Posté par geoffroy, le 12 décembre 2010

Le dernier film d’Amos Gitaï, Roses à crédit, qui devait sortir sur les écrans le 15 décembre prochain, ne verra pas le jour au cinéma. Alors que tout était paré pour une sortie en bonne et due forme, le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) vient d’y opposer son veto.
L’argument avancé par la commission d’agrément du CNC est très simple : l’adaptation éponyme du roman d’Elsa Triolet produit par Images & Cie pour une chaîne de télévision, France 2 en l’occurrence, fait de Roses à crédit un téléfilm et non une œuvre de cinéma à proprement dite. Peu importe, alors, que les différentes parties se soient mis d’accord sur un projet clairement défini comme cinématographique et destiné à sortir dans les salles de cinéma avant sa diffusion télé.
Il aurait fallu, pour que la commission d’agrément donne son aval, que le film d’Amos Gitaï se décline en deux versions distinctes, l’une pour le cinéma, l’autre pour la télévision. Or la commission a estimé « qu'il n'y a qu'une seule œuvre. Dans ce cas, on ne peut pas accepter qu'un film soit diffusé sur une chaîne non payante seulement trois mois après sa sortie en salles. Si on remet en cause la chronologie des médias, c'est la mort de l'économie du cinéma. ». Ce que conteste Nicole Collet, productrice du film, considérant que « la version cinéma est pourtant plus longue, et donne surtout à la narration un autre éclairage en l’encrant dans un contexte historique différent ».
Insuffisant, semble t-il, pour une commission indépendante ayant comme objectif principal de veiller au respect d’une réglementation encadrant la production des films de cinéma selon des critères définis par le CNC lui-même. Doté d’un pouvoir consultatif, elle obtient donc sans peine l’interdiction d’un film en salles sous prétexte qu’il fut intégralement financé par la télévision. Peu importe que celui-ci possède des qualités artistiques évidentes que de nombreux journalistes ont déjà pu constater.
Confusion des genres
Mais revenons sur cette interdiction qui, outre son caractère incroyablement tardif (elle arrive une dizaine de jours avant la sortie du film), est à géométrie variable. N’est-il pas étrange, qu’en 2008, Plus tard, tu comprendras, téléfilm du même Amos Gitaï financé par Arte, ait été diffusé sur France 2 le 20 janvier 2009 puis le lendemain au cinéma sans que la commission n’y trouve rien à redire. Comment comprendre, par exemple, les différences de traitement entre les films d’Olivier Assayas, Carlos, et de Pascale Ferran, Lady Chatterley. Si le premier, intégralement financé par Canal +, aura été "désélectionné" du festival de Cannes pour des raisons de production (il a finalement été présenté hors compétition), le deuxième aura obtenu, sans contestation aucune, le double agrément de la commission. Nous le voyons, tout ceci est bien flou et discrédite un organe de contrôle se basant essentiellement sur des critères de financement, certes importants, et non vis-à-vis d’enjeux artistiques eux aussi bien réels. D’où l’ambiguïté de certaines situations ou de vrais films de cinéma sont interdits dans les salles de cinéma. Sans parler des incohérences à la marge relevées plus haut, exceptions rares mais ô combien symboliques d’un système ayant montré à plusieurs reprises ses limites.
Une sortie en salles n'est pas garante d'une existence dans les cinémas
Loin de nous l’idée de nier en bloc l’utilité d’un système (les raisons de sa mise en place est toujours d’actualité) qui, bon an mal an, fonctionne correctement. En effet, séparer la production cinématographique de la production en général est nécessaire, les chaînes de TV n’ayant pas à user et abuser d’une position enviable pour financer en sous-main leurs téléfilms. Le système est complexe, imparfait, voire pervers. Dans ce cas, doit-on s’en indigner et constater, incrédule, à la mise au placard d’œuvres cinématographiques parce que produites sur des fonds audiovisuelles alors qu’on nous abreuve toute l’année de films estampillés « cinéma » aux allures de mauvais téléfilms ? Bien sûr que non, mais que faire lorsque Alexandra Henochsberg, directrice de la société Ad Vitam (celle qui devait distribuer Rose à crédit) admet qu’elle n’est pas « certaine qu’il faille la réformer (la commission), moins encore la supprimer, même si nous sommes victimes d’un système qui manifestement ne fonctionne pas ».
