De la scène à l’écran: le cinéma français s’entiche de spectacles

Posté par vincy, le 3 juin 2017

Lors du marché du film de Cannes, on a remarqué le vif intérêt pour les spectacles (souvent d'humour) comme matériaux d'inspiration pour les producteurs, scénaristes ou réalisateurs.

Michèle Laroque vient de terminer sa première réalisation, Brillantissime, d'après la pièce Mon brillantissime divorce de Géraldine Aron (2009) que l'actrice avait joué et mise en scène. Le film reprend la même histoire - une femme se fait plaquer et se retrouve seule le soir de Noël. Dans cette comédie, on retrouvera Kad Merad, Pascal Elbé, Françoise Fabian, Gérard Darmon, et Rossi de Palma.

Autre première fois, celle de Laurent Lafitte qui réalisera L'origine du monde, inspiré de la pièce éponyme de Sébastien Thiéry jouée au Rond-Point en 2013, comédie oedipienne et farce insolente à l'époque mise en scène par Jean-Michel Ribes.

Salomé Lelouch adapte actuellement sa propre pièce Politiquement correct (2016), avec Sylvie Testud et Thibault de Montalembert, qui reprend son rôle créé sur les planches. L'auteure et metteur en scène y raconte l'histoire d'une femme de gauche convaincue qui tombée amoureuse d'un homme d'extrême droite.

Louis Becker produira de son côté L'heureuse élue, l'adaptation de L'heureux élu (2016), la pièce d'Eric Assous avec Bruno Solo et Yvan Le Bolloc'h qui sera en tournée à partir de la rentrée. On y suit une très heureuse Charline, prête à épouser l’homme de sa vie : beau, riche, poli mais qui pense « différemment ». Le film sera réalisé par Sylvain Fusée et on note la collaboration au scénario de Blanche Gardin.

Enfin les deux humoristes hype Camille Chamoux et Vincent Dedienne (récemment récompensé par un Molière amplement mérité) seront aux côtés de Jonathan Cohen, Camille Cottin et Jérémie Elkaïm dans la comédie romantique de Patrick Cassir, Premières vacances. Ce sera le premier long métrage pour Dedienne. En attendant un jour un film adapté de son spectacle?

Cannes 2017: Nos retrouvailles avec Jeanne Balibar

Posté par vincy, le 18 mai 2017

Jeanne Balibar, ex-compagne de Mathieu Amalric, sera l'actrice devant incarner la chanteuse Barbara dans un biopic fictif, sous le regard de Mathieu Amalric. La comédienne ouvre Un certain regard, ce qui procure un certain plaisir. On avait cru Jeanne oubliée par le cinéma français. A Cannes, elle était du premier Desplechin en compétition, Comment je me suis disputé..., en 1996. Mais c'est en 2001, avec Va savoir, chez Jacques Rivette, toujours en compet, qu'elle a brillé, qu'elle nous a emballés, qu'elle tourbillonnait dans une fugue parisienne légère et théâtrale. Elle passe à Un certain regard l'année suivante avec 17 fois Cécile Cassard de Christophe Honoré et revient en 2004 en compétition grâce à Olivier Assayas dans Clean. Deux seconds-rôles. Elle est bien réapparue hors compétition par la suite, en voix de dessin animée ou "figurante" d'un gros casting international. Mais plus de quoi marquer les esprits.

C'est regrettable, car, avec sa silhouette de girafe, son timbre de voix envoûtant, son regard de biche, elle nous ensorcelait. Sa singularité dans le cinéma français la rendait séduisante et attachante. Aujourd'hui, Jeanne Balibar a 49 ans. Les hommes ont passé. Les fils ont grandi. Les combats sont toujours d'actualité pour cette femme engagée. Elle a eu ses galères.

