Downton Abbey en format grand écran

Posté par vincy, le 27 octobre 2017

Le tournage commencera en septembre 2018. On a le temps de voir venir. Mais une chose est certaine, la série télévisée culte Downton Abbey sera adaptée pour le cinéma. Après six saisons de 2010 à 2015, 4 Golden Globes et 14 Emmy Awards, NBCUniversal a donné son feu vert.

Le créateur de la série Julian Fellowes a confirmé que le budget était bouclé, et qu'il avait finalisé le scénario bien avant d'avoir l'accord des producteurs. L'histoire devrait se dérouler avant la seconde Guerre mondiale, bien après le dernier épisode de la série, qui finissait en 1925.

Downton Abbey suit la vie de la famille Crawley et de leurs domestiques entre le 15 avril 1912, date du naufrage du Titanic, et le 31 décembre 1925 à Downton Abbey, demeure anglaise située dans le Yorkshire.

Les héritiers de Downton Abbey ayant péri lors du naufrage du Titanic, la famille Crawley se retrouve face à un dilemme : le domaine doit intégralement être transmis à un héritier mâle, puisque le titre de Comte de Grantham, le domaine et la fortune de la famille étant indissociables. Les trois filles ne peuvent donc pas prétendre au titre et à l'héritage. Matthew Crawley, un lointain cousin, se retrouve ainsi choisi comme nouvel héritier.

Le casting était composé, entre autres de Hugh Bonneville, Elizabeth McGovern, Dan Stevens, Laura Carmichael, Maggie Smith, Samantha Bond, Shirley MacLaine, Paul Giamatti, Jim Carter ou encore Phyllis Logan.

Cartoon Forum 2017 : une 28e édition qui a tenu ses promesses

Posté par MpM, le 17 septembre 2017

Beau succès pour la 28e édition du Cartoon Forum, rencontres professionnelles consacrées aux projets de séries animées pour la télévision, qui se tenait du 11 au 14 septembre à Toulouse. Marc Vandeweyer l'a confirmé lors de la conférence de presse de clôture, si le nombre de participants était stable par rapport à l'année précédente (environ 950 producteurs, investisseurs, diffuseurs, acheteurs et plateformes SVoD/VoD), les salles où étaient présentés les projets étaient elles plus remplies que d'habitude.

En tout, 82 projets provenant de 23 pays ont été présentés aux participants venant de 40 pays. D'après un communiqué officiel, les diffuseurs et investisseurs ont évalué le cartoon Forum 2017 comme "la meilleure édition en termes de qualité de projets avec une grande diversité de genres, contenus, graphismes et de publics". Et c'est vrai qu'on a vu tous les styles : animation adulte trash avec Chicken of the dead et La survie de l'espèce (adaptation de la bande dessinée chez Futuropolis), projets artistiques ambitieux avec Romantismes et Mr Passenger, séries classiques pour pré-ados avec Les quatre de Baker street (par Folivari, d'après la bande dessinée éditée par Vents d'Ouest) et Sol & Liv (un projet polonais inspiré de mythes et légendes slaves et scandinaves), mignonneries charmantes avec Botos Family (un projet sud-coréen d'animation de marionnettes de petits chats, ) et Zibilla (un spécial de 26 minutes autour d'une petite zébrelle ostracisée, par la réalisatrice Isabelle Favez)...

Au petit jeu des statistiques, on constate que c'est le projet Stinky dogs proposé par Dandeloo, Folivari et PANIQUE! qui a eu, de loin, le plus de succès auprès des professionnels. Il s'agit d'une adaptation des livres jeunesses de Colas Gutman et Marc Boutavant à l'Ecole des loisirs portée par les réalisateurs Vincent Patar et Stéphane Aubier. Il est suivi de près par L'odyssée de Shooom (dont nous vous parlions mercredi) de Picolo Pictures et Les culottées d'Agat Films & cie, l'adaptation par Sarah Saidan des livres de Pénélope Bagieu chez Gallimard (voir notre article).

Parmi les grandes tendances de cette 28e édition, on peut ainsi noter la prépondérance des projets d'adaptation (à ceux déjà cités, il faut notamment ajouter Akissi, d'après l'ouvrage de Marguerite Abouet et Mathieu Sapin chez Gallimard ainsi que Mister paper et Tatsu Nagata's weird and wonderful world dont nous vous parlions ici) et la maigre représentation des projets à destination d'un public adulte (seulement 6 projets cette année). Enfin, on a pu constater que très peu de séries jouaient la carte de récits feuilletonnants, les épisodes autonomes et indépendants étant majoritairement privilégiés, de même que les formats plutôt courts (autour de 10 minutes).

