Les Prix Louis-Delluc 2017 pour Barbara et Grave

Posté par vincy, le 15 décembre 2017

Mauvaise journée pour 120 Battements par minute: évincé des Oscars, il a été snobé par le Delluc. Le Prix Louis-Delluc 2017 a récompensé Barbara de Mathieu Amalric, à la fois docu-fiction, poème expérimental et biopic.

"C'est un film qui nous a beaucoup touchés par sa justesse", a déclaré Gilles Jacob, président du prix, ajoutant que le réalisateur  "est arrivé à quelque chose de très difficile: reconstituer l'univers d'une chanteuse et à l'incarner".

Le film avait fait l'ouverture d'Un Certain regard à Cannes, recevant du jury le Prix pour la poésie du cinéma. Il a aussi été le lauréat du Prix Jean Vigo.

Pour le Prix Louis-Delluc du premier film, le jury a aussi choisi un film cannois, sélectionné à la Semaine de la critique en 2016, Grave de Julia Ducourneau. Un film d'horreur qui a récolté plusieurs récompenses depuis sa présentation sur la Croisette. "C'est déjà une grande cinéaste, il n'y a pas un plan du film qui serait à retirer" a souligné Gilles Jacob. La réalisatrice "a une maîtrise de la mise en scène qui en fait pour un premier film quelque chose de tout à fait remarquable et dont nous sommes certains qu'il y aura une suite", a salué l'ancien Président du Festival de Cannes.

Cannes 70 : les découvertes de la critique

Posté par cannes70, le 26 avril 2017

70 ans, 70 textes, 70 instantanés comme autant de fragments épars, sans chronologie mais pas au hasard, pour fêter les noces de platine des cinéphiles du monde entier avec le Festival de Cannes. En partenariat avec le site Critique-Film, nous lançons le compte à rebours : pendant les 70 jours précédant la 70e édition, nous nous replongeons quotidiennement dans ses 69 premières années.

Aujourd'hui, J-22. Et pour retrouver la totalité de la série, c'est par .


Les critiques de cinéma passant leur temps, à Cannes comme ailleurs, à remettre en cause les films vus et les sélections proposées, il était assez logique qu'on finisse par leur dire de parler moins et d'agir plus, en gros de proposer leur propre programmation et d'arrêter d'embêter le monde.

Pourtant, on doit malheureusement à la vérité historique d'avouer que les choses ne se sont pas tout à fait passées ainsi. Si les critiques ont aujourd'hui leur propre section compétitive (La Semaine de la Critique), c'est certes à l'initiative du Délégué général du Festival officiel Robert Fabre le Bret, mais dans l'optique plus positive d'apporter à Cannes un cinéma innovant et sortant des sentiers battus.

En effet, en 1961, l'Association française de la Critique de cinéma (l'ancien nom du Syndicat de la critique) organise la projection, pendant le festival, du film indépendant The Connection de Shirley Clarke. C'est un événement dans le Landernau cannois habitué aux productions plus traditionnelles, et c'est un véritable succès, qui conduit le Festival et le CNC à renouveler l'expérience. L'association se voit alors confier une salle (la salle Jean Cocteau) avec la charge de la programmer pendant toute une semaine du festival 1962. C'est la critique et cinéaste Nelly Kaplan qui trouve le nom : Semaine de la Critique.

Cette année-là, sous la présidence de Georges Sadoul, sont ainsi montrés dix longs métrages : Les Oliviers de la justice de James Blue (Algérie/France), Tre veces Ana de David José Kohon (Argentine), Alias Gardelito de Lautaro Murúa (Argentine), Strangers in the City de Rick Carrier (Etats-Unis), Adieu Philippine de Jacques Rozier (France), I Nuovi angeli d’Ugo Gregoretti (Italie), Mauvais garçons de Susumu Hani (Japon), La Toussaint de Tadeusz Konwicki (Pologne), Football de R.Drew, R.Leacock et J.Lipscomb (Etats-Unis) et Les Inconnus de la terre de Mario Ruspoli (France)

