Jean-Louis Trintignant à l’honneur des 20e Œillades d’Albi

Posté par cynthia, le 7 novembre 2016

A moins d'une semaine de son ouverture, le 20e Festival des Œillades d'Albi (14 au 20 novembre) a dévoilé la majeure partie de sa programmation. Avant de vous faire vivre de l'intérieur ce festival que nous affectionnons fortement, on fait le point sur les temps forts qui vous attendent.

Cette année, Albi s'ouvrira avec Cessez-le-feu de Emmanuel Courcol. Ce film conte l'histoire de Marcel, invalide de guerre, qui tente d'apprendre le langage des signes auprès d'une professeure. Ce drame réuni Romain Duris et Céline Sallette.

La programmation
La programmation de la 20e édition aura le plaisir d’accueillir monsieur Jean-Louis Trintignant pour un hommage à se monstre sacré. Il accompagnera trois de ses films: Le Dix-septième ciel de Serge Korber (1966) , Z de Costa-Gavras (1969) et Asphalte de Samuel Benchetrit (2015).

Pourtant si la légende est à l'honneur, ce sera la jeunesse qui sera mise en avant avec les rétrospectives du sublime Divines de Uda Benyamina et du captivant Ma vie de courgette de Claude Barras, qui fera l'objet d'analyse de la part les collégiens du Tarn.

Outre la jeunesse, le rire sera à l'honneur avec des rencontres autour du comique et du burlesque des pionniers de la comédie tels Jacques Tati (avec une projo de Jour de fête) et le récemment disparu Pierre Etaix, mais aussi des prestations à propos des grandes figures du comique racontées par les enfants de Louis de Funès et Francis Blanche. Les films Cigarettes et chocolat de Sophie Reine, Venise sous la neige de Elliott Covrigaru et Il a déjà tes yeux de Lucien Jean-Baptiste détendront les zygomatiques des spectateurs.

Enfin, dans le cadre du mois du documentaire, trois films de Sébastien Lifshitz - Les invisibles, César du meilleur documentaire, Les Vies de Thérèse, Queer Palm 2016, et Bambi - seront projetés.

Au total, 34 longs-métrages francophones (fictions et documentaires) dont 24 en avant-premières seront présentés.

Avant-premières
Outre Cessez-le-feu, de nombreuses avant-premières seront présentées aux festivaliers: le très attendu Orpheline ' Arnaud des Paillières avec son casting glamour et sexy composé d'Adèle Haenel, Adèle Exachopoulos et la sublime Gemma Arterton. Mais aussi Corniche Kennedy de Dominique Cabrera, nouvelle adaptation d'un roman de Maylis de Kerangal, avec Lola Creton et Aïssa Maïga, ou encore Les mauvaise herbes du québécois Louis Bélanger, avec Alexis Martin, Gilles Renaud, Luc Picard. On pourra aussi voir 54 de Yan England, qui a brillé au Festival du film francophone de Namur, A jamais de Benoît Jacquot, Dans la forêt de Gilles Marchand, Le Voyage au Groenland de Sébastien Betbeder et le longuement attendu Paris pieds nus de Fiona Gordon et Dominique Abel.

Cannes 2016: La Queer Palm pour « Les vies de Thérèse »

Posté par vincy, le 22 mai 2016

Le jury de la Queer Palm, présidé par les réalisateurs Oliver Ducastel et Jacques Martineau, entourés de la réalisatrice Emilie Brisavoine, du directeur du festival MixBrasil Joao Federici, et journaliste Marie Sauvion, a décerné la 6e Queer Palm à un documentaire, Les vies de Thérèse, réalisé par Sébastien Lifschitz (césarisé pour Les invisibles), présenté à la Quinzaine des réalisateurs. Les prix ont été décernés samedi soir au Silencio de Cannes, avant que la fête se prolonge avec Miss Coca au Vertigo.

Pour consacrer une année où "les films du festival ont offert une grande diversité de personnages féminins, forts, indépendants, différents, résistants", en évoquant "le désir féminin, si longtemps nié et réprimé", le jury a donc opté pour une oeuvre se concentrant sur "une femme et ses combats, mêlant vie privée et engagement politique, balayant les époques, questionnant la sexualité, bousculant les rôles que la société nous impose." Les vies de Thérèse raconte en effet les multiples facettes de l'existence Thérèse Clerc, décédée le 16 février 2016, une "femme qui a su, en traçant son propre chemin, nous ouvrir la voie, nous rappelant sans cesse combien notre désir et notre sexualité peuvent et doivent nourrir notre combat pour une société plus juste."

