Cannes 2012 : Tsai Ming-Liang et João Pedro Rodrigues en Clôture de la Semaine de la Critique

Posté par MpM, le 5 mai 2012

Depuis sa création, la Semaine de la Critique se veut un lieu de découvertes. A ce titre, elle fait chaque année une place importante au court métrage, pensé à la fois comme moyen de mettre en lumière de jeunes réalisateurs et comme "terrain d'expérimentation de cinéastes confirmés".

Ce sont donc tout naturellement deux courts métrages qui viendront refermer la 51e édition de la plus ancienne section parallèle du Festival du Cannes. Walker du Taïwanais Tsai Ming-Liang et Manhã de Santo António du Portugais João Pedro Rodrigues, "deux films qui questionnent la temporalité à travers des espaces urbains" précise un communiqué, seront ainsi présentés le 24 mai lors de la soirée de clôture, juste après l'annonce du palmarès.

Cannes 2012 : Bertrand Bonello, João Pedro Rodrigues et Céline Sciamma présidents des jurys de la Semaine de la Critique

Posté par MpM, le 26 avril 2012

51e semaine de la critiquePour sa 51e édition, la Semaine de la Critique a proposé à trois cinéastes, Bertrand Bonello, João Pedro Rodrigues et Céline Sciamma, de présider les jurys qui distingueront les meilleurs films de la sélection 2012.

Le réalisateur français sera ainsi à la tête du Jury du Grand Prix Nespresso, composé de quatre journalistes internationaux et chargé de récompenser le meilleur long métrage en compétition, tandis que le réalisateur portugais décernera le Prix Découverte Nikon du court métrage aux côtés de producteurs et de directeurs de festivals.

La jeune cinéaste Céline Sciamma sera quant à elle la présidente du nouveau jury Révélation France 4 qui permet à quatre jeunes blogueurs venus de Belgique, d'Inde, de Corée du Sud et des Etats-Unis de suivre la Semaine de la Critique et de choisir leur long métrage favori.

Les trois réalisateurs sont des habitués de Cannes et des grands festivals internationaux en général. Bertrand Bonello a été découvert à la Semaine de la Critique en 2001 avec Le pornographe avant d'avoir les honneurs de la compétition officielle par deux fois (Tiresia en 2003 et L’Apollonide - Souvenirs de la maison close en 2011).

João Pedro Rodrigues est passé par Venise (O fantasma) avant de venir sur la croisette avec Odete, présenté à la Quinzaine des réalisateurs et distingué par le Prix cinémas de recherche en 2005, et avec Mourir comme un homme, sélectionné dans la section Un Certain Regard en 2009 .

Céline Sciamma a présenté son premier film Naissance des pieuvres dans la section Un certain regard lors du festival de Cannes 2007, avant de faire l’ouverture de la section Panorama avec son deuxième film, Tomboy, durant la Berlinale 2011.

La Semaine de la Critique propose cette année sept longs métrages et dix courts venus en force d'Europe, mais aussi d'Asie et d'Amérique latine. Les lauréats des deux compétitions, qui succèderont à Take shelter de Jeff Nichols et Dimanches de Valéry Rosier, seront annoncés le 24 mai.

Cannes 2012 : la sélection de la Semaine de la Critique

Posté par vincy, le 23 avril 2012

L'Europe en force pour cette 51e sélection de la Semaine de la Critique, qui se tiendra à Cannes du 17 au 25 mai.
Comme attendu, l'Inde s'immisce dans la liste des longs-métrages. En sélectionnant un film de ce pays dans Un certain regard, Thierry Frémaux avait évoqué jeudi dernier le grand retour du cinéma indien, qui fêtera son centenaire l'an prochain.
On notera aussi que le premier long métrage de fiction de l'actrice Sandrine Bonnaire, produit par Dominique Besnehard, a été choisi pour une séance spéciale.

Long-métrages
Aquí y allá, Antonio Méndez Esparza (Espagne-États-Unis-Mexique)
Au galop, Louis-Do de Lencquesaing (France)
Les Voisins de Dieu, Meni Yaesh (Israël-France)
Hors les murs, David Lambert (Belgique-Canada-France)
Peddlers, Vasan Bala (Inde)
Los Salvajes, Alejandro Fadel (Argentine)
Sofia’s Last Ambulance, Ilian Metev (Allemagne-Croatie-Bulgarie )