Il faudra attendre 1988 pour que le court métrage fasse son apparition à la Semaine, puis l'an 2000 pour que les séances spéciales viennent enrichir la compétition. L'objectif est toujours le même : révéler de jeunes cinéastes venus du monde entier et donner du cinéma une vision élargie englobant tous les nouveaux courants et styles en devenir. C'est pourquoi la plus ancienne section parallèle du Festival de Cannes ne montre-t-elle que des premiers et deuxièmes films, systématiquement sélectionnés par des comités composés de critiques qui sont renouvelés à intervalles réguliers. Toutes les tendances, tous les regards sont ainsi conviés à tour de rôle, lui permettant de s'enorgueillir de la découverte d'un nombre important de cinéastes de premier plan et d'une dizaine de Caméras d'or obtenues.

Parmi les cinéastes « passés » par la Semaine à ses débuts, citons Bo Widerberg (Le péché suédois en 1963, il deviendra ensuite un habitué de la compétition officielle), Chris Marker (Le joli mai en 1963, avec Pierre Lhomme), Bernardo Bertolucci (Prima della rivulozione en 1964), Jerzy Skolimowski (Walkover en 1965), Jean Eustache (Le père Noël a les yeux bleus en 1966), Jean-Marie Straub (Nicht versöhnt en 1966), Philippe Garrel (Marie pour mémoire en 1968) ou encore Barbet Schroeder (More en 1969). On sent poindre un jeune cinéma d'auteur, plus libre et clairement moins académique que la sélection officielle de l'époque, et qui annonce les grands cinéastes des années (voire des décennies) à venir.

Dans les années 70, la tendance se confirme avec Ken Loach en 1970 (Kes), Victor Erice en 1974 (El Espíritu de la colmena), Benoît Jacquot en 1975 (L’Assassin musicien), Alexei Guerman en 1977 (Vingt jours sans guerre)... Mais la Semaine montre aussi des œuvres engagées, emblématiques de leur époque, voire provocatrices : Trash de Paul Morrissey en 1971, Avoir 20 ans dans les Aurès de René Vautier et Fritz the Cat de Ralph Bakshi en 72, Mourir à trente ans de Romain Goupil en 82...

Elle ne passe à côté ni de l'énergie poétique de Leos Carax (Boy Meets girl en 1984), ni de l'audace stylistique de Wong Kar-wai (As Tears Go By en 1989), ni du décalage noir et hilarant de C’est arrivé près de chez vous de Rémy Belvaux, André Bonzel et Benoît Poelvoorde  en 1992. Elle repère aussi Amos Gitaï (Esther en 1986), Arnaud Desplechin (La vie des morts en 1991), Guillermo del Toro (Cronos en 1993), Alejandro González Iñárritu (Amours chiennes en 2000)... Plus près de nous, c'est une avalanche de paris réussis et de découvertes prometteuses confirmées. Citons seulement Fabrice du Welz (Calvaire en 2004), Rebecca Zlotowski (Belle épine en 2010), Jeff Nichols (Take shelter en 2011) ou encore Clément Cogitore (Ni le ciel ni la terre en 2015).

La Semaine reste ainsi le lieu des premières fois, et la création de la compétition courts métrages en 1988 vient renforcer son image de tête chercheuse du cinéma mondial. Via le format court, elle révèle par exemple Tran-Anh Hung (La Femme mariée de Nam Xuong, 1989), Gurinder Chadha (A Nice Arrangement, 1991), Andrea Arnold (Milk, 1998), Delphine Gleize (Les méduses, 2000), Denis Villeneuve (Next Floor, 2008), Marie Amachoukeli et Claire Burger (C’est gratuit pour les filles, 2009), Nicolas Pariser (Agit pop, 2013)... Elle a aussi fait la part belle au cinéma d'animation avec des œuvres qui ont fait date comme Ryan de Chris Landreth (2004) et L'homme sans ombre de Georges Schwizgebel (2004) ou encore Eat de Bill Plympton (2001) et Vasco de Sébastien Laudenbach (2010).