Elle a débuté il y a 24 ans à la Comédie-Française et a joué dès ses débuts dans la cour d'honneur du Festival d'Avignon. Elle y fut Elvire. Quatre ans plus tard, elle quitte sa pension théâtrale pour se consacrer au cinéma, qui la sollicite de plus en plus. Le Desplechin l'a mise sur orbite. Elle devient l'une des égéries du nouveau cinéma français de la fin des années 1990. Elle tourne avec Laurence Ferreira Barbosa, Bruno Podalydès, Olivier Assayas, Benoît Jacquot, Jeanne Labrune, Raoul Ruiz, Guillaume Nicloux, et bien entendu Mathieu Amalric, qui en fait la muse de ses premiers films. On la voit aussi dans les téléfilms Balzac et Les Rois Maudits de Josée Dayan, Code 46 de Michael Winterbottom, Sagan de Diane Kurys (qui lui vaut sa quatrième nomination aux César), La Fille de Monaco d'Anne Fontaine et Le Bal des actrices de Maïwenn. Elle n'a jamais cessé de tourner. Mais elle était moins visible. Acceptant un rôle même mineur ou ne rencontrant pas le film majeur. Depuis près de dix ans, elle est même assez rare. Ses fidèles l'ont vue récemment dans la série télévisée Tunnel de Dominik Moll.

C'était au théâtre que cette intermittente savourait son travail. Molière, Duras, Genet, Corneille, Shakespeare, Tchekhov ou Claudel à ses débuts. Elle s'aventure ensuite chez Offenbach, Lem (une adaptation de Solaris), Olivier Py lui remettant le Soulier de satin à l'Odéon, Dumas en dame aux camélias, Handke à Avignon ou Dostoïevski à Berlin.

Et puis la cigale a chanté aussi, même quand l'hiver est venu. Deux albums au début des années 2000 et des chansons dans diverses compilations, en plus d'un duo avec un autre de ses ex, Philippe Katerine, intitulé "J'aime tes fesses".

Fiancée éternelle de pirates et flibustiers des arts et des lettres, Jeanne Balibar avait même essayé la co-réalisation avec Par exemple, Electre (mention spéciale au Jean-Vigo en 2012), film expérimental mettant en abime le processus de création théâtral et audiiovisuel.

Elle n'a pas été oisive, c'est le moins qu'on puisse dire. Mais cela fait longtemps que Jeanne Balibar n'était pas au centre de l'intention. Ce qu'elle sera en ce jeudi 18 mai avec l'ouverture d'Un certain regard, où elle simulera une comédienne devant incarner la mythique Barbara. "Dis, quand reviendras-tu, Dis, au moins le sais-tu, Que tout le temps qui passe, Ne se rattrape guère, Que tout le temps perdu, Ne se rattrape plus."

Victor Lanoux se carapate (1936-2017)

Posté par redaction, le 4 mai 2017

Populaire et attachant, l'acteur Victor Lanoux est mort dans la nuit du 3 au 4 mai à l'âge de 80 ans. Si les téléspectateurs le connaissent avant tout pour son rôle récurrent dans la série "Louis la Borcante", il fut également l'un des comédiens les plus en vogue dans le cinéma français des années 1970 aussi bien dans des polars que dans des comédies, parfois cultes. A partir de 1972 avec L'Affaire Dominici, Victor Lanoux devient une tête d'affiche, passant d'Yves Boisset (Folle à tuer, Dupont Lajoie) à Pierre Granier-Deferre (Adieu Poulet, Une femme à sa fenêtre). Mais c'est Jean-Charles Tacchella qui lui offre son plus beau rôle dans le sensible Cousin, Cousine, trois fois nommé aux Oscars et quatre fois aux César (dont une nomination pour l'acteur).

Cependant, c'est bien dans la comédie de mœurs qu'il va exceller grâce à Yves Robert et son diptyque culte Un éléphant ça trompe énormément et Nous irons tous au paradis, portraits d'hommes faillibles dans une époque résolument féministe, où il incarne un séducteur dont l'assurance s'effrite et la confiance mâle est déstabilisée ("On fait l’amour libre, chacun fait ce qu’il veut. Enfin surtout moi, parce que dans la femme il y a quand même la mère de famille avant tout").

Lanoux jouera pas mal de ce statut d'homme moyen et dragueur. Il essaie pourtant de ne jamais s'enfermer dans un rôle, tournant aussi bien avec Claude Berri (Un moment d'égarement, qui a donné lieu à un récent remake), Gérard Oury (La carapate, joli duo burlesque avec Pierre Richard, son partenaire de cabaret), Jean-Marie Poiré (le vaudevillesque Retour en force), Alain Jessua (l'étrange film Les chiens, avec Depardieu), Peter Kassovitz (le touchant Au bout du bout du banc) n'ont hélas pas forcément été à la hauteur de son talent. Il pouvait jouer les cocus, les papas, des flics (plutôt gradés), les salauds. Lanoux avait la gueule d'un sympathique ou d'une ordure.

