5 raisons d’aller voir 120 battements par minute

Posté par wyzman, le 23 août 2017

En salle à partir d'aujourd'hui, 120 battements par minute est sans l'ombre d'un doute l'incontournable de la semaine. Mais pourquoi faut-il le voir ?

1. C'est un film important et nécessaire - dont voici le pitch : au début des années 1990, alors que le sida tue, les militants d'Act Up-Paris tentent de contrer l'indifférence générale. Parce qu'en 2017 on pourrait penser que l'épidémie de sida est derrière nous, le film de Robin Campillo s'avère d'autant plus important. Comme l'a prouvé la série When We Rise, l'histoire des luttes LGBT+ est encore trop méconnue - et cela même par les membres de la communauté "concernée". Et à défaut de vous sentir concerné par les combats d'Act Up-Paris, il convient de rappeler que 120 BPM (comme l'appellent les initiés) est une vraie leçon d'histoire et de lutte sociale.

2. C'était l'événement de Cannes 2017. Comme nous, vous adorez aller au cinéma et vous jetez forcément un coup d'œil aux films présents (et récompensés) au Festival de Cannes. Grand prix du jury, 120 BPM méritait la Palme d'or pour notre rédaction tant l'histoire des membres d'Act Up-Paris a passionné et touché le public et la critique. Si l'on zappe la polémique Netflix et le revival de Twin Peaks, 120 BPM est l'œuvre dont on a le plus entendu parler sur la Croisette. Ce serait dommage de passer à côté !

3. Le casting est on point. Commençons avec Arnaud Valois, puisque c'est l'acteur sur lequel les yeux des spectateurs (et des journalistes) ne peuvent s'empêcher de se poser. Personnage principal de 120 BPM, il incarne Nathan, un jeune militant séronégatif qui tombe amoureux de Sean. Ce dernier est interprété par l'Argentin Nahuel Pérez Biscayart, déjà vu dans Je suis à toi et Grand Central. Autour d'eux gravitent petits nouveaux, visages familiers et acteurs bankables : Adèle Haenel, Antoine Reinartz, Felix Maritaud, Mehdi Touré, Simon Bourgade, Aloïse Sauvage et j'en passe. Ensemble, ils forment une distribution de rêve, jeune et impressionnante.

4. La bande originale est géniale. Omniprésente, la musique (et en particulier la house) permet de faire vivre les corps des personnages de 120 BPM qui, bien qu'ils luttent, sont nombreux à se diriger vers une mort certaine. Composée par Arnaud Rebotini, celle-ci est moderne, entraînante et aide à oublier la maladie et ses symptômes. Je valide personnellement et plus particulièrement les infrabasses et l'usage du piano. (Ne jamais sous-estimer l'effet du piano dans une bande originale !)

5. Les dialogues sont aussi bons que les scènes de sexe. De "Des molécules pour qu'on s'encule" à "On n'a pas envie de crever, darling !", 120 BPM est truffé de répliques bien senties et qui font un bien fou. A l'instar de ces scènes de baise qui, en plus d'être ultra réalistes, dénotent de l'envie du réalisateur d'Eastern Boys de montrer comme il se doit le quotidien de ces militants passionnants et passionnés.

Pierre Deladonchamps et Vincent Lacoste vont se plaire chez Christophe Honoré

Posté par vincy, le 25 juin 2017

Christophe Honoré tourne depuis quelques jours son nouveau film, un an après avoir signé son plus gros succès populaire avec l'adaptation des Malheurs de Sophie (540000 entrées). Plaire, baiser et courir vite est un scénario original du réalisateur, le premier depuis Les bien-aimés en 2011. Pierre Deladonchamps et Vincent Lacoste partagent l'affiche.

Comme pour les deux précédents films de Christophe Honoré, Métamorphoses et Les malheurs de Sophie, celui-ci sera produit par Les films Pelléas.

