Une sélection éclectique pour le 22e Festival cinéma Télérama

Posté par vincy, le 20 novembre 2018

Le 22e Festival cinéma Télérama se déroulera du 16 au 22 janvier 2019. Sur les 16 films retenus, on note la présence de 9 films sélectionnés à Cannes, deux premiers films, un seul film réalisé par une femme, 6 films réalisés par des cinéastes français, un film d'animation mais aucun documentaire.

Les films seront projetés dans 375 salles art et essai françaises, pour 3,50 € la séance.

Les 16 films de la sélection :
Phantom Thread de Paul Thomas Anderson
Burning de Lee Chang-dong
Cold War de Pawel Pawlikowski
Amanda de Mikhaël Hers
Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré
The Rider de Chloé Zhao
Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda
Leto de Kirill Serebrennikov
En liberté ! de Pierre Salvadori
Les frères Sisters de Jacques Audiard
La prière de Cédric Kahn
Nos batailles de Guillaume Senez
La mort de Staline d'Armando Iannucci
Une pluie sans fin de Dong Yue
Girl de Lukas Dhont
L'île aux chiens de Wes Anderson

Le Festival Télérama fête ses 20 ans

Posté par vincy, le 18 janvier 2017

Le 20e Festival Cinéma Télérama commence aujourd'hui, pour une semaine. 15 films de 2016, sélectionnés par l'équipe cinéma du magazine, seront "rattrapables" en salles pour ceux qui les ont manqués. L'an dernier, l'opération avait séduit 315000 spectateurs. La séance est à 3€50 dans 322 salles de France.

Les 15 films retenus, avec leur box office (en gras, les 5 films que l'on vous conseille de découvrir absolument). On y retrouve des habitués du festival (et donc chouchous des lecteurs de l'hebdomadaire), Woody Allen, Pedro Almodovar et Xavier Dolan. Mais cette année, ni Coen, ni Fontaine, ni Dumont, ni même Divines, The Assassin, Carol ou Spotlight, ne sont dans la liste qui ne comprend aucun film de genre (hormis peut-être le Nichols), ni aucun documentaire. En tout cas, on remarque que 12 des 16 films (avec le film "jeune public") ont été présentés au Festival de Cannes.

Juste la fin du monde – Xavier Dolan - 1,03 million d'entrées **/****
Café Society – Woody Allen - 0,95 million d'entrées **
Moi, Daniel Blake - Ken Loach - 0,91 million d'entrées **
Julieta – Pedro Almodovar - 0,77 million d'entrées **
Victoria - Justine Triet - 0,64 million d'entrées ***
Frantz - François Ozon - 0,61 million d'entrées ****
Elle - Paul Verhoeven - 0,56 million d'entrées ***
La Tortue rouge – Michael Dudok de Wit - 0,34 million d'entrées ***
Toni Erdmann – Maren Ade - 0,34 million d'entrées ***
Paterson - Jim Jarmusch - 0,29 million d'entrées ***
Midnight Special - Jeff Nichols - 0,26 million d'entrées **
L’économie du couple - Joachim Lafosse - 0,19 million d'entrées ***
Aquarius – Kleber Mendonça Filho - 0,16 million d'entrées ****
Les Ogres - Léa Fehner - 0,1 million d'entrées *
Nocturama – Bertrand Bonello - 0,05 million d'entrées ***

Un film « Jeune public» s'ajoute à la sélection, l'incontournable Ma vie de courgette de Claude Barras (680 000 entrées).

A cela s'ajoute, pour le 20e anniversaire, des séances événements avec 20 films de 20 ans choisis par les lecteurs (dont deux Woody Allen et seulement cinq films français).

