Cannes 2018: Ursula Meier présidera le jury de la Caméra d’or

Posté par vincy, le 27 mars 2018

La réalisatrice suisse Ursula Meier présidera le jury de la Caméra d'or, qui récompense la meilleure première œuvre présentée en Sélection officielle, à la Quinzaine des Réalisateurs et à la Semaine de la Critique.

Depuis 1994, Ursula Meier est l'auteure de 5 courts métrages, dont Tous à table trois fois primé à Clermont-Ferrand en 2001, 2 œuvres pour la télévision, 2 documentaires et 2 longs métrages pour le cinéma. Ancienne assistante-réalisatrice d'Alain Tanner (Fourbi, 1996). A Cannes, en sélection officielle, elle était venue présenter en 2014 Les Ponts de Sarajevo, œuvre collective portée par 13 cinéastes européens.

Son premier long métrage, présenté à la Semaine de la critique, Home (2008), avec Isabelle Huppert et Olivier Gourmet, a été nommé au César du meilleur film étranger. Il avait reçu trois prix aux "César" suisses: meilleur film, meilleur scénario et meilleur espoir pour Kacey Mottet Klein. En 2012, avec L’Enfant d’en haut, elle obtient un Ours d’argent à la Berlinale, mais aussi un prix d'interprétation à Cabourg pour Léa Seydoux, une nomination aux César pour Kacey Mottet Klein et de nouveau trois prix aux "César" suisses: meilleur film, meilleur scénario et meilleur acteur pour Kacey Mottet Klein.

Sa dernière œuvre, Journal de ma tête, met en scène Fanny Ardant et Kacey Mottet Klein. Elle a été projetée dans la section Panorama à la dernière Berlinale.

"Un premier film, déclare la Présidente nouvellement désignée dans le communiqué du Festival de Cannes, c’est le lieu de tous les possibles, de toutes les audaces, de toutes les prises de risques, de toutes les folies. On dit souvent qu’il ne faut pas tout mettre dans un premier film mais c’est tout le contraire, il faut tout mettre dans un premier film, tout, comme il faut tout mettre dans chaque film en gardant au fond de soi, toujours, ce désir originel, vital, brutal, sauvage de la première fois. Quelle immense excitation et quelle immense joie de découvrir tous ces films !"

Ursula Meier et son jury remettront le prix de la Caméra d’or lors de la soirée de Clôture du Festival de Cannes, le samedi 19 mai. L'an dernier Jeune Femme de Léonor Serraille (Un Certain Regard) avait remporté la prestigieuse récompense.

Pour ses 40 ans, Clermont Ferrand met la Suisse, la gastronomie et les comédiens à l’honneur

Posté par MpM, le 3 février 2018

Première manifestation mondiale entièrement consacrée au court métrage, le Festival de Clermont Ferrand qui a ouvert ses portes ce vendredi 2 février fête son 40e anniversaire avec un programme des plus alléchants. En plus des traditionnelles compétitions (internationale, française et "labo"), les festivaliers (généralement nombreux : plus de 162 000 en 2017) pourront découvrir une rétrospective consacrée à la cinématographie suisse, une autre autour de la gastronomie et du plaisir d'être à table et enfin un focus sur les comédiens dans le court métrage.

Par ailleurs, une carte blanche est offerte à l'école nationale de cinéma de Lodz (Pologne) tandis qu'une séance spéciale sera consacrée à Mai 68 et une autre à la nouvelle collection fantastique de Canal +. Enfin, ce sera la 33e édition du Marché du film court qui accueillera notamment la Turquie pour la première année, et fera la part belle aux techniques de réalité virtuelle, de relief et de réalité augmentée.

Certains films sélectionnés ont déjà fait leurs preuves dans d'autres festivals ou avant-premières. Petit guide, section par section, de ceux qu'il ne faudra surtout pas manquer.