La grande question est désormais de savoir combien de ces projets verront effectivement le jour. En 27 éditions, 711 ont été financés pour un montant total de 2,5 milliards d’euros. Ce qui correspond à 37% des projets présentés, et 42% si l'on se focalise seulement sur les dix dernières années. Autant dire qu'on risque d'être déçus, et frustrés, de ne jamais découvrir sur petit écran certains de ces concepts, de ces personnages et de ces univers qui nous avaient charmés.

Cartoon Forum 2017 : autant en emportent les projets

Posté par MpM, le 15 septembre 2017

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas au Cartoon Forum de Toulouse qui a vu défiler plus de 80 projets de séries animées en seulement trois jours ! Lors de la dernière journée, quatre pitchs ont plus particulièrement retenu notre attention, dont trois qui sont des adaptations de livres pré-existants.

MIMI ET LISA
Production : Fool Moon et Maur Film
Réalisatrice : Ivana Šebestová

Mimi, la petite fille aveugle, et sa copine Lisa sont de retour ! Après une série télévisée, des livres, un DVD et même un film sorti en salles en avril 2016, les deux héroïnes slovaques s'apprêtent à revenir dans un "spécial" de 26 minutes intitulé Christmas lights Mystery. Les deux amies inséparables devront donc voyager dans le temps pour découvrir ce mystère des lumières de Noël et changer le passé pour illuminer le présent.

Dans un univers toujours aussi coloré et magique, les petites héroïnes font preuves d'imagination et de courage pour vivres des aventures acidulées prônant immanquablement des valeurs de tolérance et de vivre ensemble.

Le plus : on aime l'univers graphique très travaillé du projet, qui évoque parfois l'esthétique ultra-colorée des vitraux.
Le bémol : quoique de très bonne facture, ce nouvel épisode des aventures de Mimi et Lisa ne brille pas spécialement par l'originalité de son scénario.
A savoir : Mimi et Lisa est réalisé en 2D, selon une technique proche du papier découpé qui mêle tissus, crayons de couleur et aquarelles.

AUTANT EN EMPORTE LE TEMPS
Production : Amopix
Réalisateur : Mathieu Rolin

Aux côtés d'une équipe d'archéologues, le spectateur (entre 6 et 11 ans) découvre le principe des fouilles et enquête sur les civilisations passées. Chaque épisode fait découvrir une période spécifique et apporte à la fois des éléments historiques, des précisions de vocabulaire et des informations sur le métier d'archéologue. Le pilote laisse entrevoir une série très instructive qui se veut à la fois ludique et très scientifique, abordant aussi bien les traditions vestimentaires des Gaulois que leur habitudes alimentaires, ou encore la définition du carpologue (pour ceux qui ne connaissent pas, c'est une spécialité archéologique qui s'appuie sur la connaissance et l'étude des graines et des fruits).

Elle s'accompagne de jeux qui permettent aux enfants d'approfondir les sujets traités dans chaque épisode et de renforcer leurs connaissance.

Le plus : on est enthousiaste devant le contenu intelligent et riche proposé par le pilote.
Le bémol : un graphisme 3D pas très soigné et des dialogues lourdingues entre les personnages, censés apporter un contrepoint humoristique, pourraient limiter la portée de la série.
A savoir : c'est le comédien français Patrick Préjan (qui s'est notamment spécialisé dans le doublage) qui prête sa voix au narrateur.

MISTER PAPER
Production : A private view, Beast animation, Viking film et Ketnet VRT
Réalisateur : Steven De Beul & Ben Tesseur

Adapté des livres Meneer Papier d'Elvis Peeters et Gerda Dendooven, Mister paper met en scène un bonhomme de papier qui, armé de ses ciseaux , crée et fabrique son univers au fur et à mesure de ses besoins. Avec beaucoup de poésie et de tendresse, il vit des aventures minuscules plutôt destinées aux plus jeunes.

Le plus : l'atmosphère calme et tranquille tranche avec l'hystérie hachée de certaines séries télé.
Le bémol : il y a un risque que le concept minimaliste devienne répétitif et lassant.
A savoir : le film sera réalisé en 2,5 D, car le papier et le carton sont animés directement devant la caméra et que les feuilles peuvent parfois se plier ou se froisser, apportant une notion de volume.

TATSU NAGATA'S WEIRD AND WONDERFUL WORLD
Production : 99% Animation
Réalisateur : Fabrice Fouquet

C'est encore une adaptation qui a retenu notre attention, celle des Sciences naturelles de Tatsu Nagata par Thierry Dedieu (Seuil jeunesse), un important succès d'édition jeunesse qui compte 34 albums. Cette série en 2D (imaginée dans un format de 52 fois 7 minutes) suit Tatso Nagata, personnage scientifique dynamique à la curiosité et aux capacités d'analyse gigantesques, qui vit des aventures mêlant comédie et sciences naturelles.

