Cannes 2019 : Qui est Antxon Gomez ?

Posté par vincy, le 17 mai 2019

Il y a la mise en scène, le scénario, les comédiens et la musique. Douleur et Gloire frappe aussi le spectateur avec son esthétique. Le style de Pedro Almodovar est sans aucun doute sublimé par le design – décors et objets. Et ce nouveau film du maître espagnol, en compétition cette année à Cannes, n’y déroge pas. Derrière cette splendeur visuelle, il y a Antxon Gomez, basque né en 1952.

Le directeur artistique a obtenu un Goya avec un film présenté en compétition à Cannes, Che de Steven Soderbergh. Pourtant c’est bien sa collaboration avec Pedro Almodovar qui en fait une star du métier. Ils travaillent ensemble depuis Carne Trémula (En chair et en os), en 1997. Autrement dit, c’est à lui qu’on doit la direction artistique de Tout sur ma mère, Parle avec elle, La mauvaise éducation, Etreintes brisées, La piel que habito, Les amants passagers et Julietta, la plupart présentés à Cannes.

Etudiant en chimie, militant communiste durant sa jeunesse, collectionneur  de nature, est arrivé tardivement au cinéma, par l’entremise de Bigas Luna (Macho aka Huevas de oro), en 1993. Cela faisait près de 15 ans qu’il travaillait dans la publicité à Barcelone. Il est décorateur pour des lieux de fête en pleine movida, et pour plus de six cent films publicitaires.

Au cinéma, il apporte sa touche personnelle à Gaudi Afternoon de Susan Seidelman, Chuecatown de Juan Flahn, Le moine de Dominik Moll, Salvador de Manuel Huerga, Tuya Siempre de Manuel Lambadero ou même au documentaire Messi d’Alex de la Iglesia.

Mais il avouait il y a quelques années au Monde : « Je n'aime rien tant que travailler avec Pedro car il accorde beaucoup d'importance aux décors. » De la couleur du carrelage aux sets de table, d’objets qu’il dessine lui-même à des tableaux qu’il collectionne, il s’amuse comme un enfant. Dans Douleur et gloire, on admirera la vaisselle, les azulejos, les portes coulissantes ou encore toutes ces fausses affiches de cinéma savoureuses. C’est pop et moderne, bordélique et pourtant cohérent. Du turquoise séduisant au rouge obligatoire, on a rapidement envie de vivre dans ses lieux imaginés pour le cinéma.

Albert Finney (1936-2019), acteur prodigieux et carrière prestigieuse

Posté par vincy, le 8 février 2019

L'acteur britannique Albert Finney est mort aujourd'hui à l'âge de 92 ans. Son élégance naturelle alliée à un corps robuste et un regard malicieux restent inoubliables. Fils de bookmaker, il a parfois pris des risques. Il avait refusé le rôle de Lawrence d'Arabie. Ce qui ne l'a pas empêché au fil des décennies d'obtenu cinq nominations aux Oscars, de gagner trois Golden Globes (en plus de six nominations), de remporter un BAFTA (et 8 autres nominations) et de tourner durant 50 ans au Royaume Uni comme aux Etats-Unis. Il a notamment été marié avec Jane Wenham, puis Anouk Aimée et enfin Pene Delmage.

En 2000, Steven Soderbergh le remet sur le devant de la scène en lui offrant le rôle masculin principal d'Erin Brokovich, où il joue un avocat-mentor de Julia Robert dans une "class-action" écologique. Soderbergh le réembauche pour Traffic et surtout pour Ocean's Twelve, pour une apparition dans l'épilogue, en père voleur de Catherine Zeta-Jones. Albert Finney jouera ainsi les valeurs ajoutées dans plusieurs productions hollywoodiennes: Une grande année de Ridley Scott, La Vengeance dans la peau de Paul Greengrass (en affreux Dr Hirsh) ou Skyfall de Sam Mendes (en garde-chasse de la propriété familiale de James Bond). Le 007 sera son dernier film de cinéma, il y a 7 ans.

Tim Burton lui offre aussi le rôle de Ed Bloom âgé (jeune, il est incarné par Ewan McGregor) dans Big Fish (et il fera une voix dans Les noces funèbres). Il faut dire que Finney est entouré d'un culte pour les cinéastes de cette génération.

