Venise 2019 : Ad Astra, de James Gray, avec Brad Pitt

Posté par kristofy, le 29 août 2019

Un nouveau film de James Gray, c' est forcément très attendu, et d' ailleurs le Festival de Cannes l' attendait aussi. James Gray est l' un des cinéastes 'abonné' de Cannes : quatre de ses films ont été sélectionnés en compétition (The Yards en 2000, We Own the Night en 2007, Two Lovers en 2008 et The Immigrant en 2013) mais sans jamais y recevoir de prix. Sur la Croisette, il avait aussi été membre du jury en 2009.

Ad Astra, à cause de ses effets spéciaux spectaculaires promis, et de leur post-production  plus longue que prévue, n' avait pu être achevé à temps pour mai. Par ailleurs, la Fox, tout juste rachetée par Disney, voyait son planning de sortie mis en stand-by.

C' est donc le Festival de Venise qui intègre le film en compétition, avec ce qui semblait être un gros blockbuster SF, avec Brad Pitt. Pour l'anecdote, Venise aime la SF depuis quelques années : Gravity et First Man: le premier homme sur la Lune ont tous deux été en compétition, avec ce thème commun d'une odyssée spatiale pour comprendre ce qui est le plus important en soi et sur Terre. Ad Astra, en latin vers les étoiles, se révèle être autant une exploration a travers l'espace qu'une exploration du lien intime entre un fils et son père...

Le pitch: L’astronaute Roy McBride s’aventure jusqu’aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l’existence humaine, et notre place dans l’univers.

James Gray situe son histoire dans le futur certes mais un futur proche qui ressemble en tout point a notre époque: il n y aura aucun robot ni gadget de science-fiction, seulement l'espace, déjà conquis. On découvre qu' il y a divers bâtiments installés sur la Lune, la planète Mars a été explorée, et c'est plus loin, vers Neptune que l' on envoie des fusées. La recherche d'une éventuelle autre forme de vie ou de conscience est un projet porté par la génération d' avant, comme le héros Clifford McBride (Tommy Lee Jones), officiellement disparu. Désormais on construit des colonies sur la Lune et diverses stations en orbites. C'est là que travaille l' astronaute Roy McBride (Brad Pitt). Mais un étrange phénomène provoque de graves perturbations électriques entraînant une possible réaction en chaine. Roy McBride est choisi pour comprendre le problème, avec une motivation personnelle qui le guide dans cette mission...

Ad Astra débute avec un incident très spectaculaire: une chute vertigineuse depuis une structure spatiale, vers la Terre. Après cette séquence d'ouverture épatante, la base de l'histoire est assez rapidement posée.

James Gray suit le chemin de ces films où notre planète est menacée, et où l'espace est la tranchée de résistance: Armageddon de Michael Bay en 1998 (avec Liv Tyler, que 'l on retrouve dans Ad Astra), Space Cowboys de Clint Eastwood en 2000 (avec Tommy Lee Jones et Donald Sutherland, eux aussi dans Ad Astra !), Sunshine de Danny Boyle en 2007 (chef d'oeuvre à revoir)... soit autant de films où s' envoler dans les étoiles est un acte héroïque, voire un sacrifice de soi.

Une histoire de liens invisibles

Mais Ad Astra se démarque nettement de ce genre démonstratif. S'il y a bien une enquête qui créé le suspens, l'histoire est surtout celle d' une quête intime. Une introspection de ce qui peut relier un homme à sa famille, tout autant qu'une définition de la masculinité. Ce sont ses liens avec son père, son mentor, perdu dans la galaxie, et sa femme, restée sur Terre, qui importent au cinéaste.

Brad Pitt en conférence de presse: "Nous avons tous les deux [James Gray et lui] grandi à une époque où on nous demandait, en tant qu'hommes, d'être forts… et cela a une valeur, mais c'est aussi une barrière, car vous cachez certaines de ces choses dont vous avez honte. Nous cachons et portons tous la douleur et les blessures individuelles."

Bien entendu comme tout film de voyage spatial, Ad Astra contient quelques éléments communs, comme autant de clichés obligés : conflits entre membres d'équipage ou accident imprévisible et fatal. Cependant, il ne faut pas espérer de grosses scènes d'action explosives (ce n'est d'ailleurs pas le style de James Gray).