On y retrouve à la fois le cheminement d'investigations scientifiques sur des cas concrets de problèmes écologiques et des thèmes forts liés à la préservation de l'environnement. Le trait, épuré et très graphique, respecte celui de la BD, et donne au projet un aspect moins enfantin qui convient parfaitement à la cible (8-11 ans).

Le plus : on a beaucoup aimé le pilote (traitant des moustiques) qui adopte le ton idéal (à la fois humoristique et instructif) pour une série ludo-éducative efficace.
Le bémol : bien qu'elle s'appuie sur un succès d'édition, la série peut, aux yeux des investisseurs, représenter une prise de risque en raison de sa volonté de dépouillement et de pédagogie.
A savoir : Tatsu Nagata est un véritable scientifique japonais (chercheur, expert mondial des mutations des batraciens, professeur honoraire du "Tokyo Scientific Institute") qui collabore avec les éditions Seuil Jeunesse dans le cadre de la série inspirée de son travail. On peut le retrouver sur son blog en français.

« Doctor Who » devient une femme : Jodie Whittaker !

Posté par kristofy, le 18 juillet 2017

Un proverbe dit qu'un héros ne meurt jamais, et s'il change parfois de physique selon les acteurs pour l'incarner à l'écran, il reste toujours un homme, blanc, hétérosexuel; comme par exemple James Bond (même si le web s'amuse à imaginer pour son costume Idriss Elba ou Gillian Anderson, ça n'arrivera jamais...).

Un premier pas vient d'être franchi avec Docteur Who qui après avoir été un homme depuis plus de cinquante ans à la télévision durant plus de 800 épisodes (c'est la série avec un héros de science-fiction la plus longue de l'histoire de la télé) sera (enfin) interprété par une femme : la comédienne Jodie Whittaker !

Jodie Whittaker est surtout connue à travers la série Broadchurch (dont la saison 3 sera bientôt diffusée), mais c'est surtout une actrice de cinéma qui a joué avec la crème des talents britannique. On l'a remarquée dans St Trinian's avec Colin Firth (qui a révélé Gemma Aterton), dans Attack the block de Joe Cornish (qui a révélé John Boyega de la nouvelle trilogie Star Wars), Un jour avec Anne Hathaway, Get Santa de Christopher Smith avec Jim Broadbent, la femme de Jude Law dans Black Sea de Kevin Macdonald, et elle vient de terminer le tournage du prochain film de Paddy Considine Journeyman.

Une actrice familière du Festival de Dinard

Certains des ses films ne sont malheureusement pas sortis en France, mais saluons le Festival du film Britannique de Dinard de les avoir sélectionné comme Good Vibration (en 2012) ou Hello Carter (en 2013) : Jodie Whittaker est devenue ainsi une familière de Dinard où elle avait même été membre du jury de Catherine Deneuve en 2014. L'année dernière en 2016 le festival avait fait découvrir son film Adult life skills où elle tient le premier rôle, qui lui avait valu par ailleurs une nomination de meilleure actrice aux British Independent Film Award.

La voici donc en Docteur Who, ce héros populaire britannique qui est à la télévision l'équivalent de James Bond au cinéma. James Bond 007 contre Dr. No date de 1962. La série Docteur Who est apparue en 1963 avec William Hartnell. Mais la série a surtout pris de l'ampleur au niveau international grâce à ses récents interprètes, David Tennant ou Matt Smith. Au total, 12 acteurs l'ont interprété. La série qui avait connu un essoufflement est relancée depuis une dizaine d'années avec beaucoup plus de succès au point d'avoir figuré dans le top des 100 meilleurs programmes de la télévision britannique. La série est diffusée sur BBC en Angleterre et sur France 4 en France: un épisode spécial pour son 50ème anniversaire avait été diffusé presque en même temps dans une centaine de pays. Malgré son humour, son dernier interprète, Peter Capaldi, aurait été jugé un peu trop âgé (en comparaison avec les acteurs précédents). D'où le renouvellement et rajeunissement du casting: Jodie Whittaker a 35 ans. Le Docteur Who est à l'origine un extraterrestre qui peut voyager dans le temps et l'espace, et s'il est blessé ou trop vieux, son corps se régénère pour reprendre vie sous une autre apparence : le combat pour aider l'humanité peut donc continuer avec un héros qui sera une héroïne...