Les années 80 ont été plus cruelles avec lui même s'il s'est amusé dans Y a-t-il un Français dans la salle ? de Jean-Pierre Mocky. Il enchaîne les modestes films policiers (Une sale affaire de Alain Bonnot, Un dimanche de flic de Michel Vianey, Canicule d'Yves Boisset, Les Voleurs de la nuit de Samuel Fuller, etc...), souvent partenaire des plus grandes actrices du moment, d'Annie Girardot à Nicole Garcia. Il est plus convaincant quand les auteurs l'emmènent dans des territoires plus troublants à l'instar de Yannick Bellon qui en fait un flic troublé amoureusement par un jeune musicien (La triche), Jean-Loup Hubert qui l'enrôle pour être un ancien virtuose de l'accordéon au chômage (La smala), André Téchine qui lui offre un personnage d'époux (séparé) de Deneuve et père (en conflit avec son fils) dans un drame passionnel (Le Lieu du crime).

Ses derniers films - Le Bal des casse-pieds d'Yves Robert, Les Démons de Jésus de Bernie Bonvoisin et Reines d'un jour de Marion Vernoux - montrent qu'il était ouvert à tous les styles, sans distinction, ce qui aidait sans doute des cinéastes aussi différents à projeter toutes sortes de personnages sur lui, costaud et vulnérable, bourru et charmeur, dur et émouvant.

Métissé de naissance - un père juif tunisien et une mère catholique normande - Victor Robert Nataf a vécu dans la Creuse dès le début de la Seconde Guerre sous le nom de Victor Lanoux. Ancien ouvrier, puis parachutiste et machiniste, il devient comédien en regardant jouer Anthony Quinn sur le plateau de Notre-Dame de Paris. Il suit alors les cours par correspondance proposés par Cinémas du monde et le Conservatoire indépendant du cinéma français.

En 1961, il commence sa carrière sur les planches des cabarets avec Pierre Richard, avec succès, et devient un acteur régulier du Théâtre national populaire (TNP). Il a été aussi metteur en scène de théâtre et a joué jusqu'à la fin du XXe siècle sur scène. En 2007, après un malaise et une opération qui a mal tourné, il devient paraplégique mais s'obstine à vouloir récupérer ses moyens. Il tourne pour la télévision jusqu'en 2015, date officielle de sa retraite.

Cet "artiste du peuple" tel qu'il se définissait était fragile. Il avait récemment tenté de mettre fin à ses jour, fati­gué de souf­frir après deux lourdes opéra­tions de l’aorte. "Quand je repense à Pierre Richard, Barbara et d'autres, c'est une émotion. Parler de ces gens veut dire que je les ai aimés" expliquait-il nostalgique. Il était un peu las mais savait encore se battre pour défendre ses rôles ... S'il n'a jamais chômé, il a quand même sans aucun doute été frustré de ne pas être considéré comme un grand acteur de sa génération, injustement. Lucide, dans son livre, Laissez flotter les rubans, il écrivait "L'attente, disait Giraudoux, c'est un bonheur pour vierges. c'est un bonheur solitaire."

Un amour impossible entre Virginie Efira et Niels Schneider

Posté par vincy, le 17 mars 2017

Catherine Corsini va réunir deux des acteurs francophones - une Belge et un Québécois - les plus tendance du moment, dans Un amour impossible, adaptation de l'auto-fiction de Christine Angot publiée en 2015. Virginie Efira et Niels Schneider incarneront respectivement la mère et le père du personnage principal de l'histoire. Le Film français révèle que le tournage débutera le 1er juin, produit par Chaz productions (qui vient de sortir Jours de France cette semaine) et ultérieurement distribué par Le Pacte.

Virginie Efira vient d'être nommée au César de la meilleure actrice pour Victoria tandis que Niels Schneider a été récompensé par le César du meilleur espoir masculin pour Diamant noir.