Débutant d'abord au théâtre, aux côtés d'Alan Bates et Peter O'Tool, il joue Shakespeare durant les années 1950. On le considéra souvent comme l'héritier de Laurence Olivier. Il débute sur le grand écran en 1960, dans Samedi soir et dimanche matin de Karel Reisz. Tout au long de sa vie, épris de sa liberté, il refuse des gros cachets ou des responsabilités. L'argent ne l'intéresse pas. En 1962, il est Tom Jones dans le film éponyme de Tony Richardson. Albert Finney est l'acteur emblématique de ce Free Cinema britannique qui s'impose dans le Swinging London. Bad boy sympathique dans ce film culte, il envoute la critique qui le propulse dans le star-système. Avec Tony Richardson, il connaît aussi son plus grand succès théâtral dans les années 1960 en incarnant Martin Luther King dans Luther.

Cette liberté artistique le pousse à n'en faire qu'à sa tête. Il réalise ainsi Charlie Bubbles, autoportrait parodique où l'on croise une jeune Liza Minelli. Il fonde la société de production Memorial Enterprises, qui remporte la Palme d'or avec If..., et lance Stephen Frears avec Gumshoe (avec Finney en acteur), Mike Leigh avec Bleak moments et Tony Scott avec Loving Memory.

Audrey Hepburn et Hercule Poirot

Cela ne l'empêche pas de céder à certaines sirènes. dans les années, 1960, il tourne Voyage à deux, de Stanley Donen, périple ensoleillé et cruel avec Audrey Hepburn (avec qui il a eu une liaison) autour d'un couple. Film de guerre, thriller, comédie, il ne cherche pas à s'installer dans un genre. Il excelle en misanthrope dans le film familial Scrooge. Il campe un légendaire Hercule Poirot dans Le crime de l'Orient-Express de Sidney Lumet (qui le retrouvera pour son ultime film en 2007, le très noir 7h58 ce samedi-là, en doyen familial). Les années 1970 ne sont finalement pas moins riches, même s'il se fait rare, contrairement à Sean Connery ou Michael Caine. Admirable Fouché dans Les Duellistes de Ridley Scott (où il fut payé par une caisse de champagne), il enchaîne des films comme Looker film de SF de Michael Crichton, L'usure du temps d'Alan Parker ou L'habilleur de Peter Yates. On notera surtout sa participation aux œuvres de John Huston, la comédie musicale Annie, et le drame Au-dessous du volcan, où il transcende son personnage de consul solitaire et dépressif.

Les années 1990 peuvent être perçues comme sa traversée du désert au cinéma. Ce serait oublié son passage chez les Coen, en parrain de la mafia irlandaise dans Miller's crossing et surtout deux rôles importants chez Mike Figgis dans The Browning Version en prof homosexuel amer et chez Suri Krishnamma dans Un homme sans importance en chauffeur de bus homosexuel toujours dans "le placard".

les critiques des films d'Albert Finney

Finney tournera un tiers de sa filmographie entre 2000 et 2012, passant de Agnieszka Holland à Michael Apted, en passant par Alan Rudolph. Il a eu pour partenaire Diane Keaton, Jill Clayburgh, Jacqueline Bisset, Julia Roberts. Sur le petit écran il a incarné le pape Jean-Paul II et Winston Churchill. Il a été soldat, docteur, juge, écrivain.

A ne jamais faire trop de concession, à conserver son talent toujours intact, même pour un petit rôle, Albert Finney est resté l'un des acteurs les plus respectés. Son charme et son charisme, son refus d'être acheté par le système et son aspiration à s'en affranchir en ont fait une figure à part dans le cinéma anglo-saxon. Il savait être drôle ou inquiétant, séduisant ou antipathique, sensuel ou monumental. Mais c'est bien son esprit rebelle qui restera : il a refusé tout anoblissement et honneur royal au cours de sa vie, rejetant ainsi le titre de Sir. Pourtant, il a donné de beaux titres de noblesse au métier d'acteur.

