La Quinzaine des Réalisateurs changera de délégué général en 2019

Posté par vincy, le 8 novembre 2017

La Société des réalisateurs de films confirme le maintien d'Edouard Waintrop pour la 50e édition de la Quinzaine des réalisateurs en tant que délégué général. Cependant, ela SRF annonce dans le même temps: "En tant que partisans de l'alternance, c'est cette réussite qui nous autorise aujourd'hui à faire le pari du changement en accueillant un nouveau profil à la tête de la Quinzaine 2019. Une nouvelle page de l’histoire du Festival de Cannes va s’écrire avec une nouvelle, un nouveau délégué.e général.e.".

Il est de coutume que le futur délégué général accompagne durant une édition précédant son mandat celui en poste. Il devrait donc être nommé d'ici le printemps. La fiche de poste sera envoyée dans deux semaines.

Cependant, "La Société des Réalisateurs de Films a renouvelé sa confiance à son délégué général Edouard Waintrop, pour la septième année consécutive. Nous sommes heureux qu’il soit le maître d’œuvre de ce moment important de notre histoire, qui connaît avec lui des années fastes en termes de visibilité, de fréquentation, de confiance des acteurs de l’industrie."

Une quinzaine très césarisée

Edouard Waintrop a en effet réussi à redorer le blason de la Quinzaine, qui a sélectionné quelques uns des meilleurs films des dernières années, en plus de faire découvrir de nouveaux talents récompensés par la suite. On lui doit quelques beaux coups comme Camille redouble, Ernest et Célestine, No, Les garçons et Guillaume, à Table!, Le géant égoïste, Bande de filles, Les combattants, P'Tit Quinquin, Whiplash, Fatima, Much loved, Mustang, Trois souvenirs de ma jeunesse, Divines, Ma vie de Courgette, etc...

La Quinzaine a connu cinq autres délégués : Pierre-Henri Deleau (1969-1999), Marie-Pierre Macia (1999-2003), François Da Silva (2003-2004), Olivier Père (2004-2010) et Frédéric Boyer (2010-2011).

Edito: Le Rouge et le Noir

Posté par redaction, le 19 octobre 2017

On peut voir rouge. L'affaire Weinstein est contagieuse: au Canada, au Royaume Uni, en attendant la France, les langues se délient et certaines personnalités médiatico-culturelles voient en quelques heures leur réputation anéantie. Si on ajoute la une de très mauvais goût, et de très grand cynisme, des Inrocks sur Bertrand Cantat, on pourrait facilement dire que la morale part en couilles à cause de mecs qui croient en avoir en tapant du poing ou en exhibant leur bide (on peut remplacer le d par un t).

Est-ce que cela suffira? Certes, les consciences sont réveillés. Les hashtags sur les réseaux montrent l'étendue de ce crime globalisé et si bien passé sous silence grâce à la domination masculine sur le système. Nul besoin de parler de porc - non pas parce qu'on est spéciste, mais les cochons ont un comportement moins bestial que ces humains -, un "me too" suffit pour quantifier l'ampleur de ce "mal" condamnable. Préférons la victimisation à l'insulte. Préférons aussi la nuance: tous les hommes ne sont pas des sales types libidineux (heureusement) et il est bon de rappeler que des hommes ont aussi été victimes de harcèlement ou d'agression sexuelle (homos ou hétéros).

Rien n'est simple dans cette histoire. Le mâle dominant se voit attaquer sur son talon d'Achille, situé dans le slip: le pénis, son second cerveau. Cela amène certains à faire des commentaires beaufs, en oubliant la souffrance des femmes qui ont du les subir. Cela provoque des réactions indignées ou des incompréhensions méprisantes, en oubliant que la dignité est du côté des victimes qui ont du se taire et ravaler leur colère. Il n'empêche: s'il est salutaire que tout le monde parle, peu importe le milieu professionnel, le pays, la grandeur du traumatisme, attention à ne pas franchir le pas entre dénonciation et délation, à ne pas amalgamer les véritables témoignages des règlements de compte hors-sujet. Cependant le cas monstrueux de Weinstein n'est que la pointe visible de l'iceberg.