1. Mommy, de Xavier Dolan
2. Mulholland Drive, de David Lynch
3. Little Miss Sunshine, de Jonathan Dayton et Valérie Faris
4. Match Point, de Woody Allen
5. De battre mon coeur s’est arrêté, de Jacques Audiard
6. Mustang, de Deniz Gamze Erguven
7. Le Voyage de Chihiro, de Hayao Miyazaki
8. Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois
9. The Big Lebowski, de Joel et Ethan Coen
10. Eternal Sunshine of the spotless mind, de Michel Gondry
11. Drive, de Nicolas Winding Refn
12. Tout sur ma mère, de Pedro Almodovar
13. Blue Jasmine, de Woody Allen
14. Une séparation, d’Asghar Farhadi
15. Ida, de Pawel Pawlikowski
16. Valse avec Bachir, d’Ari Folman
17. Dans ses yeux, de Juan José Campanella
18. Camille redouble, de Noémie Lvovsky
19. The Grand Budapest Hotel, de Wes Anderson
20. L’Exercice de l’Etat, de Pierre Schoeller

19e Festival Télérama: une sélection inégale mais quelques incontournables à rattraper

Posté par vincy, le 30 novembre 2015

jafar panahi taxi

Le 19e Festival cinéma Télérama se déroulera du 20 au 26 janvier 2016. 16 films ont été choisis par la rédaction du magazine, et comme vous le constaterez, ils divergent sensiblement de nos goûts cette année. Disons, pour vulgariser, que cinq d'entre eux auraient pu être facilement remplaçables, mais il y a sans doute eu une logique de "grands noms". Résultat, 9 des 16 films ont été présentés au Festival de Cannes. Une domination écrasante qui n'a pas forcément laisser la porte ouverte à d'autres genres. On s'étonnera ainsi de l'absence de films asiatiques ou de documentaires. Alors que le cinéma latino-américain a été plébiscité cette année dans les grands festivals, la rédaction de Télérama a préféré un Woody Allen moyen ou un contestable Jacques Audiard. Mais, parmi cette sélection, on vous en recommande une bonne moitié, pour leur style ou les émotions qu'ils procurent.

Pour 3,5€ la place avec le pass, vous pourrez donc rattraper ces films dans plus de 300 salles de France.

Trois souvenirs de ma jeunesse- Arnaud Desplechin. Cannes 2015. ****
Mia madre-  Nanni Moretti. Cannes 2015. **
Mustang - Deniz Gamsey Ergüven. Cannes 2015. ****
Comme un avion - Bruno Podalydès. ***
Life - Anton Corbijn. Venise 2015. ***
Dheepan - Jacques Audiard. Cannes 2015 (Palme d'or). 0
Much loved- Nabil Ayouch. Cannes 2015. ***
L’Homme irrationnel- Woody Allen. Cannes 2015. **
Birdman- Alejandro Gonzalez Inarritu. Oscar du meilleur film. ***
Taxi Téhéran- Jafar Panahi. Berlin 2015 (Ours d'or). ****
Phoenix- Christian Petzold. Berlin 2015. **
Fatima- Philippe Faucon. Cannes 2015. ****
Back Home (Louder than Bombs)-  Joaquim Trier. Cannes 2015. **
Marguerite- Xavier Giannoli. Venise 2015. ***
La Loi du marché- Stéphane Brizé. Cannes 2015. ***
Phantom Boy - Alain Gagnol et J.L. Felicioli. Animation. ****

Festival « Télérama » 2015: Mommy triomphe

Posté par cynthia, le 10 février 2015

mommy anne dorval

La 18ème édition de ce festival, organisé dans 249 salles adhérentes de l'Afcae, offre un bilan plus que favorable. Du 21 au 27 janvier, 250 000 spectateurs se sont déplacés pour retrouver l'un des 16 films sélectionnés dans le cadre du 18e opus du Festival, coorganisé par le magazine Télérama et l'Afcae. C'est évidemment moins que les 288 000 entrées de l'an dernier mais le contexte compliqué de ce début d'année a sans doute impacté sur le box office final.
Cette 18e édition aura, comme les précédentes, boosté la fréquentation des 249 salles art et essai participantes (7 de plus que l'an passé) à Rennes, Lyon, Besançon... En Île-de-France, le festival a concentré 73 228 entrées (dont 50 000 à Paris) dans 55 salles participantes.