Le film suit Jacques Tondelli, un écrivain de théâtre parisien. "Il n’a pas quarante ans mais il a déjà envers la vie une défiance qui l’empêche d’imaginer que le meilleur est à venir. Plus à l’ouest, du côté de Rennes, il y a Arthur Prigent, étudiant, qui lit et sourit beaucoup et refuse de douter que tous les espoirs lui sont permis. Jacques et Arthur vont se plaire. A travers la rencontre entre cet écrivain interprété par Louis Garrel et ce jeune homme solaire par Vincent Lacoste, Christophe Honoré évoque les sentiments contraires que les années 90 ont fait peser sur la jeunesse". C'est une attraction amoureuse au temps du Sida et de la britpop.

Pierre Deladonchamps remplace Louis Garrel , initialement prévu pour le rôle. Tout comme pour Vincent Lacoste, ce sera une première fois avec le réalisateur..

Le tournage a commencé mi-juin et passera par la Bretagne, Paris et Amsterdam.

Daily Cannes: colis suspect, 120 battements par minute et marches militantes

Posté par cynthia, le 20 mai 2017

Une alerte à la bombe a chamboulé le festival. La projection presse du Redoutable a été retardée de trois quart d'heure, le temps de faire reculer les centaines de journalistes, puis de les faire revenir en salle Debussy, après le passage des Démineurs. Conséquence, projetée dans la même salles, la séance officielle de Wind river a pris ainsi une demi heure de retard. L'activité cannoise à repris sa routine, doucement mais sûrement. Car pendant ce micro-événement, dans l'auditorium Lumière, était projeté officiellement le coup de cœur du Festival.

En ce samedi 20 mai, ce sont les larmes qui sont en vedette. Le film qui a foudroyé la rédaction (et en fait à part les journaux de droite comme Le Figaro, Le Point et La Croix, à peu près toute la presse française) c'est 120 battements par minute. On comprend que les journalistes de la presse réac aient été choqués: une sodomie, une branlette entre mecs et une euthanasie, ça fait beaucoup pour leur esprit étriqué.

La conférence de presse du jour : 120 battements par minute de Robin Campillo

Silence religieux dans la scène, la profession a dû mal à se remettre de la baffe considérable que ce film nous a mis (lire notre critique). Un film sur le sida, le mouvement Act Up, la communauté LGBT, les morts qui tombent sous le virus... Un film qui dénonce l'hypocrisie autour de cette maladie considérée comme une honte et longtemps suggérée comme contagieuse rien qu'avec une poignée de main, c'est une première! Car ici on parle d'une œuvre aussi politique qu'intime.

"Généralement lorsque l'on fait ce genre de film, on tend vers l'émotion. Moi j'ai voulu aller vers le côté froid." dit son réalisateur, Robin Campillo, lors de la conférence de presse. Pourtant, même si c'est la froideur de la maladie qui est montrée, l'émotion est constamment palpable au point d'avoir fait dire à une journaliste amie: "Notes pour plus tard : penser à ne plus jamais mettre de mascara avant un film de Campillo...".

Robin Campillo ajoutera d'ailleurs que "l'émotion ressort de ces moments un peu glacials." Claque pour le public mais aussi pour son équipe. Adèle Haenel avoue ne pas avoir hésité avant de dire oui pour le rôle (secondaire pourtant): "j'ai tout de suite été très emballée par le projet, ça m'a enthousiasmé!" Quant à Antoine Reinartz, qui a fait chavirer notre cœur tant il est beau et charismatique, il confesse qu'il y avait une vrai communauté sur le tournage : "c'était un vrai lieu de démocratie, un lieu de débat!" Le réalisateur, également président de l'association des élus contre le Sida et ancien d'Act up, souhaiterait d'ailleurs voir bouger les choses grâce à son œuvre: "J'espère que des films comme celui-là vont aider à démontrer que pour que les politiques agissent, il faut la pression des gens!"

Le focus du jour : l'équipe de 120 battements par minute

Comment faire un focus sur une sublime star alors que le film de Robin Campillo nous a offert la plus belle montée des marches de la semaine?