De ce scandale, découle d'autres enjeux: une question d'inégalité (salariale pour commencer) entre sexes. Une question d'éducation (où les adultes ont leur part de responsabilité). Une question de société (à commencer par les médias régulièrement sexistes).

Et Le cinéma? Cette machine à fantasmes et reflet du réel, doit aussi réfléchir à la manière dont il fabrique notre vision du monde. Il est capable de militer contre la peine de mort, pour les droits des minorités, mais que fait-il pour les femmes?

De Potiche à Wonder Woman

Les responsabilités et les accès aux postes de réalisation et du scénario sont surtout concentrés dans le cinéma art et essai. Les films d'auteur sont d'ailleurs souvent plus intéressants dans le traitement du féminin (Numéro une, terriblement d'actualité, Jusqu'à la garde, Jeune femme) et affichent frontalement les problèmes d'une société machiste ou misogyne, ainsi que les abus divers, de la violence conjugale aux comportements dominateurs sexistes ou sexuels.

Mais qu'en est-il des blockbusters et des comédies, bref de ces films populaires qui impriment, marquent les consciences collectives? Jean-Pierre Bacri a récemment expliqué, sur France Inter, qu'il a du revoir le scénario du Sens de la fête, et demander aux auteurs de remplacer des personnages masculins par des rôles pour des femmes. Force est de constater que la femme reste, généralement, un second rôle, une potiche, un faire-valoir. Elle doit séduire avant tout. L'homme reste le héros. Il y a bien sur des exceptions et on peut souligner les efforts de Disney et de la littérature jeunesse (Divergente, Hunger Games, Harry Potter) qui impriment dans le cerveau des spectateurs l'image d'une femme puissante, libre, émancipée, et capable de se battre.

C'est donc une bataille culturelle qui s'engage, comme le rappelle La SRF (société des réalisateurs de films) qui trouve là "l'occasion inespérée de lever le voile sur une histoire souterraine que chacun a intégré comme étant légendaire, immémoriale. Une histoire d'inégalité entre les hommes et les femmes, entre les hommes blancs et les autres, les hétéro-normés et les autres, qui mène à des pratiques systémiques jusqu'à présent tolérées et qui sont en train de sombrer avec une certaine idée éculée de la masculinité. Une idée qui altère la communauté des hommes et leur nuit profondément. Nous savons aussi que cette histoire s’inscrit à l’intérieur de celle plus large encore des rapports de pouvoir." Elle ajoute : "Abus de pouvoir, centralisation du pouvoir dans les mains des mêmes, dérives sexuelles s'appuyant sur la part affective à l'œuvre dans le processus de fabrication des films, font de l'industrie du cinéma, qui est loin d'être la seule concernée, une vitrine éloquente de ces abus. La bataille culturelle qui s'annonce ne s'arrêtera pas à quelques têtes qui tombent, satisfaction trouble et temporaire à laquelle nous ne prenons pas plaisir. Elle se mènera sur le terrain de la redéfinition des postes de pouvoir, leur redistribution, leur diversification."

Du citoyen à l'Etat

Mais pas seulement. Car si l'on voit rouge, il ne faudrait pas que l'on broie du noir. Il est essentiel que la dénonciation ne se traduise pas en justice virtuelle populaire. La parole se libère. La souffrance se partage. Mais il est indispensable de passer à l'étape suivante. Du clavier et du #, cette vague doit mener aux tribunaux. La justice doit faire son travail et condamner les agresseurs et harceleurs. Ce n'est pas si simple: aider, accompagner, soutenir les victimes est un chemin de croix pour ne pas dire un calvaire. Il faut former la police, améliorer le suivi psychologique, et surtout faire évoluer les Lois (notamment les délais de prescription). Et cela ne suffira pas tant il est compliqué de "prouver" certains gestes, certains actes, tant nos sociétés et nos esprits sont imprégnés d'une culture patriarcale. Pas simple de passer du malsain au mâle sain.