Nos films les plus attendus en 2019 (3/3)

Posté par redaction, le 7 janvier 2019

Première partie
Deuxième partie

Cette année sera aussi sous le signe des femmes. De nombreuses réalisatrices seront au rendez-vous. Céline Sciamma sera-t-elle à Cannes avec son Portrait de la jeune fille en feu, avec Adèle Haenel, Valéria Golino et Noémie Merlant? Greta Gerwig, un an après sa nomination à l'Oscar du meilleur réalisateur, sera parmi les favorites des palmarès de fin d'année avec sa version de Little Women, incluant Saoirse Ronan, Timothee Chalamet, Florence Pugh, Laura Dern et Meryl Streep. Dee Rees revient avec The Last Thing He Wanted et un trio chic et choc composé d'Anne Hathaway, Willem Dafoe et Ben Affleck. Il y aura aussi Joanna Hogg avec The Souvenir (et Tilda Swinton). Et on retrouvera Gia Coppola, avec Maintsream (et Andrew Garfield en tête d'affiche). On attend aussi les nouveaux films d'Alice Winocour (Proxima, avec Eva Green et Matt Dillon), Kelly Reichardt (First Cow) et le grand retour de Miranda July (avec Evan Rachel Wood). Sans oublier le nouveau Julie Delpy, My Zoe, avec Gemma Arterton, Daniel Brühl et Richard Armitage.

Des acteurs derrière la caméra, il y en aura quelques-uns, et notamment le retour prometteur d'Edward Norton avec Motherless Brooklyn (en compagnie de Bruce Willis, Willem Dafoe et Gugu Mbatha-Raw), les premiers pas de Chiwetel Ejiofor avec The Boy Who Harnessed The Wind ou de Jonah Hill avec 90's avec Lucas Hedges (24 avril).

Parmi les cinéastes hype de ces dernières années, on a hâte de voir le nouveau film d'Ira Sachs, Frankie (25 septembre), avec Isabelle Huppert, Greg Kinnear, Marisa Tomei et Jérémie Renier. On attend aussi les frères Safdie avec Uncut Gems (et Adam Sandler), J.C. Chandor avec Triple Frontier (et Ben Affleck, encore, Oscar Isaac, Charlie Hunnam; Garret Hedlund). Charlie Hunnam qu'on retrouvera aussi dans le film de Justin Kurzel, True History Of The Kelly Gang, aux côtés de Russell Crowe et Nicholas Hoult. Le réalisateur de Victoria, Sebastian Schipper, revient avec Roads (et un duo inattendu: Stéphane Bak et Fionn Whitehead). Tobias Lindholm réunit Jessica Chastain et Eddie Redmayne dans The Good Nurse (Redmayne qu'on verra aussi dans The Trial Of The Chicago 7, le nouveau film du scénariste Aaron Sorkin). Taiki Waititi sort des blockbusters de super-héros pour l'insolite Jojo Rabbit avec Scarlett Johansson. On est aussi impatient de découvrir ce que nous réserve le réalisateur des Bêtes du sud sauvage, qui n'a rien tourné depuis 7 ans et revient avec le mystérieux Wendy. Et enfin, que va nous proposer Jordan Peele, deux ans après Get Out, en enrôlant Lupita Nyong’o pour Us (20 mars).

Si Ben Whishaw devrait passer l'hiver sur le tournage de James Bond, on le verra aussi dans deux films: The Personal History of David Copperfield d'Armando Ianucci, avec Dev Patel et Tilda Swinton (elle est partout) et Little Joe de l'autrichienne Jessica Hausner. Autre doublé du côté de Steven Soderbergh avec High Flying Bird ET The Laundromat (et un cast rêveur: Zachary Quinto, Kyle MacLachlan, Meryl Streep, Gary Oldman, Antonio Banderas, David Schwimmer, Matthias Schoenaerts...). Autre doublé potentiel, celui de Richard Linlater, avec le certain Where’d You Go Bernadette? (Cate Blanchett en tête) et un projet en cours de tournage dont on ne sait pas grand chose hormis qu'il se déroule en 1969.

Si Will Smith ne sera pas un reboot de Men in Black dans la suite MIB:International (avec Chris Hemsworth, Tessa Thompson et Liam Neeson, le 12 juin), il sera la star de Gemini Man, SF signée Ang Lee (9 octobre). Sans aller aussi loin, on sera déjà pleinement satisfaits si les films de cinéastes que l'on aime bien sont réussis: Ema de Pablo Larrain (avec Gael Garcia Bernal), le musical de Danny Boyle (avec Richard Curtis au scénario), La chute de l'empire américain de Denys Arcand (sorti en 2018 au Québec), Marino Llias (le quatre volets intrigants de La flor), About Endlessness de Roy Andersson ou Sorry We Missed You de Ken Loach (avec Paul Laverty au scénario).

