Posté par vincy, le 4 décembre 2010
Meilleur film, meilleur réalisateur (Roman Polanski), meilleur acteur (Ewan McGregor), Meilleurs scénaristes (Robert Harris et Roman Polanski), meilleure direction artistique (Albrecht Konrad), meilleur musique (Alexandre Desplats) : The Ghost Writer a fait une razzia aux European Film Awards cette année.
Le cinéma français d'ailleurs n'a pas laissé beaucoup de place avec le prix de la meilleure actrice pour Sylvie Testud (Lourdes), le prix du meilleur montage (Carlos, le film), le prix du meilleur film d'animation (L'illusionniste).
Que reste-t-il? Deux prix pour le Lion d'or 2009, Lebanon (meilleure photo, prix FIPRESCI de la découverte), le prix Arte du meilleur documentaire pour Nostalgie de la lumière, le prix du meilleur court métrage pour Hanoi-Varsovie.
Et le choix du public qui s'est porté sur le peu populaire Mr. Nobody du belge Jaco Van Dormael (mais produit par le français Philippe Godeau) pour le titre de meilleur film européen.
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Posté par vincy, le 23 août 2010
Y a du rififi dans le pacifique. L'ordre et la morale, le nouveau film de Mathieu Kassovitz, retrace le drame d'Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, où 21 personnes (19 indépendantistes, 2 militaires) avaient trouvé la mort en 1988 (voir aussi actualité du 20 juin 2009).
Mais voilà, le tournage ne se déroule pas en Nouvelle Calédonie, mais dans un autre territoire ultramarin français : la Polynésie française.
Le film, intitulé L'ordre et la morale, mettra en scène ce drame qui s'était soldé par la mort de 21 personnes, 19 indépendantistes néo-calédoniens qui avaient pris en otage des gendarmes et deux militaires ayant donné l'assaut.
La protestation est politique.Le député UMP et président de l'Assemblée de la Province sud de Nouvelle-Calédonie, Pierre Frogier, a adressé un courrier de protestation à Gaston Tong Sang, président de la Polynésie française, à propos de l'aide apportée par Tahiti. "C'est avec regret que j'apprends que la Polynésie française a accepté d'accueillir le tournage du film 'L'ordre et la morale' relatant les événements d'Ouvéa de 1988 et que votre gouvernement a décidé de subventionner cette production", lit-on dans ce courrier publié par Les Nouvelles de Tahiti.
Le même député souligne que la Nouvelle-Calédonie a refusé de donner son feu vert au tournage du film "suite aux réticences fortes de la population et notamment des habitants d'Ouvéa". Christophe Rossignon, producteur du film, ne comprend pas la sortie du député UMP. "Pierre Frogier fait des amalgames et des raccourcis quand il dit que la population de Nouvelle-Calédonie n'est pas d'accord. Je ne sais pas pourquoi il joue à ça. Je n'ai pas vu le coup venir. Quand il dit que la population d'Ouvéa est contre le film, ce n'est pas vrai. Les coutumiers, la grande chefferie, la mairie d'Ouvéa nous disent le contraire. Pour le maire d'Ouvéa, la population est très majoritairement pour le film."
Après des mois de repérages sur place, Mathieu Kassovitz avait expliqué en mai que les Calédoniens lui avaient demandé de ne pas faire le film chez eux. "Ils ont subi cette tragédie et c'est encore trop proche", avait-il dit.
Le tournage, qui commence ce week-end, devrait durer deux mois et se déroulera essentiellement sur le petit atoll de Anaa, dans l'archipel des Tuamotu, qui est un équivalent de l'île d'Ouvéa, mais également à Tahiti et à Rurutu aux Australes.
Le tournage se révèle périlleux. Il n'y a qu'un vol par semaine vers Anaa (460 habitants). L'armée a refusé de collaborer pour fournir des véhicules d'époque, la météo est plus que variable, ... et la Polynésie a des soucis budgétaires. Et désormais il y a cette polémique politique. Mais Le président autonomiste Gaston Tong Sang, et son adversaire indépendantiste, le président de l'assemblée Oscar Temaru, ont apporté leur soutien au film.
