Downton Abbey en format grand écran

Posté par vincy, le 27 octobre 2017

Le tournage commencera en septembre 2018. On a le temps de voir venir. Mais une chose est certaine, la série télévisée culte Downton Abbey sera adaptée pour le cinéma. Après six saisons de 2010 à 2015, 4 Golden Globes et 14 Emmy Awards, NBCUniversal a donné son feu vert.

Le créateur de la série Julian Fellowes a confirmé que le budget était bouclé, et qu'il avait finalisé le scénario bien avant d'avoir l'accord des producteurs. L'histoire devrait se dérouler avant la seconde Guerre mondiale, bien après le dernier épisode de la série, qui finissait en 1925.

Downton Abbey suit la vie de la famille Crawley et de leurs domestiques entre le 15 avril 1912, date du naufrage du Titanic, et le 31 décembre 1925 à Downton Abbey, demeure anglaise située dans le Yorkshire.

Les héritiers de Downton Abbey ayant péri lors du naufrage du Titanic, la famille Crawley se retrouve face à un dilemme : le domaine doit intégralement être transmis à un héritier mâle, puisque le titre de Comte de Grantham, le domaine et la fortune de la famille étant indissociables. Les trois filles ne peuvent donc pas prétendre au titre et à l'héritage. Matthew Crawley, un lointain cousin, se retrouve ainsi choisi comme nouvel héritier.

Le casting était composé, entre autres de Hugh Bonneville, Elizabeth McGovern, Dan Stevens, Laura Carmichael, Maggie Smith, Samantha Bond, Shirley MacLaine, Paul Giamatti, Jim Carter ou encore Phyllis Logan.

Olivia de Havilland, 101 ans, attaque FX Networks:  » Je n’ai jamais traité ma sœur de garce »

Posté par vincy, le 18 septembre 2017

Olivia de Havilland est en colère. A 101 ans, malgré son absence des écrans depuis 1988, l'actrice est sorti de son silence. Cette "parisienne" (depuis 1953) n'a pas supporté une réplique dans la série Feud diffusée sur FX Networks.

La série se concentre sur des célèbres duos antagonistes. La première saison opposait ainsi les deux comédiennes mythiques Bette Davis et Joan Crawford, respectivement incarnée par Susan Sarandon et Jessica Lange. Olivia de Havilland y est interprétée par Catherine Zeta-Jones. Dans l'un des épisodes, le personnage Olivia de Havilland traite de "bitch" (garce) sa sœur Joan Fontaine (oscarisée elle aussi). "Je n'utilise pas genre de vulgarité" précise-t-elle. "Je n'ai jamais traité ma sœur de garce".

La doyenne du cinéma hollywoodien a porté l'affaire en justice. Elle affirme n'avoir jamais traité sa sœur ainsi, même si elle a admit l'avoir surnommée "la dragonne". Olivia de Havilland avoue avoir été offensée par la manière dont les scénaristes l'ont décrite dans cette série (où elle apparait dans 6 des 8 épisodes). Dans l'épisode qui est au cœur de ce procès, Catherine Zeta-Jones joue la vedette d'Autant en emporte le vent, et livre des ragots lors d'une interview. Cette interview n'a jamais eu lieu, mais les avocats de FX Networks affirment qu'elle est basée sur des faits réels. Et que la vénérable comédienne a bien utilisé le mot "bitch" à certaines occasions, archives à l'appui.

Tout le problème pour les producteurs de Feud est qu'Olivia de Havilland est toujours vivante contrairement à Bette Davis, Joan Crawford, Jack Warner, Anne Brancroft, George Cukor ou Franck Sinatra, les autres personnages de la série. Ceux-là ne peuvent pas se plaindre. C'est aussi l'occasion pour De Havilland, qui hurle à la malhonnêteté des producteurs, de rétablir quelques vérités. Proche amie de Bette Davis, elle refuse de voir leurs nom salis et leurs réputations trainées dans la boue avec une docufiction "sensationnaliste".

Le procès a été fixé au 27 novembre. D'ici là FX Networks aura lancé la deuxième saison de Feud, avec, au centre des intrigues, le prince Charles et Lady Di.