En compétition internationale, on retrouve certains des films qui ont marqué 2017, comme la Palme d'or A gentle night de Yang Qiu, le cristal du court métrage d'Annecy The Burden de Niki Lindroth Von Bahr et le grand prix du Festival de Winterthur, Ligne noire de Mark Olexa et Francesca Scalisi. Mais il faut aussi absolument mentionner Le marcheur de Frédéric Hainaut, film coup de poing sur un révolté qui a tout quitté, et (Fool) Time job de Gilles Cuvelier, chronique sociale glaçante et allégorique.

En compétition française figurent Braguino de Clément Cogitore (sorti en salles en novembre), Gros chagrin de Céline Devaux (lion d'or à Venise), Marlon de Jessica Palud (en lice pour le César du court métrage) ou encore Negative space de Max Porter et Ru Kuwahata (nommé pour l'Oscar du meilleur court métrage d'animation) et Des hommes à la mer de Lorris Coulon, fraîchement couronné du Prix du meilleur court métrage français par le syndicat de la critique.

Côté labo, il faut relever Ugly de Nikita Diakur (grand prix du court métrage d'animation indépendant à Ottawa), Reruns de Rosto (le dernier épisode de sa tétralogie autour de Thee Wreckers) ou encore Death of a sound man de Sorayos Prapapan (une comédie multi-primée autour de preneurs de son en Thaïlande).

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40e festival du court métrage de Clermont Ferrand
Du 2 au 10 février 2018
Plus d'informations sur le site de la manifestation

Retour sur le 21e festival de courts métrages de Winterthur

Posté par MpM, le 28 novembre 2017

Plus important festival de courts métrages de Suisse, Internationale Kurzfilmtage Winterthur, dont c’était cette année la 21e édition, s’est tenu du 7 au 12 novembre dernier. Organisé autour de plusieurs compétitions (internationale, suisse et films d’écoles suisses), il proposait notamment des journées professionnelles, des programmes pour la jeunesse, des focus géographiques (l’Asie du Sud-Est et la Grèce) ou encore des rétrospectives monographiques autour de cinéastes comme Pimpaka Towara (Thaïlande) et Freddi M. Muerer (Suisse).

Un programme dense et varié mais pas intimidant pour autant, puisque la concentration des lieux de projection et la répétition des séances permet de profiter assez largement des différents programmes.

Une compétition exemplaire


Comme c’est souvent le cas, les regards étaient particulièrement tournés vers la compétition internationale qui réunissait 37 films venus du monde entier. Et c’est vrai que cette sélection (réalisée de manière collégiale par le directeur artistique John Canciani et son équipe) est exemplaire de tout ce que l’on recherche traditionnellement en festival : éclectique, équilibrée, assumant des prises de risque audacieuses, et mêlant des œuvres fortes déjà repérées par ailleurs à des premières mondiales d’envergure ou des films plus fragiles et confidentiels. Bien sûr, les amateurs de cinéma dans un sens restrictif (très attaché à « l’histoire », par exemple) peuvent ne pas y trouver leur compte. Mais pour les cinéphiles soucieux de se confronter avec la réalité d’une production qui ne cesse de se chercher, voire de se réinventer, c’est évidemment une chance formidable !

À force de fréquenter les festivals, on finit par repérer ceux qui ne cherchent pas à "protéger" leur public de ce qu'il pourrait ne pas aimer, l'enjeu n'étant jamais tant de faire aimer les films que de donner à voir ce qui constitue un paysage cinématographique particulier. Winterthur a ainsi fait l'impasse sur les traditionnelles concessions à un goût présumé du grand public pour le classicisme. On n’a pas vu pendant le festival suisse de ces films éternellement sélectionnés en festival pour servir de transition ou de respiration entre deux œuvres plus puissantes. Des films inaboutis, des réalisations maladroites, oui, mais pas ces terribles films moyens qui n’apportent rien à celui qui les regardent, et d’où toute idée de cinéma semble définitivement exclue.