Catherine Corsini et Laurette Polmanss on adapté le roman de Christine Angot (Prix Décembre 2015), qui se déroule de 1958 à nos jour et raconte l'amour inconditionnel entre une mère et sa fille. A Châteauroux, fPierre séduit en effet Rachel mais refuse de l'épouser. Il accepte cependant d'avoir un enfant avec elle, Christine, qu'elle devra élever seule. A l’adolescence, Pierre reconnaît officiellement sa fille, qui, fascinée par ce qu’il lui fait découvrir, s’éloigne de sa mère. Bien plus tard, Rachel apprend que Pierre viole Christine depuis des années (histoire que la romancière a raconté dans L'inceste, 1999).

Le tournage se déroulera à Châteauroux, Reims, Strasbourg, Paris, Nice et Gérardmer.

Christine Angot vient d'adapter Un amour impossible au Théâtre de l'Odéon, avec une mise en scène de Célie Pauthe et Maria de Medeiros et Bulle Ogier dans les rôles de la fille et de la mère. La pièce se joue jusqu'au 26 mars.

C'est la deuxième fois qu'un de ses romans est porté à l'écran, après le très beau Pourquoi (pas) le Brésil? en 2004, réalisé par Laetitia Masson.

Entre les frontières: les infiltrés prennent la parole

Posté par vincy, le 11 janvier 2017

Les murs se construisent partout: en Inde, aux Etats-Unis, en Hongrie, au Maroc, au Brésil, en Turquie, en Iran... Et en Israël. Avi Mograbi signe un documentaire percutant sur les immigrés clandestins venus d'Afrique, attendant d'avoir le statut de réfugiés en Israël. Ils sont parqués dans des camps (un comble quand on y pense de la part de l'Etat israélien), entassés en plein désert par centaines. Israël veut les renvoyer chez eux, dans leurs dictateurs ou pays en guerre. Finalement, Entre les frontières pourrait être filmé dans de nombreux pays. Le camp de Holot regroupe des "infiltrés" installés depuiz plusieurs années. Ils ont le droit de travailler, de se déplacer hors-les-murs, mais doivent revenir à chacun des trois appels de la journée.

"L’idée du film m’est venue lorsque j’ai entendu parler de l’histoire d’un groupe de vingt-et-un Érythréens, attrapés à la frontière, et qui avait été refoulés dans le désert égyptien, à l’exception de deux femmes et d’un adolescent qui avaient pu entrer en Israël", se souvient le réalisateur. "Cela m’a particulièrement choqué, parce que je me suis souvenu qu’à l’école, on m’avait appris, comme à tous les petits Israéliens, la façon dont la Suisse avait traité les Juifs arrivant d’Allemagne ou de France. On ne leur a pas accordé l’asile au prétexte que la persécution pour des motifs raciaux ou religieux n’était pas, alors, reconnue. Que ceux qui ont survécu à un tel rejet avant de fonder Israël rejettent aujourd’hui des humains comme leurs parents ou leurs grands-parents ont été rejetés me paraît incroyable".

Sa caméra s'installe ainsi au plus près de ces hommes, désespérés, incompris, mais résolus à ne pas revenir dans leur pays d'origine. "A Tel Aviv, il y a des gens qui disent "on ne veut pas de noirs"" explique l'un d'entre eux. Le cinéaste donne la parole aux exclus. Une seule fois, le réalisateur ose un doute :" des blancs seraient-ils traités pareil en Erythrée?"

Théâtre de l'opprimé

Un texte vient nous appeler les moyens déployés par Israël pour s'en débarrasser: l'objectif notamment législatif est d'inciter ces immigrants à partir d'eux-mêmes puisqu'ils ne sont pas expulsables selon les conventions internationales. Ils s'habituent, parfois se révoltent, vivent leur quotidien. Mais ici, rappelons-le, ce camp se situe dans une démocratie. Certes habitée par des racistes, des hypocrites, des populistes. Mais cela n'explique pas et ne justifie pas les conditions imposées à ces Africains fuyant l'horreur ou la famine.

Pour le film, Avi Mograbi a reproduit le Théâtre de l'opprimé, créé par le Brésilien Augusto Boal dans les années 1970. Avec Chen Alon, ils ont repris cette démarche où une troupe de marginaux ou d'opprimés interprète leur vie. Plutôt que de filmer leur longue migration et leurs multiples privations, le théâtre improvisé entre amateurs devient alors une réplique de leur parcours et de leur calvaire, depuis leur pays d'origine jusque dans les camps. Ces séquences donnent de la vie et de la poésie dans un film essentiellement basé sur le témoignage.