Parmi les 16 films de la sélection, les trois oeuvres ayant rencontré le plus de succès à l'occasion de leur reprise en salle furent sans grande surprise l'excellent Mommy de Xavier Dolan, avec 39 000 entrées supplémentaires (un petit surplus pour un film qui a déjà séduit 1,2 million de spectateurs en France), le grandiose The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson (28 000 tickets) et le film français Hippocrate de Thomas Lilti (26 000 billets). La Palme d'or Winter Sleep en a profité pour franchir le cap des 300 000 entrées à cette occasion.
Ce sont pour les petits films que le Festival a un effet salvateur, en augmentant considérablement leur fréquentation : Au bord du monde de Claus Drexel, qui a réuni 10 110 spectateurs (20,5% de son total) ou Eastern Boys de Robin Campillo, nommé au César du meilleur film, qui a gagné 7 000 spectateurs (14% de son total).

Enfin, le prix des festivaliers, attribué pour la troisième année par le public du festival, distingue cette année Mommy de Xavier Dolan, arrivé largement en tête des suffrages. Une distinction qui sera l'occasion d'une soirée spéciale proposée aux lecteurs de Télérama le 24 février au Cinéma des Cinéastes à Paris.

16 bons films à voir (ou revoir) au Festival Télérama

Posté par vincy, le 13 janvier 2013

Le 16e Festival Télérama a de la "gueule". La sélection des "meilleurs" films de l'année permettra de rattraper en salles les oeuvres manquées lors de leurs sorties, même si certaines ont déjà connu un gros succès ou si d'autres sont disponibles en vidéo ou en VàD.

228 salles art et essai participent à l’évènement (dont 51 à Paris et périphérie).

Du 16 au 22 janvier, pour 3 euros, sur présentation du pass du festival valable pour deux personnes, les spectateurs pourront ainsi revoir une rétrospective de 16 films (par ordre de préférence pour la rédaction d'Ecran Noir):

  • Les enfants loups d’Hosoda Mamoru
  • Take Shelter de Jeff Nichols
  • Amour de Michael Haneke
  • Holy Motors de Leos Carax
  • Moonrise Kingdom de Wes Anderson
  • Elena d’Andreï Zviaguintsev
  • Tabou de Miguel Gomes
  • Killer Joe de William Friedkin
  • Oslo, 31 août de Joachim Trier
  • Dans la maison de François Ozon
  • De rouille et d’os de Jacques Audiard
  • Margin Call de J.C. Chandor
  • Adieu Berthe de Bruno Podalydès
  • Les adieux à la reine de Benoît Jacquot
  • Camille redouble de Noémie Lvovsky
  • The Deep Blue Sea de Terence Davies
  • Ça balance pas mal à Paris (sur le cinéma français)

    Posté par vincy, le 2 janvier 2013

    [Actualisé le 10 janvier 2013]

    Plutôt que de vous faire une synthèse, nous vous laisseront lire les différentes tribunes et coups de gueule pour/contre le système actuel du cinéma Français. Une revue de web que nous mettrons à jour si besoin est.

    Tout est parti du fameux exil fiscal de Gérard Depardieu. Les acteurs se sont enflammés. Torreton a pris sa plume, belle, pour renvoyer Cyrano à son métier. Deneuve, pourtant avare en paroles publiques, a répliqué, avec justesse. Libération a alors donné la parole à d'autres : Moreau, Goupil, Berling... Globalement, ce n'était finalement pas l'usage que Depardieu faisait de son fric qui choquait mais plutôt la déchéance du personnage, s'acoquinant avec des dictateurs ou remplissant les chroniques "faits divers".

    Puis Vincent Maraval, producteur et distributeur (Wild Bunch) profita de cet élan pour taper du poing en révélant chiffres et scandales financiers du moment. Le problème est plus profond, plus lourd, moins flatteur. Depardieu et consorts sont surtout trop payés. La charge est lourde, parfois difficile à suivre tant le système est plus complexe, omettant des revenus dérivés (recettes publicitaires à la TV, nouvelles chaînes de TV à remplir de contenus, ventes de DVD/Blu-Ray, exportation des films...). Mais au moins, on mettait le débat sur la table. Et depuis, chacun y va de ses témoignages, analyses, points de vue. En moins d'une semaine, entre 2012 et 2013, on n'en a jamais autant su sur les rouages du cinéma français qu'en 5 ans. Il faut remonter au Club des 13 de Pascale Ferran pour avoir une vision aussi clinique des tumeurs qui rongent le système.