Courts et moyens métrages
La Bifle, Jean-Baptiste Saurel (France)
Ce n'est pas un film de cow-boys, Benjamin Parent (France)
Circle Line, Shin Suwon (Corée du Sud )
O Duplo, Juliana Rojas (Brésil)
Family Dinner, Stefan Constantinescu (Suède)
Fleuve rouge, Song Hong, Stéphanie Lansaque & François Leroy (France)
Hazara, Shay Levi (Israël)
Horizon, Paul Negoescu (Roumanie)
Un dimanche matin, Damien Manivel (France)
Yeguas y cotorras, Natalia Garagiola (Argentine)

Séances spéciales
Film d’Ouverture : Broken, Rufus Norris (Royaume-Uni)
Film de Clôture : pas encore décidé
Augustine, Alice Winocour (France)
J’enrage de son absence, Sandrine Bonnaire (France-Luxembourg-Belgique)

2011 – mai : un grand cru pour le Festival de Cannes

Posté par vincy, le 27 décembre 2011

11-22 mai 2011. Des scandales, des honneurs, des rumeurs mais surtout des films. Le 64e Festival de Cannes aura été un bon millésime. 9 films, toutes sélections confondues, ont dépassé les 700 000 entrées en France. Des cinéastes comme Von Trier, Morretti, les Dardenne, Guédiguian ou Kaurismäki ont connu l'un de leur plus gros succès en salles avec les oeuvres présentées cette année. Au niveau mondial, sept films ont récolté plus de 15 millions de $ de recettes. Et si l'on regarde les palmarès de fin d'année : les films cannois sont partout, y compris outre-Atlantique. Ainsi Drive, Polisse, The Artist, La Piel que habito, Melancholia, Habemus Papam, Minuit à Paris, Le gamin au vélo, The Tree of Life, Et maintenant on va où?, Les neiges du Kilimandjaro, L'exercice de l'Etat, Take Shelter et La guerre est déclarée sont omniprésents à l'esprit. Une diversité qui n'est pas entachée par quelques échecs ou déception.

Car il y a quelques zones d'ombre : la polémique autour des propos de Lars Von Trier, sanctionné, la sélection de la Quinzaine décevante, qui coûtera la place de son directeur, les jeux de pouvoir dans le Palais autour du fauteuil de Gilles Jacob, qui sera reconduit. mais surtout, "l'affaire DSK" survenue en plein premier week-end aura gâchée la médiatisation du Festival. Une première depuis 1968.

Mais il y a aussi eu de la lumière. Celles des Palmes pour Jean-Paul Belmondo et Bernardo Bertolucci, ou encore l'anniversaire de la Semaine de la Critique, plus en forme que jamais malgré ses 50 ans.

Tout le bilan 2011

Vincent Lindon incarne le docteur Charcot dans un premier film

Posté par vincy, le 20 novembre 2011

Demain débutera le tournage du premier film d'Alice Winocour (38 ans), Augustine. Le film de cette diplômée de la Fémis (scénario) avait été sélectionné par le programme Emergence en 2010, ce qui lui avait permis de tourner quelques séquences de son futur film (voir le site d'Emergence). Il a été retenu cette année à l'Atelier du Festival de Cannes, dans le cadre de la Cinéfondation, pour boucler son financement d'un peu poins de 5 millions d'euros.

Vincent Lindon, actuellement à l'affiche de Toutes nos envies, interprétera le docteur Charcot, et Soko, nominée au César 2010 de meilleur espoir féminin pour A l'origine, l'une de ses patientes, Augustine. Nous sommes en 1885. Augustine est une jeune bonne qui est internée à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris. Dans cette cité des femmes, le professeur Charcot, neurologue et clinicien de génie essaye de comprendre une maladie encore inconnue : l’hystérie. Augustine, qui présente tous les symptômes de la maladie, ne tarde pas à attirer l’attention du Maître. D’objet d’étude, Augustine devient vite objet de désir. Le professeur est chaque jour plus troublé par ce corps débordant de sexualité, qui échappe à la règle. Elle devient son cobaye favori, le sujet exclusif de ses recherches, son obsession… Au  fil des examens, une intimité commence à se créer entre eux. Mais plus Charcot s’approche d’ Augustine, plus il la désire. Et plus il la regarde, plus il la rend malade.

Le film, produit par Dharamsala, aux côtés d'ARP sélection, qui sera le distributeur, et France 3 cinéma, a bénéficié de l'avance sur recettes du CNC, du soutien de la région Île-de-France et d'aides de la Fondation Gan, partenaire financier d'Emergence.

Alice Winocour a déjà réalisé les courts métrages Kitchen, déjà produit par Dharamsala, en compétition à Cannes en 2005, Magic Paris et Pina Colada. Elle collaboré aux scénarios de Ordinary People, de Vladimir Perisic, sélectionné à la semaine de la Critique en 2009, primé à Miami, Sarajevo et Trieste, et Home, film remarqué à la Semaine de la Critique à Cannes en 2008, d'Urusula Meier. Le film, trois fois nommé aux Césars, avait été primé à Angoulême et Reykjavik, et avait reçu trois prix aux Césars suisses, dont celui du meilleur scénario.