La SACD a raison de rappeler que "le machisme, le sexisme et la violence ordinaire à l’encontre des femmes dépassent tous les clivages et traversent tous les secteurs professionnels et les milieux sociaux. Ils se déploient au cœur de notre société, dès l’école, dans l’univers professionnel et la sphère publique, dans les quartiers riches comme dans les cités sensibles, dans la rue comme dans l’intimité." Selon la société des auteurs, "La réponse ne peut être qu’éducative, politique et globale pour faire évoluer les mœurs et la société et mieux ancrer la lutte contre le sexisme et les agressions sexuelles au cœur de l’action publique."

En fait, la réponse est en chacun de nous. Nous ne devons plus être les témoins passifs de ce genre de comportements.

Le futur cinéma Etoile Voltaire à Paris retoqué par la justice

Posté par vincy, le 24 juin 2017

C'est un rebondissement inattendu que le Tribunal administratif a réservé à la Ville de Paris le 14 juin dernier. En effet, le projet emblématique du Cinéma Etoile Voltaire, qui devait s'installer dans une ancienne sous-station électrique dans le cadre de l'opération "Réinventer Paris", a été stoppé net. "La décision de la ville de Paris désignant le projet « Etoile Voltaire » de la société Etoile cinémas développement, comme lauréat de l’appel à projets « réinventer Paris » au titre du bâtiment sis 14 avenue Parmentier est annulée" explique le jugement.

Un jury beaucoup trop municipal

Selon le Tribunal, la mairie de Paris n'a pas respecté les règles qu'elle avait elle-même fixées: les noms des jurés chargés de sélectionner les finalistes n'ont ainsi jamais été révélés, tout comme ceux des jurés chargés de choisir le vainqueur. De plus, le Tribunal a souligné que le jury devait être international et s'avérait en fait essentiellement municipal, comme l'a souligné le jugement: "vingt trois membres votants ont effectivement assisté au jury, dont, en premier lieu, quinze élus municipaux, premier adjoint au maire, adjoints au maire pour huit d’entre eux, président de groupe politique au conseil de Paris pour cinq d’entre eux et maire du onzième arrondissement pour le dernier, en deuxième lieu, quatre personnes dénommées qui ont siégé, es qualité, respectivement, de président de la commission du vieux Paris, de directrice générale de l’atelier parisien d’urbanisme, de directeur général du pavillon de l’Arsenal et de représentant de « Paris & Co » et enfin quatre personnes siégeant en qualité « d’expert international » ; que les dix membres non votants prévus, dont trois étaient présents, selon la même liste d’émargement, ont tous la qualité de fonctionnaire de direction des services de la ville de Paris placés sous l’autorité hiérarchique de l’exécutif municipal."

Une contestation citoyenne validée

L'affaire avait été portée en justice fin 2015 par l'Association Le 14 avenue Parmentier, qui rassemble des riverains contestant l'attribution du marché et préférant un projet participatif et citoyen. Ils craignent aussi que le projet "dénature" le bâtiment patrimonial. Le Tribunal leur a donné raison sur "la procédure irrégulière" et a condamné la ville à verser 1000€ à l'Association.

L'Association de Défense pour l'Aménagement concerté de l'Avenue Parmentier (ACAP) était aussi vent debout contre ce projet: "C'était un simulacre de présentation ! La réunion a été obtenue au forceps... On soutient la mairie dans le projet de réhabilitation. Mais pas pour n'importe quoi... Nous ne voulons pas d’hypermarché du cinéma, mais un cinéma de quartier ! Ce sont les habitants qui doivent choisir le projet, pas les édiles... " avait déclaré sa présidente Valérie Robert dans Télérama.

La Mairie de Paris a décidé de faire appel.