Pour le reste, amis lecteurs, sachez qu'Olivia de Havilland et sa sœur Joan Fontaine ne cachaient ni leur rivalité ni leur jalousie. Depuis l'enfance, elles s'accrochaient. Elles ont convoité le même homme, Howard Hugues, et les mêmes rôles (Olivia obtint Autant en emporte le vent, mais Joan gagna celui de Rebecca). Joan Fontaine, qui a bien entretenu les rancœurs dans cette histoire, disait: "Je me suis mariée avant Olivia, j'ai remporté l'Oscar avant elle, et, si je meurs la première, elle sera sans aucun doute furieuse que je l'aie battue". Longtemps, elles ont refusé d'être ensemble sur une photo ou dans une retransmission télévisée. Elles ne se parlaient plus depuis la mort de leur mère. Ça n'a pas empêché Olivia d'être "choquée et attristée" quand elle a apprit le décès de frangine. Sans doute rassurée d'avoir battu sa sœur, "une simple saveur du moment" comme elle la définissait, avec deux Oscars, une filmographie plus dense et plus longue, et le prestigieux rôle de présidente de jury à Cannes en 1965: ce fut la première femme à tenir ce rôle.

Isabelle Huppert dans une série du créateur de « Mad Men »

Posté par vincy, le 5 août 2017

Isabelle Huppert va tourner pour la télévision. Elle sera dans le nouveau projet de Matthew Weiner, le créateur de la série Mad Men. The Romanoffs a été commandé pour être diffusé sur Amazon.

L'actrice française profite de sa notoriété post-Oscars. D'autant que la série de Weiner est forcément attendue: il n'a rien fait depuis la fin de Mad Men en 2015.

Pour The Romanoffs, Huppert sera accompagnée de Christina Hendricks et John Slattery (tous deux issus de la série Mad Men), Jack Huston, Amanda Peet et la grande Marthe Keller. Jon Hamm pourrait les rejoindre.

Amazon coproduit la série avec The Weinstein Company.

Pour le pitch, rien à voir avec un "drama" en costumes d'époque. Cela se passe de nos jours. Plusieurs personnes croient descendre de la dynastie russe. On n'en sait pas beaucoup plus si ce n'est que Weiner réalisera quatre des huit épisodes, qui, particularité, n'ont rien en commun. Le tournage est prévu dans plusieurs pays et la diffusion devrait commencer au printemps 2018.

La francisation de Nicky Larson, franchement?

Posté par vincy, le 23 juillet 2017

Après l'Américanisation de Ghost in the Shell, voici la francisation de Nicky Larson. Avant de hurler, rappelons quelques faits. Ce n'est pas la première fois qu'un manga culte est transposé en France (Quartier lointain, 2010). Ce n'est même pas la première adaptation des aventures du policier: un film japonais en 1989 (City Hunter : Amour, Destin et un Magnum 357), trois téléfilms nippons entre 1995 et 1999, une version hong-kongaise (Mr Mumble) de Jun-Man Yuen et Michael Chow et bien sûr Nicki Larson (City Hunter), avec Jackie Chan, réalisé par Wong Jing en 1993.

On le sait, Nicky Larson ne craint personne ! De là à confier à Philippe Lacheau (Babysitting 1 et 2, Alibi.com) le personnage culte, il fallait oser. Après Franck Gastambide reprenant le volant de Taxi, c'est donc "Fifi" (avec sa bande) qui s'attaque au manga/anime culte.

Le communiqué officiel est un texte Instagram.

"Les amis, je suis très fier de vous annoncer mon prochain film ! (avec les copains bien sûr) Joie immense d'adapter et réaliser au cinéma le dessin animé de mon enfance Nicky Larson ! C'est un rêve de gosse qui se réalise. Nous allons tout faire pour ne pas décevoir toute la génération Club Dorothée qui ont connu [sic] Nicky Larson et faire découvrir aux autres générations ce détective hors du commun, à la fois drôle et brillant. Nous sommes en pleine écriture, tournage l'année prochaine #hatehatehate"

Les mauvaises langues ont lu "hate" comme le mot "haine" en anglais. Les réseaux sont impitoyables.