"Le silence, c'est la mort", "assez", "Tchétchénie", voilà ce que l'on pouvait lire sur les pancartes qu'arboraient le jury de la Queer Palm sur le tapis rouge lors de la montée des marches de 120 battements par minute. Des pancartes dénonçant le calvaire des homosexuels dans ce pays d'Europe orientale, qui scandalise la communauté internationale et plonge les grands de ce monde dans le silence. Peut-être qu'enfin les choses vont se remuer afin d'arrêter ce massacre inhumain!

Le tweet du jour

Un résumé de l'ambiance après la projection de 120 battements par minute.

Fairyland, le prochain film de Sofia Coppola?

Posté par kristofy, le 25 avril 2015

sofia coppola

Fin 2013, American Zoetrope (*) avait acquis les droits du livre d'Alysia Abbott, Fairyland: A Memoir of My Father, pour Sofia Coppola. La cinéaste avait confié vouloir en faire son prochain film, avouant adorer le livre pour la douceur et la singularité de cette histoire d'amour qui se déroule dans le San Francisco des années 70 et 80, avant et après l'arrivée du SIDA: "Je pense que ce livre fera un film aussi touchant qu’engagé" expliquait-elle.

Pour l'instant, le projet est toujours en cours d'écriture, mais le livre vient enfin de paraître en France. « Le plus beau livre que j’aie lu ces dernières années » selon Augustin Trapenard (France Inter, Canal +). Fairyland, un poète homosexuel et sa fille à San Francisco dans les années 1970 est publié par les éditions Globe.

Dans le livre, Alisia et son père Steve Abbott, écrivain et militant homosexuel, déménagent à San Francisco après la mort de la mère dans un accident de voiture. Là elle voit les amants passer, la culture hippie envahir la ville, les colocataires changer, le militantisme gay remporter ses premières victoires. Steve Abbott est mort du Sida en 1992.

Dans ce livre, il y a tout pour plaire à Sofia Coppola: d'abord San Francisco, où la famille Coppola s'est installée pour fuir Hollywood. Ensuite le rapport fusionnel père/fill qui devrait séduire la progéniture de Francis Ford Coppola. Le livre pourrait même être un écho nord-californien à Somewhere, qui se déroulait à Los Angeles, et explorait aussi la relation père/fille.

De Virgin Suicides à The Bling Ring, l'oeuvre de Coppola se centre essentiellement sur la jeunesse et l'adolescence. Le livre est aussi une future compilation musicale en soit: Depeche Mode, The Cure, the Smiths, David Bowie, New Order, Tear For Fears, Duran Duran,... on imagine la bande originale du film.

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(*) American Zoetrope a été créée par George Lucas et Francis Ford Coppola. Aujourd'hui, la société de production est gérée par Roman et Sofia Coppola.

San Francisco 1985: danser au milieu du chaos

Posté par vincy, le 1 avril 2015

L'histoire: San Francisco 1985. Frankie est un jeune danseur qui vient d’intégrer une des plus prestigieuses troupes de danse contemporaine de la ville. Il fait la connaissance de Todd, un des danseurs de la troupe. Leur rencontre ne tarde pas à dépasser le cadre de la danse. Des manifestations contre la communauté gay voient le jour. Elles sont liées à la panique créée par la maladie du VIH que l’on vient de découvrir et qui décime déjà la communauté. Ensemble, Frankie et Todd évolueront dans ces événements hostiles mais aussi parfois plein d’espoir.

La critique: Deuxième long métrage de l'ancien danseur Chris Mason Johnson, San Francisco 1985 s'aventure sur des territoires complexes, entre espoir et peurs, lorsque le virus du SIDA commençait à se répandre au sein de la communauté homosexuelle. A travers les yeux d'un "candide", le cinéaste filme sa passion - la danse, comme exutoire de soi, incarnation de ses sentiments - et la frayeur - les rapports à l'autre, au corps, au sexe contaminés par ce HIV dont on ne sait pas grand chose.