    Ce n'est pas une polémique, c'est un cap : celui d'un débat. La Ministre de la Culture a d'abord rappelé un constat : le cinéma français est en forme. «La fréquentation des salles augmente depuis plus de 10 ans. Les Français vont de plus en plus au cinéma. Ils vont surtout voir de plus en plus de films français. On est quasiment à 40% de spectateurs pour des films français. Ce qui est exceptionnel. Nulle part ailleurs dans le monde, si ce n'est en Inde, vous ne trouverez un pays qui résiste à ce point au cinéma américain», a déclaré Aurélie Filippetti.

    Filippetti ouvre cependant la porte à une éventuelle réforme : «Maintenant, évidemment il y a des améliorations à apporter. Et ce qu'il [Vincent Maraval] dit sur la participation des chaînes de télé au financement cinéma, et bien à l'heure où les chaînes ont des budgets qui diminuent des recettes moindres, c'est une question que l'on pourra se poser dans le cadre d'une réflexion globale sur l'amélioration des services rendus à nos concitoyens à travers la télévision notamment le financement de la création, le soutien et l'accompagnement des films d'auteur et des films de qualité».

    Une réforme qui semble plus qu'utile. Joann Sfar en parlait déjà en septembre!

    Mercredi 9 janvier 2013 : "Maraval cherche un bouc émissaire à ses échecs" par Pascal Rogard, président de la SACD
    Mardi 8 janvier 2013 : Les matins de France Culture : Faut-il revoir le système de financement du cinéma français avec Robert Guédiguian, Michel Hazanavicius, Marie Masmonteil (vidéo)
    Dimanche 6 janvier 2013 : Dany Boon : "Mon vrai salaire" dans le JDD ; plus de détails accessibles dans l'article du Parisien
    Samedi 5 janvier 2013 : "Les gros salaires dans le cinéma, ça se règle par la fiscalité" par Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture, dans un entretien au Monde
    Samedi 5 janvier 2013 : "Payons les acteurs en fonction du budget" par Marc Missonnier, producteur indépendant du dernier "Astérix" et président de l'Association des producteurs de cinéma (APC)
    Vendredi 4 janvier 2013 : Non, Vincent Maraval, je ne suis ni un parvenu ni un assisté du cinéma par Philippe Lioret, réalisateur de "Welcome" et scénariste
    Vendredi 4 janvier 2013 : Le cinéma français est-il devenu masochiste? par Christine Gozlan, directrice de Thelma Films
    Jeudi 3 janvier 2013 : Règles, éditorial de Sylvain Bourmeau (Libération)
    + Star-system : ça tourne avide par Didier Péron, journaliste à Libération
    + «Le système de financement français est peut-être périmé», entretien avec Olivier Bomsel, professeur d’économie
    + L’affaire Maraval agite encore le milieu par Burno Icher, journaliste à Libération
    + Des actrices grand luxe par Clément Ghys, journaliste à Libération
    Jeudi 3 janvier 2013 : Le cinéma français desservi par des scénarios trop faibles par Eric Neuhoff, journaliste au Figaro
    Jeudi 3 janvier 2013 : Interview sur France Inter d'Eric Garandeau, président du CNC (vidéo)
    Mercredi 2 janvier 2013 : Vive l'exception culturelle ! par Jérôme Clément, ancien président du Centre national de la cinématographie et d'Arte
    Mardi 1er janvier 2013 : Avis de tempête sur le cinéma français par Isabelle Regnier, journaliste au Monde
    Lundi 31 décembre 2012 : Maraval Gate par Florence Gastaud, délégué générale de l'Arp
    Lundi 31 décembre 2012 : Hypertension par Pascal Rogard, président de la SACD
    Lundi 31 décembre 2012 : Toubiana répond à Maraval sur son blog
    Lundi 31 décembre 2012 : Les acteurs français sont trop payés ? C'est un peu plus compliqué que ça... par Aurélien Ferenczi, journaliste à Télérama
    Dimanche 30 décembre : Cinéma français : la flambée des prises par Didier Péron et Bruno Icher, journalistes à Libération
    Samedi 29 décembre 2012 : De la fortune des vedettes en particulier et des perversions d’un bon système en général par Jean-Michel Frodon, critique de cinéma et ancien directeur des Cahiers du Cinéma
    Samedi 29 décembre 2012 : Réponse de Sam Karmann à l’article de Vincent Maraval sur les salaires des acteurs français sur Le Mague
    Vendredi 28 décembre 2012 : Les acteurs français sont trop payés! par Vincent Maraval, distributeur et producteur, fondateur de la société de distribution de films Wild Bunch
    Mercredi 7 septembre 2012 : Si notre nouvelle ministre de la Culture ne sait pas quoi faire du cinéma français, qu'elle lise cette double page ! par Joann Sfar dans son Journal de Merde sur le site Télérama