La Queer Palm du court-métrage a de son côté été attribuée à Gabber lover d'Anna Cazenave-Cambet, un film de coming out "où l'on apprend à faire face à son désir, à lui donner enfin libre court. Gabber lover est un film dont nous ne doutons qu'il apportera un message libérateur aux jeunes spectateurs."

Le jury a tenu à rappeler que la 69e édition du festival a "beaucoup montré de cunnilingus et le jury de la Queer Palm à l'unanimité tient à saluer les réalisatrices et réalisateurs qui ainsi contribuent à la promotion d'une pratique sexuelle nettement plus agréable à regarder que les rapides et franchement machistes coïts auxquels la sexualité des personnages de cinéma s'est longtemps cantonnée. Les beaux personnages féminins du festival nous ont rappelé qu'il fallait toujours faire face et souvent affronter les autres, la société et soi-même pour se construire et façonner autant que faire se peut notre propre destin."

Cannes 2016: la sélection « poids lourd » de la Quinzaine des réalisateurs

Posté par vincy, le 19 avril 2016

La sélection d'Edouard Waintrop, soit 18 longs métrages et 12 courts métrages, compense toutes les absences inattendues de la Sélection officielle. Même si Bonello n'y est toujours pas, ni Zlotowski, on note quand même de gros poids lourds avec la présence de deux documentaristes réputés - Sébastien Lifshitz, César pour Les invisibles, et Laure Poitras, Oscar pour Citizenfour. A cela s'ajoute l'un des films d'animation français les plus attendus, Ma vie de courgette. Et donc quelques noms souvent habitués des grands festivals comme Marco Bellocchio, Paul Shrader, Alejandro Jodorowski; Joachim Lafosse; Pablo Larrain, Kim Nguyen ou encore Paolo Virzi. L'Italie, quasiment absente de la sélection officielle, trouve à la Quinzaine de quoi se faire une place au soleil dans cette édition cannoise avec trois cinéastes. Tout comme l'Inde avec le retour du réalisateur d'Ugly, Anurag Kashyap, ou le Canada avec deux réalisateurs. Notons aussi que la section parallèle présentera le film posthume de Solveig Anspach, L'effet aquatique. On soulignera aussi la présence de vedettes comme Gérard Depardieu, Bérénice Bejo (dans deux films), Nicolas Cage, Valeria Bruni-Tedeschi, Gael Garcia Bernal, Sophie Nélisse ou encore Dane DeHaan.

Ouverture: Fai bei sogni (fais de beaux rêves) de Marco Bellocchio

Clôture: Dog eat dog de Paul Schrader

Sélection

Divines de Uda Benyamina - 1er film

L’économie du couple de Joachim Lafosse

L’effet aquatique de Solveig Anspach

Fiore de Claudio Giovannesi

La pazza gioia (Like crazy) de Paolo Virzi

Ma vie de courgette de Claude Barras - 1er film (animation)

Mean dreams de Nathan Morlando

Mercenaire de Sacha Wolff  - 1er film

Neruda de Pablo Larrain

Poesía sin fin (endless poesy) de Alejandro Jodorowsky

Raman raghav 2,0 (Psycho Raman) de Anurag Kashyap

Risk de Laura Poitras (documentaire)

Tour de France de Rachid Djaidani

Two lovers and a bear de Kim Nguyen

Les vies de Thérèse de Sébastien Lifshitz (documentaire)

Wolf and sheep de Sadat Shahrbanoo - 1er film

Le prochain docu de Sébastien Lifshitz autour de l’adolescence

Posté par vincy, le 7 juillet 2015

Après Les Invisibles (2012), autour de témoignages d’hommes et femmes homosexuels nés dans l’entre-deux-guerres , et César du meilleur documentaire, et Bambi (2013), portrait de l’une des premières transsexuelles françaises et Teddy Award du meilleur documentaire, Sébastien Lifshitz continue dans cette veine avec Adolescentes.