Ce candide, jeune Apollon blond, danse comme un Dieu au milieu des ténèbres, en plein chaos (personnel et sociétal). Son parcours initiatique dans la vie, dans les lits et sur scène, révèle subtilement la difficulté d'être soi dans ce monde turbulent et peu tolérant. Au point de rester entre soi parfois. Le titre anglais - Test - est juste: le test sanguin (l'angoisse d'être positif), le test du public (seul sur les planches), le test d'un amant (lequel sera le "bon" et pas seulement un bon coup).

Le récit est épuré, peut-être un peu trop simple, déjà vu, manquant d'ellipses, mais la métaphore - qui met en parallèle les chorégraphies, les marches solitaires, les instants contemplatifs et les fulgurances sexuelles avec l'itinéraire d'un jeune homme à l'aube de sa vie d'adulte - séduit. L'homoérotisme bandant qu'impose le sujet est contrebalancé par ce portrait assez noir d'une communauté rejetée, contrainte de se replier sur elle-même. La force indéniable de ce film, primé à Los Angeles et nommé aux Independent Spirit Awards, pour nous entraîner dans cette histoire repose sur son acteur principal, Matthew Rish (Looking) qui illumine cette traversée des enfers.

Mais c'est à la fin de la première moitié du film que le spectateur est hypnotisé et que le talent du metteur en scène se déploie autant que les dons chorégraphiques du comédien: une (longue) scène de danse accompagnée de la musique de Ceiri Torjussen qui nous scotche par sa beauté et sa puissance. Le corps se tord dans tous les sens, défiant les lois de la gravité, au point de s'envoler vers une forme de légèreté: l'oubli de soi est alors vertigineux. Il faudra l'amour, un beau matin ensoleillé, à la fin du film, pour que notre personnage retrouve ce sentiment de bien-être dans ce monde brutal.

Cannes 2014 : Un mammouth en or pour lutter contre le Sida

Posté par cynthia, le 21 mai 2014

Damien Hirst, le célèbre artiste contemporain britannique, offre un mammouth en or contre le Sida. Estimé à plusieurs millions d'euros, il s'agit d'un véritable squelette de mammouth recouvert entièrement à la feuille d'or. Damien Hirst a fait ce don à l'amfAR pour la vente aux enchères qui se déroulera le jeudi 22 mai, à l'occasion du 67e Festival de Cannes.

Appartenant auparavant à un collectionneur privé, ce squelette haut de 3 mètres, a été exposé pendant plusieurs années dans un musée de Marseille avant d'être donné à l'artiste qui l'a transformé en oeuvre d'art dans le cadre de son travail "Histoire naturelle".

L'intégralité de l'enchère gagnante sera reversée à l'amfAR pour la recherche contre le sida et l'aide aux malades dans le monde.

Cannes 2013 : 1,5 M€ pour être figurant, 1,2 M€ pour aller dans l’espace avec DiCaprio

Posté par vincy, le 24 mai 2013
milla jovovich sharon stone jessica chastain gala amfar cannes 2013

Milla Jovovich, Sharon Stone et Jessica Chastain

19,3 millions d'euros (soit 8,3 de plus que l'an dernier) : c'est le montant total des enchères récoltées à l'amfAR, la fondation américaine contre le sida hier soir à Cannes. En présence de Nicole Kidman, membre du jury, Leonardo DiCaprio, Janet Jackson, Milla Jovovich, Jessica Chastain, Kristin Scott Thomas, Harvey Weinstein, Adrien Brody, Guillaume Canet, Mélanie Laurent, Ludivine Sagnier, Audrey Tautou, Paris Hilton, Zhang Ziyi, Dita Von Teese, Aishwarya Rai, les Duran Duran et Kylie Minogue ont participé à l'Eden Roc à l'événement de bienfaisance qui fêtait sa 20e édition en France.

Pour 1,5 M€, un des 900 invités pourra être le figurant dans quatre prochains films de la Weinstein Company, dont un long métrage avec DiCaprio. Globalement c'est le salaire d'une star en France sur une super-production. Cher payé.