L'annonce a été faite avec une courte vidéo diffusée ce 16 juillet, qui a été immédiatement très commentée. Le premier épisode avec Jodie Whittaker sera diffusé à l'approche de Noël :

James Franco s’invite chez les Coen

Posté par vincy, le 15 juillet 2017

James Franco As I Lay Dying

James Franco alterne films indépendants, réalisations undergrounds et comédies populaires moyennes depuis quelques années. Pas de quoi surfer sur le carton de Oz (2013) et du premier opus de La Planète des singes (2011). A bientôt 40 ans, l'acteur n'a pas signé de succès important depuis quatre ans.

A force de se disperser, de préférer un petit rôle chez les copains ou une commande dans un film médiocre, l'étoile de la star a un peu pâlit. D'autant que son petit frère, Dave, lui a porté un petit coup de vieux.  Mais avec le nombre de films qu'il vient de tourner et le nombre de projets en cours, l'acteur semble vouloir rebondir. Le projet le plus excitant est sans aucun doute The Ballad of Buster Scruggs, le western en six épisodes des frères Coen, aux côtés de son ami Tim Blake Nelson. Il jouerait dans le deuxième épisode de cette mini-série écrite et réalisé par les frères Coen, produite par Annapurna Television. Chaque épisode raconterait une histoire différente. Un film pourrait être envisagé.

Franco, comme de nombreuses stars aujourd'hui, mise sur le petit écran. On le verra aussi dans la série HBO The Deuce, où il incarnera deux frères jumeaux.

Planning chargé

Au cinéma, il a récolté un succès critique au South by Southwest Festival avec son film The Disaster Artist. Le film sortira en décembre afin de viser les palmarès de fin d'année. Don't Come Back from the Moon de Bruce Thierry Cheung vient d'être présenté au Festival de Los Angeles.

Sinon il a terminé, en tant que cinéaste, Zéroville, avec Megan Gox, Will Ferrell et Dave Franco. Il a deux autres réalisations en cours de production. Comme acteur, on le verra dans Blood Heist de Jenna Cavelle, prévu en avant-première à Fantasia à Montréal et dans le thriller The Vault de Dan Bush. Avec Bruce Thierry Cheung, il a aussi tourné un film SF avec Milla Jovovich, Lucy Liu et Snoop Dogg, Future World. On attend toujours, du même cinéaste, son Kill the Czar, annoncé depuis deux ans.

Cannes 2017 : nos retrouvailles avec David Lynch

Posté par MpM, le 25 mai 2017

On était prêt à aller beaucoup plus loin que Cannes pour retrouver David Lynch derrière une caméra, et accessoirement découvrir la 3e saison (attendue près de 25 ans) de Twin Peaks. Et finalement c'est bien sur la Croisette qu'aura lieu l'avant-première des deux premiers épisodes de la nouvelle série, juste avant sa diffusion sur Showtime et Canal Plus.

Le réalisateur américain, qui n'a plus tourné pour le cinéma depuis 2006 (Inland Empire), à l'exception de quelques courts métrages et d'un documentaire sur la méditation transcendantale, est un ancien habitué du Festival, avec lequel il a tissé une relation bien particulière.

C'est en 1990 qu'il fait sa première apparition à Cannes, certes identifié comme un réalisateur singulier et presque expérimental (Eraserhead), mais également auréolé d'une nomination aux Oscars et de plusieurs prix pour Elephant man et Blue velvet. Le relatif échec de l'adaptation du Dune de Frank Herbert en 1984 est déjà oublié.

Sailor et Lula est donc sélectionné en compétition et, pour un "coup d'essai", c'est un coup de maître avec Palme d'or à la clef, décernée par le jury de Bernardo Bertolucci. Il faut reconnaître qu'il y a dans le 5e long métrage de Lynch tous les éléments constitutifs de son cinéma si singulier: une atmosphère étrange, des personnages venimeux et troubles, une sensualité exacerbée, des références au film de genre comme au Magicien d'Oz... et une réappropriation toute personnelle de l'ensemble.

Au même moment, Lynch triomphe sur le petit écran avec la série Twin Peaks créée avec Mark Frost, et qui révolutionne durablement le genre. Pendant deux saisons, les spectateurs se rongent les sangs en suivant cette enquête policière pour le moins atypique dans la ville imaginaire et trouble de Twin Peaks. Savoir qui a tué Laura Palmer ne calme nullement les fans qui réclament une suite. Ils auront droit à un prequel, le long métrage Twin Peaks, Fire walks with me (1992), justement sélectionné à Cannes en 1992. Mais une 3e saison de la série culte semble compromise.

David Lynch fait à nouveau le voyage à Cannes avec Une histoire vraie en 1999, un road-movie tendre et léger en tondeuse en gazon qui tranche avec toute son oeuvre, puis le somptueux et trouble Mulholland drive en 2001, qui constitue sa dernière sélection en compétition.