Coproduit par ARTE et Agat Films & Cie, le projet du cinéaste est de suivre deux jeunes filles pendant cinq ans, le temps nécessaire pour devenir adultes, "du moins devant la loi" comme il l'explique. Sébastien Lifshitz précise son projet: "En 2019, à l’âge de voter pour la première fois, quelles jeunes femmes seront-elles devenues ? Durant ces cinq années, je voudrais les filmer régulièrement, pendant quelques jours, une fois par mois. Les regarder vivre au quotidien, durant l’année scolaire et les vacances, dans les moments clés de leur vie autant que dans le quotidien le plus banal".

A 47 ans, le cinéaste a longtemps alterné les films de fictions et les docus.On lui doit aussi les longs métrages Les corps ouverts, Presque rien, Wild Side et Plein sud (2009).

Unperfect Day pour Lou Reed (1942-2013)

Posté par vincy, le 28 octobre 2013

lou reed dans brooklyn boogie de paul auster

Il y a des week-ends comme ça. Soudainement, on apprend la mort d'un artiste. Lou Reed, 71 ans, disparaît. Pilier du Velvet Underground, inventeur d'un rock décadent, provocateur médiatique, il aura souffert d'avoir écrit des textes trop sombres pour que ses chansons deviennent aussi populaires que celles de son ami David Bowie. Il n'empêche, en 50 ans, le new yorkais, proche d'Andy Wahrol, est devenu une icône d'un rock sublime, laissant plusieurs chansons intemporelles, souvent réutilisées dans les bandes originales de film. Ainsi on entend du Lou Reed dans des films aussi différents que Men in Black III, Juno, Le scaphandre et le papillon, La science des rêves, Last Days, La famille Tenenbaum, Hedwig and the Angry Inch, Lost Highway , Trainspotting, Les Doors, Soleil de nuit... Les chansons Venus in Furs, Perfect Day, Walk on the Wild Side, Sweet Jane, Satellite of Love, I'm Sticking With You, entre autres, sont à jamais liées à des images de films en tous genres.

Lou Reed fut de temps en temps acteur. Aux côtés de Paul Simon dans One Trick Pony en 1980, chez Paul Auster dans Brooklyn Boogie en 1995 (photo) et Lulu on the Bridge en 1998, dans Prozac Nation, avec Christina Ricci et Jonathan Rhys Meyers en 2001, chez Luc Besson où il fut la voix de l'empereur Maltazard dans la franchise Arthur et les Minimoys en version anglophone. On l'aperçoit chez Wim Wenders dans son propre rôle dans Si loin, si proche! en 1993 et dans Palermo Shooting en 2008.

Mais peut-être que le plus beau personnage de Lou Reed au cinéma fut sans Lou Reed. En 1998, Todd Haynes réinterpréta les origines du glam rock, ce genre porté à son paroxysme par David Bowie, et des racines du punk, dont Reed mais aussi Brian Eno furent les démiurges. Le titre même du film - Velvet Goldmine - est une référence à sa Vénus en fourrure. Surtout, le personnage d'Ewan McGregor, Curt Wild, est un mélange assumé de Bowie, d'Iggy Pop et Lou Reed.

A 17 ans, Lou Reed avait subit un traitement par électrochocs, proposées à ses parents par un psychiatre, afin de le « guérir » de ses tendances homosexuelles. Expérience traumatisante qui l'entraîna à consommer des médicaments de façon dépendante et lui fit écrire des textes crus et choquants où la violence, la provocation, la dureté de la vie, la marginalité des homos, bi et autres trans étaient évoqués. Sébastien Lifshitz (Les Invisibles), qui avait donné le titre Wild Side à l'un de ses films en hommage à la chanson la plus célèbre du musicien, avait le projet de réaliser un documentaire sur cette partie de sa personnalité. Le cinéaste français espérait le tourner une fois que Reed se soit remis de sa greffe du foie, qui, hélas, lui fut fatale.

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Lire aussi : Berlin critique du documentaire sur le concert de Lou Reed réalisé par Julian Schnabel

Une semaine d’amour pour tous au MK2 Beaubourg

Posté par vincy, le 19 août 2013

beaubourg mon amourLe MK2 Beaubourg à Paris propose du 21 au 27 août le Festival "Beaubourg, mon amour", qui assemble une (excellente) série de films à thématique homosexuelle. 7 films "gays" dont une avant-première qui va être rapidement complète : Interior Leather Bar, la variation SM et explicite de Cruising (de William Friedkin) par James Franco et Travis Mathews. La projection aura lieu le mardi 27 août à 20h. Interior Leather Bar a fait le tour de plusieurs festivals, dont ceux de Sundance, Berlin et le Champs Elysées Film Festival à Paris.