Entre les frontières est un joli réquisitoire contre ces No Man's Land choquants que des pays libres construisent pour mettre à l'écart des êtres. Un No Man's Land peuplé de parias. Le documentaire peut réveiller des consciences assoupies, révolter des humanistes incrédules, interpeller des spectateurs ignorants. C'est déjà ça. Il faudra quand même s'interroger sur cette époque où les capitaux et les armes circulent si facilement d'un pays à l'autre pendant que des Hommes voulant échapper à la mort ou à la misère sont jetés aux oubliettes ou traités comme un bétail en quarantaine.

Claude Gensac (1927-2016) s’en va

Posté par vincy, le 27 décembre 2016

Née le 1er mars 1927, l'actrice Claude Gensac s'est éteinte le 27 décembre 2016 à l'âge de 89 ans. Le grand public la connaît pour avoir été dix fois l'épouse de Louis de Funès au cinéma (sa "biche"). Elle a une filmographie impressionnante de plus de 100 films.

Blonde, toujours bien coiffée, a priori bourgeoise, la comédienne était inimitable dans le fantasque et la fantaisie. Diplômée du conservatoire (deuxième prix de tragédie, premier accessit de comédie), elle fait ses débuts au théâtre, dans le domaine plutôt tragique, enchaînant Corneille, Sartre, Claudel, Giraudoux. Elle n'a jamais cessé d'être sur les planches, jouant aussi bien George Bernard Shaw que Jean Poiret, Goerges Feydeau que Jean Anouilh. "Ma biche... c'est vite dit!" avait-elle choisi comme titre de ses mémoires pour rappeler qu'elle n'était pas que la femme-victime des frasques de De Funès.

Elle en voulait un peu à l'acteur de l'avoir réduite à ça. D'autant qu'à la mort de son ami et partenaire, elle a longtemps traversé le désert. C'est Sacha Guitry qui la repère pour son premier rôle au cinéma (La vie d'un honnête homme au côté de Michel Simon et d'un peu connu Louis de Funès). Après un passage chez Autant-Lara (Journal d'une femme en blanc), elle enchaîne les succès populaires avec De Funès: Oscar, la série des Gendarmes, Les grandes vacances, Hibernatus, Jo, L'aile ou la cuisse, L'avare, la soupe aux choux... Il n'y a bien que les films de Gérard Oury qui lui ont échappé.

Une reconnaissance très très très mais très tardive

Prisonnière de son rôle, elle ne retrouve finalement la grâce du cinéma qu'en vieille dame. Mère de Catherine Deneuve touchante et délicieuse dans Elle s'en va d'Emmanuelle Bercot en 2013, elle a enchaîné avec Lulu femme nue de Solveig Anspach (qui lui vaut à 88 ans sa première nomination aux César) et Baden Baden de Rachel Lang. Trop tard sans doute pour se réconcilier avec un 7e art qui n'a pas vu le potentiel qu'elle avait.

On la voit aussi s'amuser sur le petit écran dans Scènes de ménages, en femme de feu Michel Galabru, dans Nos chers voisins, dans Vénus et Apollon.

Elle aura joué jusqu'au bout, tant qu'elle pouvait, adorant passionnément son métier. Elle fut une comédienne dévouée et un bon soldat. Sans doute trop dépendante de Louis de Funès; Assurément assez professionnelle pour devenir la partenaire privilégiée de ce perfectionniste exigeant.

Fin de tournage pour la version cinéma de Momo

Posté par vincy, le 15 décembre 2016

Ni Muriel Robin, ni François Berléand. L'adaptation de la pièce de théâtre Momo aura Catherine Frot et Christian Clavier comme têtes d'affiche.

Commencé il y a deux mois, le tournage (en Belgique) se termine cette semaine. Momo, pièce écrite par Sébastien Thiéry mise en scène par Ladislas Chollat, et succès de la saison théâtrale parisienne 2015-2016 malgré son annulation précoce à cause des problèmes de santé de Robin, sera en tournée à travers la France à partir de février 2017, avec Robin et Berléand. La pièce a été nommée 4 fois aux Molières (actrice, comédie, second rôle masculin, auteur francophone vivant).

Sébastien Thiéry reprend le rôle qu'il tenait sur scène, celui de Momo et Pascale Arbillot, qui remplace Nini Lavallée.