Sa programmation est un savant mélange d'audace et de reconnaissance, de paris et de suivis. Il arrive ainsi régulièrement que de jeunes cinéastes découverts avec leur court métrage reviennent avec leur premier long avant d'aller voler de leurs propres ailes dans d'autres sections cannoises, et sur les écrans des festivals du monde entier. Ce fut le cas de François Ozon sélectionné en 1996 avec le court Une robe d'été puis en 1998 avec le long Sitcom), de Gaspar Noé (Carne en 91, Seul contre tous en 98), de Justin Kurzel (Blue Tongue en 2005 puis Snowtown en 2011), de Jonas Carpignano (A Ciambra en 2014, Mediterranea en 2015) et bien sûr de Julia Ducournau, sensation de Cannes 2016 avec Grave, précédemment révélée avec Junior (2011).

C'est à la fois un peu cruel (car passé le deuxième film, ces talents que la Semaine a parfois été la première à reconnaître lui échappent) et d'une grande force, car il est ici plus question de transmission que d'ego. Quand Marie Amachoukeli et Claire Burger reçoivent la caméra d'or en section Un Certain regard (Party girl en 2014) ou quand Jeff Nichols est invité en compétition officielle (Mud en 2012, Loving en 2016), pour citer des exemples récents, c'est une satisfaction supplémentaire pour les équipes de la Semaine, soucieuses de voir leurs "poulains" "transformer l'essai" et confirmer leur potentiel.

Voilà sûrement pourquoi les cinéphiles les plus curieux et avides de découvertes suivent de près sa programmation, qui donne chaque année un aperçu des tendances de la jeune création cinématographique et des préoccupations (thématiques comme stylistiques) du moment. On s'y rend aussi dans l'idée de se ressourcer quand il semble que le cinéma tourne en rond ou que les "grands auteurs" n'ont plus rien de neuf à dire.

Enfin, depuis trois  ans, la Semaine de la Critique va au-delà du simple travail de découverte et de programmation en s'impliquant activement dans l'accompagnement de projets de premiers longs métrages. Le programme Next step permet ainsi aux réalisateurs des courts métrages sélectionnés pendant Cannes de suivre un atelier d'une semaine lorsqu'ils passent au long. Ils ont notamment l'occasion de discuter de leur projet avec des professionnels, d'échanger sur leur scénario et de se familiariser avec la réalité du monde du cinéma.

On ne peut jamais être sûr du tour que prendra la carrière d'un réalisateur, surtout lorsqu'il débute, et la Semaine a eu comme les autres sections l'occasion de s'en apercevoir, mais on peut en revanche mettre toutes les chances de son côté en lui donnant l'opportunité de poser les premiers jalons. A suivre, donc, car les longs métrages de la première promotion de Next Step commencent seulement à arriver. L'un d'eux n'est autre que... A ciambra de Jonas Carpignano, que l'on a déjà mentionné, et qui aura en mai prochain les honneurs de la Quinzaine des réalisateurs. On a connu pire destin.

Marie-Pauline Mollaret pour Ecran Noir

Cannes 2017 : une 56e sélection sexy et très sud-américaine pour la Semaine de Critique

Posté par MpM, le 21 avril 2017

Après avoir vaillamment visionné 1700 courts et 1250 longs métrages, les deux comités de sélection de la Semaine de la Critique ont retenu 11 longs métrages (dont 6 premiers films) et 13 courts qui composeront le programme de cette 56e édition. Une édition qui s'annonce très sud-américaine avec des longs métrages du Vénézuéla, du Brésil et du Chili et un court du Costa Rica, sans compter la traditionnelle invitation faite au festival de Morelia à travers trois courts métrages mexicains.