    Roses à crédit d’Amos Gitai interdit de cinéma (mais ce soir sur France 2)

    Posté par vincy, le 22 juin 2012

    Vendredi soir, France 2 diffuse Roses à crédit, le nouveau film d'Amos Gitaï, adapté du roman éponyme d'Elsa Triolet. Ce film n'a jamais été montré au cinéma. Et pour cause, il a été interdit de salles (voir notre actualité du 12 décembre 2010).

    Pourtant le cinéaste israélien avait en tête deux versions : l'une pour le grand écran, l'autre pour le petit, plus longue de 15 minutes. C'est cette version que France 2 diffusait, en deuxième partie de soirée. Ce film sur une jeune esthéticienne piégée par le surendettement (Léa Seydoux) avait été ainsi conçu afin de disposer de plus de moyens techniques, financiers et humains. La narration des deux versions est différente. Dans une interview au magazine Télérama, Gitaï explique que "la version « télé » commence directement avec le mariage de Marjoline. Dans la version « cinéma », il est précédé par un prologue sur le contexte historique : on y découvre le passé de Marjoline pendant la guerre. Autre différence, la version télé se termine sur un très gros plan de Léa Seydoux. La version « cinéma » se poursuit et se conclut avec un mouvement de caméra ample sur les quais de Seine : Léa Seydoux, dans ses habits des années cinquante, se retrouve au milieu de la circulation automobile d'aujourd'hui. J'ai conçu cette conclusion comme une passerelle temporelle entre les deux époques." Grégoire Leprince-Ringuet (Daniel), Maud Wyler (Cécile), Catherine Jacob (Mme Donzert), Pierre Arditi (M. Georges), Arielle Dombasle (Mme Denise), Valeria Bruni-Tedeschi (Suzette), André Wilms (M. Donelle) et Ariane Ascaride (Le médecin) complètent la distribution.

    Mais nous ne verrons pas cette version cinéma. Dans ce même entretien, le cinéaste confirme que le film devait sortir en décembre 2010 et diffusé à la télévision au printemps 2011. "Les affiches étaient déjà placardées, les projections de presse avaient eu lieu... Mais deux semaines avant la sortie, la commission d'agrément du CNC a refusé de donner son accord. Un an et demi après, je reste toujours aussi choqué que des gens aient sacrifié le destin d'un film à cause de jeux de pouvoir bureaucratiques ou politiques. J'ai revécu la douleur de mes débuts de réalisateur en Israël, quand la télévision publique a refusé de diffuser mon premier documentaire, House, qu'elle avait pourtant produit."

    Pour les 26 membres de la commission d'agrément, unanimement, "les deux versions n'étaient pas suffisamment différentes". Pourtant à Cannes, les films de la chaîne HBO sont sélectionnés régulièrement. Mais on se souvient que Carlos (de Canal +) n'avait pas pu être en compétition au motif qu'il était avant tout un produit télévisuel. Contradictions.