Augustine devrait logiquement être sur la Croisette en 2012 ou 2013...

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L'illustration représente le Docteur Charcot en pleine démonstration. Elle est issue de l'encyclopédie Larousse.

Venise 2011 : une Semaine de la critique très latine

Posté par vincy, le 28 juillet 2011

Deux films français, deux coproductions majoritaires. Le cinéma français impose près de la moitié des titres de la Settimania Internazionale della Critica du 68e Festival de Venise. Au total avec les films latino-américains et italiens, les deux tiers des oeuvres présentées sont d'origine latine. Il faut rajouter la séance spéciale lors des Venice Days, de l'italien Voi siete qui, de Francesco Matera.

Semaine de la critique

El campo, Hernán Belón (Argentine)

El lenguaje de los machetes, Kyzza Terrazas (Mexique)

Là-bas, Guido Lombardi (Italie)

La terre outragée, Michale Boganim (France)

Louise Wimmer, Cyril Mennegun (France)

Marécages, Guy Édoin (Canada)

Totem, Jessica Krummacher (Allemagne)

Stockholm Est, Simon Kaijser da Silva (Suède) - ouverture, hors compétition

Missione di pace, Francesco Lagi (Italie) - clôture, hors compétition

Paris Cinéma 2011 : triple victoire pour La guerre est déclarée de Valérie Donzelli

Posté par kristofy, le 13 juillet 2011

La guerre est déclarée, qui avait cartonné à la semaine de la Critique à Cannes cette année, a été plusieurs fois primé lors du 9ème Festival Paris Cinéma 2011. Certes, cela semblait prévisible mais la surprise est venue du plébiscite général : trois jurys sur quatre du festival ont choisi ce film.

- Prix du Jury: La guerre est déclarée de Valérie Donzelli

- Mention spéciale du Jury : Sur la planche de Leila Kilani

- Prix des Blogueurs: La guerre est déclarée de Valérie Donzelli

- Prix des Etudiants: The Prize de Paula Markovitch

- Prix du Public: La guerre est déclarée de Valérie Donzelli

Le jury des professionnels était composé de Lubna Azabal, Mathieu Demy, Pauline Lefèvre et Gilles Marchand, et de Thierry Jousse qui a d'ailleurs salué une compétition de qualité : « ça a été difficile de départager les films, nous avons eu des discussions passionnées, parfois conflictuelles, mais passionnantes. »

Valérie Donzelli et Jérémie Elkaïm sont partenaires à l’écran et à l’écriture du scénario. Avant ces trois prix, ils avaient déjà remporté le grand prix du dernier Festival Romantique de Cabourg.

La guerre est déclarée raconte la grande histoire d’amour d’un couple dans leur combat face à la maladie de leur enfant. Le film sortira en salles le 31 août sous de bonnes augures pour être un succès à la rentrée voire pour devenir l'un des meilleurs films français de l’année.

Quant aux deux autres lauréats, The prize et Sur la planche, ils abordaient respectivement le quotidien d'une fillette dans l'Argentine dictatoriale des années 70 et celui d'un gang de jeunes filles à Tanger.

Cannes 2011 (bilan) : une Quinzaine des réalisateurs en crise

Posté par vincy, le 21 juin 2011

La rumeur courait depuis les derniers jours du Festival de Cannes. Il aura fallut attendre samedi, date du conseil d'administration de la Société des Réalisateurs de Films, organisatrice de la Quinzaine des Réalisateurs, pour en avoir la confirmation : Frédéric Boyer, directeur général depuis 2010 en remplacement d'Olivier Père, parti diriger le Festival de Locarno, a été désavoué et démis de ses fonctions.

Le communiqué est laconique : "(La SRF) le remercie du travail qu’il a accompli comme directeur artistique de la Quinzaine des réalisateurs.  La SRF recrute pour l’édition 2012 le (ou la) délégué(e) général(e) de la Quinzaine des Réalisateurs. Les candidatures sont à adresser par courriel jusqu’au 8 juillet 2011 (CV ou parcours professionnel ainsi qu’une lettre de projet). Les entretiens auront lieu impérativement dans la semaine du 18 au 22 juillet 2011."