Cette année-là, il remporte un Prix de la mise en scène (ex-aequo avec les frères Coen pour The Barber) qui ressemble à un lot de consolation. Le jury mené par Liv Ullman lui a (injustement) préféré le drame familial La chambre du fils de Nanni Moretti. C'est pourtant le polar inquiétant et mystérieux de Lynch qui a marqué les esprits. Pendant des mois, les esprits s'échauffent pour tenter de percer à jour les passages les plus cryptés du film.

L'année suivante, il préside le jury cannois et décerne la Palme au Pianiste de Roman Polanski. Dès lors, il se fait plus rare sur la Croisette comme ailleurs. On le retrouve dans le documentaire Films de minuit : de la marge au courant principal de Stuart Samuels (en séance de minuit en 2005) puis dans le film collectif Chacun son cinéma en 2007, dont il réalise un segment à l'occasion du 60e Festival. Il aura donc fallu attendre dix ans pour le retrouver sur le tapis rouge cannois, comme un retour aux sources.

Au fond, David Lynch aurait-il eu une telle aura sans Cannes ? Dans quelle mesure la Palme d'or de 1990 a-t-elle contribué à son succès ? C'est évidemment difficile à dire, mais on a l'intuition que les deux parties ont trouvé leur intérêt dans cette relation. Lynch en recevant une consécration par ses pairs, élevant son cinéma hybride au rang de cinéma d'auteur noble, le Festival en montrant sa capacité à faire une place à une nouvelle vague de réalisateurs plus audacieux et singuliers (Soderbergh, les Coen, Tarantino...).

C'est encore le cas cette année puisque Cannes s'offre le buzz lié au retour de la série culte, tout en surfant sur l'intérêt exponentiel et non démenti pour ce genre fictionnel depuis maintenant plus de dix ans. A l'heure où certains s'offusquent de retrouver Netflix en compétition, la présence cannoise de la série Twin Peaks parait, elle, complètement légitime. L'annonce n'a même pas vraiment surpris tant il était évident pour tout le monde que Cannes ne pouvait pas passer à côté de ce grand retour lynchien.

Alors, à quoi faut-il s'attendre ? Le mystère plane évidemment autant autour de ce nouveau Twin Peaks qu'à l'intérieur de la ville elle-même. David Lynch lui-même n'en dit pas grand chose : "certaines choses ont changé, d'autre restent identiques". On sait malgré tout qu'il s'agit bien d'une suite, réalisée par le cinéaste himself, et qu'elle est censée se passer effectivement 25 ans après les événements originaux. Le casting impressionnant compte notamment Kyle MacLachlan qui reprend son rôle de Dale Cooper, mais aussi des stars comme Naomi Watts, Monica Bellucci ou Tim Roth.

Vu le twist d'envergure sur lequel s'achevait le dernier épisode, on peut s'attendre à peu près à tout. Et c'est pour ça que l'on est aussi impatient de ces retrouvailles cannoises. D'autant qu'elles pourraient bien être les dernières sur la Croisette, Lynch ayant avoué au Sydney morning telegraph qu'il ne reviendrait probablement jamais au long métrage.

Damien Chazelle va faire swinguer le petit écran

Posté par cynthia, le 30 avril 2017

Alors que le 25 avril a été décrété aux États-Unis comme étant la journée de La La Land (oui vous avez bien lu), son célèbre réalisateur et accessoirement plus jeune oscarisé de l'histoire, travaille sur un projet pour le petit écran. Cette nouvelle série s'intitule The Eddy et racontera les déboires des patrons et des employées d'un club de jazz à Paris.

Selon le magazine The Hollywood Reporter, Damien Chazelle s'est associé au scénariste Jack Throne (Harry Potter et l'enfant maudit sur les planches), à Alan Poul (Six Feet Under) ainsi qu'à Glen Ballard (à qui l'on doit certains succès d'Alanis Morissette et de Michael Jackson).

Le projet n'a pas encore de maison de production, mais vu le succès de ses films, nul doute que les maisons vont se bousculer pour faire partie du projet (Amazon ? Netflix ? HBO ?)

Comme un génie n'arrive jamais seul, Barry Jenkins (Moonlight) va aussi réaliser une série pour Amazon (espérons que les scénarios ne soient pas mélangés comme les enveloppes à la dernière cérémonie des Oscars).

Est-ce qu'un réalisateur oscarisé peut cartonner avec une série ? Nous y croyons !

Festival des Séries: il y aura forcément des morts!

Posté par vincy, le 25 mars 2017

Lille a été sélectionnée pour accueillir le festival des séries voulu par le ministère de la Culture et de la Communication, après une sélection type "jeux olympiques" où, en finale, seule la ville nordiste et Paris étaient en concurrence.