Elle sera également assez sexy, puisque l'une des séances spéciales s'articule autour du désir. On y découvrira notamment le nouveau court métrage de Yan Gonzales (Les îles), qui avait montré à la Semaine son premier long métrage (Les rencontres d'après-minuit),  du duo Caroline Poggi et Jonathan Vinel (After School night fight), lauréat de l'Ours d'or du meilleur court métrage à Berlin en 2014, et de Carlos Conceição (Coelho mau), passé par la Semaine en 2014.

Côté longs métrages, on retrouve en ouverture les réalisateurs révélés en 2013 pour Salva, Fabio Grassadonia et Antonio Piazza, qui présenteront Sicilian Ghost Story. La réalisatrice de L'été des poissons volants, Marcela Said, est en compétition avec son deuxième long, Los perros. Une séance spéciale est également consacrée au deuxième long métrage de Thierry de Peretti (Les apaches), Une vie violente.

Enfin, il faut noter que, pour la première fois, la Semaine de la Critique propose en compétition un long métrage d'animation, Tehran Taboo d'Ali Soozandeh (Allemagne), et un documentaire, Makala d'Emmanuel Gras (France), le réalisateur de Bovines. Le cinéma français est globalement bien représenté avec une autre entrée en compétition (Ava de Léa Mysius), deux séances spéciales et quatre courts métrages.

C'est le jury présidé par le réalisateur brésilien Kleber Mendonça Filho, et composé de Diana Bustamante Escobar (productrice et directrice artistique du Festival de Carthagène, Colombie), Eric Kohn (rédacteur en chef de Indiewire, Etats-Unis), Hania Mroué (directrice du Cinéma Metropolis, Liban) et Niels Schneider (comédien, France) qui sera chargé de décerner le Grand Prix Nespresso et le Prix Révélation France 4 à l’un des 7 longs métrages de la compétition ainsi que le Prix Découverte Leica Cine à l’un des 10 courts métrages.

Compétition Longs métrages

Ava de Léa Mysius (France)
La familia de Gustavo Rondón Córdova (Vénézuela)
Gabriel e a montanha de Fellipe Gamarano Barbosa (Brésil)
Makala d'Emmanuel Gras (France)
Oh Lucy ! d'Atsuko Hirayanagi (Japon)
Los perros de Marcela Said (Chili)
Tehran Taboo d'Ali Soozandeh (Allemagne)

Compétition Courts métrages

Los Desheredados de Laura Ferrés (Espagne)
Ela - szkice na pozegnanie d'Oliver Adam Kusio (Allemagne)
Les enfants partent à l'aube de Manon Coubia (France)
Jodilerks dela Cruz, employee of the month de Carlo Francisco Manatad (Philippines)
Möbius de Sam Kuhn (Etats-Unis)
Najpiekniejsze fajerwerki ever d'Aleksandra Terpiska (Pologne)
Real gods require blood de Moin Hussain (Grande Bretagne)
Selva de Sofía Quirós Ubeda (Costa Rica)
Tesla : lumière mondiale de Matthew Rankin (Canada)
Le visage de Salvatore Lista (France)

Séances spéciales

Sicilian Ghost story de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza (film d'ouverture, Italie)
Brigsby bear de Dave McCary (film de clôture, Etats-Unis)
Petit paysan de Hubert Charuel (France)
Une vie violente de Thierry de Perretti (France)

Séance spéciale de courts métrages

After School night fight de Caroline Poggi et Jonathan Vinel (France)
Coelho mau de Carlos Conceição (Portugal)
Les îles de Yann Gonzalez (France)

Invitation au Festival de Morelia

Juan Perros de Rodrigo Imaz (Mexique)
Microcastillo de Alejandra Villalba García (Mexique)
Verde de Alonso Ruizpalacios (Mexique)

Cannes 2016 : le court métrage en cinq rendez-vous incontournables

Posté par MpM, le 11 mai 2016

Bonne figure

Même si les stars, les paillettes et les films attendus ont tendance à monopoliser le devant de la scène, le Festival de Cannes n’en est pas moins un carrefour important pour le court métrage. Que ce soit pour découvrir de jeunes auteurs qui débutent, prendre des nouvelles de réalisateurs confirmés, ou tout simplement parce que l’on aime ce format qui, quoi qu’on en dise, existe pour lui-même, il serait dommage de faire l’impasse sur les temps forts qui lui sont consacrés au cours de la Quinzaine.