Momo commence un soir, quand Monsieur et Madame Prioux découvrent stupéfaits qu’un certain Patrick s’est installé chez eux. Cet étrange garçon est revenu chez ses parents pour leur présenter sa femme. Or les Prioux n’ont jamais eu d’enfant. Pourtant, tout semble prouver que Patrick est bien leur progéniture. Mythomane, manipulateur, qui est ce Momo? Les Prioux ont-ils oubliés qu’ils avaient un gamin ? Madame Prioux, qui souffre de ne pas être mère, s’invente-t-elle un fils ?

Sébastien Thiéry, Molière de la pièce comique pour Cochons d'Inde en 2009, coréalise pour la première fois un film de cinéma, avec Vincent Lobelle.

Ultime soupir qui ne fait pas rire: Pierre Etaix est mort (1928-2016)

Posté par vincy, le 14 octobre 2016

Pierre Etaix est mort, a annoncé sa famille ce vendredi 14 octobre. Acteur, clown, cinéaste, affichiste, dramaturge et dessinateur, il avait 87 ans. Adorateur de Georges Méliès, ami de Jacques Tati, ex-époux d'Annie Fratellini, il était un héritier des Buster Keaton, Harold Lloyd et Charlie Chaplin.

Il avait commencé sa carrière en jouant les comiques dans les cabarets et les music-halls. En 1954, il rencontre Jacques Tati, avec qui il collabore en tant qu'assistant réalisateur sur le tournage de Mon Oncle, en plus de dessiner l'affiche. Logiquement, il passe derrière la caméra, avec Rupture, coréalisé avec Jean-Claude Carrière. Leur deuxième court, Heureux anniversaire, obtient l'Oscar du meilleur court métrage en 1963. Cette année là, il signe son premier long, Le soupirant, Prix Louis-Delluc.

La critique et la cinéphilie l'auront longtemps abandonné sans doute, soyons indulgents, par malentendu. Lors de sa grande traversée du désert, suite à l'échec de Pays de cocagne en 1969, il fonde, en 1973, l'Ecole nationale du cirque. Inventeur perpétuel, il se frottera au théâtre, aux images de synthèse, au feuilleton télévision et même au format Omnimax pour la Géode.

Son génie est davantage apprécié de l'autre côté de l'Atlantique. Son sens du comique, sa maîtrise du gag. Il y a 7 ans, grâce au festival Lumière, les Français redécouvre son immense talent avec la restauration de son œuvre. Longtemp impossible ce travail de restauration n'a pu être fait qu'après la décision d'un tribunal lui rendant les droits de ses films, détenus frauduleusement par Gavroche productions (lire notre actualité du 30 juin 2009).

Côté cinéma, il n'a réalisé que six films (dont le dernier en 1989, J'écris dans l'Espace. Sa carrière a été plus fournie en tant que comédien. On l'a notamment vu récemment dans les films d'Otar Iosseliani (Chantrapas), chez Jean-Pierre Jeunet en inventeur d''histoires drôles (Micmacs à tire-larigot), chez Philippe Kaufman (Henry et June) et enfin en docteur dans Le Havre d'Aki Kaurismäki.

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Edito: les liaisons de plus en plus amoureuses

Posté par redaction, le 8 septembre 2016

Les rentrées s'entrechoquent: littéraire, musicale, scénique, cinématographique, médiatique et politique. On savait déjà que les livres étaient toujours un matériau riche pour le cinéma (au minimum deux adaptations par semaine). Il est intéressant de constater que le cinéma se décline lui aussi de plus en plus sur la scène. Finalement tout se mélange. Le Fantôme de l'Opéra (à Paris dès le 13 octobre, après trente ans de succès à Londres et New York) est un livre français, un film américain et c'est le spectacle britannique qui est devenu la référence. Réparer les vivants fut un livre qui s'est très bien vendu, avant de devenir un seul-en-scène (actuellement au Théâtre du Rond-Point) et connaît une nouvelle vie au cinéma (le film est sélectionné à Venise). Et que dire de la franchise Harry Potter, devenue "l'univers magique de J.K. Rowling", qui se décline cette année au théâtre (à Londres), en livres (trois nouvelles numériques, la pièce publiée) et en film (premier épisode de la trilogie des Animaux fantastiques).
On s'y perdrait presque.
Le phénomène n'est pas si neuf. Après tout Le Roi Lion a d'abord été un carton au cinéma avant de devenir un phénomène musical. Idem pour Sister Act, Hairspray, Shrek, Mary Poppins, La belle et la bête (qui va être rebooté en "live-action")...
Mais le phénomène s'accentue. Actuellement, Avatar a été transformé par Le Cirque du Soleil : Toruk promet un spectacle dans l'univers de Pandora. On nous annonce Moulin Rouge! sur les planches d'ici deux ans (avec l'accord de Baz Luhrmann). Mais surtout Amélie, d'après Le Fabuleux destin d'Amélie Poulin, en comédie musicale là aussi, pour le printemps 2017. Pour la saison 2017/2018, pas moins de douze films ou livres déjà adaptés pour le cinéma seront transposés en pièces de théâtre ou comédies musicales à Broadway. La plus attendue sera évidement La Reine des neiges.