Plus fascinant : pour 1,2 M€, un convive partira dans l'espace à bord du Virgin Galactic en compagnie de Leonardo DiCaprio. Pour la même somme, une garde-robe d'une quarantaine de modèles signés des plus grands stylistes, a été vendue

Le juré du Festival de Cannes Christoph Valtz et Mélanie Laurent ont obtenu 140 000 € pour deux places VIP aux prochains Oscars à Hollywood. Et un stage de football avec Zinédine Zidane au Réal de Madrid a été adjugé 380 000 €.

Pour financer cette soirée de sensibilisation à la recherche de studios, il fallait débourser 120 000 € pour une table de dix couverts.

Cannes 2011 – le chiffre du jour : 10 000 euros

Posté par vincy, le 19 mai 2011

10 000 euros. C'est ce qu'il faut débourser pour obtenir une place au dîner de gala de l'AMFAR, organisé par la Fondation américaine pour la recherche sur le SIDA. Ce moment élitiste, glamour et caritatif est l'un des événements hors-festival les plus suivis médiatiquement. Cette année, nul ne doute que l'ancienne marraine de la soirée Elizabeth Taylor aura le droit à un hommage particulier. Sont attendus le 19 mai : Janet Jackson, Brooke Shields, Gwen Stefani, Freida Pinto, Michelle Yeoh, Milla Jovovich, Patrick Dempsey, Karl Lagerfeld, Donatella Versace et le Prince Albert de Monaco. Hélas, la boss de la soirée, Sharon Stone (en photo avec Madonna) ne sera finalement pas présente. On annonce la présence éventuelle de Jodie Foster (pas confrimée) et celles de Jane Fonda, Pedro Almodóvar, Elodie Bouchez, Uma Thurman et Jude Law.

Le dîner et les enchères auront lieu à l'Hôtel du Cap - Eden Roc. Au total, depuis 1993, l'AMFAR a récolté plus de 60 millions de $ grâce à ce rendez-vous annuel.

Pour lutter contre le SIDA, on peut aussi donner à Aides

Elizabeth Taylor (1932-2011), une Géante disparaît

Posté par vincy, le 23 mars 2011

Elizabeth Taylor est morte ce mercredi 23 mars, après deux mois d'hospitalisation. C'est l'une des plus grandes stars - le mot n'est pas galvaudé - du XXe siècle qui disparaît à l'âge de 79 ans. Outre son immense carrière, elle fut aussi l'une des premières militantes à se battre contre le SIDA.

Elle commence sa carrière à l'âge de 10 ans avec le culte Fidèle Lassie. Enfant-star, elle tourne avec Michael Curtiz et Richard Thorpe quand elle est adolescente. On la repère aussi dans des adaptations classiques telles que Jane Eyre et Les quatre filles du docteur March.
En 1950, elle est la vedette de la comédie de Vincente Minnelli, Le père de la mariée, avec Spencer Tracy dans le rôle de son géniteur. Ce succès en salles la propulse dans la cour des nouveaux visages de l'Hollywood d'après guerre.
Elle poursuit son ascension avec Une place au soleil, où elle partage l'affiche avec son ami Montgomery Clift. Ils forment l'un des plus beaux duos d'acteurs du cinéma américain. Elizabeth Taylor devient alors l'une des actrices les mieux payées. Ivanhoé conforte sa place dorée. Stanley Donen la choisit pour Une vedette disparaît.

Mais c'est en 1956 que Taylor devient une star incontournable grâce à des drames sociaux et des films d'auteurs brillants. Sa fidélité aux cinéastes se paye. George Stevens l'engage pour Géant, en 1956, avec James Dean et son ami Rock Hudson. Elle poursuit son parcours glorieux avec L'arbre de vie, qui lui offre sa première nomination à l'Oscar, La chatte sur un toit brûlant, Soudain l'été dernier, en 1959. Dans L'arbre de vie, elle retrouve Montgomery Clift. Dans La Chatte sur un toit brûlant, elle est l'épouse frustrée et colérique de Paul Newman. Le film devient aussi célèbre que la pièce de Tennessee Williams. Elle est alors au summum de sa beauté. Brune, la peau claire, les yeux violets. Deuxième nominations aux Oscars. La troisième sera pour Soudain l'été dernier, de Joseph L. Mankiewicz, avec Clift et la grande Katharine Hepburn.