Il ne s’agit pas, d’un coup d’un seul, de tout chambouler pour faire plaisir aux contestataires que nous aimons être. Non, ce qu’il faut c’est mettre en place, une bonne fois pour toute, une politique culturelle cohérente à même de garantir la pluralité des cinémas pour que des films comme Rose à crédit puisse exister sur grand écran. Il en va de la sauvegarde d’un cinéma de plus en plus difficile à financer se retrouvant l’otage des moyens de financement qu’on lui accorde. Résultat : au lieu d’aider des cinéastes à monter puis à diffuser leurs films, on les enterre lamentablement comme de vulgaires produits consommables non conformes. Le cinéma et l’art en général valent mieux que cela.
Tags liés à cet article: ad vitam, adaptation, amos gitai, arte, canal +, carlos le film, CNC, distribution, financement, france 2, lady chatterley, roses à credit, sortie en salles, télévision.
Publié dans Actualité, société, Business, Films, exploitation, salles de cinéma |
Posté par vincy, le 24 novembre 2010
Roberto Saviano, l'auteur de Gomorra, Grand prix au Festival de Cannes en 2008, devient omniprésent sur le petit écran italien. Le film de Matteo Garonne va être décliné en une série de douze épisodes pour la télévision italienne. Saviano est directement impliqué dans l'écriture de cette adaptation, qui devrait voir le jour en 2012 sur la petite lucarne.
Par ailleurs, Saviano a investit les plateaux télés avec une nouvelle émission, "Viena via con me" (Pars avec moi). Deux heures trente de talk show sans paillettes mais avec beaucoup de paroles. Dopée par des polémiques lancées par des proches de Berlusconi, l'émission cartonne (dix millions de téléspectateurs au deuxième numéro, le 15 novembre dernier). Pour l'instant la RAI 3 n'a prévu que quatre numéros. Chaque invité est appelé à lire une liste : les raisons de quitter l'Italie, les raisons d'y rester, ce qu'on aimerait ne plus voir, les valeurs de la droite, et celles de la gauche. Ou encore 27 mots qui désignent en italien un homosexuel. L'idée est empruntée à Umberto Eco et à son livre Vertige de la liste.
Roberto Benigni a même accepté de participer gratuitement.
Tags liés à cet article: gomorra, italie, roberto benigni, roberto saviano, série télévisée, télévision.
Publié dans Médias, Personnalités, célébrités, stars |
Posté par vincy, le 19 avril 2010
Finalement Carlos, d'Olivier Assayas sera bien présent à Cannes. Cette biographie du terroriste, produite par Canal +, partenaire officiel depuis 17 ans de l'événement, sera projeté hors compétition dans sa version intégrale, en trois parties : cinq heures et demi. Simultanément, il sera diffusé sur la chaîne cryptée. Le film sera vendue sous une version cinématographique de 2h20 dans les autres pays et devrait sortir, sous ce format, sur les grands écrans français cet été.
Carlos a été initialement réalisé pour la télévision. A cause de ce format cathodique, le conseil d'administration du festival avait contraint Thierry Frémeaux à le retirer de la Compétition Officielle, à laquelle il semblait promis depuis des semaines. La pression de Canal + (qui dépense six millions d'euros pour couvrir Cannes cette année) a surpassé les contraintes techniques et juridiques. Techniquement, c'est une oeuvre télévisuelle, donc incompatible avec le règlement du festival, même si une Palme d'or comme Elephant avait été elle aussi conçue pour la chaîne de TV HBO . Juridiquement, il bousculait la Loi sur la chronologie des médias, sujet ultra-sensible en France.