Ceci dit on s'interroge. Si Philippe Lacheau a incontestablement donné un coup d'air frais à la comédie française, et est l'un des rares comiques à attirer les masses en salles, on le voit mal hyper-violent et obsédé-séducteur. Il affirme à Allociné qu'il veut rester le plus fidèle possible au manga. Cependant, il doute que Laura donne des coups de marteau au détective quand celui-ci la harcèle sexuellement (running gag de la série, aussi indispensable que le martini de James Bond).

Sortie en 2019

Casse-gueule quand même. D'autant que le sujet des histoires de Nicky Larson sont assez loin de l'univers de "La bande à Fifi". Attendons de voir. Le tournage est prévu en 2018 et le film sera sur les écrans le 6 février 2019.

Nicky Larson, City Hunter en anglais, est un manga en 35 tomes écrit et dessiné par Tsukasa Hojo entre 1985 et 1991. La série télévisée animée comporte 140 épisodes, qui ont été diffusés à l'origine entre 1987 et 1991.

Il s'agit de l'histoire d'un détective privé bien foutu et bien armé, Nicky Larson donc, et de la sœur d'un client, hélas mort dans sales circonstances, Laura, qui deviendra son assistante. Les deux sont secrètement amoureux l'un de l'autre, mais Nicky, dragueur irrécupérable, la rend folle de jalousie.

« Doctor Who » devient une femme : Jodie Whittaker !

Posté par kristofy, le 18 juillet 2017

Un proverbe dit qu'un héros ne meurt jamais, et s'il change parfois de physique selon les acteurs pour l'incarner à l'écran, il reste toujours un homme, blanc, hétérosexuel; comme par exemple James Bond (même si le web s'amuse à imaginer pour son costume Idriss Elba ou Gillian Anderson, ça n'arrivera jamais...).

Un premier pas vient d'être franchi avec Docteur Who qui après avoir été un homme depuis plus de cinquante ans à la télévision durant plus de 800 épisodes (c'est la série avec un héros de science-fiction la plus longue de l'histoire de la télé) sera (enfin) interprété par une femme : la comédienne Jodie Whittaker !

Jodie Whittaker est surtout connue à travers la série Broadchurch (dont la saison 3 sera bientôt diffusée), mais c'est surtout une actrice de cinéma qui a joué avec la crème des talents britannique. On l'a remarquée dans St Trinian's avec Colin Firth (qui a révélé Gemma Aterton), dans Attack the block de Joe Cornish (qui a révélé John Boyega de la nouvelle trilogie Star Wars), Un jour avec Anne Hathaway, Get Santa de Christopher Smith avec Jim Broadbent, la femme de Jude Law dans Black Sea de Kevin Macdonald, et elle vient de terminer le tournage du prochain film de Paddy Considine Journeyman.

Une actrice familière du Festival de Dinard

Certains des ses films ne sont malheureusement pas sortis en France, mais saluons le Festival du film Britannique de Dinard de les avoir sélectionné comme Good Vibration (en 2012) ou Hello Carter (en 2013) : Jodie Whittaker est devenue ainsi une familière de Dinard où elle avait même été membre du jury de Catherine Deneuve en 2014. L'année dernière en 2016 le festival avait fait découvrir son film Adult life skills où elle tient le premier rôle, qui lui avait valu par ailleurs une nomination de meilleure actrice aux British Independent Film Award.

La voici donc en Docteur Who, ce héros populaire britannique qui est à la télévision l'équivalent de James Bond au cinéma. James Bond 007 contre Dr. No date de 1962. La série Docteur Who est apparue en 1963 avec William Hartnell. Mais la série a surtout pris de l'ampleur au niveau international grâce à ses récents interprètes, David Tennant ou Matt Smith. Au total, 12 acteurs l'ont interprété. La série qui avait connu un essoufflement est relancée depuis une dizaine d'années avec beaucoup plus de succès au point d'avoir figuré dans le top des 100 meilleurs programmes de la télévision britannique. La série est diffusée sur BBC en Angleterre et sur France 4 en France: un épisode spécial pour son 50ème anniversaire avait été diffusé presque en même temps dans une centaine de pays. Malgré son humour, son dernier interprète, Peter Capaldi, aurait été jugé un peu trop âgé (en comparaison avec les acteurs précédents). D'où le renouvellement et rajeunissement du casting: Jodie Whittaker a 35 ans. Le Docteur Who est à l'origine un extraterrestre qui peut voyager dans le temps et l'espace, et s'il est blessé ou trop vieux, son corps se régénère pour reprendre vie sous une autre apparence : le combat pour aider l'humanité peut donc continuer avec un héros qui sera une héroïne...