Hollywood fera diversion avec des blockbusters divers. On surveillera Chaos Walking de Doug Liman (avec Tom Holland et Daisy Ridley), Velvet Buzzsaw de Dan Gilroy (avecJake Gyllenhaal et Toni Collette), The Devil All The Time de Antonio Campos (avec encore Tom Holland, mais aussi Chris Evans, Robert Pattinson et Mia Wasikowska) et bien entendu Joker de Todd Phillips avec Joaquin Phoenix et Robert De Niro.

L'année 2019 sera l'occasion de découvertes, de révélations, de déceptions, d'emballements, de surprises. Elle se finira avec Star Wars: Episode IX le 18 décembre. De quoi faire rebondir la franchise après le semi-échec de Solo. J.J. Abrams sera aux manettes de cette production réécrite et reprise en mains. Il remplace Rian Johnson, qui fera l'événement à la même période avec Knives Out et son générique sans fin : Daniel Craig, Chris Evans, Michael Shannon, Jamie Lee Curtis, Toni Collette, Christopher Plummer, Don Johnson et Lakeith Stanfield.

Première partie
Deuxième partie

Gary Oldman, Meryl Streep, Antonio Banderas vont-ils tourner pour Steven Soderbergh ?

Posté par wyzman, le 19 juin 2018

C'est sans aucun doute l'un des projets dont on devrait énormément entendre parler prochainement. Selon Deadline, Gary Oldman, Meryl Streep et Antonio Banderas s'apprêtent à tourner The Laundromat, un film réalisé par Steven Soderbergh traitant directement du scandale des Panama Papers.

Un scandale porteur

Développé autour du script de Scott Z. Burns, lui-même inspiré de l'ouvrage de Jake Bernstein (Secrecy World: Inside the Panama Papers Investigation of Illicit Money Networks and the Global Elite), il se murmure que The Laundromat atterrira prochainement dans le catalogue toujours grandissant de Netflix.

Et comme le rappelle très justement Deadline, ce n'est pas la première fois que Netflix s'intéresse au scandale des Panama Papers. Il y a deux ans, le géant du streaming a acquis les droits du livre Le secret le mieux gardé du monde : le roman vrai des Panama Papers écrit par les journalistes allemands Frederik Obermaier et Bastian Obermayer. Ce projet est toujours en cours de développement. John Wells le produit.

Pour rappel, le scandale a éclaté en avril 2016 lorsque plus de 11 millions de documents contenant des informations confidentielles et d'ordre financier sur des centaines de milliers de sociétés offshore ainsi que leurs actionnaires ont fuité. Nommé en référence aux Pentagon Papers - que Meryl Streep connaît bien - , les Panama Papers auraient été fournis par un whistleblower anonyme et non rémunéré. C'est cette histoire que racontera le film produit par John Wells. Pour ce qui est du film de Steven Soderbergh, aucune information supplémentaire n'a été donnée au cours du mois qui s'est écoulé.

Berlin 2018 : Steven Soderbergh angoisse la Berlinale avec Unsane

Posté par MpM, le 21 février 2018

Steven Soderbergh est de retour à Berlin hors compétition, cinq ans après Effets secondaires, avec un nouveau thriller efficace et tendu dont la particularité est d’avoir été tourné avec un IPhone. Unsane est clairement dans l’air du temps puisqu’il suit le parcours de Sawyer Valentini (interprétée avec subtilité par Claire Foy), une jeune femme qui a dû fuir sa ville et ses amis après avoir été harcelée par un homme qui s’était épris d’elle. Toujours traumatisée, la jeune femme se rend dans une clinique privée pour une consultation psychologique, et se retrouve internée contre son gré.

Si le réalisateur américain ne révolutionne ni le cinéma, ni la série B avec cette histoire relativement classique d'une héroïne prise au piège d'un dangereux psychopathe, il propose un film à la fois anxiogène et divertissant qui ne manque pas de panache. Sa mise en scène très découpée et précise offre une grande fluidité au récit qui se déroule sans temps morts ni essoufflement. Le réalisateur est évidemment très fort pour ménager ses effets et donner le sentiment d'une machine infernale qui se referme peu à peu sur son personnage. Il lance ainsi plusieurs pistes de salut possible, avant de les refermer sèchement une à une jusqu'à placer Sawyer (Claire Foy, révélée par la série The Crown) dans une impasse mortifère dont elle est semble ne jamais pouvoir sortir.