Malgré l'aspect événementiel, il n'est pas certain que les journalistes puissent se couper de Cannes durant 5 heures 30, malgré l'intérêt du projet, surtout si côté cinéma, il revient sur les grands écrans avec une durée plus acceptable.
Autre ajout, 5XFavela, en séances spéciales. Cinq courts métrages (voir site internet du projet) réalisés par de jeunes cinéastes venus des favelas brésiliennes et formés par le réalisateur Carlos Diegues, habitué de la Croisette dans les années 80 et cette année membre du jury de la Cinéfondation et des courts métrages.
Tags liés à cet article: 5xfavela, canal plus, cannes, cannes 2010, carlos, carols digues, cinéma bresilien, court metrage, festival de cannes, hors-compétition, olivier assayas, seances sepciales, télévision.
Publié dans Cannes, Festivals, Films, Médias |
Posté par vincy, le 5 avril 2010
Il semble que le groupe Bolloré veuille s'ancrer dans les médias. Après les journaux Direct Matin et Direct Soir, en attendant un projet de quotidien payant, la chaîne de TV Direct 8, et bientôt Virgin 17 qu'il rachète, Bolloré devient producteur de films.
Il s'agit de remplir les cases de prime-time de Direct 8, l'une des chaînestélévisées qui connaît une forte croissance d'audience depuis un an. Les films concernés sont des productions moyennes (2 à 5 millions d'euros de budget), où Bolloré Media investirait au côté de producteurs indépendant.
Autre intention avouée : les films coûtent de plus en plus cher à l'acquisition pour quelques diffusions non prioritaires. Cela permettrait )à Direct 8 de pouvoir diffuser à moindre coût des quasi-exclusivités, quand TF1 et M6 n'investissent que sur des budgets faramineux.
Cette filiale cinéma ne résout pas le problème de dépendance des financements provenant du petit écran, mais il permet d'avoir un interlocuteur financier supplémentaire dans un environnement restreint.
Tout sera officialisé durant le Festival de Cannes.
Tags liés à cet article: bollore media, cannes, cannes 2010, direct 8, festival de cannes, télévision.
Publié dans Business, Médias |
Posté par vincy, le 16 janvier 2010
Sur le petit écran, les films du grand écran ne réprésentent plus que 11 des 100 meilleures audiences en France en 2009 et seulement deux des 30 meilleures audiences de l'année.
Ils sont de moins en moins fédérateurs : Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre a rassemblé 35,5 % de l'audience le jour de sa diffusion, ce qui en fait le film le plus dominateur de l'année ; on est loin des Enfoirés (53,1%), du foot (47,3%), de Dr. House (40,9%).
Parmi les six chaînes généralistes prises en compte par Médiamétrie, W9 (filiale de M6) a fait son record d'audience annuelle avec un film (toujours Astérix, mais en version animée avec Astérix et les vikings), Arte l'a réalisé avec le téléfilm diffusé au cinéma, La journée de la jupe et France 2 a réussi à être à son meilleur grâce à un documentaire, lui aussi projeté au cinéma, Home.
Avec sa 15e Grande Vadrouille, TF1 emporte la médaille d'or de l'audience
Mais force est de constater que les vingt plus grosses audiences "cinéma" en 2009 ont toutes été diffusées sur TF1. 11 films français (que des comédies ou des films familiaux à l'exception de La Môme) et 9 films américains (plutôt des thrillers et des films d'action, à l'exception du Diable s'habille en Prada et de Bruce Tout-Puissant). Le film américain le plus vu fut un Spielberg, La guerre des mondes avec 8,3 millions de téléspectateurs. Mais le grand vainqueur de l'année, la meilleure audience c'est ... La grande vadrouille. Inusable. 9 millions de téléspectateurs pour sa 15e rediffusion, un poil devant Astérix 2 et La maison du bonheur. Sinon, Besson, les acteurs du Splendid et Francis Veber cumulent plusieurs films dans ce classement.