L'annonce a été faite avec une courte vidéo diffusée ce 16 juillet, qui a été immédiatement très commentée. Le premier épisode avec Jodie Whittaker sera diffusé à l'approche de Noël :

Netflix arrête Sense8 après deux saisons

Posté par wyzman, le 1 juin 2017

Alors que la saison 2 est disponible depuis le 5 mai dernier, le géant du streaming Netflix a décidé de mettre fin à l'épopée Sense8. Dans un communiqué officiel, la vice-présidente Cindy Holland déclare ainsi : "Après 23 épisodes, 16 villes et 13 pays, l'histoire du cluster Sense8 prend fin. C'est tout ce que nous et les fans avions rêvé que ce serait: audacieux, émotif, étonnant, kick ass et absolument inoubliable" avant d'ajouter "Jamais il n'y a eu un programme aussi mondial, avec un casting et une équipe aussi diversifiés et internationaux, qui ne sont que le reflet de la communauté connectée de fans profondément passionnés partout dans le monde. Nous remercions Lana, Lily, Joe et Grant pour leur vision, et l'ensemble du casting et de l'équipe pour leur artisanat et leur engagement."

Lancée le 5 juin 2015, Sense8 raconte les péripéties de 8 êtres répartis sur le globe mais connectés les uns aux autres par la pensée. Série résolument moderne et queer, Sense8 est l'oeuvre des sœurs Wachowski et de J. Michael Straczynski, le scénariste de Thor et World War Z. Après l'annulation de The Get Down, celle de Sense8 soulève de multiples questions. La première étant bien évidemment de savoir vers quel modèle tend désormais Netflix. Car l'arrêt de ses deux séries les plus ambitieuses ne peut signifier qu'une chose : l'entreprise américaine veut désormais être la plus rentable possible. Une logique qui n'est pas sans rappeler celle des grands networks, moqués depuis des années pour leur manque d'originalité dans les nouveaux projets développés...

Le mois dernier, le producteur Roberto Malerba avait laissé entendre que si saison 3 de Sense8 il y avait, ce serait la dernière. Chaque épisode de la saison 1 coûtant 4,5 millions de dollars et 9 millions pour la saison 2, Netflix doutait de ses capacités à produire une troisième fournée de qualité. Sans parler du fait que les acteurs principaux n'étaient plus tous sous contrat et que leur cote de popularité ayant explosé avec Sense8, tout était désormais à renégocier.

Adulée par les Internets, l'annulation de Sense8 a fait naître l'hashtag #BringBackSense8 !

Cannes 2017 : nos retrouvailles avec David Lynch

Posté par MpM, le 25 mai 2017

On était prêt à aller beaucoup plus loin que Cannes pour retrouver David Lynch derrière une caméra, et accessoirement découvrir la 3e saison (attendue près de 25 ans) de Twin Peaks. Et finalement c'est bien sur la Croisette qu'aura lieu l'avant-première des deux premiers épisodes de la nouvelle série, juste avant sa diffusion sur Showtime et Canal Plus.

Le réalisateur américain, qui n'a plus tourné pour le cinéma depuis 2006 (Inland Empire), à l'exception de quelques courts métrages et d'un documentaire sur la méditation transcendantale, est un ancien habitué du Festival, avec lequel il a tissé une relation bien particulière.

C'est en 1990 qu'il fait sa première apparition à Cannes, certes identifié comme un réalisateur singulier et presque expérimental (Eraserhead), mais également auréolé d'une nomination aux Oscars et de plusieurs prix pour Elephant man et Blue velvet. Le relatif échec de l'adaptation du Dune de Frank Herbert en 1984 est déjà oublié.

Sailor et Lula est donc sélectionné en compétition et, pour un "coup d'essai", c'est un coup de maître avec Palme d'or à la clef, décernée par le jury de Bernardo Bertolucci. Il faut reconnaître qu'il y a dans le 5e long métrage de Lynch tous les éléments constitutifs de son cinéma si singulier: une atmosphère étrange, des personnages venimeux et troubles, une sensualité exacerbée, des références au film de genre comme au Magicien d'Oz... et une réappropriation toute personnelle de l'ensemble.