Amener le spectateur à sortir de sa zone de confort est probablement la mission la plus importante des festivals de cinéma, et elle est indéniablement remplie par l'équipe des Internationale Kurzfilmtage Winterthur qui avait réuni des films offrant tous un intérêt propre, que ce soit en terme esthétique, dramatique, scénaristique, ou de réflexion sur le cinéma lui-même. Des films qui parfois nous bousculent, nous dérangent, nous interpellent par leur formalisme, leur propos ou leur radicalité. Qui semblent élargir la définition que l’on peut avoir du cinéma, ou en tout cas viennent la questionner.

Retrouvailles et découvertes


On a ainsi revu avec plaisir quelques-uns des courts métrages les plus passionnants de l'année, comme The burden de Niki Lindroth von Bahr (Quinzaine des réalisateurs et Cristal du court métrage à Annecy), comédie musicale animalière en stop motion dans laquelle des poissons solitaires, des singes travaillant dans un centre d'appel et des souris employées de fast-food chantent leur mal de vivre, dans un manifeste hilarant et désespéré à la fois ; Gros chagrin de Céline Devaux (Lion d'or à Venise), récit d'une rupture amoureuse qui oscille entre l'humour d'une comédie sentimentale et l'amertume bouleversante d'une relation qui s'achève, réalisé à la fois en prise de vues réelles et en animation (avec la technique rare de l'écran d'épingles) ; After school knife fight de Caroline Poggi et Jonathan Vinel (Séance spéciale à Cannes), chronique adolescente stylisée et élégante sur la fin d'une époque ; Möbius de Sam Kuhn (Semaine de la Critique), ovni lynchien qui tient tout autant du récit initiatique que du conte cruel ; et Selva de Sofia Quiros (Semaine de la Critique), oeuvre sensorielle et fantomatique, à la beauté sidérante, sur la fatalité des départs et des séparations. Lire le reste de cet article »

Le 70e Festival de Locarno dévoile une programmation très française

Posté par vincy, le 12 juillet 2017

Adrien Brody honoré par un Leopard Club Award. Mathieu Kassovitz (qui viendra pour le premier film de Samuel Jouy, Sparring) récompensé par un Excellence Award. A ces deux acteurs, s'ajoutent Michel Merkt (Prix du producteur indépendant), Jean-Marie Straub (Léopard d'or d'honneur) et Nastassja Kinski parmi les hommages rendus cette année. Le 70e Festival de Locarno a révélé ce mercredi 12 juillet le programme des festivités.

Lynch, Huppert, Ruiz...

En compétition on retrouve notamment pas mal de productions et coproductions françaises: 9 doigts de F.J. Ossang, As Boas Maneiras de Juliana Rojas et Marco Dutra, Charleston d'Andreï Cretulescu, Good Luck de Ben Russell, Madame Hyde de Serge Bozon, avec Isabelle Huppert et Romain Duris, Mrs. Fang de Bing Wang et Wajib de Annemarie Jacir. A côté de ces films, ont note la présence de Denis Côté (Ta peau si lisse), Xu Bing (Qing Ting Zhi Yan), John Carroll Lynch (Lucky, avec David Lynch), une œuvre posthume de Raul Ruiz (La telenovela Errante), Jim McKay (On the Seventh Day), Travis Wilkerson (Did You Wonder Who Fired Gun?), Aaron Katz (Gemini) ou encore Germano Maccioni (Les astéroïdes - Gli asteroidi, avec Pippo Delbono)

Paradis, Ardant, Argento...

Pour cette édition anniversaire, le cinéma français sera très présent avec Olivier Assayas et Sabine Azéma à la présidence de deux jurys, mais aussi Samuel Benchetrit, Vanessa Paradis et Vincent Macaigne (Chien), Fanny Ardant transgenre (Lola Pater), Noémie Lvovsky et Mathieu Amalric (Demain et tous les autres jours qui ouvrira la prestigieuse programmation de la Piazza Grande), Paul Hamy et Pascal Greggory (9 Doigts) et Jean-Pierre Léaud (36 fillette). Parmi les autres stars attendues Albert Serra, Francesca Comencini, Irrfan Khan et Golshifteh Farahani (The Song of the Scorpions), Vincent Pérez et le cultissime Dario Argento. Locarno a aussi obtenu la comédie indépendante The Big Sick, véritable phénomène à Sundance, et succès inattendu au box office américain cet été dans les circuits art et essai.