Un projet retardé d'au moins un an

Il y avait 47 projets initialement puis 4 finalistes. Le projet lauréat est porté par Etoile Cinémas, qui devait déposer le permis de construire cet automne, le restaurateur Thierry Marx, la Société des Réalisateurs de films (SRF) qui voulait y installer son QG, la Bellevilloise, le psychanalyste Gérard Miller (proche de Jean-Luc Mélenchon) et l'architecte Olivier Palatre. Le cinéma devait avoir 5 salles (environ 500 fauteuils), mixant cinéma d'art et d'essai et films populaires, un restaurant en terrasse (qui oblige à surélevé le bâtiment) et un espace pour les événements et spectacles (lire notre article du 3 février 2016). Etoile Cinéma dispose déjà de trois cinémas à Paris: le Balzac (sur les Champs-Elysées), Lilas (au-dessus du périphérique) et Saint-Germain des Prés.

D'ores et déjà, l'ouverture est retardée d'un an si la Mairie gagne son appel du jugement. Initialement, le "Voltaire" devait ouvrir en 2019.

Le cinéaste tunisien Karim Belhadj arrêté pour « homosexualité »

Posté par vincy, le 27 mars 2017

La SRF (Société des réalisateurs de films) a annoncé ce lundi 28 mars que le cinéaste (engagé) tunisien Karim Belhadj avait été "arrêté le 13 mars 2017, à son domicile, en compagnie d’un homme qui a reconnu avoir eu une relation homosexuelle avec lui." "Sur cette base, le juge d'instruction a ordonné un test anal et a émis un mandat de dépôt contre eux" précise le communiqué.

"Les cinéastes de la SRF sont indignés, condamnent avec fermeté de telles pratiques et appellent à la libération immédiate des deux hommes" et rappelle que "Le test anal ordonné depuis quelques temps par les juges tunisiens est assimilé à un acte de torture."

Selon la SRF, les deux hommes sont actuellement incarcérés à la prison de Mornaguia. "L'article 230 du code pénal tunisien prévoit une peine de 3 ans d'emprisonnement pour les actes de sodomie."

Diplômé de l'institut maghrébin de cinéma (IMC) en 2001, puis de l'école supérieure des études cinématographiques (Essec) à Paris spécialité assistanat à la réalisation. Karim Belhadj a travaillé en tant qu'assistant sur plusieurs courts métrages et spots publicitaires. Après avoir réalisé S.O.S (2011), son premier documentaire, il a sorti son premier court métrage de fiction Case départ en 2012, avec le soutien du ministère de la culture, qui évoque la vie difficile des diplômés de l'enseignement supérieur en Tunisie.

Le Carrosse d’or 2017 pour Werner Herzog

Posté par vincy, le 6 février 2017

Le cinéaste allemand Werner Herzog recevra le Carrosse d'or 2017 a annoncé la Société des Réalisateurs de films (SRF) ce lundi 6 février. Le prix lui sera remi slors de l'ouverture de la Quinzaine des réalisateurs au prochain festival de Cannes.

"C'est le cinéaste infatigable, à l'activité permanente, jonglant entre les formats et les systèmes de production, abolissant les frontières entre fiction et documentaire, cinéma et télévision, raison et folie, que nous voudrions saluer" rappelle la SRF dans son communiqué. "Cette capacité unique, qui est la vôtre, à entraîner dans votre sillage les plus grandes stars hollywoodiennes, comme d'illustres anonymes, à imposer un ton et un regard qui vous sont propres, faisant fi de la morale et de la bien-pensance, osant rire de tout avec une insolence et une liberté aussi sidérantes que salutaires, mais aussi et surtout une profonde humanité" précise la lettre du conseil d'administration à l'attention du réalisateur.

En 1982, Werner Herzog a été récompensé par le Prix de la mise en scène du Festival de Cannes pour Fitzcarraldo. Il a aussi reçu l'Ours d'argent à Berlin en 1968 pour Signes de vie. réalisateur de 19 films, dont le récent salt and Fire sorti l'an dernier, et d'une quinzaine de documentaires, Herzog s'amuse aussi à être acteur dans des films aussi différents que ceux de Harmony Korine ou le premier opus de Jack Reacher avec Tom Cruise.

