Festival des scénaristes 2011 : rencontre avec Bruno Oré, participant au marathon du court métrage

Posté par redaction, le 4 avril 2011

Le marathon d’écriture du court métrage est traditionnellement l’un des temps fort du festival de Bourges. Cette année, les participants devaient plancher sur le sujet relativement ouvert proposé par Gilles Marchand :

Bom bom bom… Sonia ouvre un œil. Il fait nuit noire. Elle a entendu frapper des coups contre une porte. Elle allume et tend l’oreille. Bom bom bom… C’est à sa porte qu’on frappe au milieu de la nuit. Elle enfile comme elle peut un pantalon qui traîne et va dans l’entrée. Bom bom bom… Sonia regarde par le judas.
Le palier est plongé dans l’ombre, mais elle distingue debout devant sa porte un petit garçon. Sonia se demande un instant si elle est bien réveillée. Elle regarde à nouveau par l’œilleton. Le petit garçon est là. Il jette des coups d’œil inquiets derrière lui.
Sonia entrouvre la porte. L’enfant vient se serrer contre elle, le regard suppliant. Il pointe un doigt tremblant vers la porte grande ouverte de l’appartement d’en face. Il n’y a aucune lumière mais Sonia aperçoit
… “.

Jeudi, peu avant 12h à Michel de Bourges, quelques marathoniens sortis en avance attendent devant le bâtiment. Par les fenêtres on peut encore voir leurs camarades rédiger les dernières lignes de leurs scénarios. Des tables d’école, de jeunes participants exténués... la notion de concours se fait très vite ressentir.

Bruno Oré, un des 26 marathoniens de cette 14e édition, discute avec deux autres participants. Marqué par la fatigue, il ne peut pourtant pas s’empêcher d'expliquer à quel point l’expérience du marathon lui a plu.

Que représente pour toi le festival de Bourges ?

Bruno Oré : Le festival est une occasion rêvée pour un jeune scénariste de rencontrer des professionnels. C’est vrai qu’on n’a pas forcément l’habitude dans ce cadre là de sortir en dehors du bureau donc tout ça s’organise plus comme un forum. Les gens sont vraiment là pour nous écouter, nous consacrer du temps. Ce qui est intéressant justement, c’est cette rencontre entre la jeune génération (qui n’a pas encore vraiment ses bases) et les professionnels qui sont à l’écoute, avides de nouvelles idées. Tout le monde est ici pour accorder de l’importance à cette passion qu’est l’écriture, ce qui est très revitalisant.
C’est tout l’intérêt de ce festival: tout le monde ici est là pour débattre sur des projets pas encore aboutis, qui sont en train de se faire, et c’est ça qui est excitant. Tout se joue là. C’est un accompagnement. Les gens sont très ouverts et sont là pour ça.

Que penses-tu du marathon de scénario ?

BO : A la base, je trouve que c’est une idée formidable. C’est quand même 48 heures sur un sujet imposé. Mais en dehors de ça, c’est un très bon exercice. Ce n’est pas forcément évident avec l’horloge qui tourne, d’ailleurs je ne te cache pas que ça fait 36 heures que je n’ai pas dormi (rires). Je reste très content du travail qui a été fait, un travail très prenant, très fatiguant, mais qui demeure passionnant. C’est tout l’intérêt de ce marathon : le dépassement de soi.

C’est une expérience assez intense tout de même?

BO : En effet. C’est un marathon avec des prix à la clé, et ce qui reste fascinant, c’est que les marathoniens vont très vite nouer une certaine amitié. Nous sommes tous confrontés au même problème. Et ce qui reste intéressant dans le marathon, c’est cette idée de communion autour d’une passion commune. Et dans la difficulté de l’épreuve on a plutôt tendance à se rapprocher plutôt qu’à être compétitifs.

C’est surprenant car lorsqu’on vous voit dans cette classe comme à un exame , on a plutôt l’impression qu’il y a une certaine tension qui règne entre vous.

BO : Ca a l’air très scolaire en effet. Après on s’accorde quelques pauses, on prend le temps de discuter avec les autres, on s’échange des idées. Il y a une certaine solidarité entre les marathoniens, qui est vraiment forte. Mais ce qui est fascinant, c’est que sur un même sujet commun, tout le monde va partir dans des directions différentes, selon les univers de chacun.

Des réactions à la lecture du sujet?