Côté diversité, Locarno présentera deux blockbusters Atomic Blonde avec Charlize Theron et le thriller SF de Netflix, What Happened to Monday? avec Noomie Rapace. De Cannes, seul Good Time des frères Safdie a été retenu pour la Piazza Grande.

D'hier à aujourd'hui

Dans la section Cinéastes du présent, on notera le sud coréen Kim Dae-hwan (The First Lap), le japonais Ryutaro Ninomiya (Sweating the Small Stuff), la française Narimane Mari (Le fort des fous) et l'américain Dustin Guy Defa (Person to Person).

Enfin, est-ce pour la francophilie affirmée de cette édition? Mais la Rétrospective 2017 sera consacrée à Jacques Tourneur, disparu il y a 40 ans: "un réalisateur qui n’est encore pas reconnu à la hauteur de son talent. Tourneur a souvent tourné des films classifiés comme « série B », des films qui nous semblent aujourd’hui plus incisifs, plus visionnaires et plus actuels que leurs aînés. Car le réalisateur a toujours su mêler dans son travail l’imaginaire puissant des récits de genre et une poésie visuelle unique, héritée sans doute de sa double identité, européenne et américaine."

662 Charlots pour célébrer Charlie Chaplin

Posté par vincy, le 17 avril 2017

A Corsier-sur-Vevey, en Suisse, une étrange procession de 662 personnes a eu lieu. On y fêtait l'anniversaire de la naissance de Charlie Chaplin, né le 16 avril 1889. Mais aussi le début de la célébration des quarante ans de sa mort, survenue le 25 décembre 1977.

Dimanche 16 avril, 662 personnes étaient donc toutes déguisées en Charlot au Chaplin's World, le musée dédié à l'artiste ouvert il y a un an et géré par Grévin. On peut estimer qu'il s'agit d'un record du monde puisque c'ets la première fois qu'un tel rassemblement est homologué et enregistré sous le contrôle d'un huissier.

662 personnes avec un complet noir, des chaussures noires, une chemise blanche, un chapeau melon, une moustache. Et bien sûr, une canne. "C'était un moment très émouvant de voir réunis des Charlots de tous les âges, de deux à 80 ans", a déclaré au Temps Annick Barbezat, directrice de la communication du Musée Chaplin's World.

La photo officielle montre ainsi tous les Charlots formant une étoile, en référence au fameux trottoir «Walk of Fame» de Hollywood. Puis ils ont participé à une chasse aux œufs, dotée de 600 lots (vols en montgolfière, nuits dans les hôtels de la région ou encore des entrées dans les musées...).

Le musée a déjà attiré 300000 visiteurs, soit largement plus qu'espéré avant son ouverture.

Cannes 2015 : retrouvailles avec Marthe Keller

Posté par vincy, le 19 mai 2015

marthe keller amnesia

On est si heureux de la retrouver... Marthe Keller, 70 ans, fut une star durant les années 60 et 70. En 50 ans de carrière, la comédienne s'est affranchie des frontières: celles entre le théâtre, le cinéma et la télévision (Les Demoiselles d'Avignon) ; mais aussi les frontières géographiques, puisqu'elle a travaillé aux Etats-Unis, en France, en Allemagne, en Italie...

Depuis 1966, Marthe Keller n'a jamais arrêté. Pourtant, avec Amnesia, elle revient au 68e Festival de Cannes, en Séances spéciales, après 13 ans d'absence sur les marches (même si, au début des années 2010, elle déambulait sur la Croisette en sélections parallèles). La dernière fois, elle était membre du jury de la Caméra d'or. Elle avait déjà présidé ce même jury, en 1994. Et au sommet de sa carrière internationale, l'actrice helvète avait été membre du jury de la Compétition en 1977.