Short Film Corner : le paradis du format court

C’est évidemment le lieu le plus évident pour voir des courts métrages sur la croisette. En 2015, près de 2500 étaient inscrits, venus de 105 pays, et accessibles au visionnage sur l’un des 56 postes de consultation. Cette année, ce véritable marché du film court prendra place du 16 au 22 mai et devrait proposer un panorama plus que complet de la production mondiale.

Compétition officielle : la course à la Palme d’or

Qui succédera à Waves'98 de Ely Dagher ? Les concurrents sont au nombre de dix, et certains d’entre eux sont précédés d’une certaine notoriété : Simon Mesa Soto (Colombie) a déjà remporté cette distinction prestigieuse en 2014 avec Leidi et revient avec Madre, un film sur la pédo-pornographie ; João Paulo Miranda Maria (Brésil) était en compétition à la Semaine de la Critique en 2015 avec Command Action et propose A moça que dançou com o diablo ; le metteur en scène Lofti Achour présente La laine sur le dos… Quant à l’acteur Felix Moati, il montera les marches avec Après Suzanne qui réunit notamment Vincent Lacoste, Antoine de Barry et François Morel.

La Cinéfondation : étudiants sur tapis rouge

Ils sont encore à l’école, et leurs films (parfois le tout premier) auront les honneurs d’une sélection officielle dans l’un des plus prestigieux festivals du monde. De quoi présager du meilleur pour 14 réalisateurs sélectionnés cette année, et qui marchent dans les traces de Nadav Lapid et Deniz Gamze Ergüven (sélectionnés en 2006) ou de Claire Burger, présente en 2008. A priori, on a envie de tout voir, mais on suivra avec une attention particulière les films qui représentent deux pays sélectionnés pour la première fois : la Bosnie-Herzégovine (Dobro de Marta Hernaiz Pidal) et le Venezuela (La culpa, probablemente de Michael Labarca) ; ainsi que le documentaire d’animation Bei Wind und Wetter de Remo Scherrer (Suisse).

La Quinzaine des Réalisateurs : un grand maître, des débutants et de jeunes talents à suivre

Sélection gourmande pour la 48e Quinzaine des réalisateurs qui réunit de tout jeunes talents et un cinéaste réputé, pour un panorama éclectique et passionnant du court métrage contemporain. Ainsi, on retrouvera avec beaucoup de plaisir le nouveau film du réalisateur russe Gari Bardine, grand maître de l’animation de retour avec Listening to Beethoven. A ses côtés, les débuts derrière la caméra de Romane Gueret, qui coréalise Chasse royale avec Lise Akoka, la première fiction de Damien Ounouri (Fidaï en 2012) et même un film de fin d’étude, Happy end de Jan Saska. On surveillera également Léthé, le nouveau film de Dea Kulumbegashvili qui concourait pour la Palme d’or du court métrage en 2014 avec Invisible spaces, Hitchhiker de Jero Yun, réalisateur sélectionné à la résidence de la CInéfondation en 2012 et participant de la Taipei Factory en 2013, et Decorado de Alberto Vásquez, cinéaste espagnol qui vient de terminer son premier long métrage, Psiconautas.