BO : Tout de suite on se retrouve immergé dans la notion de genre, qui est cette année le thème du festival, et caractéristique de la carrière du président du Grand Jury, Gilles Marchand. On nous a délibérément  poussés à exploiter nos propre univers, d’essayer de construire quelque chose qui nous appartienne. Même si le sujet semble nous amener d’emblée vers un thriller, au final il y a eu un peu de tout, et surtout, contrairement à ce qu’on croit, beaucoup de comédies.

Un sujet difficile ou passionnant?

BO : La première journée a été très dure dans le sens ou j’ai essayé de me détacher assez vite de la notion d’horreur. Une histoire qui se déroule dans la nuit, un enfant apeuré....se détacher de ça pour aller vers un genre qui me correspondait plus, c’était là toute la difficulté. Et l’intérêt de ce marathon c’est que tout va vite: ce qu’on fait habituellement en un mois, là on doit le faire en 48 heures. On a des retour de professionnels, des avis très critiques, et des parrains qui nous permettent de bien faire avancer le projet. En soi, j’ai trouvé que c’était une bonne expérience.

Lorsque tu écris, quelle étape du scénario trouves-tu la plus difficile?

BO : Ca dépend des personnes, mais pour ma part, j’ai beaucoup de difficulté avec la continuité dialoguée alors que le synopsis et la structure reflètent l’idée de départ et se construisent rapidement, surtout pour moi qui accorde énormément d’importance au visuel, à créer des scènes et faire jouer mes personnages dans des situations clés.

Et la plus intéressante?

BO : La structure, sans aucun doute, surtout au sein d’un court métrage où la chute doit pimenter toute l’histoire. On a quand même un nombre de pages imposé, à savoir 10 pages, donc on doit rester concis. Mais je trouve aussi intéressant de trouver l’idée. Celle qui va faire naître l’intrigue. C’est vraiment cette étape qui m’excite. On ne sait pas encore où on va, mais on sent qu’il y a quelque chose à exploiter. On se dit toujours qu’il y a des idées autour de nous, et si on arrive à bien les capturer, ça donnera quelque chose de magnifique.

Tu parle beaucoup de la notion de "chute". Ce que tu aimes avant tout, c’est donc surprendre ton lecteur?

BO : J’adore ça. C’est peut-être dû au fait que j’ai grandi avec des séries comme la 4e dimension, où les chutes sont très impressionnantes, et c’est quelque chose d’assez  viscéral. Mais c’est vrai qu’en court métrage la chute est plus difficile que sur un long.

Tu préfère alors l’écriture d’un court métrage ou d’un long métrage?

BO : J’ai déjà fait les deux. Mais je garde une préférence pour le long métrage. Dans le court métrage, il faut introduire les choses vite. Moi qui aime bien creuser mes personnages, pour le coup, j’ai plus l’occasion de le faire sur un long métrage. On a dès lors plus de champ d’action, plus de temps.

Yanne Yager

Un 14e Festival des Scénaristes placé sous le signe du genre

Posté par MpM, le 30 mars 2011

Depuis qu'il a fait son entrée dans les plus prestigieux festivals du monde, le cinéma de genre est devenu incontournable. Souvent ludique et novateur, il apporte comme une grande vague d'oxygène dans des environnements parfois confinés, voire sclérosés. Il était donc logique que le Festival des Scénaristes se tourne à son tour vers ce type de cinéma pour lequel, peut-être plus qu'un autre, un bon scénario peut faire toute la différence.

Le genre sera donc le fil rouge de cette 14e édition du festival qui commence aujourd'hui. Dès l'ouverture, c'est un classique qui donne le ton : Les yeux sans visage de Georges Franju. Suivront des programmes de courts métrages fantastiques, la leçon de scénario de l'invité d'honneur, Gilles Marchand, président du grand jury, la leçon de télévision de Jean Teddy Filippe au sujet de l'étrange série documentaire Les documents interdits, une table ronde autour de la notion de "genre" et la présentation de plusieurs longs métrages comme Qui a tué Bambi ou Harry, un ami qui vous veut du bien.

Bien sûr, l'écriture scénaristique est également à l'honneur avec le marathon du court métrage, les portraits sonores, le forum des auteurs ou encore la bible de télévision. Grande nouveauté cette année, le marché interactif de l'image et de l'écrit qui permet aux professionnels du cinéma et de l'audiovisuel de rencontrer les nouveaux auteurs présents sur le festival et de découvrir des projets originaux.