Côté films, on l'a rarement vue, à notre plus grand désespoir. Deux fois hors compétition avec Toute une vie de Claude Lelouch en 1974 et Fedora de Billy Wilder en 1978. Deux fois en compétition avec Les Yeux noirs de Nikita Mikhalkov en 1987 et L'Ecole de la Chair de Benoît Jacquot en 1998.

De Broca et Pacino

Il est impossible d'ignorer Frau Keller. Jeune, elle était gracieuse, coquine, irrésistible, craquante, mutine dans les comédies de son compagnon d'alors, le réalisateur Philippe de Broca. Elle s'offrit en joueuse proche de la nymphomanie dans Le Diable par la queue en 1968, et en espiègle qui fait tourner les têtes dans Les Caprices de Marie en 1970. Des comédies françaises elle passa aux productions hollywoodiennes Marathon Man de John Schlesinger, Black Sunday de John Frankenheimer, Bobby Deerfield de Sydney Pollack, avec Al Pacino (qui deviendra un temps son compagnon et reste un grand ami). Ainsi, récemment, on pouvait la croiser aussi bien chez Clint Eastwood (Au-delà) que chez Bouli Lanners (Les géants, présenté à la Quinzaine des réalisateurs en 2011).

De grands écarts qui la font tourner dans des romances comme des thrillers, des films noirs à de la SF, de la comédie légère (Le derrière de Valérie Lemercier) aux films d'auteur (Au galop, à la Semaine de la critique en 2012). Sur les planches, elle met en scène des opéras et se laisse diriger par Patrice Chéreau, Lucian Pintilie, Yannick Haenel, ...

Entre autorité naturelle et charme évident, elle peut jouer les dominatrices comme les romantiques. Souvenir d'enfance dans des comédies populaires ou des films hollywoodiens inaltérables, elle s'est mue en grande actrice, libre, au fil des ans. En incarnant Martha dans Amnesia, de Barbet Schroeder, Keller nous plonge dans une histoire de solitude et d'amour. Un rejet du passé qui lui sied bien. Même si nous n'avons pas envie d'oublier sa présence charismatique dans des films qui ont accompagné notre existence.

Kinepolis étale son royaume aux Pays-Bas

Posté par vincy, le 23 juillet 2014

kinepolisLe groupe belge Kinepolis étend son empire. Début juin, le groupe avait repris deux multiplexes (18 écrans) Abaco Cinebox en Espagne (en liquidation judiciaire), à Alcobendas près de Madrid et à Alicante. Les deux sites avaient attiré plus de 900000 entrées en 2013. Le groupe belge disposait déjà de multiplexes à Grenade, Valence et Madrid.

Après lEspagne, mais aussi la Suisse (un multiplexe), la France (Lille-Lomme, Mulhouse, Nancy, Nîmes, Metz et Thionville), et la Pologne (Poznan) Kinépolis, qui dispose de 11 sites en Belgique, investit le royaume voisin, les Pays-Bas.

Le groupe vient d'acquérir neuf cinémas Wolff (1,6 million d'entrées au total, soit moins que le seul Kinepolis de Lomme en France), et deux projets en construction (Utrecht et Dordrecht). Kinepolis sera désormais présent dans d'importantes villes de province du pays, en plus d'une présence à Rotterdam. Le groupe espère plus que doubler la fréquentation dans ce réseau dans un pays pour l'instant dominé par un autre groupe français, EuroPalaces qui est présent 22 multiplexes, y compris à Amsterdam..

Avec ces récentes acquisitions, Kinepolis dispose désormais de 34 sites. L'an dernier, les 23 cinémas du groupe ont attiré  18 millions de spectateurs.