La narration compte d'ailleurs beaucoup sur la voix off de Roy McBride qui (se) raconte ses observations. Il doit régulièrement auto-évaluer son état psychologique, et il parle toujours avec un minimum d'émotion, à l'instar de ses rapports dictés à la base. Cette voix de Brad Pitt, souvent en analyse, participe beaucoup a rendre le film plus introspectif que démonstratif. Ce qui ne l'empêche pas d'être épique, et de flirter avec 2001 de Kubrick, dès qu'il s'agit de questions existentielles dans une dimension extraordinaire.

L'envie d'aventures

A l'instar de son précédent film The Lost City Of Z (présenté à Berlin), James Gray (produit par Brad Pitt) avait raconté une autre forme d' exploration "avec sa part de mystère et de mystique" comme nous l'écrivions à l'époque, "où l'homme est seul face à lui-même, préférant risquer sa vie à avoir vu l'invisible plutôt que de se laisser vivre dans le confort du vécu", Ad Astra est une sorte de variation des ces mêmes thèmes mais dans une jungle toute aussi inconnue, celle du système solaire. Le réalisateur signe finalement une belle œuvre sur la solitude des êtres, cette solitude qui traverse tous ses films et envahit tous ses personnages principaux depuis 25 ans (Little Odessa).

Les réponses que nous cherchons n'ont jamais été aussi proches... et il faudra les découvrir dans les salles de cinéma françaises le 18 septembre.

Francis Ford Coppola relance son vieux rêve de Megalopolis

Posté par vincy, le 4 avril 2019

coppola megalopolis

Francis Ford Coppola, absent des écrans depuis 7 ans (Twixt), devrait bientôt réaliser un vieux projet, le film de SF Megalopolis, qu'il annonce aussi ambitieux qu'Apocalypse Now. Deadline a révélé l'information cette nuit. Si aucun casting n'est confirmé, le journal en ligne évoque Jude Law parmi les têtes d'affiche.

Ce vieux rêve - le projet avait été annoncé en 2001 à Cannes - se déroulerait à New York et mettrait en opposition un architecte désirant créer une ville utopique dans une New York dévastée par un cataclysme, face à un maire décidé à combattre ce projet. Un film aussi mégalomane que ses personnages. "Oui, je prévois cette année de réaliser ma longue ambition de faire un travail majeur en utilisant tout ce que j’ai appris au cours de ma longue carrière, qui a commencé à 16 ans au théâtre, et ce sera une épopée à grande échelle" explique le cinéaste. "C'est inhabituel: ce sera une production à grande échelle avec un grand casting. Il met à profit toutes mon expérience dans différents styles et genres, aboutissant à ce que je pense être ma propre voix et mes aspirations. Ce n’est pas dans la veine de ce qui est produit maintenant, mais j’ai l’intention et je souhaite, dans le fait d'être encouragé, commencer la production cette année."

Le script s'inspirerait de l'univers d'Ayn Rand. Le projet a été arrêté brutalement à cause des attentats du 11 septembre qui touchèrent New York.  Il avait officiellement abandonné le projet quelques années plus tard, décidé à revenir à des productions plus modestes et hors-système.

Coppola, 80 ans ce week-end, a récolté au cours de sa carrière deux Palme d'or et deux Oscars du meilleur film en plus de quatre autres Oscars (réalisateur, scénario).

Denis Villeneuve s’offre un Dune hollywoodien

Posté par vincy, le 19 février 2019

Les nouvelles sur le tournage de Dune se sont enchaînées ces derniers jours. Le projet ambitieux de Denis Villeneuve a complété son casting dans un premier temps. Autour de Timothée Chalamet, on retrouvera donc Javier Bardem, Rebecca Ferguson, Stellan Skarsgard, Dave Bautista, Charlotte Rampling, Josh Brolin, Oscar Isaac, Jason Momoa et Zendaya.

Le héros d'Aquaman, Jason Momoa, sera le bras droit du père de Chalamet (Paul Atreides), incarné par Oscar Isaac. Brolin sera le maître d'armes de Chalamet. Le héros tombera amoureux du personnage joué par Zendaya. Tandis que Bardem est prévu pour le rôle du chef de la tribu qui aidera le jeune homme dans son épopée contre le vilain, le Baron Harkonnen, interprété par Skarsgard.

Le scénario est co-écrit par Denis Villeneuve, Eric Roth et Jon Spaihts. Le tournage doit commencer au printemps. La sortie est calée par Warner Bros pour le 20 novembre 2020.