Enfin, pour la 2e année consécutive, place est faite à une création musicale originale : l’artiste-interprète Lili, le contre-ténor François Pagot, la comédienne Sophie Guillemin,la chorale et les musiciens du Conservatoire de Musique et de Danse de Bourges, sous la direction de la compositrice Béatrice et de DJ Xavier D, vont réorchestrer en 48h la célèbre chanson Démons et Merveilles de Maurice Thiriet ainsi que d'autres chansons d’après-guerre de Maurice Chevalier. Une prestation unique qui prouve qu'à Bourges, toutes les écritures et tous les challenges sont vraiment au rendez-vous !

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14e Festival international des Scénaristes de Bourges
Du 30 mars au 2 avril 2011

Alain Tanner, John Berger et Susan Sontag à l’affiche du 22e Festival Théâtres au cinéma

Posté par MpM, le 9 mars 2011

théâtres au cinémaDéjà la 22e édition ! Depuis 1990, le Magic Cinéma de Bobigny organise le festival Théâtres au cinéma qui propose l'intégrale des films d'un réalisateur ainsi que différents hommages et rétrospectives permettant de relier et de mettre à l'honneur les différents univers artistiques : la littérature, la musique, le théâtre et bien sûr le cinéma.

Cette année, les spectateurs auront ainsi la chance de (re)découvrir l'oeuvre intégrale d' Alain Tanner (longs et courts métrages, mais aussi documentaires, reportages destinés à la télévision et films réalisés par de possibles "fils spirituels" du cinéaste), considéré à la fin des années 60 comme le chef de file de la Nouvelle vague suisse. Il sera d'ailleurs présent ce soir, en compagnie du directeur de la photographie Renato Berta, lors de l'ouverture de la manifestation consacrée aux "40 ans de la Salamandre", l'un de ses premiers films.

Une autre rétrospective mettra en lumière l'écrivain et scénariste John Berger qui a notamment collaboré avec Alain Tanner, Gilles Perret et Isabel Coixet. Une rencontre avec le public est notamment prévue le 12 mars lors de la lecture publique de son livre La tenda rouge de Bologne.

Enfin, un hommage sera rendu à la romancière, cinéaste, dramaturge et essayiste Susan Sontag disparue en 2004, avec la projection de 5 films qu'elle a réalisés et de 2 documentaires dans lesquels elle apparaît.

Une programmation jeune public, l'exposition "Les bouts du monde" de Jean Mohr et de nombreuses rencontres publiques viennent compléter le programme qui permet ainsi aux festivaliers, cinéphiles et simples curieux d'assister à une centaine de projections en 12 jours !

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Festival Théâtres au cinéma
Du 9 au 22 mars à Bobigny
Renseignements et programme complet sur le site de la manifestation

Locarno 2011 : portes ouvertes à l’Inde

Posté par Claire Fayau, le 25 novembre 2010

Le prochain Festival de Locarno (3-13 aout 2011) s'ouvrira à la cinéphilie indienne.

La patrie de Gandhi sera à l'honneur et pas seulement Bollywood. L'Inde est le plus gros pays producteur de films au monde, mais une infime partie arrive en Europe (sauf chez les vendeurs DVD des quartiers communautaires).

Qu'en est-il des petits films en dehors de Bollywood ? Le laboratoire de co-production Open Doors du Festival del film Locarno se penchera sur la question. Olivier Père, Directeur artistique du Festival, et Nadia Dresti, Responsable de l'Industry Office de Locarno, ont annoncé la nouvelle au cours d'une conférence de presse organisée dans le cadre de la 41ème édition de l'International Film Festival of India (à Goa).

Open Doors travaille avec le Film Bazaar India / Screenwriters' Lab du Festival de Goa. En deux ans, 12 scénaristes indiens ont ainsi participé aux deux dernières éditions du Festival de Locarno. Une belle façon de promouvoir  le Cinéma  indien  et ses multiples facettes ... Un appel est donc lancé aux projets en provenance d'Inde (inscription sur le site internet du Festival).

Les candidats retenus (une douzaine au total) seront invités à participer au laboratoire de co-production qui aura lieu pendant la 64ème édition du Festival.

Notons que Chakra, de Rabinda Dharmaraj en 1981, est le seul film indien à avoir reçu le Léopard d'or depuis la création du festival en 1946.

La vérité si je mens 3 : Atika fait le buzz sur Twitter

Posté par Claire Fayau, le 29 août 2010

la verite si je mens 3 scenarioQuand les acteurs font le buzz sur le web... Il y a exactement une semaine , Aure Atika faisait paraître sur son compte Twitter un sibyllin "J'ai dit oui" assorti d'un lien menant à une photo d'un scénario.