En France, on avait déjà eu le droit à Kirikou, Sur la route de Madison, La maman et la putain, Un singe en hiver, Le bal des vampires (par Polanski himself), etc... Désormais ce sont Les Choristes, la hit de Christophe Barratier, qui va être transposé en spectacle musical, mis en scène par le réalisateur lui-même. Lever de rideau le 23 février 2017. Et à la Comédie-Française, après son triomphe à Avignon, c'est l'adaptation du film de Visconti, Les Damnés qui fait l'événement de cette rentrée.

Trouple entre littérature, cinéma et théâtre

On voit bien que cinéma et théâtre entretiennent de plus en plus leur flamme amoureuse. On pourrait aussi se désoler de constater un manque d'originalité ou d'inspiration à vouloir chercher la recette qui peut fonctionner. Autant le cinéma a sa réputation de vampire, suçant livres, théâtre et histoires vraies. Autant le théâtre ne nous avait pas habitué jusque là à ce genre d'usages. Pourtant, regardons bien les affiches: Le rouge et le noir, Le fantôme de l'opéra, Oliver Twist, Notre-Dame de Paris. Tous ces spectacles musicaux de la rentrée sont issus de bouquins populaires et étudiés à l'école. Tous ont aussi été déclinés au cinéma. Alors pourquoi ne pas pousser la chansonnette sur une histoire que tout le monde connaît? Il y a une part d'inceste artistique, certainement. Une ambition amoindrie pour limiter les risques, assurément.

Cependant, si on est assez objectif, qui peut dire lequel Roi Lion est le meilleur, le Disney ou le Broadway? Comment avez-vous découvert Les Misérables entre le pavé d'Hugo, le mastodonte musical milliardaire et les différentes adaptations audiovisuelles? Cela prouve surtout que les bonnes histoires ne meurent jamais.

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Bérénice Bejo dans un film israélien, et sur les planches parisiennes

Posté par cynthia, le 4 juillet 2016

Après Le passé, L'enfance d'un chef et Fais de beaux rêves, Bérénice Béjo poursuit sa carrière internationale sera l'héroïne du prochain long-métrage du réalisateur Israélien Tom Shoval (Youth) intitulé Shake Your Cares Away.

Selon Variety, le film raconte la double vie d'Alma, une jeune femme Israélienne issue d'une famille riche qui, à ses heures perdues, se rebaptise Dafna afin de devenir une une idéaliste engagée qui travaille aux secours populaire de Tel Aviv.

Le scénario du film a été écrit par Tom Shoval mais aussi par le réalisateur récemment oscarisé Alejandro Inarritu (The Revenant). Le tournage doit débuter début 2017 en Israël et en France. Entre temps, l'actrice de The Artist sera sur les planches parisiennes à la rentrée prochaine aux côtés de Stéphane De Groodt dans "Tout ce que vous voulez", pièce écrite par le duo auteur du "Prénom", Alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte. Ce sera son retour sur scène après 17 ans d'absence. L’his­toire suivra les mésa­ven­tures d’une jeune femme auteure en mal d’ins­pi­ra­tion qui reçoit l’aide inat­ten­due de l’un de ses voisins, avant que les deux ne tombent amou­reux.

Et cet été, elle sera sur les plateaux de son compagnon, Michel Hazanavicius, pour Le redoutable (lire notre actualité du 16 mai), où elle incarnera la cinéaste Michèle Rosier, fille d'Hélène Lazareff, créatrice du magazine Elle.