Adapté du roman de Frank Herbert, le film se déroule dans 8000 ans. Sur la planète Caladan, le duc Leto Atréides er sa concubine dame Jessica, doivent donner naissance à une fille au nom d'un programme génétique. Mais c'est un fils, Paul, qui arrive. Des années plus tard, une guerre s'engage pour contrôle la planète désertique d'Arrakis. L'Empereur Shaddam IV ordonne au duc d'occuper ce fief et lui confie la gestion de la planète Dune, contrôlée par la Maison Harkonnen. L'Empereur veut en fait détruire les Atréides à travers ce complot. Paul Atreides doit fuire dans le désert et va mener la rébellion.

Dune a déjà été réalisé par David Lynch en 1984, avec Kyle MacLachlan, Virginia Madsen, Patrick Stewart, Linda Hunt, Sting et Mac von Sydow. Le film avait été un échec commercial.

Cannes 2018 : Cannes en orbite avec « 2001 l’odyssée de l’espace »

Posté par kristofy, le 12 mai 2018

Puisque cette 71e édition nous emmène dans les étoiles avec l’avant-première mondiale de Solo: A Star Wars Story, nouvel épisode de l'univers étendu de la saga Star Wars, présenté hors compétition, et la projection de 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick dans une nouvelle copie 70 mm restaurée (sans modification numérique de l'oeuvre de 1968) à Cannes Classics, profitons-en pour un petit tour d’horizon des « Space opéras » qui ont eu les honneurs de la sélection officielle.

Cannes ce n'est à priori pas le lieu où on s'imagine voir un film de vaisseau spatial et de bataille intergalactique, et pourtant certains gros films de science-fiction ont bel et bien décollé depuis la croisette. Retour sur le plus énigmatique d'entre eux, qui aura cette année pour la première fois les honneur d'une sélection cannoise.

La séance spéciale du 2001 l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick au Festival de Cannes est un évènement : ça sera la première fois que des spectateurs vont découvrir sur grand écran ce film en se rapprochant le plus des émotions ressenties par son premier public en 1968, il y a 50 ans.

La projection est présentée par Christopher Nolan qui s'est appliqué avec Warner à organiser une nouvelle sortie de ce film tel que lui-même l'avait vu enfant : sur pellicule et en format 70mm. Nolan est un ardent défenseur des projections en pellicule dans ce format particulier, et certaines salles de cinéma se sont d'ailleurs équipées spécialement pour ça, faire venir les spectateurs pour son Dunquerque en 70mm (mais aussi pour Les huit salopards en 70mm de Tarantino). 2001 l'odyssée de l'espace va sortir de nouveau au cinéma dans ces salles. Pour son 50e anniversaire, le film a été restauré d'une manière unique, sans aucune amélioration digitale comme par exemple le 4K, mais à partir des négatifs photochimiques originaux.

Gilles Jacob, la tête historique du Festival de Cannes, avait regretté qu'aucun film de Stanley Kubrick n'ait pu y être sélectionné ("Ne pas avoir eu Stanley Kubrick à Cannes, c'est douloureux" déclarait-il à L'Express en 2012). Peu après la mort du cinéaste, il s'en était longuement ouvert à la presse : « Je l'avais interviewé pour Les sentiers de la gloire, à la fin des années 50. S' agissant d'un film alors interdit en France, il m'avait tenu un discours qu'on qualifierait aujourd'hui d'européen. Il m'avait remis des photos de tournage d'une beauté frappante et d'un format ­ extrêmement incommode qu'il avait déterminé lui-même. Sa richesse créatrice exceptionnelle lui avait permis peu à peu de conquérir une indépendance absolue vis-à-vis des studios hollywoodiens..."

"Pour Cannes, il y a deux raisons à cela : le fait que Kubrick ne voyageait pas, et la véritable raison est que les films que faisait Kubrick ­trop rarement étaient de grands films internationaux et que leur sortie était presque toujours programmée pour la fin d'année aux Etats-Unis et en Europe, au moment des Oscars. C'est en partie pourquoi le Festival, à une certaine époque, a même pensé changer ses dates. J'aurais aussi adoré avoir Kubrick comme président du jury. D'évidence, il ne serait pas venu : nous avions donc étudié de lui faire envoyer les films dans sa salle de projection et je suis sûr qu'il aurait aimé, lui qui se tenait au courant du travail de ses confrères, mener par satellite les délibérations avec ses collègues du jury restés à Cannes. Et naturellement nous aurions prévu cet événement pour 2001... Maintenant qu'il a disparu et que la chose ne peut plus se réaliser, je vous laisse le soin de deviner si ce projet a été élaboré dans le détail ou si je l'ai seulement rêvé... ».