Un événement à 4,4 millions d’euros (puis 5 millions selon Xavier Bertrand, président de la région), ce n'est pas inutile pour la métropole de Martine Aubry, qui a échoué depuis 20 ans à installer une manifestation culturelle internationale pérenne (si on ne compte pas la grande braderie).

Lille publique, Cannes privée

Pourtant, le choix officialisé hier laisse dubitatif. Ce Festival international des séries qui se veut le "Cannes" du genre, qui était convoité par Paris mais aussi Bordeaux, Nice et ... Cannes!, a beau avoir fait consensus auprès des organisations d'auteurs, de producteurs, de distributeurs ou encore des diffuseurs, on va émettre quelques doutes. Certes, la ville est très bien située en Europe (mais très mal reliée par l'aérien, dépendant de Paris et de Bruxelles). Certes, elle dispose de nombreux studios créatifs (jeux vidéos, publicité, infographies...) et d'une politique audiovisuelle dynamique (Le Fresnoy notamment), mais elle n'a jamais été identifiée comme une capitale européenne audiovisuelle ou de congrès.

Mais ne soyons pas rabat-joie: Lille est une ville formidable, attirante, généreuse humainement et festive. Le premier festival est prévu pour le printemps prochain. Rappelons que le printemps est chargé en événements cannois... "Il s’agit de mettre sur pied une grande compétition de référence internationale, qui donne à voir la diversité de la création de séries dans le monde comme le fait le Festival de Cannes pour le cinéma, mais qui soit également un projet culturel ouvert à tous les publics et qui puisse vivre toute l’année "explique-t-on au ministère. Ne nous leurrons pas: le festival marchera si des stars américaines de séries HBO-Netflix-Showtime-& co viendront. Le budget est confortable et l'Etat y contribuera à hauteur de 20%.

Canal + reste sur la Croisette

Malheureusement pour Lille, les Gaulois n'aiment plus forcément les décisions centralisatrices venues d'en haut. Et Cannes, dès son éjection avant la finale, a décidé de lancer un événement concurrent. En se payant, au passage, Fleur Pellerin, ancienne ministre de la Culture (priceless) comme présidente de son Festival et Canal + comme partenaire. Sans compter que la Croisette, qui accueille déjà le plus grand festival de film du monde, le MIP TV et le MIP com, dispose ainsi d'une notoriété mondiale auprès des professionnels de l'audiovisuel (en plus d'une offre hôtelière abondante). Récemment le maire LR David Lisnard, a indiqué que "Ce projet est un enjeu stratégique vital pour l'économie de la ville. Nous l'avons imaginé et nous le mûrissons depuis 2011. Il ne nous échappera pas."

La date? Le printemps 2018 aussi, en marge du Marché international des programmes de télévision (MIPTV), en collaboration avec le géant international des salons et congrès Reed Midem. Une conférence de presse de présentation se tiendra le 3 avril.

Séries Mania piégée

Cette bisbille pourrait à terme s'achever sur un match entre "public" et privé". Mais on s'étonne que l'Etat n'ait pas préféré labellisé son grand festival des séries sur un festival déjà existant. Que va-t-il se passer pour Séries Mania (Paris, en avril) et Séries Séries (Fontainebleau, en juin)? Le premier est unanimement reconnu par la profession et se paye même le luxe d'une couverture quotidienne dans les journaux professionnels américains. Le second a une légitimité historique.

Si le ministère et les collectivités territoriale autour du projet lillois espèrent aller chercher des compétences humaines au sein de ces deux événements, d'autres craignent surtout une vampirisation meurtrière. A l'AFP, Bruno Julliard, en charge de la culture à Paris, explique que la décision du ministère de la Culture va se "traduire par le résultat inverse à l'objectif recherché à l'origine, à savoir trois festivals de séries concurrents sur le territoire français." Traduisons: l'Etat ne pourra pas aider financièrement trois festivals, dont deux qui concurrencent son propre projet. Est-ce que Séries Mania (40000 spectateurs, 700000 euros d'aides du CNC) et Séries Séries (2500 spectateurs, 600 professionnels) peuvent se passer des aides de l'Etat? Car le ministère ne s'en cache pas: les crédits vont bien aller se concentrer sur le festival lillois, même si Séries Séries a soutenu la candidature de Lille.

Avec quatre événements, dont trois au printemps, sur le même thème et avec les mêmes ambitions, chacun avec ses atouts et ses handicaps, une chose est certaine: il y aura au moins un mort, si ce n'est deux ou trois.