C'était attendu pour ne pas dire souhaitable tant Frédéric Boyer ne semblait pas à l'aise dans son costume. La Quinzaine est artistiquement en crise depuis le départ d'Olivier Père. Cette année, hormis La Fée et Les Géants, respectivement deux films qui ont fait l'ouverture et la clôture, aucun des films d esa sélection n'a réellement emballé la critique et le public. Certaines projections étaient à moitié vide. La faute à une programmation trop austère, avec peu de noms connus (à part André Téchiné avec l'un de ses moins bons films) qui auraient pu faire le relais pour séduire son public vers des oeuvres plus risquées. Déjà, l'an dernier, seul un quart de la sélection avait réellement séduit les cinéphiles. L'échec patent du sélectionneur s'ajoute à un manque de charisme sur scène quand il présente les films, une faiblesse dans les négociations pour obtenir des films forts face au festival de Cannes et même à la Semaine de la critique, et une rigidité d'esprit, pour ne pas dire une radicalité cinématographique, qui s'est illustrée il y a  deux mois lors de sa conférence de presse (voir article du 22 avril). Reconnaissons qu'il avait le mérite de la franchise. Mais le cinéma ne cesse de se métisser et de s'ouvrir à de nouveaux styles et Boyer semblait ne choisir que des films qui lui plaisaient et qui caricaturaient le cinéma d'auteur.

Résultat, la Quinzaine a perdu en prestige, en intérêt, en désir en très peu de temps. Sélection trop obscure, pour initiés, et qui, une fois distribuée en salles, se plantait au box office (à deux trois exceptions près). Où sont les Jarmusch, Scorsese et autres Dardenne ? Certes, les files d'attente sont mieux gérées, les séances davantage à l'heure... Mais une fois la lumière éteinte, les toiles n'ont pas enchantées grand monde.

Une Semaine de la Critique au top

A l'inverse, la Semaine de la Critique emporte les suffrages malgré son bordel ambiant et une salle désespérément trop petite. Année après année, elle choisit des films français qui ont leur marque, entre engagement et générosité. Le grand public ne s'y trompe pas. Le nom des gens l'an dernier, La guerre est déclarée cette année, ... Ces films de la Semaine s'ajoutent à quelques coups comme le court métrage de Spike Jonze, Isabelle Huppert chez Ionesco ou Biolay et Devos en clôture, ou encore l'an dernier des films aussi différents que Sound of Noise et Armadillo. Nul ne doute que Take Shelter et Les Acacias, en compétition cette année, trouveront leur public avec des critiques déjà très élogieuses.

La Quinzaine décline par étroitesse de vue sur le cinéma actuel, excluant des films parfois légers, l'animation, Bollywood, la Semaine s'épanouit grâce à une fraîcheur de ton. Soyons justes, avec Benda Bilili, Cleveland vs Wall Street et Un poison violent, le premier crû de Boyer paraissait au moins varié à défaut d'être d'une qualité extraordinaire. Année bissextile avait même remporté la caméra d'or, de justesse devant Armadillo (Semaine de la critique). Mais voilà, cette fameuse Caméra d'or, prix trans-sélection par excellence, a davantage la Semaine de la Critique, avec, depuis dix ans, cinq prix sur les 11 remis.

Une sélection "médiocre", "passable", "sinistre"

Une révolution dans la hiérarchie qui impacte les distributeurs, les médias, les artistes. La Quinzaine représentait l'audace et une contre-programmation au Festival, servant souvent de laboratoire et de dénicheurs de talents (nombreux sont ceux qui ont finit en Compétition). Ce temps là est (provisoirement terminé). On prend davantage de plaisir à l'Espace Miramar, QG de la semaine. Le Monde définissait la Quinzaine 2011 ainsi : "Au regard de cette réussite, la Quinzaine 2011 fait pâle figure. Les vingt-cinq longs-métrages programmés y vont du médiocre au passable, en passant par le sinistre - à quelques exceptions près." La Quinzaine a échoué parce qu'elle refuse d'intégrer le potentiel commercial d'un film dans son processus de sélection. Dans un marché si concurrentiel - rien qu'à Cannes il y a cinq sélections - la Quinzaine n'a pas réussi à retenir La guerre est déclarée ou Les bien-aimés, tous deux très bien accueillis et promis à un joli succès. La Quinzaine apparaît comme un sous-Sundance trop "underground".

La pression est d'autant plus forte que certains soupçonnent un pacte tacite entre le Festival et la Semaine, au détriment de la Quinzaine. Thierry Frémaux a réussit depuis quelques années à faire d'Un certain regard une compétition bis très forte et très attrayante, tuant du même coup les possibilités de la Quinzaine d'avoir des films signés de grands cinéastes. Un Certain Regard est devenu "hype" et rivalise de prestige et d'intérêt cinéphilique avec la Compétition. De même en accueillant le 50e anniversaire de la Semaine avec le film d'Eva Ionesco dans le Palais des Festivals, il a montré une certaine préférence.