Il faut se souvenir à quel point 2001 l'odyssée de l'espace était novateur au moment de sa sortie en 1968. C'était vraiment un film de science-fiction dans le sens de la définition même du genre : des fictions reposant sur des progrès scientifiques et techniques obtenus dans un futur plus ou moins lointain, ou physiquement impossibles du moins en l'état actuel de nos connaissances.

Voici 5 dates pour mesurer l'ambition visionnaire du film :

-1964 : Stanley Kubrick demande au romancier Arthur C. Clarke de travailler avec lui sur une histoire de science-fiction. Kubrick veut surtout extrapoler sa nouvelle titrée La Sentinelle (écrite en 1948) avec un objet extraterrestre sur la Lune (qui sera dans le film le monolithe noir).
-1965 : La société de production MGM donne son feu vert pour un nouveau film de Stanley Kubrick au-delà des étoiles. Quelques mois plus tard, il y aura les premiers astronautes dans l'espace juste au-dessus de la Terre (d'abord au printemps le Russe Alexei A. Leonov, puis l'été l'Américain Ed White), et aussi les premières photographies de la planète Mars (dans le film le vaisseau se dirige vers Jupiter).
- 1966 : Tournage du film. Pour le décor, on construit une immense roue de 12 mètres de diamètre qui tourne à la vitesse de 5 km/h (séquence emblématique). En juin un vaisseau non-habité se pose sur la Lune (dans le film en 1999 plusieurs équipes de scientifiques vivent dans une base sur la Lune).
- 1967 : Post-production des effets-spéciaux, cela représente plus de la moitié du budget du film (en particulier les séquences du vaisseau dans l'espace, sans les acteurs à l'image).
- 1968 : En avril, c'est enfin les premières projections du film. Cette sortie dans les salles arrive avec 16 mois de retard par rapport au planning envisagé par la MGM (qui avait prévu décembre 1966), et un budget initial presque doublé. Le film sortira en France en septembre. En décembre, une fusée transporte un homme un orbite autour de la Lune.
- 1969 : Cérémonie des Oscars, Stanley Kubrick est nominé comme meilleur réalisateur mais c'est Oliver Reed qui gagne la statuette (pour sa comédie musicale Oliver!, aussi Oscar du meilleur film). 2001 l'odyssée de l'espace a 4 nominations (dont réalisation, scénario, direction artistique) et gagne juste l'Oscar des meilleurs effets-spéciaux. Le 20 juillet 1969 : jour historique des premiers pas de l'Homme sur la Lune.

L'interprétation de la fin de 2001 l'odyssée de l'espace provoque toujours des débats, il y a presque autant d'interprétations (pessimistes, optimistes, ésotériques...) que de spectateurs depuis 1968. Sur ce thème d'une certaine évolution de l'Humanité avec un cycle de mort et d'éventuelle renaissance différente, il n'y a d'ailleurs eu depuis que peu de films visant une approche sensorielle différente et perturbante : Enter the void de Gaspar Noé (à Cannes en 2009), Mother! de Darren Aronofsky (à Venise en 2017), Human, Space, Time and Human de Kim Ki-duk (à Berlin en 2018).

Le récit de 2001 l'odyssée de l'espace se déroule en 3 parties distinctes : 'l’aube de l’humanité', 'mission Jupiter' et 'au-delà de l’infini', comme une manière de s'interroger à propos de ces 3 questions existentielles : d’où venons-nous ?, qui sommes-nous ?, où allons-nous ? Etes-vous prêt pour une nouvelle odyssée avec Stanley Kubrick ?

Will Smith et Clive Owen dans le prochain film de Ang Lee

Posté par vincy, le 14 janvier 2018

Ang Lee a choisi Clive Owen pour s'opposer à Will Smith dans son prochain film Gemini Man. Il reste à trouver l'actrice principale. Selon la presse professionnelle américaine, le réalisateur a trois options: Tatiana Maslany (Stronger), Mary Elizabeth Winstead (Swiss Army Man), et Elizabeth Debicki (Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2).