La Semaine de la Critique : des courts à tous les étages

A la Semaine de la Critique, le court fait quasiment jeu égal avec le long, et s’octroie pas moins de quatre séances. Pour prendre des nouvelles de la jeune création, on privilégiera la compétition et ses dix films qui proposent un petit tour du monde de la fiction contemporaine (Europe, Asie, Amériques). Côté français, il faudra suivre Le soldat vierge, nouveau film d’Erwan Le Duc déjà découvert aux festivals de Vendôme et Angers, et L’enfance d’un chef, une comédie signée Antoine de Barry avec Vincent Lacoste et Felix Moati. On surveillera également l’intrigant dynamisme du cinéma portugais qui a lui-aussi deux films en course : Ascensão de Pedro Peralta et Campo de víboras de Cristèle Alves Meira. A noter que les 10 films de la selection seront disponibles gratuitement sur le site FestivalScope du 20 au 27 mai.

Plus people, mais tout aussi intrigante, la clôture réunit le premier court métrage de trois actrices passées pour la première fois derrière la caméra : Sandrine Kiberlain (Bonne figure, avec Chiara Mastroiani, notre photo), Chloé Sevigny (Kitty) et Laetitia Casta (En Moi avec Yvan Attal). Quant à la séance spéciale 50 + 5, elle donne des nouvelles de deux cinéastes révélés par la Semaine : Nadav Lapid (Myomano shel tzalam hatonot) et César Augusto Acevedo (Los pasos del agua).

Cannes 2016 : Valérie Donzelli, présidente du jury de prestige de la 55e Semaine de la Critique

Posté par MpM, le 24 mars 2016

Pour souffler sa 55e bougie, la Semaine de la Critique, plus ancienne section parallèle du Festival de Cannes, a choisi de s'entourer d'un jury de prestige composé de cinq réalisateurs révélés avec leur premier ou second long métrage dans les 5 dernières années. Tous sont passés par la Semaine de la Critique qui a largement contribué à leur succès.

C'est ainsi Valérie Donzelli, dont La guerre est déclarée avait fait l'ouverture de la 50e édition de la Semaine en 2011, avant d'être un triomphe public, qui présidera ce jury chargé de décerner le Grand Prix Nespresso et le Prix Révélation France 4 à l’un des sept longs métrages de la compétition ainsi que le Prix Découverte Leica Cine à l’un des dix courts métrages sélectionnés.

Elle sera entourée d'Alice Winocour, découverte à la Semaine de la Critique avec Augustine en 2011 (et lauréate du César du meilleur scénario pour Mustang de Deniz Gamze Ergüve),  Nadav Lapid, cinéaste israélien dont L’Institutrice avait été salué  lors de l'édition 2014, David Robert Mitchell à qui l'on doit le très remarqué film de genre It Follows (2014) et l'argentin Santiago Mitre qui a reçu le Grand Prix Nespresso en 2015 pour Paulina.

Pendant le festival, la Semaine de la Critique annonce qu'elle déclinera ce 50+5 en cinq "Talents Talks, moments de rencontres et de discussions privilégiées autour de ses jeunes talents sur la Plage Nespresso".

Cannes 2014: The Tribe, grand vainqueur de la Semaine de la Critique

Posté par vincy, le 22 mai 2014

Avec la moitié des prix du palmarès dans son escarcelle, The Tribe, premier film de l'ukrainien Myroslav Slaboshpytskiy, est le grand vainqueur du palmarès de la la 53e Semaine de la Critique de ce Festival de Cannes. Le film bénéficiera d'une aide à la distribution, ce qui lui sera très utile : deux heures et de mi en durée, entièrement tourné en langue des signes, sans sous-titres ni voix off, il dépeint un univers régi par la violence physique et l'argent dans une institution pour sourds-muets.

Seul autre long métrage récompensé dans une compétition qui n'a pas fait palpité les coeurs contrairement aux années précédentes, Hope de Boris Lojkine, histoire d'un jeune camerounais qui migre vers l'Europe et traverse le Sahara.