Il est à ce titre intéressant de constater que le réalisateur lève assez rapidement l'ambiguïté sur l'existence réelle du harceleur pour se concentrer au contraire sur l'état mental de Sawyer, qui multiplie les crises de violence et les comportements déviants. Il y a chez elle une ambivalence qui persiste jusqu'à la toute fin, destinée à faire réfléchir le spectateur à la notion toute relative de "happy end". Il montre en substance les réalités de la vie d'une victime de harcèlement, à la fois lors d'un flash-back ahurissant de détails (et l'apparition réussie de Matt Damon en spécialiste de la protection) et dans la persistance des conséquences bien au-delà du danger réel.

Le film s'inscrit évidemment dans un climat social particulier, à une époque où les violences faites aux femmes et la notion de harcèlement sont clairement sur le devant de la scène, et il montre (avec la puissance mais aussi les faiblesses d'une oeuvre de fiction) ce que cela peut signifier concrètement au quotidien. Ce faisant, cela ne l'empêche pas de recourir aux codes du cinéma de genre (avec notamment une très prenante musique répétitive et des cadres inquiétants qui suggèrent la présence d'un prédateur aux aguets) et de proposer un film grand public, certes minimaliste, mais qui propose toutes les émotions fortes propres au thriller traditionnel.

Il allie ainsi une intrigue ancrée dans l'actualité à des choix formels facilement accessibles, et mêle à tout cela un regard extrêmement critique sur les dérives de la psychiatrie et sur l'exploitation éhontée des assurances maladies, thème qu'il avait déjà abordé dans Effets secondaires. Voilà sans doute pourquoi Unsane s'avère si impliquant émotionnellement. Pour le spectateur, c'est en effet comme se retrouver dans un cauchemar éveillé mêlant ses pires angoisses : être interné contre son gré, perdre le contrôle de son existence, frôler la folie et se retrouver à la merci de son pire ennemi. La recette n'est peut-être pas extraordinairement originale, mais elle porte une nouvelle fois ses fruits, et avec élégance.

Mosaic de Steven Soderbergh sera-t-il le futur de la série télévisée?

Posté par vincy, le 23 janvier 2018

Mosaic débarque en France. Depuis le 23 janvier à 20 h 40 sur OCS City (diffusion sur cinq soirs d’affilée), la création de Steven Soderbergh est conçue comme une application interactive, avec en star Sharon Stone.

Mosaic est une enquête sur le meurtre d'une auteure célèbre dans une station de ski chic de l'Utah. Sans l'interactivité qui permet d'approfondir l'intrigue ou d'enrichir les personnages, cela pourra paraître un peu plat. Mais il y a au moins la curiosité de retrouver Sharon Stone, 60 ans et bientôt à l'affiche de The Disaster Artist, dans le rôle d'Olivia Lake, l'écrivaine mondaine et cougar qui est tuée, se régalant de ses répliques garces qu'elle partage avec son meilleur ami gay ou avec son miroir.

Ce n'est pas un jeu vidéo. Ce n'est pas une série. Ce n'est pas un film.
Mais c'est une fiction : 7h50 au total. Le spectateur est maître à bord: il choisit un personnage, un point de vue, des bonus (éléments enrichissants le récit). En France, pourtant, on ne le verra que dans un format de série, avec six épisodes dont le réalisateur a choisit la trame et la construction.

Aux Etats-Unis, en revanche, HBO exploite le procédé innovant du réalisateur tel qu'il l'a imaginé. Le scénariste Ed Solomon a signé là un script de 507 pages où chaque détail, révélation est pensé et placé au bon endroit (en s'aidant de post-its de différentes couleurs collés à un mur). Pour le cinéaste, c'est un retour à l'expérimentation et surtout sa réponse à un système hollywoodien qui ne se remet pas en question et banalise de plus en plus la narration. Après avoir regardé chaque segment - quelques minutes seulement ou d'autres aussi longs qu'un épisode de télévision standard - les spectateurs le point de vue qu'ils veulent suivre et où ils veulent aller ensuite. Ceux qui veulent tout savoir peuvent regarder les deux options avant de passer à autre chose.