Ce film, qui est développement depuis plus de 20 ans, à l'époque chez Disney et avec Tony Scott à la réalisation, a enfin obtenu son feu vert l'an dernier, avec Skydance et Jerry Bruckheimer à la production. Jusqu'aux récentes versions du script, Gemini Man racontait l'histoire d'un agent de la NSA qui part à la retraite. Mais, avec tout ce qu'il sait, la NSA décide d'engager un tueur à gages pour le tuer. Il découvre que l'assassin n'est autre qu'un clone de lui-même, plus jeune.

La sortie est datée au 4 octobre 2019 par la Paramount. Le tournage doit commencer au printemps.

Deux fois Oscarisé en tant que réalisateur, Ang Lee sort d'un fiasco au box office, Un jour dans la vie de Billy Lynn, qui a été, malgré tout, loué comme l'un des meilleurs films de l'année.

Will Smith est actuellement à l'affiche de Bright, qui remporte un énorme succès sur Netflix, et dont une suite est déjà en chantier. Il tourne actuellement la version en prises de vues réelles d'Aladdin, où il incarne le Génie, en attendant qu'un script valable soit validé pour Suicide Squad 2.

Clive Owen, qui jouait le méchant dans Valérian et la Cité des Mille Planètes, a terminé un autre film de SF, Anon, d'Andrew Niccol. Il présentera à Sundance ce mois-ci Ophelia de Claire McCarthy, une version revisitée d'Hamlet,

Tom Hanks s’aventure dans un film de Science-Fiction

Posté par vincy, le 7 novembre 2017

C'est un genre qu'il a peu exploré. Tom Hanks sera la star de Bios, un film de science-fiction réalisé par Miguel Sapochnik (Dr House, Repo Men, Game of Thrones). Hanks avait déjà fait un détour dans la SF avec Cloud Atlas de Tom Tykwer et les sœurs Wachowski.

Bios, coécrit par les assistants de production Craig Luck (dont c'est le premier scénario) et Ivor Powell (auteur du court-métrage The Dreamer), est l'histoire d'un robot qui survit sur une Terre post-apocalyptique. Il a été conçu pour protéger la vie du chien de son créateur, mourant. Hanks incarnera l'inventeur qui apprend au robot l'amour, l'amitié, le sens de la vie. Un rôle qui fait écho à celui de Seul au monde.

Le tournage devrait débuter au premier trimestre 2018, après la sortie et la campagne pour les Oscars de The Post, de Steven Spielberg. Son planning est chargé. Depuis un an, il a été vu sur les écrans avec Un hologramme pour le Roi, Sully, Inferno et The Circle. Il a signé pour Greyhound et A Man Called Ove, le remake du hit nordique.

3 raisons d’aller voir Seven Sisters

Posté par vincy, le 30 août 2017

En 2073, la Terre est surpeuplée, aussi le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparait mystérieusement…

Un scénario qui aime surprendre. La première chose qui frappe le spectateur, c'est l'inventivité du pitch. Cette dystopie cauchemardesque n'est que le cadre d'un formidable film "choral" où sept femmes/sœurs jumelles très différentes par leur personnalité doivent faire face à la disparition de l'une d'entre elles, puis d'une deuxième, d'une troisième... Ce qui vaut de multiples interrogations, pistes tortueuses, et surtout une flopée de rebondissements et de surprises. On ne s'ennuie jamais car Seven Sisters veut déstabiliser le spectateur avec une série d'incertitudes. Ajoutons à cela un environnement despotique et cruel, fascisant pour tout dire, et l'histoire devient vite passionnante. Seule l'issue, un double duel (Glenn Close contre Noomi Rapace et un autre qu'on ne divulguera pas) résoudra ce récit où même les héroïnes meurent. Ce qui est assez rare et d'autant plus trippant.

Une actrice qui aime étonner. Les sept sœurs sont toutes incarnées par Noomi Rapace. Depuis Millénium, on sait l'actrice très à l'aise dans les genres (thrillers, action, SF, ...). Pas étonnant alors de la voir faire des cascades improbables, se battre à poings nus ou à coup de portes de frigo, tirer avec un flingue sans être ridicule. Seven Sisters lui permet également de montrer l'étendue de son registre en interprétant sept femmes aux personnalités et looks très différents. Un cadeau pour une comédienne, rendu possible grâce à la magie des effets spéciaux. Cette multiplicité lui offre l'occasion d'occuper l'écran de bout en bout. Charismatique et crédible, Noomi Rapace a trouvé ici sans aucun doute le film qui correspond le mieux à son talent: une femme forte, émancipée, indépendante et résistante.