    Gitaï espère cependant une fin heureuse : "en théorie, rien n'empêche d'exploiter le film en salles une fois qu'il a été diffusé à la télévision. Mais comme Roses à Crédit n'a pas obtenu l'agrément du CNC, il ne peut prétendre à aucune aide à la distribution, ce qui rend l'opération délicate sur le plan économique. Une partie des scènes inédites sera toutefois visible lors d'une projection unique à Paris le 6 octobre prochain : je vais les intégrer à une installation que je dois réaliser place du Colonel-Fabien dans le cadre de la Nuit Blanche."

    Une séparation et The Artist ressortent en salles

    Posté par vincy, le 17 janvier 2012

    Il n'y a pas que The Artist qui veut profiter de la saison des Golden Globes et des Oscars.

    Memento Films va ressortir dès demain Une séparation, Ours d'or à Berlin et récent Golden Globe du meilleur film en langue étrangère. Le film, qui a déjà séduit 930 000 spectateurs en France - un record pour un film iranien - vise ainsi le million d'entrées avec 200 salles qui le projetteront dans le cadre du festival Télérama.

    Annoncé fin décembre, The Artist ressortira la semaine prochaine dans une combinaison de salles à peu près équivalente. Le film, avec 1,6 d'entrées en France, espère atteindre les 2 millions de tickets d'ici les Césars. Le film bénéficiera d'une nouvelle campagne marketing - affiches, bande annonce, PLV - et les partenaires médias participeront à cette visibilité.
    Le DVD-Blu-Ray est reporté au 14 mars, après les Oscars et les Césars.

    Télérama, MK2, UGC et Gaumont-Pathé font leur best-of en salles

    Posté par vincy, le 5 janvier 2012

    Fort du succès année après année du festival Télérama, qui permet à certains films de doper leur cumul d'entrées, les grands circuits proposent désormais leur "best of" ou, comme pour Gaumont-Pathé, un festival d'avant-premières.

    Honneur au doyen, le 15e Festival cinéma Télérama débutera le 18 janvier. 3 euros la place pour voir ou revoir Les neiges du Kilimandjaro, Une séparation, La piel que habito, L'exercice de l'Etat, Habemus Papam, Le Havre, Il était une fois en Anatolie, Tomboy, Le gamin au vélo, Incendies, la guerre est déclarée, Essential Killing, Les Bien-aimés, Black Swan et Drive. 213 salles dans toute la France participent à l'opération qui dure jusqu'au 24 janvier.

    MK2 a aussi décidé de programmer son propre festival de reprises des meilleurs films de l'année qui vient de s'achever. Le meilleur de 2011 se tiendra durant les mêmes dates que le Festival Télérama, dans quatre salles parisiennes. Et c'est également 3 euros. Quelques films diffèrent dans la programmation où l'on retrouve Une séparation, Melancholia, The Artist, Incendies, Tree of Life et Beginners, Minuit à Paris, True Grit, Somewhere, L'Apollonide, Essential Killing, Drive, Arriety, Le Gruffalo, Le tableau, Shame, Metropolis, La fée, Polisse, Et maintenant, on va où ?, Le discours d'un roi, Black Swan, La guerre est déclarée et Habemus papam.

    MK2 reprend sensiblement le concept de son concurrent UGC, qui propose 23 Incontournables du 11 au 17 janvier, toujours au tarif de 3 euros, dans 19 complexes participants. Notons parmi les films sélectionnés, la présence de Même la pluie, Les femmes du 6e étage, Winter's Bone, L'étrangère, Les marches du pouvoir et Intouchables. Sinon, les films sont sensiblement les mêmes que ceux de MK2 et Télérama.

    Gaumont-Pathé a décidé de se distinguer avec, du 11 au 17 janvier, son festival Avant-premières, dont ce sera la 2e édition. 8 films seront présentés dans 52 des 70 salles du groupe. Tous, à l'exception de Zarafa, film d'animation familial qui sera projeté à 14h, seront diffusés à 20h.