Au même moment, Lynch triomphe sur le petit écran avec la série Twin Peaks créée avec Mark Frost, et qui révolutionne durablement le genre. Pendant deux saisons, les spectateurs se rongent les sangs en suivant cette enquête policière pour le moins atypique dans la ville imaginaire et trouble de Twin Peaks. Savoir qui a tué Laura Palmer ne calme nullement les fans qui réclament une suite. Ils auront droit à un prequel, le long métrage Twin Peaks, Fire walks with me (1992), justement sélectionné à Cannes en 1992. Mais une 3e saison de la série culte semble compromise.

David Lynch fait à nouveau le voyage à Cannes avec Une histoire vraie en 1999, un road-movie tendre et léger en tondeuse en gazon qui tranche avec toute son oeuvre, puis le somptueux et trouble Mulholland drive en 2001, qui constitue sa dernière sélection en compétition.

Cette année-là, il remporte un Prix de la mise en scène (ex-aequo avec les frères Coen pour The Barber) qui ressemble à un lot de consolation. Le jury mené par Liv Ullman lui a (injustement) préféré le drame familial La chambre du fils de Nanni Moretti. C'est pourtant le polar inquiétant et mystérieux de Lynch qui a marqué les esprits. Pendant des mois, les esprits s'échauffent pour tenter de percer à jour les passages les plus cryptés du film.

L'année suivante, il préside le jury cannois et décerne la Palme au Pianiste de Roman Polanski. Dès lors, il se fait plus rare sur la Croisette comme ailleurs. On le retrouve dans le documentaire Films de minuit : de la marge au courant principal de Stuart Samuels (en séance de minuit en 2005) puis dans le film collectif Chacun son cinéma en 2007, dont il réalise un segment à l'occasion du 60e Festival. Il aura donc fallu attendre dix ans pour le retrouver sur le tapis rouge cannois, comme un retour aux sources.

Au fond, David Lynch aurait-il eu une telle aura sans Cannes ? Dans quelle mesure la Palme d'or de 1990 a-t-elle contribué à son succès ? C'est évidemment difficile à dire, mais on a l'intuition que les deux parties ont trouvé leur intérêt dans cette relation. Lynch en recevant une consécration par ses pairs, élevant son cinéma hybride au rang de cinéma d'auteur noble, le Festival en montrant sa capacité à faire une place à une nouvelle vague de réalisateurs plus audacieux et singuliers (Soderbergh, les Coen, Tarantino...).

C'est encore le cas cette année puisque Cannes s'offre le buzz lié au retour de la série culte, tout en surfant sur l'intérêt exponentiel et non démenti pour ce genre fictionnel depuis maintenant plus de dix ans. A l'heure où certains s'offusquent de retrouver Netflix en compétition, la présence cannoise de la série Twin Peaks parait, elle, complètement légitime. L'annonce n'a même pas vraiment surpris tant il était évident pour tout le monde que Cannes ne pouvait pas passer à côté de ce grand retour lynchien.

Alors, à quoi faut-il s'attendre ? Le mystère plane évidemment autant autour de ce nouveau Twin Peaks qu'à l'intérieur de la ville elle-même. David Lynch lui-même n'en dit pas grand chose : "certaines choses ont changé, d'autre restent identiques". On sait malgré tout qu'il s'agit bien d'une suite, réalisée par le cinéaste himself, et qu'elle est censée se passer effectivement 25 ans après les événements originaux. Le casting impressionnant compte notamment Kyle MacLachlan qui reprend son rôle de Dale Cooper, mais aussi des stars comme Naomi Watts, Monica Bellucci ou Tim Roth.

Vu le twist d'envergure sur lequel s'achevait le dernier épisode, on peut s'attendre à peu près à tout. Et c'est pour ça que l'on est aussi impatient de ces retrouvailles cannoises. D'autant qu'elles pourraient bien être les dernières sur la Croisette, Lynch ayant avoué au Sydney morning telegraph qu'il ne reviendrait probablement jamais au long métrage.