Grand Prix Nespresso
THE TRIBE de Myroslav Slaboshpytskiy

Prix Révélation France 4
THE TRIBE de Myroslav Slaboshpytskiy

Prix SACD
HOPE de Boris Lojkine

Prix Découverte Sony CineAlta du court métrage
A CIAMBRA de Jonas Carpignano

Prix Canal+ du court métrage
CROCODILE de Gaëlle Denis

Aide Fondation Gan pour la diffusion

THE TRIBE de Myroslav Slaboshpytskiy

Venise 2013 : La Semaine de la Critique dévoile sa sélection

Posté par vincy, le 22 juillet 2013

La Semaine de la Critique qui sera organisée à l'écart de la 70e Mostra de Venise a révélé sa sélection

- L’arte della felicità (The Art of Happiness) d'Alessandro Rak (Italie) - Ouverture et hors-compétition ; film d'animation.
- L’Armée du salut (Salvation Army) d'Abdellah Taïa (France-Maroc). L'écrivain adapte ici son propre roman (Le Seuil, 2006).
- Återträffen (The Reunion) d'Anna Odell (Suède)
- Las niñas Quispe (The Quispe Girls) de Sebastián Sepúlveda (Chili). Sepulveda a reçu le prix du scénario à Sundance en 2012.
- Razredni sovražnik (Class Enemy) de Rok Bicek (Slovénie)
- White Shadow de Noaz Deshe (Italie). Chef op' et documentariste, il signe son premier long métrage de fiction.
- Zoran, il mio nipote scemo (Zoran, My Nephew the Idiot) de Matteo Oleotto (Italie)
- Las analfabetas (Illiterate) de Moisés Sepúlveda (Chili) - Clôture

A cela s'ajoutera un film surprise.

Tous seront également en lice pour le Luigi de Laurentiis Lion Award, dont le jury est présidé cette année par Haifaa Al-Mansour.

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Venise 2013 : une sélection Orizzonti qui mise sur la découverte
Venise 2013 : Albator, Gravity, Kim Ki-Duk et Amazonie hors-compétition
Venise 2013 : Dolan, Franco, Miyazaki, Gilliam, Frears et Garrel en compétition
Venise 2013 : les Venice Days accueillent Hiam Abbass, Daniel Radcliffe et Bruce LaBruce

Cannes 2012 : La Semaine de la Critique couronne le film espagnol Aqui y Alla

Posté par vincy, le 24 mai 2012

Premiers prix du 65e Festival de Cannes, ceux de la Semaine de la Critique, ce jeudi soir. Quatre des sept films présentés en compétition repartent avec un titre, mais c'est bien le favori de la sélection qui emporte le Grand prix et prend un sérieux avantage dans la course à la Caméra d'or, qui sera décernée dimanche au meilleur premier long métrage toutes sélections confondues.

- Grand Prix Nespresso de la Semaine de la Critique: Aqui y Alla (Ici et Ailleurs) d'Antonio Méndez Esparza (Espagne/Etats-Unis/Mexique)
Le cinéaste et président du jury Bertrand Bonello a salué une oeuvre "qui par sa narration, passe du documentaire à la fiction, qui impressionne sans chercher à nous impressionner et nous laisse avec l'humanité de ses personnages".
C'est l'histoire de Pedro de retour dans son petit village de montagne à Guerrero, au Mexique. Il y retrouve ses filles, devenues plus âgées mais aussi plus distantes, et sa femme, toujours aussi souriante. Cette année, les villageois s’attendent à une récolte abondante et il y a du travail en ville. Toutefois, étant habitués à la précarité, leur intérêt se tourne principalement vers leurs familles ou les opportunités de travail plus au Nord, de l’autre côté de la frontière.

- Prix Révélation France 4 : Sofia's Last Ambulance d'Ilian Metev (Allemagne/Bulgarie/Croatie)
Le jury a souligné "la retenue et l'engagement" de ce film qui "reflète la vie d'une nation en transition".
Le film montre le quotidien, sur le fil, d'une équipe de secouristes en butte à la décrépitude du système de santé bulgare. Dans une ville qui ne possède que 13 ambulances pour deux millions d'habitants, Krassi, Mila et Plamen sont nos héros improbables : gros fumeurs, bourrés d’humour et sans cesse en train de sauver la vie d’autrui, malgré le grand nombre d’obstacles. Cependant, le système brisé les met à rude épreuve. Combien de temps vont-ils encore tenir à sauver les écorchés de la société jusqu'à ce qu'ils perdent leur empathie?