Les stars hollywoodiennes se lancent dans les séries TV

Posté par vincy, le 8 janvier 2017

Pour la première fois, Julia Roberts va être la star d'une série télévisée, en l'occurrence l'adaptation du best-seller Today Will Be Different (Aujourd'hui tout va changer, qui sera bientôt publié en France) de Maria Simple. La série suivra Eleanor Flood durant une journée pas comme les autre. Ce jour-là Eleanor veut enfin gérer tout ce qu'elle reporte indéfiniment. Hélas rien ne va se passer comme prévu et ces 24 heures vont avoir bien plus de conséquences qu'elle ne l'imaginait.

Ce n'est pas la seule star à avoir franchit le cap. Si Hollywood peut compter sur ses "grands noms" oscarisés ou populaires pour des téléfilms de prestige, la tendance à être au générique d'une série TV est assez récente. Le projet de Julia Roberts est particulier puisqu'elle co-produit la série, alors qu'aucun diffuseur n'est attaché au projet (mais nul ne doute que les enchères vont s'envoler).

Meryl Streep a aussi sauté le pas en septembre dernier en signant pour la série The Nix, adaptation du roman de Nathan Hill sorti l'été dernier. Produite par J.J. Abrams, qui devrait réaliser quelques épisodes, la série est centrée sur un professeur d'université dont l'étrange mère réapparait des décennies après avoir abandonné sa famille.

Autre "package" étoilé confirmé ce week-end: Kirsten Dunst, George Clooney (en producteur avec Smokehouse) et Yorgos Lanthimos (The Lobster) pour la réalisation d'une série à l'humour noir, On Becoming A God In Central Florida. Dunst incarnera une jeune veuve complètement démunie, employée d'un parc d'attraction au salaire minimum et qui ment, manipule et arnaque à sa manière après avoir été elle-même victime d'une escroquerie dont elle veut se venger.

Il y a deux mois, c'est le trio David O. Russell, Julianne Moore et Robert De Niro qui s'associait pour une série (sans titre) produite par The Weinstein Company pour le compte d'Amazon. La série sera écrite et réalisée par le cinéaste d'Happiness Therapy.

S'ajoutent Daniel Craig dans Purity, adaptation du dernier roman de Jonathan Franzen, écrite et réalisée par Todd Field ; ou encore Emma Stone et Jonah Hill dans Maniac, série en 10 épisodes réalisée par Cary Fukunaga et inspirée d'une série norvégienne. True Detective a fait des émules...

Avant c'était les vedettes du petit écran qui rêvaient du grand. Désormais, parce que la qualité des scénarios et des productions a donné à la série ses lettres de noblesses, et parce que l'audience globale est stratosphérique pour certaines d'entre elles, ce sont les stars du grand écran qui veulent s'inviter dans le petit.

L’instant Zappette: Les séries dont il fallait parler en 2016

Posté par wyzman, le 20 décembre 2016

Comme l'an dernier, nous nous sommes penchés sur toutes les séries qui ont animé nos soirées pendant ces 12 derniers mois. Et encore une fois, il y a eu de très belles surprises. Entre les séries qui ont connu leur première saison et celles sur le retour, le choix est assez varié. Néanmoins et comme vous pourrez facilement le voir, les shows de HBO et Netflix trustent ce classement. Parti pris ? Certainement pas. Mais en 2016, les deux géants continuent de délivrer des programmes d'une qualité ahurissante. Pour info, les 16 séries qui ont fait 2016 ont été rangées par ordre alphabétique.

Game of Thrones - saison 6 (HBO). Après la folle saison 5, nous pensions que la série de David Benioff et D. B. Weiss ne pourraient plus nous surprendre. Nous avions clairement tort. Entre une Daenerys toujours plus puissante, la vengeance de Sansa, les manigances de Cersei, le périple d'Arya et la résurrection de Jon Snow, ces 10 épisodes avaient de quoi nous mettre dans tous nos états. A la clé, un record d'audience (8,89M d'accros) pour un final absolument magistral.

Insecure - saison 1 (HBO). Après l'annulation de Looking et l'annonce de la fin à venir de Girls, nous nous demandions quelle dramédie allait pouvoir nous faire rire et pleurer en même temps. Certains évoqueront Divorce, mais de vous à moi, la série ne mérite pas la moitié de sa hype. Et cela parce qu'Insecure, diffusée juste après, s'avère bien meilleure. Centrée sur les péripéties de deux jeunes femmes noires, les 8 épisodes d'Insecure ont enfin permis à Issa Rae de crever le petit écran. Il était temps.

Marseille - saison 1 (Netflix). Non, ceci n'est pas une blague. Peut-être une légère provoc. La première production française du service de streaming a longtemps été moquée mais lorsque vient le moment de revenir sur toutes les séries qui ont marqué l'année, impossible de passer outre Marseille. Lutte de pouvoir entre un maire et son dauphin, Marseille nous a tous fait rire tant certains plans, certaines répliques, certaines scènes et certains acteurs sont ridicules. Mais malgré ça, le bad buzz a permis son renouvellement.