L'an dernier, la Société des Réalisateurs de films a distingué le cinéaste finlandais Aki Kaurismäki. Jacques Rozier, Nanni Moretti, Alain Resnais, Jia Zhangke, Jane Campion, Jafar Panahi, Agnès Varda, Naomi Kawase, Ousmane Sembene, Nuri Bilge Ceylan, Jim Jarmusch, Clint Eastwood et David Cronenberg ont été les précédents lauréats de ce prix récompensant une œuvre audacieuse et intransigeante.

Cannes 2016: Aki Kaurismäki (enfin) récompensé par le Carrosse d’or

Posté par vincy, le 25 mars 2016

Pour le 15e Carrosse d'or de la SRF (Société des réalisateurs Français), les réalisateurs ont choisi le cinéaste finlandais Aki Kaurismäki. On serait tenté de dire: enfin! Assurément l'un des plus brillants réalisateurs européens de ces trente dernières années - le Festival de Locarno lui avait d'ailleurs consacré une rétrospective intégrale en 2006 - Aki Kaurismäki est ainsi récompensé pour "les qualités novatrices de ses films, pour son audace et son intransigeance dans la mise en scène et la production".

Dans la lettre envoyée au réalisateur de L'homme sans passé et du Havre, le conseil d'administration de la SRF écrit: « Vos histoires sont des fables inspirées qui racontent les oubliés, les laissés pour compte, les excessifs, ceux qui n’ont pas le mode d’emploi. Vous les filmez à chaque fois avec économie, précision et grandeur, sans jamais renoncer à la fiction, à la poésie, voire au burlesque. En mettant en scène ces personnages vous leur donnez une place et vous les sauvez, car ceux qui ne sont pas racontés n’existent pas. Vos films, souvent mélancoliques mais jamais accablants, finissent toujours par trouver un combustible qui éclaire les nuits les plus noires et les penchants les plus sombres. Alcool, amour, amitié, gratuité ou hasard sauvent parfois vos personnages de l’ennui, du désespoir ou de la mort comme vos films sauvent les spectateurs de trop de normalité. Pour cela, pour la langueur et l’insolence de vos films, pour leur salutaire et tranquille subversion, nous voulons vous mettre à l’honneur, au moment même où se tient le plus grand événement cinéphile au monde. »

Réalisateur de 17 longs métrages de fiction, mais aussi de courts métrages, documentaire, téléfilm, et clips vidéos, Aki Kaurismäki est venu pour la première fois à Cannes avec Shadows in Paradise en 1987, à la Quinzaine des réalisateurs, qui le sélectionne de nouveau en 1994 avec Tatjana. En 1996, il est promu en compétition, qu'il ne quittera jamais, avec Au loin s'en vont les nuages (mention spéciale du jury oecuménique), suivi de L'homme sans passé en 2002 (Grand prix du jury, prix d'interprétation féminine, prix du jury oecuménique), Les lumières du faubourg (2006) et Le Havre en 2011 (Prix FIPRESCI, mention spéciale du jury écuménique et Prix Louis-Delluc quelques mois plus tard). Il également présenté à Un certain regard Ten Minutes Older et hors compétition Chacun son cinéma, deux oeuvres collectives. Il a également été sélectionné trois fois à Berlin (avec un Prix FIPRESCI en 1992 pour La vie de bohème) et une fois à Venise (J'ai engagé un tueur), nommé aux césar du meilleur film et du meilleur réalisateur (Le Havre) et à celui du meilleur film européen (L'homme sans passé). Sans oublier les Oscars finlandais, les Jussi où il a été couronné 14 fois (producteur, réalisateur ou/et scénariste).

Aki Kaurismäki prépare actuellement son prochain film, prévu pour 2017, Pakolainen (Réfugié).