Le plus dandy des James Bond, Roger Moore, tire sa révérence (1927-2017)

Posté par vincy, le 23 mai 2017

Sept fois 007, Sir Roger Moore est décédé ce mardi 23 mai à l'âge de 89 ans, en suite, des suites d'un cancer. Le James Bond le plus nonchalant et gentleman, n'a pas pu échappé à la mort cette fois-ci. A 5 ans, une pneumonie avait failli l'emporter. Dans les années 1990, il avait du soigner un cancer de la prostate. En 2003, il s'était écroulé sur une scène new-yorkaise, victime d'un arrêt cardiaque. "Il me semble que je me suis évanoui" avait-il expliqué par la suite.

De tous les acteurs ayant incarné l'espion de Ian Fleming, Roger Moore avait été le plus prolifique, en tournant sept films de la franchise. Ce qui avait passablement bousillé sa carrière. De 1973 à 1985, 007 avait eu une emprise sur lui bien trop importante pour que d'autres cinéastes lui proposent d'autres rôles consistants. Contrairement à Sean Connery, Moore s'est laissé emprisonner par le cachet mirobolant et un certain confort. Trop beau en 1962 et recalé pour Dr. No, il est devenu trop vieux sur la fin pour jouer les héros. Il avait déjà 45 ans quand il a succédé à Sean Connery. Nabab, il rechignait à faire le moindre effort sportif, abusant des doublures même pour des courses à pieds.

Il a su insuffler un charme très british, une forme de dandysme au personnage. Cet humour distillé dans des 007 inégaux, du Moonraker voguant sur la vague Star Wars au burlesque Octopussy en passant par le très sobre Homme au pistolet d'or, aura malgré tout permis à 007 de résister aux blockbusters américains qui commençaient à envahir les salles.

Roger Moore a surtout été une star du petit écran: éternel The Saint qui l'a rendu mondialement célèbre dans les années 60, puis compère de Tony Curtis dans Amicalement Vôtre au début des années 70, il était la quintessence du beau mâle aristocratique britannique, désinvolte et dragueur. Playboy, il l'était aussi dans la vie. Il avait aussi essayer la réalisation en tournant des épisodes des deux séries.

Une carrière de remplaçant

Outre James Bond et la télévision, la carrière de Roger Moore au cinéma n'a pas beaucoup croisé de grands cinéastes. Plutôt abonné aux comédies, films de guerre ou thrillers de deuxième catégorie, signalons pour la postérité: La Seconde Mort d'Harold Pelham (The Man who Haunted Himself) de Basil Dearden, Les Oies sauvages (The wild geese) d'Andrew V. McLaglen, Bons baisers d'Athènes (Escape to Athena) de George Pan Cosmatos, L'Équipée du Cannonball (The Cannonball Run) de Hal Needham, ou encore L'Héritier de la panthère rose (Curse of the Pink Panther) de Blake Edwards. Il se souciait peu de de la qualité des scénarios et dépréciait souvent ses personnages, considérant même des situations de 007 comme ridicules.

Star mondiale maniant l'humour anglais avec brio, conservateur dans l'âme, évadé fiscal notoire, il était philosophe: "Si je conservais toutes les mauvaises critiques sur moi, il me faudrait deux maisons" confiait-il. Mais il était assez fier d'être une star, et pour lui une star c'était un acteur dont on pouvait épeler le nom à Vladivostok.

Né le 14 octobre 1927, d'un père policier et d'une mère au foyer, officier militaire, il a débuté en figurant en 1944 dans César et Cléopâtre, avec Vivien Leigh. Il s'inscrit ensuite à la Royal Academy of Dramatic Art et tient son premier succès avec la série Ivanhoé dans les années 1950.

Selon lui, son plus grand rôle était celui d'ambassadeur itinérant de l'Unicef pour le Fonds pour l'enfance des Nations unies, où il succéda à Audrey Hepburn. "Dresser le sourcil pour Bond était une chose mais sensibiliser l'opinion pour la cause des enfants est beaucoup plus important" disait-il en 2003.

Cannes en Séries : Quand le « P’tit Quinquin » ravit la Croisette

Posté par wyzman, le 23 mai 2017

Si l'édition 2014 du Festival de Cannes a été marquée par la présidence de Jane Campion (seule réalisatrice à avoir remporté la Palme d'or) et le prix du jury ex-æquo pour Xavier Dolan (Mommy) et Jean-Luc Godard (Adieu au langage), revenons sur le cas P'tit Quinquin.