"En plus des équipes qui viennent de métropole, on va embaucher 81 techniciens locaux, plus de 250 figurants, et une trentaine de Kanaks qui vont arriver de Nouvelle-Calédonie", assure la productrice exécutive en Polynésie, Marie-Eve Tefaatau.
Le réalisateur, aussi scénariste et acteur, interprètera l'un des principaux personnages, aux côtés de Sylvie Testud et Malik Zidi. Le budget global de la production est estimé à 14 millions d'euros, dont plus de la moitié dépensés en Polynésie française.
La sortie du film est prévue pour le prochain festival de Cannes.
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Posté par Morgane, le 15 décembre 2009

«- c’est joli l’Italie mais c’est un pays de voleurs»
L’Histoire : J’aime pas qu’on me plaigne. Je préfère rigoler. Devant les mines compatissantes, je réponds depuis trente ans : « je n’ai pas de père, mais je m’en fiche, c’est comme ça. J’ai une photo ».
J’ai aussi deux sœurs, et une mère italienne… mais attention… interdit de parler de «lui» devant «elle»… ça déclencherait une éruption volcanique. Car le volcan, il paraît, n’est pas encore éteint. Je crois que c’est un peu à cause de ma figure. La même que lui. Quand ils me voient rigoler, dans ma famille, ils disent : «c’est son portrait craché». Et ma mère est à la fois triste et fière. Elle est fière parce que je suis blonde comme lui, alors qu’ils sont tous bruns. Mais moi je préfèrerais être comme eux. C’est pour ça, que je fais des conneries comme les mecs, pour leur ressembler, pour être plus italienne qu’eux. Des conneries d’artiste comme dit mon parain. Je suis sa préférée. Mais j’aimerais bien le voir en vrai, le type de la photo, un jour, quand même. Seulement il paraît qu’il est dansgeureux. Qu’il est fou… - bande annonce du film sur notre compte YouTube
Notre avis : Pour son deuxième long métrage, Éléonore Faucher adapte le roman Gamines de Sylvie Testud. Ce dernier, dans une veine autobiographique, revient sur une histoire, ou plutôt des histoires, de famille. Anna, mère italienne, élève seule ses trois filles, Corinne, Sybille et Georgette, alias Geogeo, au cœur de la Croix-Rousse, à Lyon. Le père, artiste maudit et quelque peu destructeur, a disparu depuis bien longtemps. Mais il rôde, comme un fantôme, présenté tel un fou pouvant être brutal.
Sylvie Testud, c’est Sybille, la seule blonde de la fratrie. Un peu garçon manqué au grand dam de sa mère, et pas assez italienne à son grand regret à elle. Ce qu’elle aime, c’est rigoler et pour s’affirmer, faire des bêtises. Le film s’ouvre sur ça, un 1er avril comme tant d’autres où une enfant souhaite faire une blague, qui ne s’avèrera pas si drôle finalement. Car c’est à ce moment-là que le monde de l’enfance est rattrapé par celui des adultes, avec ses mensonges, ses menaces et son lot d’angoisses. L’univers des adultes s’immisce au sein des trois fillettes par le biais d’une photo. Un polaroïd caché dans une boîte à photos révèle un homme, de profil, mal cadré. Serait-ce lui, l’homme dont il ne faut surtout pas parler devant maman ?
Car Gamines est rongé par les non-dits, ce que tout le monde sait ou devine mais dont personne ne veut parler. Et c’est ainsi que grandissent trois fillettes, avec un poids trop lourd sur leurs épaules et qui les poursuivra jusqu’à l’âge adulte.
Le film s’attarde principalement sur les flashbacks, plus nombreux que les scènes du temps présent. Et c’est tant mieux car le film fonctionne bien essentiellement grâce aux trois fillettes, fraîches et sincères. Zoé Duthion donne au personnage de Sybille cet aspect de garçon manqué sans pour autant en accentuer les traits tandis que Louise Herrero (Corinne) incarne bien le rôle de la grande soeur qui se veut responsable des deux plus petites et la dernière, Roxane Monnier (Georgette) est incroyablement attanchante. À l’inverse, les personnages devenus adultes paraissent très peu et mal travaillés, quelque peu brouillons, et l’on n’y croit pas, notamment en ce qui concerne les personnages de Corinne et de Georgette. Tout semble alors bancal et décalé. Éléonore Faucher aurait peut-être du adapter une seule partie du roman, celle de l’enfance, en laissant de côté la coquille adulte qui dessert finalement son film.