Le Carrosse d'or lui sera remis à la Quinzaine des réalisateurs du prochain Festival de Cannes. Il succède à Jia Zhang-ke, Alain Resnais et Jane Campion.

Les professionnels s’insurgent contre la censure

Posté par vincy, le 4 février 2016

Suite à une nouvelle décision judiciaire concernant le visa d'exploitation d'un film (Antichrist hier, Bang Gang et Ken Park à leur tour menacés), le Syndicat de la Critique de cinéma , l'ARP (Société civile des auteurs-réalisateurs-producteurs) et la SRF (Société des réalisateurs de films) ont décidé de réagir. Cela fait plusieurs mois que l'association Promouvoir, proche des milieux catholiques intégristes, gagnent les batailles judiciaires et imposent par voie de justice une règlementation beaucoup plus stricte sur les films, sous des prétextes moralistes. Les trois signataires interpellent la ministre de la Culture et de la Communication, qui, selon eux, ne peut pas attendre les résultats de la mission sur la modernisation du système de visa.

Le Syndicat français de la Critique de cinéma : "Après Baise-moi, Ken Park, Nymphomaniac, Saw 3D chapitre final, Love et La vie d'Adèle, Antichrist de Lars von Trier vient de voir, le 2 février dernier, son visa d'exploitation annulé par décision de la cour administrative d'appel sur une nouvelle requête de l'association Promouvoir, proche du milieu catholique intégriste. Bang Gang, une histoire d'amour moderne d'Eva Husson (photo) est à son tour menacé. Le Syndicat Français de la Critique de Cinéma en appelle à la ministre de la Culture, Madame Fleur Pellerin, et lui apporte tout son soutien dans l'objectif d'une modification des articles de loi qui contribuent à cet état de fait. Il faut que que cessent ce désaveu perpétuel des avis de la commission de classification et ces attaques répétées contre la création et les œuvres de cinéma."

Les cinéastes de l'ARP et de la SRF : "Nous sommes chaque fois atterrés de constater qu’un André Bonnet/Patrice André, représentant de « Promouvoir », association trouble, liberticide et extrémiste, peut décider seul de ce qu’on peut ou de ce qu’on ne peut pas voir en France.
Nous rappelons qu’il existe une Commission de classification, composée d’experts représentant les professionnels du cinéma, les familles, les enfants, la jeunesse, la justice, la santé et même l’intérieur. Cette Commission exerce déjà son rôle essentiel de garantir la protection des spectateurs. Il n’est plus tolérable qu’un seul homme puisse se servir de défauts existant dans nos textes au mépris de la légitimité et du travail de cette commission.

Antichrist hier encore, après La vie d’Adèle, Love, Nymphomaniac… et peut-être demain Bang gang (Une histoire d’amour moderne)… Il est ahurissant que tant de films, largement salués dans les plus grands festivals et qui n’ont heurté la sensibilité de personne, sinon les promoteurs d’un nouvel obscurantisme, puissent être interdits au public.
C’est notre vision du monde, et plus particulièrement de la France, qui est heurtée aujourd’hui, alors que la liberté de création est violemment bafouée.
Nous demandons donc à la Ministre Fleur Pellerin de prendre d’urgence les mesures issues des travaux confiés à Jean-François Mary sur la modernisation du système de visa. Elles permettront de rendre à la Commission de classification tout son sens et tout son poids.
Ce nouveau pas en arrière confirme encore une fois que l’urgence est bien réelle.
"

Etoile Cinémas et la SRF s’installent dans le futur cinéma du quartier Voltaire

Posté par vincy, le 3 février 2016

Ce n'était plus vraiment une surprise depuis que Le Canard Enchainé avait révélé la semaine dernière qu'Etoile Cinémas et la SRF (Société des réalisateurs de films) avaient été choisis pour exploiter le futur cinéma du 11e arrondissement, avenue Parmentier. On ne reviendra pas sur le "faux scandale" qu'avait cru déceler l'hebdomadaire satirique (le projet porté par la société de Julie Gayet retoqué). Il y avait 47 projets initialement puis 4 finalistes, dont un dossier porté par Haut et Court Cinémas et un autre qui associait Christophe Lambert et Dominique Besnéhard.