Sur Le monde.fr, en mai dernier, la Quinzaine lui inspirait ce commentaire : « Elle cultive depuis sa naissance le désir de montrer un «autre cinéma», a-t-il dit. On atteint là certaines limites, la Quinzaine a été créée en 1968, quand existait vraiment un «autre cinéma». C'est moins le cas maintenant que, si j'ose dire, tous les cinémas sont dans la nature. »

La SRF doit maintenant fixer les bonnes orientations pour que la Quinzaine redevienne séduisante. Un nouveau programmateur, davantage homme/femme à poigne et ouvert aux nouvelles expériences de cinéma, sans préjugés aucun pour des films pouvant plaire à un public qui s'abonne pour les voir, avec l'audace de découvrir les grands cinéastes de demain. Cela passera peut-être par un grand chambardement, mais il sera salutaire alors que le Festival de Cannes, dans son futur nouveau Palais, avec une équipe en grande forme, et la Semaine qui est au 7e ciel, ne lui feront pas de cadeaux.

Encore faut-il que cette sélection sache quelle est sa mission, quels sont ses critères de sélection, quelle est sa vision du cinéma de demain...

L’instant Court : Mourir auprès de toi de Spike Jonze et Simon Cahn

Posté par kristofy, le 16 mai 2011

Comme à Ecran Noir on aime vous faire partager nos découvertes, alors après la nouvelle publicité Schweppes, avec l’actrice Uma Thurman, voici l’instant Court n° 32.

Une séance spéciale de La Semaine de la Critique permettait de découvrir, avant le nouveau film de Jonathan Caouette, le court-métrage Mourir auprès de toi écrit et réalisé par Spike Jonze et Simon Cahn, qui  dure six minutes.

Dans une librairie fermée en fin de journée, soudain des personnages sur des couvertures de livres prennent vie et s’animent : le squelette de Macbeth avec un poignard planté dans ses os et Mina la fiancée de Dracula vont plonger dans le livre de Moby Dick pour le début d’une romance macabre… Ce court-métrage d’animation a la particularité d’avoir été conçu de manière très artisanale : il s’agit surtout de marionnettes de tissus manipulées à la main image par image.

Voila donc le making-of du court-métrage Mourir auprès de toi de Spike Jonze et Simon Cahn. On y découvre la façon de travailler d’une partie de l’équipe clip. La chanson qui est celle du générique de fin du court est de l’actrice SoKo qui est la voix du personnage de Mina. La voix du squelette est celle de Spike Jonze.

Crédit photo : image modifiée, d’après un extrait du film Mourir auprès de toi.

Cannes 2011 : peu de sexe dans la sélection

Posté par vincy, le 14 mai 2011

Enfants envahissants, maris absents, boulots prenants, amour malade... sans oublier un pape qui de toute façon empêcherait toute copulation illégitime  et une Jeanne d'Arc forcément pucelle : il n'y a pas beaucoup de scènes chaudes à se mettre sous les yeux en ce début de festival de Cannes.

A la Semaine de la Critique, avec The Slut (photo), il y a bien cette israélienne adepte de l'amour libre, presque nymphomane, à moins qu'elle ne soit simplement généreuse. Un hédonisme radical qui contraste avec l'abstinence vue ailleurs.

Dans We Need to talk about Kevin, on a le droit à un accouplement extatique mais furtif, bien moins long que la scène exhibitionniste où le fils se masturbe sous les yeux de sa mère.

Dans Polisse, Frédéric Pierrot, qui aime s'éclater au lit avec sa femme, préfère là se disputer avec elle et débander aussitôt. Même Joey Starr, parfois en slip, semble ne vouloir montrer que sa manière d'embrasser langoureusement Maïwenn.

Cette impudeur est moins présente dans La guerre est déclarée. Le couple Donzelli et Elkaïm n'est pas effrayé par l'immense "open kiss" où chacun embrasse qui il veut, lors d'un anniversaire. Cela reste un coup de langue.

Et côté coup de langue, on optera davantage pour l'une des scènes érotiques de Sleeping beauty, où un client, catégorie pré-retraité, cadre dynamique ayant besoin d'une boîte de viagra et de se faire défoncer le cul pour bander (texto), dévore de salive et de sa bouche le corps de la jeune et belle endormie.

Pour l'instant, le sexe cannois est à conforme à cette image : un sexe froid, un fantasme sans pénétration. Et dans les soirées sur les plages, ce n'est pas plus chaud.