Pitch - saison 1 (NBC). A l'heure où nous écrivons ces lignes, la série de Dan Fogelman et Rick Singer n'a pas été renouvelée… ou annulée ! Il y a donc de l'espoir. Centrée sur la première femme à intégrer une équipe de baseball de Major League, Pitch vaut le détour pour le regard qu'elle porte sur le racisme et le sexisme bien ancrés dans le milieu sportif. Fraîche et divertissante, Pitch est la preuve que l'on peut mêler drama et sport sans se perdre. Un bel exploit !

Stranger Things - saison 1 (Netflix). La série de Matt et Ross Duffer est objectivement l'une des plus belles choses que l'on ait vues cette année. En mêlant science-fiction, surnaturel, horreur, mystère et drame historique, Stranger Things est bourrée de clins d’œil (volontaires ou pas) aux univers de Steven Spielberg, Stanley Kubrick, John Carpenter et Stephen King. Pour rappel, la saison 1 raconte comment, dans l'Indiana de 1983, trois jeunes préadolescents tentaient de retrouver leur ami porté disparu à l'aide d'une jeune fille aux capacités très étonnantes.

The Crown - saison 1 (Netflix). Annoncée comme "le Downton Abbey de Netflix", The Crown est bien plus que ça. Alors oui, la série lorgne forcément du côté du programme d'ITV pour la dimension historique (on y suit les premières année du règne d'Elizabeth II) mais The Crown dresse également le portrait des mœurs et des manigances politiques méconnues du public. Classe et intense, la série est portée par un duo d'acteurs brillants (Claire Foy et John Lithgow).

The People v. O.J. Simpson : American Crime Story - saison 1 (FX). Après des années à faire dans le superficiel (Popular, Nip/Tuck, Glee, Scream Queens), Ryan Murphy se lance dans la production de l'une des meilleures séries de l'année. Créée par Scott Alexander et Larry Karaszewski, les 10 premiers épisodes d'American Crime Story traitent du procès ultramédiatisé d'Orenthal James Simpson, star du football américain accusée du double homicide de son ex-femme Nicole Simpson et de son compagnon. Le casting est si impressionnant (Cuba Gooding Jr., Sarah Paulson, Courtney B. Vance, John Travolta, Sterling K. Brown) qu'il est en train de tout rafler dans les cérémonies de remises de prix.

The Walking Dead - saison 7 (AMC). Bien que peu fan du programme, le retour de TWD (pour les intimes) a tout de même été l'un des grands moments de cette année. Grâce à un teasing franchement éreintant, la production a fait du personnage de Negan le sauveur de la série. Malheureusement, il l'a surtout achevée. Son massacre dans le season premiere était si violent et déstabilisant qu'entre le début et la fin de la première partie, ce sont pas moins de 6,45 millions de fans qui ont déserté la série en première diffusion. Comme quoi, même outre-Atlantique, la violence gratuite a ses limites.

This Is Us - saison 1 (NBC). Véritable pépite de cette année, l'autre série de Dan Fogelman aurait pu être un drame familial comme un autre. Kate et Kevin vont avoir des triplés. Malheureusement, l'un des bébés meurt lors de l'accouchement. Coup de théâtre, ils décident d'adopter Randall, un petit nourrisson noir abandonné le même jour. This Is Us évoque sans détour la difficulté d'être parent (thème récurrent cette année dans le cinéma US), d'être adopté, d'être noir, d'être obèse, d'être pris pour un moins que rien. Et chaque semaine, le programme délivre son lot de séquences émouvantes. On vous le dit, une pépite !

Westworld - saison 1 (HBO). A un moment où la chaîne câblée a dû faire avec les échecs de True Detective saison 2 et Vinyl, les annulations de Looking et Togetherness et les fins à venir de Game of Thrones, The Leftovers et Girls, nous pourrions facilement dire que Westworld a sauvé tout le monde. Centrée sur un parc d'attractions futuriste où des androïdes constamment reprogrammés réalisent les moindres fantasmes des visiteurs, la série de Lisa Joy et Jonathan Nolan est d'une complexité certaine mais dispose d'une réalisation impeccable. Trop froide pour certains, Westworld a le mérite de prouver à ceux qui en douteraient encore que la télévision est un espace d'expérimentation incroyable !

Bien évidemment, ce ne sont pas les seules séries qui ont marqué 2016. Il convient de mentionner les nouveautés Atlanta et The Girlfriend Experience, les deuxièmes saisons d'Outlander et Mr. Robot et les troisièmes saisons de Black Mirror et You're the Worst.