Ce mercredi matin, la marie de Paris Anne Hidalgo, dans le cadre de l'opération "Réinventer Paris" a dévoilé les 23 lauréats qui auront la charge de réhabiliter des zones ou des bâtiments inutilisés. Parmi eux, le cinéma de l'avenue Parmentier, dans un quartier peuplé, branché, et qui souffre de l'absence de salles. Etoile Voltaire  fédère plusieurs acteurs: le groupement Etoile Cinémas (qui exploite déjà l'Etoile Saint-Germain-des-Prés, le Balzac sur les Champs Elysées, et l'Etoile Lilas sur le périphérique, et qui a récemment perdu l'exploitation de La Pagode), la Société des Réalisateurs de films, Gérard Miller, Cédric Klapisch, La Bellevilloise (qui va ouvrir prochainement un restaurant à Pantin), Be My App et Cuisine mode d'emploi (Thierry Marx).

Ce cinéma de quartier sera "ouvert sur le quartier" et devrait comporter un restaurant, cinq salles pour un total de 507 sièges et un espace pour les concerts et les spectacles vivants. Dans son communiqué, la SRF a indiqué qu'elle y installerait ses bureaux, ainsi que ceux de la Quinzaine des Réalisateurs et du Festival du Moyen-métrage de Brive. Des associations comme le FIPA ou l'ACID pourront aussi y prendre place.

Le bâtiment sera entre les mains d'Olivier Palatre Architectes et de l'Atelier Roberta en tant que paysagiste.

La SRF co-présidée par Corsini, Sciamma et Salvadori

Posté par vincy, le 2 juillet 2015

A la suite de son Assemblée générale du 20 juin 2015, la Société des réalisateurs de films a changé son nouveau Conseil d’administration . La composition de son bureau pour 2015-2016 varie légèrement avec le remplacement de Christophe Ruggia par Catherine Corsini à la co-présidence. Anna Novion remplace Katell Quillévéré au poste de secrétaire général. Stéphane Brizé laisse la place de trésorier à Thomas Lilti. Le conseil d'administration voit également l'arrivée de Luc Battiston, François Farellacci, Stéphane Kalfon, Léa Fehner, Fabienne Godet et Paul Marques Duarte. En sortent Frédéric Farrucci et Olivier Léveque.

Co-Présidents : Catherine CORSINI, Céline SCIAMMA, Pierre SALVADORI
Secrétaire : Anna NOVION
Trésorier : Thomas LILTI
Délégué au court-métrage : Jan SITTA
Délégué au documentaire : Denis GHEERBRANT

Sont aussi membres du Conseil d’administration :
Luc BATTISTON
Stéphane BRIZÉ
Thomas CAILLEY
Laurent CANTET
Malik CHIBANE
François FARELLACCI
Pascale FERRAN
Léa FEHNER
Fabienne GODET
Stéphanie KALFON
Cédric KLAPISCH
Helena KLOTZ
Paul MARQUES DUARTE
Katell QUILLÉVÉRÉ
Christophe RUGGIA

Le Maroc censure Much Loved sans avoir vu le film: appel à soutien et pétition pour défendre la liberté d’expression

Posté par vincy, le 30 mai 2015

Comme nous vous l'annoncions plus tôt cette semaine, le film Much Loved de Nabil Ayouch, présenté à la dernière Quinzaine des réalisateurs, a été interdit d'exploitation au Maroc, suite à un climat de violence et d'agressivité sur les réseaux sociaux autour du réalisateur et de son actrice principale au Maroc. Cette décision a soulevé un vent de contestation du côté de la profession.

Much Loved raconte l'histoire de Noha, Randa, Soukaina, Hlima et d'autres femmes qui vivent d’amours tarifés dans le Marrakech aujourd'hui. Ce sont des prostituées, des objets de désir. Joyeuses et complices, dignes et émancipées dans leur royaume de femmes, elles surmontent la violence d’une société marocaine qui les utilise tout en les condamnant.