Ces mélodrames en font une femme sublime victime de sa beauté. Excellant dans la tragédie, elle a été l'équivalente d'une Brando au féminin. Si, contrairement à Audrey Hepburn à la même époque, elle a tourné le dos à la comédie, elle a su assoir son pouvoir grâce à des choix audacieux et souvent payants. Elle obtiendra finalement son Oscar pour La Vénus au vison en 1961, drame pourtant modeste.

C'est alors qu'elle devient Cléopâtre. Trois ans d'absence au cinéma pour le plus grand fiasco financier de l'époque. Un rôle aussi iconographique que poisseux. Le symbole de la fin du star système. Elle aura du mal à s'en remettre et devra attendre 1966 pour revenir en force. Hollywood va changer, mais sa prestation hallucinante dans Qui a peur de Virginia Woolf ? du jeune Mike Nichols, avec Richard Burton, enrichit un peu plus sa magnifique carrière. Elle devient alors La mégère apprivoisée, de Franco Zeffirelli. Dans Reflets dans un oeil d'or, de John Huston, avec Marlon Brando, elle continue à explorer les facettes les plus sombres de la folie et de la noirceur humaine. Il y a quelque chose de Bette Davis en elle. Avec la beauté d'une Ava Gardner. C'est une croqueuse d'hommes dans la vie, de stars viriles sur la toile, de pierres précieuses aussi... elle en écrira même un livre.

Sa filmographie s'étend avec les années. Elle tourne avec Joseph Losey (Cérémonie secrète avec Mia Farrow et Robert Mitchum), Peter Ustinov (Hammersmith is Put lui vaut un prix d'interprétation à Berlin), puis se tourne vers la télévision à partir de la fin des années 70. Ultime apparition cinématographique (à 2,5 millions de $ de cachet) : la comédie Les Pierrafeu, triomphe de l'année 1994 avec un box office mondial de 350 millions de $.

Depuis, Taylor envahissait davantage les magazines à scandales entre mariages, divorces, problèmes de santé. Elle avait perdu sa beauté, grossissant, parfois se déplaçant en fauteuil roulant mais gardait toujours son glamour avec ses bijoux ostentatoires et ses robes de haute-couture colorées.

L'American Film Institute la désigne comme la septième plus grande actrice de tous les temps. Un chiffre idéal pour celle qui se brûla la peau au contact du 7e art. Incandescente, Elizabeth Taylor sait que sa flamme brillera éternellement grâce à des oeuvres qui symbolisent la civilisation américaine, qu'elle soit sauvage ou tragique. Elle n'était pas le mythe qu'a incarné Marilyn. Mais elle était une légende. une vraie.

L’instant court : Le jour d’avant de Denys Quélever

Posté par MpM, le 24 décembre 2010

Le jour d'avantComme à Ecran Noir, on aime vous faire partager nos découvertes, alors après Un peu de retenue réalisé par Sylvain Gillet, voici l’instant Court n° 12.

Dans un univers audiovisuel en plein mutation, les frontières entre les genres sont de plus en plus floues. Le cinéma, qui s'est toujours ouvert à de nouvelles expériences, profite des nouvelles technologies pour se refaire une jeunesse (la grande tendance des restaurations) ou un portefeuille (l'arrivée quasi miraculeuse de la 3D). Pour beaucoup, ces innovations techniques sont aussi l'occasion de démocratiser un art qui a longtemps été lourd, cher et compliqué. Depuis plusieurs années déjà, on fait des films avec de mini-caméra DV, des téléphones mobiles et même des appareils-photos.