Mais ces valeurs sûres voient leur emprise se fragiliser. Majoritairement inédits, les films les plus vus l'ont aussi moins été que les années précédentes, en moyenne. Avec davantage de films diffusés en première partie de soirée, on s'attendait à mieux. Le cinéma ne semble plus le produit d'appel idéal. France 2 a cartonné avec un James Bond, sans réussi à le placer dans les 20 meilleures audiences annuelles, et faisant à peine plus que Je vais bien ne t'en fais pas, le record de France 3, et Nos jours heureux, le record de M6.
En fait, la surprise provient de W9, la petite chaîne de la TNT. Jusque là Arte dominait le classement des films ayant eu plus d'audience que prévue, à jour comparable. La filiale de M6, avec une programmation grand public, a réussi à séduire davantage de téléspectateurs qu'habituellement. De nombreux films sont parvenus à attirer plus d'un million de téléspectateurs, et notamment le dimanche (face à TF1) et le lundi (jour de séries). En prenant de gros risques de programmation, Arte a même souvent fait moins bien que les autres années avec le cinéma. Tendance inquiétante car si W9 a cartonné avec des films hollywoodiens et des dessins animés, Arte a l'avantage de promouvoir des films d'auteur pointus et des oeuvres européennes rares sur le petit écran.
Tags liés à cet article: arte, astérix, audience, bilan 2009, france 2, france 3, francis veber, home, james bond, la grande vadrouille, La journée de la jupe, luc besson, m6, mediametrie, philippe lioret, steven spielberg, télévision, tf1, w9.
Publié dans Business, Films, Médias |
Posté par vincy, le 9 janvier 2010
Pour ses 60 ans du festival de Berlin, la chaîne de télévision franco-allemande Arte vous propose d'élire l'Ours d'or des Ours d'or parmi les 69 (pas très érotiques) décernés dans l'histoire. Vous avez jusqu'au 11 février sur le site dédié d'Arte.Tv. Les dix premiers seront diffusés sur la chaîne télévisée.
Le site oblige à bien regarder toutes les affiches. Ce qui est intéressant c'est évidemment de constater la lente transformation du cinéma à travers ces ours. d'un cinéma européen populaire à un cinéma très confidentiel, les Ours d'or ont su se mondialiser et s'ouvrir à des films plus grand public.
Pour l'instant, sans doute à cause d'une communication assez faible, il y a peu de votes. Ce qui veut dire que le Top 10 très années 2000 n'est pas définitif.
Tags liés à cet article: arte, Berlin, berlinale, festival, jeu, ours d'or, Prix, télévision.
Publié dans Berlin, Films, Médias, Prix |
Posté par vincy, le 10 novembre 2009

"Chacun est coupable du bien qu'il n'a pas fait".
Ce 11 novembre sort un film en trois volumes. Red Riding Trilogy, produit par les britanniques de Channel 4, est composé de trois oeuvres distinctes, situées à trois époques différentes. Julian Jarrold a réalisé 1974, James Marsh 1980 et Anand Tucker 1983. Il manque 1977 puisqu'il s'agit, en littérature, d'une quadrilogie.
Les adaptations des romans noirs et violents de David Peace ont été scénarisées par Tony Grisoni, co-scénariste de trois films de Terry Gilliam. Le cadre s'inscrit dans des faits réels - les attentats de l'IRA, le mouvement punk, l'ascension des conservateurs, ou encore la guerre des Malouines... Sombres histoires , dépourvus d'émotions sentimentalistes, les anges déchus évoluent ici dans un décor apocalyptique, obscur et sanglant. L'Angleterre semble presque en déchéance, tyrannisée par quelques oligarques. Au milieu de cet âge des ténèbres, Grisoni fait juste évoluer la fin pour qu'elle soit un peu plus lumineuse et parle de rédemption plus que de punition.