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Posté par vincy, le 5 septembre 2009

Sylvie Testud est l'une des comédiennes que l'on verra le plus dont les prochains mois. Cette "rentrée" commençait par la présentation en compétition officielle à Venise du film Lourdes (le nom de la ville pieuse, pas de la fille de Madonna), de Jessica Hausner. Mais Venise n'est pas encore au point en projection numérique puisque la première projection de presse a pris une heure de retard. Pour une fois le couac n'était pas socio-politique (l'ouverture avait subit les aléas de manifestations contre la politique gouvernementale et les critiques vis-à-vis du film choisi, financé par Berlusconi).
Le projecteur numérique de la salle Perla a refusé de démarrer. Et comme les esprits s'échauffent vite dans les grands festivals, surtout chez les Latins, il a fallu l'intervention de Marco Müller, le directeur de la Mostra. Lourdes, qui raconte l'histoire d'une femme paralysée et miraculée lors d'un voyage de pèlerinage, a donc été présenté devant une salle à moitié vide. Le film rassemble aussi Léa Seydoux et Bruno Todeschini.
Après Venise, Testud sera sur les planches du Théâtre Edouard-VII à Paris, dans "Sentiments provisoires", avec Pierre Arditi et François Berléand.
Sur les écrans, Sylvie Testud sera à l'affiche de Mumu les petites pattes (avec Marielle et de Caunes), Rose et Nina, Je m'appelle hmmm..., premier film d'Agnès B., Gamines, d'après le roman de la comédienne, et surtout Lucky Luke, en Calamity Jane. Elle vient de tourner La Rafle, de Roselyne Bosch.
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Posté par Morgane, le 14 juillet 2009
« - J’aime bien la lumière du frigo sur les fleurs »
L’Histoire : Adèle, la trentaine, est célibataire… mais toute ressemblance avec les princesses de son espèce s’arrête là. Côté Cœur : les princes charmants se bousculent à sa porte. Côté Santé : elle manque sérieusement de sommeil. Côté Boulot : saura-t-elle répondre à l’appel de la littérature étrangère ? Notre conseil : apprendre à dire NON !
Notre avis : Après Sagan, Sylvie Testud retrouve l’univers des Lettres en travaillant comme assitante littéraire dans une Maison d’édition. Mais le ton est ici plus léger et son rôle, très différent. Iliana Lolic signe ici à la fois son premier film en tant que réalisatrice et scénariste. L’idée de faire le portrait d’une jeune femme, la trentaine, célibataire, qui ne sait pas dire non, principalement aux hommes attise la curiosité. Certes, le sujet est intéressant et aurait pu aboutir à une comédie légère et attachante. Mais les situations qui en découlent sont alors bien rocambolesques et à peine croyables. Les scènes, qui font sourire au début, tombent très rapidement dans l’excès laissant place à des situations tellement incongrues qu’elles n’en sont plus ni drôles ni tout à fait réalistes, tout comme les dialogues qui les accompagnent. Certaines séquences trouvent tout de même grâce à nos yeux et les acteurs tiennent plutôt bien leurs rôles. Mais, entre un petit ami qui ne pose que des questions, un amant qui ne supporte pas l’idée que sa femme le trompe, une collègue toujours paumée, un couple d’amis à la demande pas évidente et un s.d.f. profiteur, le film bascule dans le too much et finit surtout par nous… ennuyer.
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Posté par MpM, le 20 avril 2009
Décidément, le nouveau thriller de Johnnie To, Vengeance, n'en finit plus de faire parler de lui. Après la publication du trailer, puis des photos et du site officiels, voilà que circulent depuis plusieurs jours de mystérieuses vidéos du tournage, prises en caméra cachée. On n'y voit certes pas grand chose (Johnny Hallyday dans la rue, une fusillade, le réalisateur en mode furtif...) mais cela suffit pour relancer le buzz autour du film et piquer une nouvelle fois la curiosité des fans. A regarder, donc, sur Youtube, en trois morceaux de moins d'une minute, avant d'enfin découvrir l'objet de tant de convoitise : (si tout va bien) à Cannes, puis en salles, dès le 20 mai. Une seule inconnue au tableau : le temps qu'il faudra aux réseaux de peer-to-peer habituels pour proposer le film dans son intégralité...