Un thriller-SF comme on aime. Un scénario sans temps morts et une actrice idoine ne suffisent pas à faire un bon film. Tommy Wirkola, jusque là réputé pour ses films de zombies (Dead Snow) et son ratage fantasy (Hansel et Gretel), a, semble-t-il, été bien plus inspiré par ce thriller futuriste. Il maîtrise parfaitement les méandres du script, réussit la composition des séquences avec sa comédienne démultipliée et surtout, à quelques rares exceptions, ne s'égare jamais dans les scènes d'action, en faisant au plus sobre quant à l'unité de temps et de lieu. Le découpage n'est pas frénétique et le rythme reste pourtant soutenu. Alternant explications qui font avancer le récit, présentation psychologique des personnages, et poursuites/combats/meurtres, le cinéaste réalise un divertissement "à l'ancienne" de haute volée où le spectateur n'est jamais pris pour un décérébré.


Dune, le nouveau défi de Denis Villeneuve?

Posté par vincy, le 1 février 2017

Fin novembre, Legendary Entertainment avait acquis les droits du roman culte de Frank Herbert, Dune, paru en 1970. Le contrat prévoit aussi bien un film qu'une série télévisée.

Le fils et ayant-droit de l'écrivain, Brian Hebert, a confirmé que le réalisateur québécois Denis Villeneuve devrait réaliser la nouvelle version cinématographique. A priori, le projet se déclinerait en plusieurs films (ce qui en soi, vu la complexité du roman, n'est pas une mauvaise nouvelle).
Le cinéaste, fort de ses huit nominations aux Oscars pour Premier contact, y compris dans les catégories du meilleur film et du meilleur réalisateur, est attendu au tournant début octobre avec Blade Runner 2049, la suite du classique de Ridley Scott. Le même Scott avait d'ailleurs été intéressé au début des années 1980 par une adaptation de Dune. Alejandro Jodorowsky avait aussi essayé de transposer le roman.

Finalement, seul David Lynch, en 1984, était parvenu au bout du projet. Dune, avec Kyle MacLachlan, José Ferrer et Virginia Madsen, est aujourd'hui une référence dans le genre. Gros fiasco financier aux Etats-Unis (31M$ au box office pour un budget de 40 millions de $ de l'époque), le films avait été joli succès en France (2,3 millions d'entrées).

Le film que j’attends le plus en 2017 : Blade runner 2049 de Denis Villeneuve

Posté par MpM, le 2 janvier 2017

blade runner

En réalité, c'est une attente mêlée de scepticisme, voire d'appréhension : cette suite de Blade runner peut-elle réellement être à la hauteur de notre désir ? On a tous en tête l'imagerie crépusculaire du film de Ridley Scott, néo-polar stylisé et élégant qui mêlait chasse à l'homme (ou plutôt au "répliquant") et quête existentielle nébuleuse. Bien sûr, on a très envie de retrouver cet univers fascinant, cette ambiance envoûtante, ce personnage ambivalent, et surtout d'être conquis par une suite qui serait à la fois audacieuse et singulière, voire qui dépasserait formellement le premier film.

Mais au fond, que sait-on de ce nouveau volet qui arrive 35 ans après le premier ? Très peu de choses : Harrison Ford rempile dans le rôle de Rick Deckard, il est rejoint par un nouveau personnage incarné par Ryan Gosling, et le tout se déroule devant la caméra de l'inégal Denis Villeneuve. De quoi s'inquiéter autant que de se réjouir. À force de voir défiler suites, spin-offs, prequels et autres reboots, on devient forcément méfiant.

D'autant que la vraie grande question est finalement de savoir si cette suite (relativement improbable) trahira moins le formidable roman de Philip K. Dick Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? que l'original, qui était passé à côté de ses thématiques les plus riches (la tropie, l'empathie comme essence de l'humanité, la philosophie "merceriste", etc. ) pour ne conserver que le concept de l'enquête policière et des (plutôt basiques) affrontements entre homme et intelligence artificielle.