Le gouvernement marocain a annoncé lundi que le film serait interdit de projection au Maroc. Pour le gouvernement marocain, il comporte un "outrage grave aux valeurs morales et à la femme marocaine". "Cette interdiction encourage les pires attaques des courants conservateurs marocains envers le film, Nabil Ayouch et Loubna Abidar faisant l’objet de menaces de mort sur les réseaux sociaux", souligne l'appel à soutien diffusé sur le site de la SRF.

Près de 80 cinéastes et producteurs ont dénoncé cette censure: Stéphane Brizé, Claire Burger, Jean-Pierre et Luc Dardenne, Arnaud Desplechin, Pascale Ferran, Costa-Gavras, Yann Gonzalez, Mahamat-Saleh Haroun, Michel Hazanavicius, Agnès Jaoui, Laurent Cantet, Pascale Ferran, Costa-Gavras, Michel Hazanavicius, Rithy Panh, Pierre Salvadori, Riad Sattouf, Volker Schlöndorff, Céline Sciamma, Bertrand Tavernier et Rebecca Zlotowski figurent parmi les "premiers signataires" de ce texte.

"De tous temps, le cinéma a eu vocation à montrer la réalité sous tous ses aspects. De toute évidence, ce film sur le milieu de la prostitution à Marrakech montre une réalité que les autorités marocaines refusent de regarder en face. Pourtant cette réalité niée ne sera modifiée en rien par cet acte de censure délibérée.
Alors que le Maroc accueille de très nombreux tournages français et internationaux et que se tient à Marrakech annuellement un grand festival de cinéma, nous condamnons cette interdiction avec la plus grande fermeté.
Nous nous associons à l’Union des Réalisateurs Auteurs Marocains et au large courant de solidarité qui s’est levé autour du cinéaste franco-marocain Nabil Ayouch et de son film, pour dénoncer l’obscurantisme et les violentes atteintes à la liberté que cette interdiction constitue : atteinte à la liberté d’expression, atteinte à la liberté du metteur en scène d’exposer son travail, atteinte à la liberté des spectateurs qui ne peuvent avoir accès au film dans les salles de cinémas marocaines.
"

Par ailleurs déjà plus de 400 personnes ont signé la pétition initiée par l'actrice principale du film Loubna Abidar sur Avaaz.org.

"Nous, artistes, intellectuels, créateurs, journalistes et acteurs dans différents secteurs de la société, déclarons notre attachement à la liberté de pensée, d’expression et de création en tant que droit garanti par la constitution marocaine et les conventions internationales. Nous appelons les spécialistes et l’ensemble des amateurs à se ranger du côté de la critique constructive et élever le niveau du débat loin de la diffamation et l'incitation à la haine qui s’appuient sur de prétendus arguments moraux sans considération aucune ni à la liberté d’expression ni de création dans les domaines de la production intellectuelle et esthétique" explique la pétition, qui ajoute : "Aucune tutelle sur la création, aucune prohibition de la créativité! Par la même occasion, nous désavouons la décision illégale impartiale et apriori prise par le Ministre de la communication d’interdire la diffusion du film dans les salles de cinéma au Maroc."

Stupéfait, Edouard Waintrop, directeur de la Quinzaine des réalisateurs, s'est exprimé en rappelant, qu'à l'évidence, "ce film sur la prostitution à Marrakech montre une réalité que les autorités marocaines refusent de voir. Cependant ce déni de réalité ne devrait pas amené à un acte délibéré de censure."

Le plus ironique dans cette histoire est que le réalisateur du film a expliqué à Variety qu'aucun des cinq membres de la Commission de censure n'avait vu le film et que lui-même n'avait pas encore demandé un visa de sortie au ministère. La décision a été prise suite à la diffusion de deux extraits sur Internet, qui ont entraîné un flot de commentaires et de critiques sur les réseaux sociaux.