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Extrait n°1
Extrait n°2
Extrait n°3
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Posté par MpM, le 6 avril 2009
Tiendra-t-on jusqu'au 20 mai ? Encore six semaines avant de découvrir Vengeance, le nouveau film du réalisateur hongkongais Johnnie To (Election 1 et 2, The mission, Fulltime killer...) qui se présente comme un hommage au Samouraï de Melville et met en scène, excusez du peu, notre Johnny Hallyday national.
Heureusement, un site entièrement dédié à ce qui s'annonce déjà comme le plus grand événement ciné-asiatique de l'année après la sortie des Trois royaumes est désormais disponible en ligne.
On y découvre notamment la bande-annonce et quelques photos qui donnent un avant-goût prometteur de la féérie visuelle que pourrait bien représenter ce nouveau polar explosif. Pas très étonnant, puisque c'est un habitué des films de To, Cheng Siu-Keung (directeur de la photographie entre autres sur PTU et Exilé) qui signe cette image à la fois crépusculaire et survitaminée. Aux côtés du chanteur et acteur Johnny Hallyday, on retrouvera une autre Française, Sylvie Testud, ainsi que des fidèles du réalisateur comme Anthony Wong, Lam Suet et Simon Yam. Au fil des semaines, le site devrait s'étoffer avec des interviews et des notes de production.
Il ne manque plus que la confirmation de sa sélection au Festival de Cannes après des mois de rumeur persistante relayée au fil des semaines par des personnes proches de la production... Les producteurs rêvent d'une Sélection en compétition officielle. Les fans se régaleront même s'il est en séance de minuit!
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Posté par vincy, le 4 février 2009
Dans les coulisses, il y a Cécile Togni, styliste (Lancel) et DJ des Putafranges. L'autre DJ du groupe est la chroniqueuse musique (c'est un métier?) Tania Bruna-Rosso (Canal +). Elles ont initié un album étrange. Un coup marketing intriguant. D'autant que le groupe rock qui rochestrera l'ensemble est mené à la baguette par Bertrand Burgalat, compositeur de la musique des Nuits fauves mais aussi producteur et arrangeurs d'artistes comme Alain Chamfort, Philippe Katerine, Supergrass, Alizée, Christophe Willem et Valérie Lemercier.
Pour elle il a composé les musiques de Quadrille et Palais Royal! mais aussi son célèbre "Goûte mes frites", en 1996. Là il l'accompagnera sur "Par amour, par pitié", reprise de Sylvie Vartan. Car l'album "Madame Aime..." qui paraîtra au printemps est une rencontre entre des chansons de variété et des actrices variées.
Elles reprendront essentiellement des pop songs des années 80. Nombreuses ont celles qui ont déjàa chanté dans un film ou enreigistré un album. Juliette Binoche ("L'homme de sa vie", Diane Dufresne), Isabelle Huppert ("Comme un garçon", Sylvie Vartan, bis), Emmanuelle Béart ("Les parfums de sa vie", Art Mengo), Sylvie Testud ("La fièvre dans le sang", Alain Chamfort), Virginie Ledoyen ("L'amour à la plage", Niagara), Isabelle Carré ("Confidence pour confidence", Jean Schultheis). La compilation devrait aussi accueillir Clotilde Courau, Mélanie Laurent, Nathalie Baye, Cécile Cassel, Joanna Preiss et Emma de Caunes. Sa version d'"Histoires d'A" des Rita Mitsouko sera le premier single, en vente le 30 mars.
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Posté par vincy, le 1 décembre 2008
Le vote débutera ce lundi 1er décembre. Cette année 5 000 journalistes des rubriques culturelles (contre 4 600 l'an dernier) pourront participer aux Globes de cristal 2009. Ces prix, qui existent depuis 2006, sont ceux de la presse française pour les arts et la culture. Un jury présidé par Jacques Attali a choisi les sélectionnés dans plusieurs arts (théâtre musique, expositions, design et architecture, littérature...).