Le financement d'un projet aussi complexe a cependant posé problème et l'épisode de 1977 sera supprimé. Etrangement, les trois films paraissent avoir une forme de continuité artistique alors que les sujets et les réalisations sont bien distinctes. Les trois films devaient être indépendants. Les trois cinéastes ont juste choisi leur casting ensemble, seul point commun visible entre leurs oeuvres.
1974 a cet aspect crasseux qui nous entraîne rapidement dans les enfers. Stylistiquement réussi, il est aussi brutal qu'il peut-être beau. On est assez loin du précédent film de Jarrold, Becoming Jane et plus proche d'un Chinatown.
Plus classique, 1980, a été filmé par James Marsh, ultra-primé pour Man on Wire. Le film est en 35 mm, alors que 1974 est en Super 16. Il profite de ce format pour atténuer la luminosité, faire des plans de groupe, et surtout valoriser l'architecture très rectiligne qui symbolisait la rigueur et la déshumanisation de la politique thatchérienne.
1983 boucle la trilogie en revanant aux enlèvements de 1974. Anand Tucker, producteur de La jeune fille à la perle, a filmé avec un format large anamorphosé et la nouvelle caméra numérique Red One, ce qui donne au film un style plus moderne.
Corruption, serial-killer, enquêtes... cette trilogie diffusée sur le petit écran au Royaume Uni méritait une sortie cinéma tant visuellement cela se détache des produits balancés chaque mercredi. Les trois films sont transportés par des acteurs aussi brillants que Sean Bean, Peter Mullan, Rebecca Hall, Paddy Consandine et surtout le jeune Andrew Garfield. Il s'impose comme le comédien le plus étonnant du cinéma britannique, depuis Boy A jusqu'à L'imaginarium du Docteur Paranassus. Fragile et encaissant les coups, candide et survivant, casse-cou et sensible, il apporte une dimension identificatrice et très humaine à ce cauchemar.
Ridley Scott s'est dit intéressé pour en faire un film de cinéma. La Columbia vient d'en acquérir les droits.
Tags liés à cet article: adaptation, anand tucker, andrew garfield, channel 4, columbia, david peace, james marsh, julian jarrold, paddy consandine, peter mullan, rebecca hall, red riding trilogy, remake, ridley scott, scenario, sean bean, télévision, tony grisoni.
Publié dans Critiques, Films, Projet, tournage |
Posté par vincy, le 11 octobre 2009
A l'occasion de la Messe de la télévision mondiale, le Mipcom à Cannes, Matt Groening, le créateur des Simpsons, s'est fendu d'une journée digne d'une star hollywoodienne au Festival du film.
Il faut dire que les Simpsons ont 20 ans. La plus longue série en prime-time, pas forcément en nombre d'épisodes. Une liste de guest-stars impressionnante. Des personnages désormais incrustés dans l'inconscient collectif, et donc la pop-culture (au point de foutre en Une de Playboy la ménagère Marge Simpson). Les Simpsons ont donc reçu le premier Iconic award du Mipcom. Et le déplacement sur la Côte d'Azur était aussi l'occasion pour Groening de bien sentir la popularité de sa famille de beauf. Car aux Etats-Unis l'audience baisse. A l'étranger, la série cartonne toujours et assure même, en France, de très beaux scores à W9 (groupe M6).
Il était donc vital pour les producteurs de caresser dans le sens du poil les patrons des chaînes. L'international n'est pas le seul débouché qui peut rapporter des dollars. Les produits dérivés ne se sont jamais aussi bien vendus : on estime le chiffre d'affaires des produits estampillés Simpsons à un milliard de dollars par an. On connaît tous, même si on ne se l'avoue pas, un copain qui a un caleçon avec Bart sur son skate ou un tee-shirt avec Homer et son donut.
Il reste l'aventure du grand écran. En 2007 après des années de réflexion, d'hésitation, de tentation, de fascination, ils s'y sont lancés. Avec succès. 530 millions de $ au box office mondial. Soit l'un des quinze dessin animés les plus populaires de ces vingt dernières années.