Intouchables cartonne à l’étranger et Harvey Weinstein le prend en main aux USA

Posté par vincy, le 5 mars 2012

7,3 millions d'entrées dans le monde : Intouchables a déjà dépassé les 55 millions d'euros de recettes hors territoire français. Son total mondial en fait le 2e film de l'année, juste derrière Voyage au centre de la terre 2. Un score exceptionnel pour un film produit en dehors d'un studio hollywoodien.

Phénomène européen

En Italie, où il vient de démarrer sa carrière en tête du classement, Quasi Amici, titre italien du film, a attiré 226 000 spectateurs le premier week-end. Ils se sont ajoutés au million d'entrées en Suisse (record depuis plus de 20 ans) et aux 900 000 en Belgique. Et surtout aux 5,5 millions d'Allemands (dont 440 000 Autrichiens) qui ont déjà été le voir en salles, devenant ainsi le film en langue Française le plus populaire depuis plus de trente ans (Le Gendarme et les Extra-terrestres). Cela fait sept semaines de suite qu'Intouchables (Ziemlich beste Freunde en allemand) domine les autres films Outre-Rhin. A lui tout seul, il a attiré autant de spectateurs germanophones que tous les films français l'an dernier.

Il va désormais affronter le marché espagnol (Intocable, 9 mars) et surtout américain (25 mai). Aux USA, le film est entre les mains d'Harvey Weinstein, qui vient de remporter un joli succès personnel avec The Artist, en passe de devenir l'un des cinq plus important succès de sa nouvelle compagnie de distribution, The Weinstein Company. "Un film français, c'est ce qu'il y a de plus cool en ce moment" a-t-il confié.

Polémique sur le racisme présumé du film

Le dernier nabab du cinéma américain a déjà commencé à déminer le terrain. Intouchables est en effet au coeur d'un mauvais buzz depuis sa sortie en France. Accusé de racisme par la critique américaine, Weinstein anticipe. Il a notamment dénoncé les propos de Jean-Marie Le Pen qui s'en prend à un film où un "délinquant immigrant" aide un handicapé : "Il y a cet homme politique en France, (...) il a dit que le personnage de François représente la France handicapée et que le personnage d'Omar représente les immigrés, et que la France ne sera pas sauvée par ces immigrés." Il a ajouté : "Jean-Marie, j'ai deux mots pour vous, et ce n'est pas "happy birthday" !" Le producteur et distributeur américain se dit effrayé par le soutien populaire à la candidate éventuelle Marine Le Pen et répugné par l'opinion - "bigote" selon Weinstein - du père sur Intouchables. "Ce serait un désastre pour la France si ces idées se répandaient".

Jeudi dernier, Intouchables vient de débuter sa série d'avant premières en ouvrant les Rendez-vous du cinéma français à New York. L'accueil a été chaleureux. Mais tout le monde a en tête la critique de Variety cet automne (voir notre actualité du 24 décembre), où la comédie était qualifiée de film raciste et Omar Sy de "singe savant". Le New York Times n'a pas été plus tendre en février :  "une grossière fiction qui exploite tous les vieux stéréotypes de l'homme noir en libérateur de culture".

A cause de leur histoire, les Américains voient du racisme partout. Viola Davis, citée à l'Oscar de la meilleure actrice pour son rôle de bonne dans La couleur des sentiments, en a fait l'expérience l'an dernier. Un film est considéré comme raciste si le Noir est dans le rôle du "soumis". Il ne l'est pas si les personnages peuvent être interchangeables et le scénario indifférent à la couleur de peau. Apparemment, cela vaut quelque soit le message ou le contexte historique.

Le Monde a interviewé Manthia Diawara, Américain d'origine malienne, professeur à l'université de New York et auteur d'African Film : "c'est un film inoffensif et plutôt drôle" mais "le Blanc s'éloigne par sa rationalité ou par une manière de négliger l'intuition, l'émotion, et, de temps en temps, il a besoin du Noir pour lui rappeler qu'il est humain. C'est son contemporain primitif". Omar Sy ne serait donc qu'un Noir malin et amusant.

