus particulièrement sur la relation compliquée entre le créateur et son fils. Le film se tournera durant l'été 2014 sur l'Ile de Man.