Pourtant Groening a douché froidement les espoirs des fans : il n'y a pas de suite en vue. On s'en réjouirait presque. Ce jour-là, sans doute signerait la fin de ses chroniques américaines délirantes. Ils prendront donc le temps d'écrire un deuxième épisode, loin de la pression hollywoodienne.
Tags liés à cet article: adaptation, les simpsons, matt groening, serie tv, télévision, the simpsons.
Publié dans Actualité, société, Business, Films, Médias |
Posté par vincy, le 21 septembre 2009
Les Emmys, les Oscars de la télévision américaine, ont récompensé deux séries principalement : Mad Men et 30 Rock. Et donc aucune surprise. la plupart des émissions primées ont commencé leur carrière il y a au moins deux ans.
Pour ce qui concerne le 7e Art on notera six vainqueurs. Et d'abord la séquence de Hugh Jackman lors de son entrée en scène aux Oscars dans la catégorie meilleure musique ou chanson! De quoi renouveler le contrat? Surtout en tant que meilleurs comédiens, on remarque les noms de Glenn Close (photo), Alec Baldwin et Toni Collette. Comme quoi on peut réussir une reconversion sur le petit écran, ou même, pour le cas de l'actrice de Little Miss Sunshine, une tentative de séduction. Close ne tournait plus rien d'intéressant au cinéma avant que la série "Damages" ne prouve à tous quelle grande tragédienne manipularice elle pouvait jouer. Baldwin et Collette en avaient sans doute assez de jouer les seconds rôles...
Dans la prestigieuse catégorie des miniséries / téléfilm, le meilleur acteur est le grand Brendan Gleeson (The General, Harry Potter) et la meilleure actrice est Jessica Lange (Tootsie, Big Fish), qui est désormais plus célèbre sur le petit que sur le grand écran.
Les Emmys s'étaient offerts un superbe casting de nommés. William Hurt, Andy Sirkis, Kevin Bacon, Kiefer Sutherland, Kenneth Branagh, Michael C. Hall, Steve Carrell, Charlie Sheen, Gabriel Byrne, Kevin Kline (en Cyrano de Bergerac) et Sir Ian McKellen du côté masculin. Vanessa Williams, Elisabeth Perkins, Drew Barrymore, Sigourney Weaver, Holly Hunter (La leçon de Piano), Sally Field, ou encore Shirley MacLaine (en incarnant Coco Chanel) du côté féminin.
___________
la liste complète des nommés et des gagnants
Tags liés à cet article: alex baldwin, brendan gleeson, emmy awards, glenn close, hugh jackman, jessica lange, Kevin Kline, oscars, Prix, Shirley MacLaine, télévision, toni collette.
Publié dans Personnalités, célébrités, stars, Prix |
Posté par vincy, le 14 juillet 2009
Tout a changé lundi 13 juillet au matin avec la publication au Journal Officiel de l'arrêté sur les délais d'exploitation des films.
Une semaine après avoir arraché l'accord professionnel signé par 28 organisations et entreprises pour raccourcir le délai d'exploitation des films, tout est mis en place pour que le cinéma français fasse sa petite révolution à la veille du 14 juillet.
Les films seront désormais disponibles en vidéo à la demande (Vod) et en DVD quatre mois après leur sortie en salles contre six à sept mois et demi au minimum jusqu'ici. Un délai qui pourra être ramené à trois mois, dans des conditions assez strictes. En effet seuls les films ayant réalisé moins de 200 entrées au cours de leur 4e semaine d'exploitation en salles pourront bénéficier d'une telle dérogation. Conclu pour une durée de deux ans tacitement reconductible par périodes d'un an, cet accord réaménage la fameuse chronologie des médias qui organise la diffusion des oeuvres sur différents supports et à la télévision. Cela veut dire qu'un film comme Harry Potter et le Prince de sang-mêlé qui sort demain en salles pourra être en vente en DVD dès la mi-novembre contre janvier auparavant. Idéal pour en faire un cadeau des fêtes.