Harvey Weinstein honoré à Paris en juin

Peu importe qu'Intouchables séduise ou pas les Américains. Weinstein peut toujours en faire un remake puisqu'il en a acquis les droits en juillet dernier. Selon Olivier Nakache, "c'est dans les tuyaux". Pour l'instant, il prépare la bande annonce, les affiches et a programmé le film dans différentes avant premières. On parle aussi d'un événement à Cannes pour célébrer le succès phénoménal du film.

Harvey Weinstein sera ensuite en France début juin pour l'hommage qui lui sera rendu au premier Champs Elysées Film festival (6-12 juin, voir notre actualité du 23 octobre 2011). C'est bien le minimum pour celui qui a permis à un film français d'obtenir l'Oscar suprême avec The Artist. Il avait déjà distribué l'autre film phénomène des années 2000, Le fabuleux destin d'Amélie Poulain, et produit Le Patient anglais, qui avait valu un Oscar à Juliette Binoche. Le Festival lui décernera un trophée pour l'ensemble de sa carrière et projettera une sélection des plus grands films qu'il a produit (y compris durant la période Miramax).

160 000 spectateurs pour le Festival de Locarno cette année

Posté par vincy, le 18 août 2011

Après le palmarès, les chiffres. La 64e édition du Festival de Locarno a connu un beau succès public. “Le nombre total de spectateurs  s’élève à 159 503 (contre 148 436 en 2010), avec une augmentation d’environ 7,5%, due en particulier à l’excellente fréquentation de la Piazza Grande (61 700 spectateurs contre 52 300 en 2010). La participation dans les salles reste stable, avec 97 803 spectateurs (2010: 96 136) malgré la légère réduction du nombre de films” annonce le communiqué des organisateurs.

Côté professionnels, le nombre d'accrédités a aussi augmenté avec 3 950 personnes enregistrées (contre 3 852 en 2010), parmi les quels 251 acheteurs pour le marché du film et 900 journalistes.

Le Directeur artistique Olivier Père s’est déclaré “satisfait du succès rencontré auprès du public, de la critique et des professionnels”. Le Président du festival, Marco Solari, espère “que le succès du Festival permettra de convaincre la population de la région de Locarno qu’elle a désormais toutes les cartes en main pour aspirer à devenir un centre d’excellence de l’audiovisuel”.

Locarno fait partie des cinq festivals de cinéma majeurs européens, avec Cannes, Berlin, Venise et San Sebastian.

Edouard Waintrop, ancien critique à Libération, à la tête de la Quinzaine des réalisateurs

Posté par vincy, le 22 juillet 2011

La Société des Réalisateurs de Films (SRF) a nommé le nouveau délégué général de la Quinzaine des réalisateurs, un mois après l'éviction de Frédéric Boyer (voir actualité du 21 juin).

Edouard Waintrop, 58 ans, reprend donc un flambeau un peu abîmé depuis le départ d'Olivier Père en 2009, qui lui enflamme désormais le Festival de Locarno. Ancien critique de cinéma à Libération, Waintrop anime sur le site du quotidien un blog dédié au 7e art, Le cinoque.

Sur son blog, il décrit ainsi sa passion : "Adolescent, je décidai de sécher mes cours de mathématiques pour assouvir ma passion du cinéma. Comme j’étais dans une section scientifique, j’ai vu de nombreux films. Des Ford, des Hitchcock, des Hawks, des Walsh, des Ray et des McCarey, des Lubitsch et des Preminger, des Carné, des Renoir, des Godard, des Chabrol et des Truffaut… Et cette fièvre ne m’a jamais quitté. C’est elle que j’ai essayé de diffuser dans mes papiers de Libération pendant vingt-six ans (j'ai quitté Libé au printemps 2008)."

Depuis, il s'était fait engagé comme directeur du festival international du film de Fribourg en Suisse, qu'il a animé durant quatre ans - il a été remplacé par Thierry Jobin - avant de diriger depuis le 1er avril les salles de cinéma du Grütli (ex-Centre d'animation cinématographique-Voltaire) à Genève.