Au programme : I want Your Love de Travis Mathews, Keep the Lights On d'Ira Sachs, Homme au bain de Christophe Honoré, Laurence Anyways de Xavier Dolan (Queer Palm 2012), Les Invisibles de Sébastien Lifshitz (César du meilleur documentaire), Tu n'aimeras point d'Haim Tabakman, et Week-end d'Andrew Haigh.

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Beaubourg, mon amour : horaires des séances et réservation des billets

Berlin 2013 : Teddy Awards évidents pour « In the Name of… » et Sébastien Lifshitz

Posté par vincy, le 16 février 2013

C'est un film de la compétition qui a été élu meilleur film par le jury des Teddy Awards (les prix LGBT de la Berlinale). Logiquement, In the Name of (W Imie) de la polonaise Malgoska Szumowska (avec ses deux comédiens principaux sur le photo) a été couronné par le prix le plus convoité par le cinéma LGBT. Il a aussi été récompensé par un prix du public. Nous avions déjà prédit sa victoire dans notre actualité du 8 février...

Logique car le sujet était en soi porteur : un prêtre catholique amoureux d'un de ses protégés, résistant aux tentations alors que son Jésus s'offre à lui. Il doit également géré des adolescents turbulents, mal à l'aise avec leur sexualité, certains ayant des penchants sodomites ou juste une orientation clairement homosexuelle. Mais le film valait bien ce prix tant sa mise en scène sobre et sensible, son image sublime, ses comédiens charismatiques et sensuels, et son scénario très bien construit en font aussi l'un des favoris pour un Ours du jury ce soir à Berlin.

Les Teddy Awards étaient remis hier. Sébastien Lifshitz (Les invisibles) a été sacré par le prix du meilleur documentaire pour Bambi, qui retrace le parcours d'un homme, né en 1935 en Algérie, devenu femme française de 77 ans.

Les autres prix ont été remis à Undress me du suédois Victor Lindgren (meilleur court métrage) et à Concussion de l'américaine Stacie Passon (prix spécial du jury).

Berlin 2013 : la section panorama avec James Franco, Isabel Coixet, Arvin Chen, Sébastien Lifshitz…

Posté par MpM, le 22 janvier 2013

berlin 2013La section Panorama, traditionnellement l'une des plus riches de la Berlinale, propose cette année 52 longs métrages, dont 20 documentaires, issus de 33 pays. En tout, 11 films sont des premiers films et 20 ont été réalisés par des femmes.

On peut noter la forte présence des États-Unis (une quinzaine de films) ainsi que la bonne représentation de l'Asie (et notamment de la Corée du Sud).

A priori, on sera particulièrement attentif aux films signés Joseph Gordon-Levitt (Don Jon’s Addiction), James Franco (le sulfureux Interior. Leather Bar.), Noah Baumbach (Frances Ha), Nicolas Philibert (le documentaire La maison de la radio), Arvin Chen (Will You Still Love Me Tomorrow ?), Isabel Coixet (Yesterday Never Ends) ou encore Sébastien Lifshitz (Bambi).

Mais on s'attend surtout à être surpris par de nouveaux cinéastes et de nouveaux styles, et à découvrir dans cette section les futurs grands des prochaines années.