Cette arborescence complexe est peut-être plus révolutionnaire que la 3D, pour l'instant assez décevante. Ecrite de manière linéaire, l'application a ensuite été déconstruite, en partant à chaque fois d'une introduction incarnée par le personnage de Sharon Stone. Car le péril était qu'un spectateur manque l'introduction d'un nouveau personnage, un dialogue crucial ou un indice essentiel à l'enquête. L'autre défi était de tourner certaines scènes sous plusieurs angles.

Le tout a quand même coûté 20M$. Soderbergh a tourné Mosaic il y a y a deux ans à Park City, QG du Festival de Sundance, en 49 jours. Au générique on retrouve Paul Rubens, Garrett Hedlund, Beau Bridges et Frederick Weller. Par ailleurs, le nouveau film de Steven Soderbergh, Unsane, sera en compétition au prochain festival de Berlin.

Berlin 2018: Steven Soderbergh et Lav Diaz s’invitent dans la compétition

Posté par vincy, le 22 janvier 2018

La Berlinale a ajouté trois films à sa compétition:

  • Ang panahon ng halimaw (Season of the Devil) de Lav Diaz, avec Piolo Pascual, Shaina Magdayao
  • Museo (Museum) de Alonso Ruizpalacios, avec Gael García Bernal, Leonardo Ortizgris photo)
  • Unsane de Steven Soderbergh, avec Claire Foy, Joshua Leonard, Jay Pharoah, Juno Temple, Aimee Mullins, Amy Irving

7 Days in Entebbe de José Padilha, avec Rosamund Pike, Daniel Brühl, sera lui présenté hors-compétition, tout comme le film bulgare Aga de Milko Lazarov.

Dans la section Berlinale Special, le festival de Berlin présentera The Happy Prince, premier film de Rupert Everett, avec Colin Firth et Emily Watson, et Unga Astrid (Becoming Astrid) de Pernille Fischer Christensen, avec Alba August et Trine Dyrholm.

La 68e Berlinale aura lieu du 15 au 25 février.

Rappel des films en compétition:
3 Tage in Quiberon (3 Days in Quiberon) de Emily Atef (Allemagne)
Ang panahon ng halimaw (Season of the Devil) de Lav Diaz (Philippines)
Damsel de David Zellner & Nathan Zellner (USA)
Don't Worry, He Won't Get Far on Foot de Gus Van Sant (USA)
Dovlatov de Alexey German Jr. (Russie)
Eva de Benoit Jacquot (France)
Figlia mia (Daughter of Mine) de Laura Bispuri (Italie)
Las herederas (The Heiresses) de Marcelo Martinessi (Paraguay) - premier film
In den Gängen (In the Aisles) de Thomas Stuber (Allemagne)
Isle of Dogs de Wes Anderson (Royaume Uni) – Animation (film d'ouverture)
Khook (Pig) de Mani Haghighi (Iran)
Mein Bruder heißt Robert und ist ein Idiot (My Brother’s Name is Robert and He is an Idiot) de Philip Gröning (Allemagne)
Museo (Museum) de Alonso Ruizpalacios (Mexique)
La prière (The Prayer) de Cédric Kahn (France)
Toppen av ingenting (The Real Estate) de Måns Månsson & Axel Petersén (Suède)
Touch Me Not de Adina Pintilie (Roumanie) - premier film
Transit de Christian Petzold (Allemagne)
Twarz (Mug) de Malgorzata Szumowska (Pologne)

3 raisons d’aller voir Logan lucky

Posté par wyzman, le 25 octobre 2017

Quatre ans après le décevant Effets secondaires, Steven Soderbergh met sa retraite sur pause pour repasser derrière la caméra, le temps d'un film de casse pas comme les autres - mais un peu quand même.

L'histoire. Les frères Logan ne sont pas très futés mais décident de monter le casse du siècle : empocher les recettes de la plus grande course automobile de l'année. Pour ce faire, ils ont besoin du meilleur braqueur de coffre-fort du pays : Joe Bang. Malheureusement, celui-ci est en prison… Après Ocean's Eleven Twelve et Thirteen, Steven Soderbergh est donc de retour avec un film de braquage. Plutôt réussi, Logan Lucky a le mérite d'osciller parfaitement entre film de génie et film sur la bêtise humaine. Car en plus d'être un film de casse, Logan Lucky est une comédie tordante, excellente, centrée sur trois énergumènes plus stupides les uns que les autres et dans laquelle on apprend que l'on peut faire des explosifs avec des bonbons en forme d'oursons et du sel (allégé, si possible). Sans vous révéler la fin, force est de reconnaître que l'ensemble plaît par l'envie qu'il suscite de retrouver les personnages pour un second volet encore plus délirant.