Côté cinéma, Mesrine l'instinct de mort, Un conte de Noël, Entre les murs, Deux jours à tuer et Le premier jour du reste de ta vie concourent pour le meilleur film.
La liste des comédiens semble assez proche de ce que pourrait donner les nominations aux César.
Nathalie Baye (Cliente), Catherine Deneuve (Un conte de Noël), Catherine Frot (L'empreinte de l'ange), Yolande Moreau (Séraphine) et Sylvie Testud (Sagan) sont en compétition côté femmes.
Vincent Cassel (Mesrine), Albert Dupontel (Deux jours à tuer), Mathieu Amalric (Mesrine), Roschdy Zem (La fille de Monaco) et Kad Merad (Bienvenue chez les Ch'tis) rivalisent côté hommes.
Dans les autres catégories, on peut remarquer Valérie Lemercier et Gad Elmaleh (One Man Show), "Le Roi Lion", "Edward aux mains d'argent" et "Grease" (Comédie musicale), Largo Winch et Titeuf (BD), Vanessa Paradis, Bénabar et Alain Bashung (Musique), Agnès b. et Jean-Paul Gaultier (Mode) et Sagan (Téléfilm).
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Posté par geoffroy, le 8 juillet 2008
Sortie prévue mi- 8 octobre 2008
Interview de Michelange Quay
Synopsis: Haïti, île noire, solitaire, abandonnée à sa pauvreté et à sa misère. Madame, une femme blanche, vit un fantasme où elle enseigne, inspire et nourrit les masses damnées de la terre. Elle est en réalité entièrement coupée d'elles - à la mesure des continents. L'éveil du désir entre Madame et son serviteur noir, Patrick, va l'emmener au-delà de son isolement vers la réalité d'Haïti. Pour la première fois, elle va voir et entendre cette terre et son peuple, découvrir la vérité de son corps et faire face à sa propre mortalité.
Notre avis: Si Mange, ceci est mon corps est un film personnel au sens intime du terme, il n’hésite pas à délivrer des messages universels sur la valeur du regard, du jugement et de l’interprétation. Loin de toute structure narrative classique, il s’agit d’une expérience visuelle entre poésie et abstraction. Les êtres s’y meuvent dans un temps organique et philosophique qui suppose l’expression d’une grammaire cinématographique retravaillée, triturée, conceptualisée et dont l’appropriation devient le leitmotiv de sa réussite. Cri lancinant d’un cinéaste à la recherche de sa propre interrogation, les sons, les images et les rythmes transforment les réponses supposées en questions sur ce que nous sommes. Nos relations, nos origines, nos attirances et nos folies font de ce poème vivant un long-métrage étonnant qui ne trace aucune direction mais ouvre des itinéraires.
Voyage au dessus des hommes, le premier plan est tout simplement splendide. La vue aérienne part de la mer pour survoler les terres d’une île, Haïti, et ses bidonvilles, ses flancs de montagnes, ses cours d’eau et ses villages. La caméra finit sa course en glissant doucement, comme au ralenti, sur le ventre d’une femme enceinte au point d’accoucher. Symbole de vie, les éléments répondent aux êtres ; la douleur à l’espoir. Lieu physique de cette appropriation, il est ce départ vers un chemin sinueux mais envoûtant où les vérités ne sont ni données, ni simples. Si rien n’est figé, la valeur multiple des interprétations sonne comme un écho à chaque intime interpellé. A la suite d’une fête vaudou, nous suivons des enfants en file indienne parcourir le paysage pour se retrouver devant une maison de maître en pleine campagne française. Ellipse. Raccord. Passage d’une historicité concentrée en un lieu unique. Antichambre symbolique à même de structurer les différents messages d’un cinéma en construction, la maison est un espace fantasmatique où le blanc se mélange au noir, le noir devient le blanc tout comme le fatalisme côtoie l’espérance. Par un jeu de couloirs, de miroirs, de portes et de points de vue entre quatre entités, Michelange Quay structure un film fermé, presque claustrophobe car concentré dans l’inconscient de son auteur. Dans une scène fascinante, la mère et le domestique ne font plus qu’un et finissent par évoquer la schizophrénie d’une humanité souvent aveugle, craintive et possédée par la passion. Kubrick n’est plus très loin.
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