De ce point de vue-là, l'exercice est quasi impossible : soit Denis Villeneuve reste dans la ligne de Scott, et il trahit une nouvelle fois l'auteur de science-fiction le plus pillé par le cinéma, soit il rompt avec l'original, se frotte aux complexes obsessions de K. Dick, et perd potentiellement les fans de la première heure. Ce que l'on espère est donc rien de moins qu'un miracle, une troisième voie permettant au film d'être le chef-d'œuvre ultime qui mettrait tout le monde d'accord.

Le film que j’attends le plus en 2017 : Annihilation de Alex Garland

Posté par kristofy, le 31 décembre 2016

Mon film le plus attendu pour 2017 est entouré de mystères, mais ce que l’on sait du projet suffit à provoquer une attente folle. Une petite équipe uniquement composée de quatre femmes par en mission dans un environnement inconnu pour tenter de découvrir pourquoi d’autres personnes n’en sont pas revenues… L’histoire est inspirée d’un roman de Jeff VanderMeer, Le rempart sud: Anihilation (paru en mars dernier en France) à priori inadaptable mais le film est dirigé par un spécialiste des récits compliqués : grosse attente pour Annihilation de Alex Garland, avec dans les rôles principaux Natalie Portman et Jennifer Jason Leigh mais aussi Gina Rodriguez, Tessa Thompson et Oscar Isaac.

Alex Garland était le scénariste des meilleurs films de Danny Boyle (La plage, 28 jours plus tard, Sunshine) avant de devenir réalisateur avec son étonnant et brillant Ex Machina (qui a fait décoller la carrière de star de Alicia Vikander).

Natalie Portman démontre son talent avec des performances charmantes. Mais les rôles majeurs où elle est exceptionnelle comme V pour vendetta (2006), Black swan (2011), Jackie sont liés à des réalisateurs aussi précis qu'exigeants. La réunion de ces deux talents est évidemment très excitante. Cette histoire où la science-fiction cérébrale se conjugue avec les angoisses intimes des personnages sont forcément un terreau fertile pour l’imaginaire et le sens du visuel de Alex Garland.

Et sinon, en ce dernier jour de l'année, projetons-nous un peu: l’année 2017 risque d’être encore une année où le cinéma américain imposera son règne dans toutes les salles tandis que le cinéma asiatique (et d’ailleurs) aura du mal à trouver des écrans, certains des meilleurs films de 2016 n’ont pas eu de sortie en salles : I Am a Hero de Shinsuke Sato (Japon), Ordinary People de Eduardo Roy Jr (Philippines), The Age of Shadows de Kim Jee-woon (Corée du Sud)…

Presque chaque mois il y aura donc un gros film évènement américain : Silence de Martin Scorsese en février, Lost city of Z de James Gray, Ghost in the shell avec Scarlett Johansson et Kong: Skull Island aussi en mars, Les Gardiens de la Galaxie 2 en avril, Alien: Covenant de Ridley Scott en mai, Dunkirk de Christopher Nolan en juillet, Blade Runner 2049 en octobre, Star Wars: Episode VIII en décembre… Est-ce que vous aussi vous pressentez que ces gros films ne seront pas des grands films ?

On pourra alors être un plus curieux et plus impatients pour d’autres films plus modestes tout aussi sinon plus enthousiasmants : Okja de Bong Joon-ho (avec Jake Gyllenhaal, Lily Collins, Tilda Swinton), La La Land de Damien Chazelle (avec Emma Stone et Ryan Gosling), Baby Driver de Edgar Wright (avec Ansel Elgort, Lily James, Jamie Foxx, Jon Hamm, Kevin Spacey ), Mother de Darren Aronofsky (avec Jennifer Lawrence, Ed Harris, Domhnall Gleeson, Javier Bardem), Journeyman de Paddy Considine (avec Jodie Whittaker), Zoe de Drake Doremus (avec Charlie Hunnam et Lea Seydoux). Sans oublier les réalisatrices : The beguilded de Sofia Coppola (avec Elle Fanning, Kirsten Dunst, Nicole Kidman), Lady Bird de Greta Gerwig (avec Saoirse Ronan), Landline de Gillian Robespierre (avec Jenny Slate), Euphoria de Lisa Langseth (avec Alicia Vikander, Eva Green, Charlotte Rampling).

Vivement 2017 !