Les nouveaux horizons de StudioCanal

Posté par vincy, le 29 septembre 2011

StudioCanal, la filiale cinéma de Canal+ créée en 1986 sous le nom de Canal + production, a signé un accord avec le fonds d'investissement britannique Anton Capital Entertainment, dirigé par Sébastien Raybaud et Mark Field-Marsham, afin de produire une centaine de films sur trois ans. Ce "deal" permet à StudioCanal de recevoir 150 millions d'euros sur trois ans, ce qui concernera une centaine de films. StudioCanal alignera 350 millions d'euros. ACE financera donc environ 30% de chaque film international, avec une logique de partage complet des risques et des recettes. StudioCanal garde le pouvoir d'accorder ou non le feu vert aux films en développement.

La filiale de Canal + devient ainsi une "minimajor", un studio européen. Le studio pourra être plus réactif dans ses choix et facilitera l'acquisition de droits. La priorité reste le marché européen : il est présent sur les trois plus gros marchés, la France, le Royaume Uni et l'Allemagne.

StudioCanal devient donc l'Astérix de l'Empire hollywoodien avec une quarantaine de films produits par an (contre 15-25 pour chaque "major" américaine) et les deux tiers de ses revenus réalisés hors de France. La société devrait afficher une croissance de 10% cette année pour atteindre un chiffre d'affaires de 400 millions d'euros. Sa rentabilité (14%) est exceptionnelle pour le secteur.

Le groupe mise sur une stratégie différente de celle des studios américains qui exploitent directement leurs contenus sur tous les supports, mais qui les obligent à produire des blockbusters coûteux avec des frais de distribution, d'exploitation et de marketings toujours plus élevés.

Olivier Courson, patron de la filiale de Canal +, veut développer principalement quatre styles de films : le cinéma indépendant international, le cinéma familial, les films de genre de qualité et la production locale événementielle (des films d'auteurs à budget moyen mais avec un potentiel populaire).

Les fables de Michel Ocelot vont de nouveau enchanter les écrans, petits et grands

Posté par vincy, le 8 août 2010

michel ocelot dragons et princesses le garçon qui ne mentait jamaisNul ne doute qu'il recevra bientôt l'un des premiers César du film d'animation. Mais il faudra patienter. Car Michel Ocelot ne sera prêt qu'au printemps 2011.

Pour l'instant, le créateur de Kirikou s'affaire à ses projets. Dragons et Princesses, une co-production Nord-Ouest Films et StudioCanal, marquera ses premiers débuts en 3D stéréoscopique.  Dragons et Princesses sera aussi une série de dix contes inventés en format court (13 mn en 2D), où l'animation reprend les codes esthétiques de Princes et Princesses (2000). Des fables "modernes" qui nous transportent en Chine, aux Antilles, en Sainte Russie, au Tibet, en Afrique et dans des pays qui n'existent pas.

L'un des courts métrages, Le garçon qui ne mentait jamais, a reçu un prix spécial au Festival d'Annecy, dans la catégorie "série de télévision". Une ironie pour celui qui n'a que des mauvais souvenirs avec les séries TV depuis "Gédéon", à ses débuts.

Le film, lui, s'agrémentera de nouvelles images à ces contes, en plus de rajouter une nouvelle histoire. La sortie est calée pour avril 2011.

Et après? Il rêve de réaliser un film d'animation se déroulant dans le Paris des années 1900. Mais France Télévisions lui a d'abord commandé de nouvelles aventures de Kirikou, qui vont bientôt se mettre en production.

Par ailleurs, en octobre, Dragons et princesses sera aussi en librairie. Nathan Jeunesse publie deux histoires illustrées : "Le loup garou" et "Ti Jean et la belle sans connaître".

Berlin 2010 : Les français bredouilles, mais pas trop

Posté par vincy, le 21 février 2010

l illusionniste de sylvain chometPas un seul prix en repartant de la Berlinale, hormis l'Ours d'argent pour le cinéaste franco-polonais Roman Polanski. Le cinéma français, relativement absent de la compétition, était surtout présent au marché du film (avec 15 producteurs à l'European Film Market). Unifrance revendiquait pourtant 19 films qui avaient fait le déplacement dans la capitale allemande : Mammuth et The Ghost Writer en compétition, Henri IV, L'autre Dumas, L'illusionniste (le nouveau dessin animé de Sylvain Chomet), Moloch Tropical (de l'haïtien Raoul Peck), le documentaire Michel Ciment, le cinéma en partage hors compétition. Un hommage à Eric Rohmer, une masterclass de Claire Denis, les nouveaux Ducastel-Martineau et Lifshitz (section Panorama) complétaient la délégation.

Pourtant le business n'a pas été mauvais. StudioCanal a signé un accord avec la société belge nWave, de Ben Stassen, grand spécialiste de l'Imax, pour pouvoir mettre en ouvre des films en 3D. Le premier projet annoncé devrait être Les aventures de Samy (Around the World in 50 Years 3D), qui sort dans les salles cet été.

MK2 a négocié avec l'israélien Orlando Films qui va devenir son distributeur multi-plateformes en Israël. La merditude des choses (103 000 spectateurs en France) devrait être le premier film diffusé suite à cet accord.

Last but not least, trois firmes, la française Celluloïd Dreams, le financier bavarois Clou Partners et le Studio Babelsberg (qui est à côté de Berlin), ont décidé de créer un studio européen, TheManipulators (tout attaché), pour produire (et coproduire) des films à vocation internationale, à moyens et gros budgets. Le premier film qui bénéficiera de ce nouvel outil sera Waiting for Azrael, de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud (Persépolis). Le film sera tourné cette année à Babelsberg avant, sans doute, de faire son avant-première à Berlin 2011.