Films de fiction

Baek Ya de Hee-il LeeSong (Corée du Sud)
Behind the Camera de E J-Yong (Corée du Sud)
Boven is het stil de Nanouk Leopold (Pays-Bas/Allemagne)
The Broken Circle Breakdown de Felix van Groeningen (Belgique)
Burn it up Djassa de Lonesome Solo (Côte d'Ivoire/France)
Chemi sabnis naketsi de Zaza Rusadze (Géorgie)
Concussion de Stacie Passon (USA)
Deshora de Barbara Sarasola-Day (Argentine/Colombie/Norvège)
Don Jon’s Addiction de Joseph Gordon-Levitt (USA)
Flores Raras de Bruno Barreto (Brésil)
Frances Ha de Noah Baumbach (USA)
Habi, la extranjera de María Florencia Alvarez (Argentine/Brésil)
Hayatboyu de Asli Ozge (Allemagne)
Inch'Allah d'Anaïs Barbeau-Lavalette (Canada)
Interior. Leather Bar. de Travis Mathews et James Franco (USA)
Kai PO Che d'Abhishek Kapoor (Inde)
Kashi-ggot de Don-ku Lee (Corée du Sud)
Lose Your Head de Stefan Westerwelle, Patrick Schuckmann (Allemagne)
Lovelace de Rob Epstein, Jeffrey Friedman (USA)
Maladies de Carter (USA)
Meine Schwestern de Lars Kraume (Allemagne)
Mes séances de lutte de Jacques Doillon (France)
La Piscina de Carlos Machado Quintela (Cuba/Venezuela)
Rock the Casbah de Yariv Horowitz (Israël)
So?uk de U?ur Yücel (Turquie)
Something in the Way de Teddy Soeriaatmadja (Indonésie)
Tanta Agua d'Ana Guevara Pose, Leticia Jorge Romero (Uruguay/Mexique/Pays-Bas/Allemagne)
Upstream Color de Shane Carruth (USA)
Will You Still Love Me Tomorrow ? d'Arvin Chen (Taiwan)
Workers de José Luis Valle González (Mexique/Allemagne)
Yesterday Never Ends d'Isabel Coixet (Espagne)
Youth de Tom Shoval (Israel/Germany)

Documentaires

Alam laysa lana de Mahdi Fleifel (Grande Bretagne/Liban/Danemark)
Art/Violence d' Udi Aloni, Batoul Taleb et Mariam Abu Khaled (Palestine/USA) Gut Renovation de Su Friedrich (USA)
Bambi de Sébastien Lifshitz (France)
Belleville Baby de Mia Engberg (Suède)
Born This Way de Shaun Kadlec et Deb Tullmann (USA)
EXPOSED de Beth B (USA)
Fifi Howls from Happiness de Mitra Farahani (USA)
La maison de la radio de Nicolas Philibert (France/Japon)
Naked Opera d'Angela Christlieb (Luxembourg/Allemagne)
Narco Cultura de Shaul Schwarz (USA) Roland Klick - The Heart Is a Hungry Hunter de Sandra Prechtel (Allemagne)
Out in East Berlin - Lesbians and Gays in the GDR de Jochen Hick (Allemagne)
Parade d'Olivier Meyrou (France/USA)
Paul Bowles: The Cage Door is Always Open de Daniel Young (Suisse)
Salma de Kim Longinotto (Grande Bretagne)
Sing Me the Songs That Say I Love You - A Concert for Kate McGarrigle de Lian Lunson (USA)
State 194 de Dan Setton (USA/Israël)
The Act of Killing de Joshua Oppenheimer (Danemark/Norvège/Grande Bretagne)
TPB AFK: The Pirate Bay Away From Keyboard de Simon Klose (Suède)

Séance spéciale

Die Legende von Paul und Paula d'Heiner Carow (Allemagne)

Courts métrages

After Hours de Steffen Köhn (Allemagne)
Jury de Kim Dongho (Corée du Sud)
Two Girls Against the Rain de Sao Sopheak (Cambodge)

Yasmine Belmadi quitte sa route (1976-2009)

Posté par vincy, le 19 juillet 2009

belmadi.jpgCela devait être l'une des plus belles semaines de sa vie. Le film Adieu Gary sort en salles mercredi. Grand prix de la Semaine de la critique à Cannes cette année, il partage l'affiche avec Jean-Pierre Bacri, dans une relation père-fils complexe et maladroite. Un très beau personnage où le retour aux racines se conjugue avec l'aspiration d'une vie nouvelle.

Belmadi est mort sur son scooter samedi à l'aube, en plein Paris. Destin foudroyé. Il est décédé à l'hôpital où il avait été transporté après avoir percuté un réverbère. C'est dans le cinéma d'auteur que le jeune comédien s'est fait remarqué. Révélé par Sébastien Lifshitz dans Les corps ouverts, où il incarne un jeune gay en mal d'amour. C'est d'ailleurs le cinéma "gay friendly" qui est séduit par cettegueule venue d'Aubervilliers. François Ozon en fait l'une de stentations des Amants criminels. On le croise dans le charmant en maillot de bain ne sont pas (forcément) superficiels, le léger Filles uniques, le curieux Qui a tué Bambi?... Des petits rôles. Souvent le beur de service, comme dans Grande école. Sorte de fantasme d'un cinéma malgré tout bourgeois.