Cette semaine, nous vous proposons une oeuvre atypique qui utilise justement l'image fixe comme support de narration : Le jour d'avant de Denys Quélever. Un court métrage photographique où les "mouvements de caméra" sont artificiellement recréés par logiciel et où les acteurs (professionnels) sont doublés en voix-off.

Bien avant l'arrivée du numérique, un réalisateur comme Chris Marker a utilisé ce procédé dans l'une de ses oeuvres les plus emblématiques, La jetée. On le retrouve régulièrement dans des documentaires ou des films expérimentaux.

Des contraintes techniques propres au genre naît une grande liberté de ton et de narration qui permet aux auteurs d'exprimer aussi précisément qu'au cinéma leurs idées et leurs émotions. En plus d'être un moyen d'expression doté d'une grande force d'évocation poétique, c'est un art à la portée de tous, à mi-chemin entre le court métrage traditionnel  et le diaporama d'autrefois.

Pour vous en convaincre, découvrez Le jour d'avant, une histoire dense et forte où plusieurs personnages se retrouvent brutalement confrontés au SIDA et à leurs propres réactions face à cette maladie.

Denys Quélever nous parle du court métrage photographique et de l'expérience particulière liée au Jour d'avant.

Ecran Noir :  Quel est votre parcours dans le monde audiovisuel ?

Denys Quélever : Il est un peu atypique. J'ai commencé par créer un logiciel pour réaliser du court métrage photo sur Mac comme sur PC nommé "La Lanterne Magique". Jean-Paul Petit [animateur de l'atelier audiovisuel d'Objectif Image à Paris et lui même spécialiste du court métrage photographique] m'a contacté via le site des passionnés de ce média "Diapovision.com". Il m'a fait découvrir le club Objectif Image Paris. Une méthode très rigoureuse et précise d'analyse de montages ainsi qu'un travail en commun très dynamique y sont pratiqués.

Après avoir été pendant deux ans observateur dans ce club, j’ai eu envie d’en réaliser moi-même. Ceci m'a été bénéfique pour éviter les pièges qui affaiblissent le sujet traité par l'auteur dans son court métrage photo. J'ai été surpris par l'accueil chaleureux de mon premier essai, un documentaire sur l'histoire de la Gay Pride. A présent, j'explore de nombreux sujets, de nouvelles méthodes d'écriture et de réalisation dans ce média.

EN :  Parlez-nous de cette forme particulière de court métrage : le court métrage photographique. En quoi consiste-t-il ? Quel matériel nécessite-t-il ? En quoi se distingue-t-il/s’apparente-t-il au court métrage cinématographique ?

DQ : Le court métrage photographique, de par son nom, se base sur l'image fixe qu'il peut explorer par des moyens comme le zoom, la rotation et le déplacement dans l'image. Par ces moyens de base, on peut forcer le spectateur à porter l'attention dans un ordre précis sur différentes parties d'une même image. Le passage par une transition douce ou brusque permet de progresser dans l'histoire contée. Il peut faire l'objet d'une troisième image par la fusion des deux images le temps d'un instant défini par l'auteur. Cela permet de créer une écriture subtile et faire éprouver plus d'émotions. Par exemple, la vue d'un paysage avec le visage d'une personne qui se superpose progressivement. C'est un moyen qui est davantage utilisé dans notre média qu'au cinéma.

Pour ce qui est du matériel, on utilise un appareil photo, un ordinateur, un logiciel de retouche, un logiciel de son et un logiciel d'assemblage des différents médias. Pour résumer, un court métrage photographique est moins complexe à mettre en œuvre qu'un court métrage cinématographique, tant du point de vue de la technique qu’en termes de personnes présentes sur le tournage. En dehors des contraintes, je m’impose dans mon écriture une règle de base : « Je ne dois pas décrire verbalement ce que je montre ni montrer ce que je dis. » Pour le reste, il est très similaire au cinéma. Le spectateur doit être captivé par le sujet et non par la technique utilisée.

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