    • le 11 janvier, Millenium de David Fincher (sortie prévue le 18 janvier),
    • le 12 janvier, La mer à boire de Jacques Maillot (sortie prévue le 22 février),
    • le 13 janvier, La dame de fer de Phyllida Lloyd (sortie prévue le 15 février),
    • le 14 janvier, The Descendants d'Alexander Payne (sortie prévue le 25 janvier),
    • le 15 janvier, Another Happy Day de Sam Levinson (sortie prévue le 1er février),
    • le 15 janvier, Zarafa de Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie (sortie prévue le 8 février),
    • le 16 janvier, La vie d'une autre de Sylvie Testud (sortie prévue le 15 février),
    • le 17 janvier, La taupe de Tomas Alfredson (sortie prévue le 8 février).

    R&sonn@nces

    Posté par vincy, le 3 juillet 2009

    Ce n’était pas dans la rubrique cinéma. Il s’agissait juste de la une de Courrier International. « Iran : Pourquoi la révolution n’a pas eu lieu (pas encore) ». Quel rapport avec le 7e Art ? Il faut revenir au festival de Cannes. Ouverture de la sélection Un certain regard par le film Les chats persans, de Bahman Ghobadi. Le film recevra un prix spécial par le jury.

    Bahman Ghobadi, Caméra d’or en 2000 pour Un temps pour l’ivresse des chevaux, est un des cinéastes les plus représentatifs de la Nouvelle vague du cinéma iranien, celle qui délaisse les allégories poétiques pour privilégier un regard plus social et réaliste. Dans un entretien à Télérama, il s’explique sur ce style plus radical. « J’ai laissé de côté les considérations esthétiques, raconte Ghobadi. Il était temps de foncer et de montrer la société iranienne. Le cinéma iranien s’est trop affadi ces dernières années en essayant de composer avec la censure. On avait peur de faire des films. Les techniciens et les acteurs refusaient de tourner si on n’avait pas d’autorisation gouvernementale. Tout est contrôlé, alors que le pays bouge et que les sujets de films sont innombrables. C’est pour ça que dès qu’on m’a suggéré de faire un film sur les musiciens, je me suis lancé. Dans la clandestinité. »

    Ghobadi, primé dans de nombreux festivals du monde entier avec ces cinq longs métrages, n’est pas le bienvenu dans son propre pays. Ses films ne sont pas autorisés par les autorités islamiques. Dans Les chats persans, il démontre, avec une scène qui fait rire jaune l’absurdité du discours des Censeurs.

    Si le film, en tant qu’œuvre cinématographique, subit son scénario puzzle, il devient, en tant qu’œuvre politique, une fiction documentaire incontournable. Les récents événements en Iran montrent à quel point la tragédie des Chats persans résonne avec justesse. Dans ce film, la musique « underground », du punk au hip-hop en passant par le rock alternatif, est souvent interdite sous le seul prétexte que ces chants persans sont en anglais. Cette jeunesse iranienne, en écho à la jeunesse chinoise évoquée par Lou Ye dans son film sur la répression de Tian An Men, résiste déjà à sa manière : soirées, concerts, chansons… et l’exil quand tout devient insupportable, quand les séjours en prison se multiplient. A peine remis de a dépression nerveuse, Bahman Ghobadi vient lui-même d’être arrêté et incarcéré avant d’être libéré, tandis qu’il revenait, à ses risques, dans son pays (voir actualité du 11 juin).

    Finalement le film de Ghobadi montrait déjà les raisons de la colère iranienne, les moyens de sa résistance (Internet, le bouche à oreille…), l’aspiration à s’exprimer librement comme objectif fondamentaliste. L’arrestation du réalisateur prouvait par la même occasion que le régime iranien ne supportait pas cette liberté de parole. Le résultat est évidemment l’inverse de ce qu’ils souhaitaient. Ces tyrans prouvent qu’il est légitime de se battre contre une tel dictat, qu’ils répriment aveuglément toute opposition.

     Les Occidentaux, pour un coût raisonnable, celui d’une place de cinéma, peuvent ainsi afficher leur solidarité en allant voir (et écouter) le mélancolique film de Ghobadi. En France, il faudra attendre le 23 décembre. Drôle de date, si lointaine alors que les événements sont si proches. Car, d’ici là, l’Iran aura peut-être versé beaucoup trop de sang. Ils découvriront un Iran moderne, jeune, musical mais, hélas, désenchanté.