Le casting. L'une des forces de Logan Lucky réside bien évidemment dans son casting. Ce n'est pas tous les jours que Channing Tatum se mue en père désespéré, qu'Adam Driver joue un vétéran qui a perdu un bras et que Katie Holmes brille en Américaine white trash. Mais le plus gros tour de force nous vient de Daniel Craig, celui que l'on retrouvera en 2019 pour son cinquième James Bond. Dans Logan Lucky, le Britannique de 49 ans donne vie à Joe Bang, un braqueur franchement cinglé mais qui lui donne l'opportunité de dévoiler un peu plus ses talents comiques. Et l'acteur n'y va pas de main morte car si Channing Tatum a le rôle principal de Logan Lucky, Daniel Craig en est clairement la star. Charismatique et imposant, celui que l'on a découvert dans Lara Croft : Tomb Raider en 2001 donne le "la".

Steven Soderbergh. Après le plutôt mauvais Effet secondaires, le réalisateur américain avait dit qu'il prendrait sa retraite. Celle-ci n'a pas duré si longtemps que ça et c'est tant mieux pour nous. Malgré un joli budget de 29 millions de dollars, Logan Lucky n'en a rapporté que 43 dans le monde. Mais peu importe. A l'instar de Michael Bay avec No Pain No Gain, Steven Soderbergh s'autorise ici un kiff total, un long-métrage avec lequel il se fait plaisir, parvenant même à déjouer les codes du film de casse tout en s'y accrochant comme personne. Sa caméra est fluide, les dialogues percutants et l'action extrêmement rapide. Bien qu'il soit parfois difficile de tout suivre, le final continue de l'asseoir comme l'un des cinéastes les plus talentueux et intrigants de  sa génération.

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Un Ocean’s 11 au féminin se prépare avec un sacré casting

Posté par vincy, le 10 août 2016

Cela fait quelques temps que la version féminine d'Ocean's 11 est en préparation. Le décès de Jerry Weintraub l'an dernier a légèrement interrompu le développement; Mais le tournage approchant, on commence à avoir quelques indices sur le casting final. A l'instar du nouveeau S.O.S. Fantômes, il sera complètement féminin.

Désormais ce sont Rihanna et Anne Hathaway, selon Deadline, qui sont en négociations finales pour rejoindre Sandra Bullock, Cate Blanchett, Helena Bonham Carter, la rappeuse Nora Lum et Mindy Kaling dans Ocean's Eight.

Gary Ross (Hunger Games) réalisera le spin-off de la série de Steven Soderbergh, qui coproduit le film. Bullock sera la sœur et l'alter-ego de George Clooney et Cate Blanchett devrait avoir un rôle assez similaire à celui de Brad Pitt, en bras droit raisonné, dans ce scénario écrit par Olivia Milch (dont c'est le premier scénario pour un studio).

Le tournage doit débuter en octobre à New York.

Steven Soderbergh de nouveau tenté par le cinéma

Posté par vincy, le 4 février 2016

Finalement Steven Soderbergh sort de sa retraite. Trois après son départ des plateaux, pour se consacrer à d'autres formes d'écritures, d'arts visuels et même au petit écran, le cinéaste a décidé de revenir au cinéma.

Variety annonce qu'il a accepté de réaliser Lucky Logan, avec Channing Tatum. Les studios se disputent actuellement les droits de distribution d'un film dont on ne sait pas grand chose. Ce serait le quatrième film de Tatum sous la direction de Soderbergh après Piégée, Magic Mike et Effets secondaires.

Depuis Ma vie avec Liberace, produit pour la chaîne de télé HBO mais sorti en salles en Europe, le réalisateur s'est lancée dans plusieurs séries télévisées: The Knick qu'il a produit et réalisé (la troisième saison est en préparation), Red Oaks et The Girlfriend Experience, qu'il a seulement produit, et Mosaic, projet interactif avec Sharon Stone encore à l'état de développement. Il a aussi produit des documentaires comme Citizenfour et Da Sweet Blood of Jesus. Enfin, le cinéaste continue de peindre.