Les services de télévision payants pourront montrer les films en première diffusion 10 à 12 mois après leur sortie en salles, contre 12 mois minimum aujourd'hui, puis 22 à 24 mois en 2e diffusion (24 mois aujourd'hui).
Les chaînes de télévision en clair pourront les programmer 22 mois (contre 24 mois) après leur sortie en salles lorsqu'elles sont coproductrices, 30 mois dans le cas contraire (contre 36 mois).
Avec un délai de 36 mois à compter de la sortie des films en salles, la VoD par abonnement arrive en fin de chaîne. Seule la VoD gratuite, interdite avant 48 mois, lui est postérieure.
Un bilan régulier de son application sera organisé sous l'égide du Centre national de la cinématographie (CNC) tous les six mois.
L'accord a réussi à être signé in extremis. La Fédération nationale des cinémas français (FNCF) a d'abord voulu obtenir des mesures de rééquilibrage en faveur du secteur de l’exploitation, notamment des mesures liées au prix d’achat des films, des mesures au soutien à l’exploitation, et des mesures fiscales susceptibles de bénéficier à l’ensemble de la filière. La FNCF jugeait en effet que les salles de cinémas sont les seules, parmi tous les diffuseurs, à voir réduire leur durée d’exclusivité d'un tiers de sa durée.
Mais dans un contexte où tout va de plus en plus vite, y compris la consommation des films, le gouvernement avait décidé de s'adapter aux usages déjà en cours dans des pays comme les Etats-Unis ou le Royaume Uni. Il va être de plus en plus difficile de rattraper un film au cinéma deux mois après sa sortie et cela va sans doute conduire à une rotation encore plus rapide. Cela peut aussi inciter de nombreux cinéphiles à attendre la diffusion en VoD pour des films moins marketés, plus risqués ou audacieux. Le genre de films qui a besoin de temps pour s'installer dans un marché saturé. Le public a de plus en plus tendance à choisir des films fédérateurs, et l'augmentation du prix du billet ne va pas inverser le phénomène.
Le Ministère en avait fait un pilier de sa lutte contre le piratage, persuadé qu'en améliorant l'offre légale de films sur internet le piratage allait se réduire. Cela impliquait de bouleverser toute la chronologie des médias. Un accord, le premier qui est aussi global, a été trouvé entre une vingtaine de signataires : organisations professionnelles du cinéma (exploitants, distributeurs, réalisateurs et producteurs), les chaînes (France Télévisions, TF1, Arte, Canal+, M6), les diffuseurs de films en VoD, ou encore Orange et SFR.
Et si la plupart des points sont rendus obligatoires, Ccrtains points de l'accord ne le sont pas. En particulier, celui affirmant la nécessité de règles en matière de rémunération minimale garantie des ayant droits, ou encore celui ayant trait aux pratiques en matière de promotion des oeuvres.
Du coup, tout le monde n'est pas satisfait. La Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD), la Société civile des Auteurs Réalisateurs Producteurs (ARP) et la Fédération Française des Télécoms ont stigmatisé le manque d'ambition d'un texte qu'ils n'ont pas signé. La SACD persiste à demander des "initiatives audacieuses pour mettre en place une offre légale, novatrice, générale et sécurisée". La Société souhaite une "réflexion réellement approfondie sur la construction de la nouvelle économie de la création et de son financement à l'ére numérique" et propose notamment de "favoriser, au-delà des périodes d'exclusivité, l'exploitation permanente et suivie des oeuvres audiovisuelles et cinématographiques". Le SEVN (éditeurs de DVD) s'est abstenu jugeant trop restrictives les règles instaurées sur la publicité pour les sorties de films en DVD.
Tags liés à cet article: ARP, canal +, CNC, dvd, fncf, harry potter, ministère de la culture, orange, sacd, salle de cinéma, sevn, télévision, vidéo, video a la demande, VOD.
Publié dans Business, Marketing, exploitation, salles de cinéma |