Il décolle vraiment à partir de 2004. Lifschitz en fait l'un des deux amant, un prostitué en l'occurrence, d'une transsexuelle dans la lyrique Wild Side. Puis Mahmoud Zemmouri en fait sa vedette de Beur Blanc Rouge, qui retrace l'affaire du match de football France Algérie en 2000. Il tournera ensuite avec Laetitia Masson avant Adieu Gary. On l'a aussi vu dans la série télévisée "Pigalle".

Dans son dernier film, il rêvait de réaliser ses rêves.

Quand les pompes funèbres se refont une beauté

Posté par Morgane, le 13 octobre 2008

le-104-001.jpgL’événement incontournable du week-end parisien était bien évidemment l’ouverture du Cent Quatre (104), nouvel établissement artistique de la ville de Paris, qui a pris place en plein cœur des HLM de l'avenue de Flandres, à l’endroit où se tenaient auparavant les pompes funèbres. "Un trait d'union entre les XIXe (Porte rue de Curial) et le XVIIIe (Porte rue d'Aubervilliers) arrondissements", soulignait Bertrand Delanoë lors de l'inauguration samedi matin. Amira Casar, Pierre Arditi, Benoît Jacquot étaient parmi les "people" présents à cette ouverture, qui fut champagnisée comme il se doit. Baigné de lumière, mais avec une sonorisation épouvantable, le lieu se dévoilait prudemment à des mondains venus de toutes les disciplines.

Entre squat berlinois organisé et résidence d'artistes improvisée, le site gigantesque (près de 40 000 m²) a accueilli dès samedi après midi un nombre très important de Parisiens curieux. Ateliers pour enfants (jardinage, construction, dessin…), expositions, concerts et autres se sont déployés sosu les yeux des badauds, même si pour y accéder la file d’attente était souvent très longue.

Christian Prigent a lu "104 slogans pour le Cent Quatre", du slam a envahi la salle 400, Berger&Berger ont présenté leur installation lumineuse Dr Jekyll & Mr Mouse, Andrea Cera a fait participer le public à son installation interactive et d’autres encore ont arpenté et occupé les nombreux espaces du Cent Quatre en cette journée d’ouverture.

Un cinéaste à la marge pour une sélection radicale

Le cinéma est évidemment présent avec Sébastien Lifshitz (Les corps ouverts, Presque rien, Wild Side) qui réalise une sélection de films d'écoles. "Cette sélection, je la voudrais subjective, différente des habituelles compilations que l’on retrouve souvent dans les festivals. Diriger mon regard vers des esthétiques radicales, neuves (s’il en est) pour mieux faire ressortir la part de recherche et de liberté. Par « esthétique radicale », j’entends une proposition plastique originale et des sujets personnels, filmés sur tous supports, de la dv au portable d’un téléphone comme du film argentique. " Il espère que "ces projections auront pour but de mettre en relation les réalisateurs avec le milieu de la production et de l’industrie en général, afin de faciliter leur parcours dans leur projet de futur premier long métrage."

Ouvert à tous les arts, le Cent Quatre se veut un lieu d’exposition mais aussi un lieu de création. Toutefois, certaines questions font tout de même débat. Le Cent Quatre souhaite s’ouvrir à tous, y compris aux jeunes des quartiers défavorisés environnant (17% de chômage !). Réussira-t-il à atteindre cet objectif ou deviendra-t-il un établissement réservé à une certaine élite ? Par exemple, la librairie et le restaurant ne seront ouverts qu'au printemps : mais si la bouquinerie promet un effort d'action culturelle envers les jeunes, le restaurant offrira-t-il un menu à moins de 30 euros ? Souvent le parisianisme a du mal à se conjuguer avec les couches populaires. Et le 104 risque de virer au "hype" : un défilé de mode y a déjà eu lieu. On a connu plus convenant et moins indécent.

De plus, le Cent Quatre coûte cher  (100 millions d'euros d'investissement, plus de 8 millions d'euros en fonctionnement) et certains s’interrogent sur ce budget qui pourrait manquer à d'autres. En bref, ses portes sont ouvertes mais le débat aussi…

photo : morgane postaire