- Prix SACD : Les voisins de Dieu de Meni Yaesh (Israël/France)
Il s'agit d'une plongée énergique dans l'intégrisme religieux en Israël. Avi, le chef, Kobi et Yaniv, trois bons copains, se sont auto-désignés surveillants d’un quartier de Bat Yam en Israël. Ils sont jeunes, savent se battre, Ils surveillent les tenues des femmes, font respecter le shabbat, et s'assurent que les Arabes de la ville de Jaffa n’entrent pas dans le quartier avec leurs voitures diffusant de la musique tonitruante. L'équilibre de la bande vacille le jour où Avi tombe amoureux d’une jeune fille.

- Soutien ACID/CCAS à la distribution : Los Salvajes d'Alejandro Fadel (Argentine).
Ce film retrace l'évasion violente, façon western, de cinq adolescents d'un centre de redressement, à travers des paysages sauvages. Ce pèlerinage d’une centaine de kilomètres vers la promesse d’un foyer est semé d'embûches : ils chassent pour se nourrir, pillent, se droguent, se lavent dans des rivières, se battent entre eux et font l’amour.

Deux films de la Semaine de la Critique continuent de rafler les prix

Posté par vincy, le 2 octobre 2011

Depuis leurs présentations à la Semaine Internationale de la Critique 2011, Take Shelter et Les Acacias courent les festivals du monde entier et remportent à chaque fois un prix. Ce week-end le premier a été récompensé à Zurich, le second à Biarritz.

Take Shelter, le drame de Jeff Nichols qui devrait sortir en salles le 4 janvier prochain, vient de récolter l'Oeil d'or du Festival du Film de Zurich. Grand prix de la Semaine internationale de la Critique, en plus du prix SACD et du prix FIPRESCI de la SIC à Cannes, le film, en compétition à Sundance où il avait fait son avant-première mondiale, avait aussi gagné le Grand prix du jury du Festival du cinéma américain de Deauville. Comme nous l'écrivions à Cannes, ce succès est amplement mérité : "Jeff Nichols exploite la veine du thriller paranoïaque avec un film anxiogène qui place le spectateur dans la position de douter en permanence de ce qu'il voit à l'écran."

Les Acacias doit sortir lui aussi le 4 janvier 2012. On se permettra de conseiller à l'un des deux distributeurs de changer sa date de sortie. Le film vient de recevoir l'Abrazo du meilleur film lors de la 20e édition du festival Biarritz Amérique latine. A Cannes, il avait déjà fait sensations en étant récompensé de la Caméra d'or (meilleur premier film toutes sélections confondues), en plus du prix de la Jeune critique et du prix ACID. Le film argentin avait aussi été primé à San Sabestian il y a une semaine avec le prix Horizontes latinos et à Toronto avec le prix de la Critique internationale - "Découvertes".

Cannes à Paris : Un certain regard, la Quinzaine des réal’ et la Semaine de la critique…

Posté par vincy, le 27 mai 2009

Tous les films d'Un certain regard sont repris au Reflet Médicis (groupe Les écrans de Paris), dans le Quartier Latin à Paris. Du 27 mai au 2 juin, vous pouvez ainsi vingt films en avant-première.

La Quinzaine des réalisateurs présentera quant à elle sa sélection du 27 mai au 6 juin, au Forum des Images, dans les Halles, à Paris. Chaque film a le droit à plusieurs diffusions. A L'Alhambra de Marseille, seulement 12 films seront présentés, du 26 au 31 mai.

Enfin la Semaine internationale de la Critique est visible à la Cinémathèque française, du 4 au 7 juin.

 Côté compétition, vous pourrez voir dans les salles Antichrist le 2 juin, Bright star le 22 juillet et Un prophète le 26 août.