Écrite, réalisée et montée par Bruno Dumont, cette mini-série a été présentée à la Quinzaine des réalisateurs - en séance spéciale. Et alors que la polémique autour de la non-sortie d'Okja en salle est toujours d'actualité, notons qu'à l'époque personne n'avait bronché face à cette projection d'une œuvre qui ne serait jamais montrée au cinéma.

Cela étant dit, P'tit Quinquin avait pour elle d'être portée par un casting d'acteurs non-professionnels au talent certain et dont la Croisette raffole. Plus encore, il s'agissait d'une production française signée par un réalisateur qui a reçu deux fois le Grand prix du jury en compétition ! Et si le festival de Cannes continue de vouloir assumer son rôle de plus grand festival de cinéma international du monde, difficile de passer outre son petit côté chauvin. Et à un moment où les nouvelles manières de faire du cinéma étaient discutées, la présence d'une mini-série avait quelque chose de novateur.

Centrée sur les péripéties d'un adolescent vivant dans le Pas-de-Calais, P'tit Quinquin est parvenue à mélanger les genres, policier et comédie. Un mix qui, s'il est le plus souvent rentable du côté des productions de TF1 ou France 3, est rarement gage de qualité. Mais Arte a (plus que) bien fait les choses en laissant carte blanche à Bruno Dumont. L'an dernier, il est par ailleurs revenu au festival de Cannes avec Ma Loute, un film nommé neuf fois aux derniers César. Cette année, il est de nouveau à la Quinzaine, Jeannette, l'enfance de Jeanne d'Arc.

Si quelques spectateurs ont pu regretter que P'tit Quinquin véhicule certains clichés concernant les gens du Nord, la série a été un carton d'audience pour Arte. Plus encore, la presse l'a adorée. Et pour les organisateurs du festival, c'était sans doute tout ce qui comptait : rester à la pointe de la découverte avec un programme (certes produit pour la télévision) mais de grande qualité.

Et avant le lancement du premier festival international des séries (le "Cannes du petit écran"), la Croisette se tourne cette année encore vers le petit écran. Eh oui, pour rappel, les deux premiers épisodes de la saison 3 de Twin Peaks seront diffusés le vendredi 26 mai à 16 heures et l'intégrale de la saison 2 de Top of the Lake le samedi 27 dès 13 heures. Malgré le fait que la saison 2 de P'tit Quinquin ne sera sans doute jamais projetée en avant-première au festival de Cannes, nous pouvons tout de même remercier ses programmateurs d'avoir ouvert leur sélection et permis aux critiques du monde entier de faire la connaissance de Bruno Dumont dans un autre registre que celui qu'on lui cinnaissait ! Comme quoi, derrière chaque polémique peut se cacher une bonne nouvelle...

Cannes 2017: les films hors-compétition et en séances spéciales

Posté par vincy, le 13 avril 2017

Hors-compétition
Ouverture du festival: Les fantômes d'Ismael d'Arnaud Desplechin
Mugen Non Junin (Blade of the Immortal) de Takashi Miike
How to Talk to Girls at Parties de John Cameron Mitchell
Visages, Villages de Agnès Varda et JR

Séances spéciales
An inconvenient sequel (Une suite qui dérange) de Bonni Cohen et Jon Shenk
12 jours de Raymond Depardon
They de Anahita Ghazvinizadeh (premier film)
Claire's Camera de Hong Sangsoo
Promised Land d'Eugene Jarecki
Napalm de Claude Lanzmann
Demons in Paradise de Jude Ratman (premier film)
Sea Sorrow (Une mer de larmes) de Vanessa Redgrave

Séances de minuit
Ak-Nyeo (The Villainess) de Jung Buyng-Gil
Bulhandang (The Merciless) de Byun Sung-Hyun
Prayer before Dawn de Jean-Stéphane Sauvaire

Autres films

Réalité virtuelle
Carne y Arena d'Alejandro G. Inarritu

Evénements 70e anniversaire
Top of the Lake, deuxième saison de Jane Campion (série TV)
Twin Peaks, deux épisodes, de David Lynch (série TV)
24 Frames d'Abbas Kiarostami (film posthume)
Come swim de Kristen Stewart (court métrage)

les films en compétition
les films à Un certain regard