On découvre que non, l'actrice ne passe pas chez Monsieur le Maire, mais qu'elle va rejoindre l'équipe de La Vérité si je mens 3 de Thomas Gilou.

Un tweet accrocheur, et la couverture du scénario, voilà de l'excellent marketing viral pour l'annonce d'un tournage qu'on n'attendait plus pour cause d'imbroglios juridiques autour du scénario dont il a fallut récupérer les droits. Selon Le Film Français, le script de Jean-Loup Dabadie avait été mis en suspens "quand les auteurs des deux premiers opus, Michel Munz et Gérard Bitton, avaient fait valoir leur droit de suite."

Et Atika n'a pas été la seule à dire oui. Ils ont tous accepté. La comédienne retrouvera Richard Anconina, José Garcia, Bruno Solo, Gilbert Melki, Vincent Elbaz (qui reprend son rôle de Dov, qu'il avait laissé dans le second opus à Gad Elmaleh), et du côté des filles, Amira Casar et Elisa Tovati reprennent aussi du service. Le tournage débute le 19 septembre

La vérité si je mens ! avait séduit 4,9 millions de spectateurs en 1997 et le deuxième opus avait attiré 7,5 millions de fans en 2001. De l'or pour les producteurs. Mais dix ans après, le film devrait sortir en 2011, le désir sera-t-il toujours là? Question de scénario sans doute...

Le Festival des Scénaristes confirme son intention de quitter Bourges

Posté par vincy, le 31 mars 2010

La Ville de Bourges n'accueillera plus le Festival International des Scénaristes qui vient d'y boucler sa treizième édition. Ecran Noir, partenaire du Festival, ne peut que soutenir cette décision, tant la ville semblait inadaptée par rapport à cet événement, un mois avant le célèbre Printemps de Bourges consacré à la scène pop/rock.

Cette manifestation s'était crée à La Ciotat, avant de migrer dans le centre de la France. Bourges avait plusieurs inconvénients : peu de lignes directes en train, une capacité d'hébergement limitée, un enthousiasme public peu ressenti.

Après 6 six années à Bourges, le Festival souhaiterait rester dans la région Centre. Les financements de la ville et du département, le rachat du journal local par un autre plus régional, l'absence de relais avec une université et un complexe de cinéma rattaché au Festival, freinent le développement du Festival.

On pense, du coup, logiquement à Tours et ses 400 000 habitants. La ville, desservie en TGV, accueille déjà plusieurs festivals : Cinéma et Politique, Désirs désirs, Mauvais Genres, Cinéma asiatique. Elle dispose d'une Cinémathèque, créée par Henri Langlois, et d'un cinéma associatif, Les Studio, en plus de deux multiplexes CGR. Et l'Université François Rabelais est pleine de formations en Culture et Communication.

Les deux autres possibilités crédibles sont Orléans et Vendôme.

Bourges: un festival pour des artistes de l’ombre

Posté par Benjamin, le 27 mars 2010

festival des scenaristes 2010En ce moment se tient à Bourges non pas le célèbre Printemps, mais un festival d’un autre art, le 13e Festival International des scénaristes.

Le scénariste est une profession souvent oubliée ou  marginalisée. Ce festival leur donne la parole, dirige la lumière sur ces artistes en manque et en quête de reconnaissance. Ils sont donc les maîtres de ce rendez-vous d’où le réalisateur est presque proscrit !

C’est d'ailleurs ce qui ressort des débats. Les scénaristes se plaignent du peu de considération qu’on leur apporte et de leur manque de visibilité. Ainsi, ils se rassemblent à Bourges (ce rendez-vous de scénaristes professionnels ressemble davantage à un congrès qu'à un festival), pour échanger, se rencontrer, participer à des ateliers intéressants et notamment au célèbre Marathon du court métrage qui se déroule sur 48h. 48h pour écrire un court métrage !

Mais Bourges, avec ses moyens modestes, fait également une place au public. Débats - « Ecrire pour le web » ou « Culture et territoires » -, lectures de scénarios, soirée musicale animée par le compositeur Eric Neveux, qui a repris avec sa petite troupe improvisée des standards de musiques de films. Une soirée réussie et une ambiance vraiment décontractée voire enfantine !

Enfin, ces 13 ème rencontres du Festival International des Scénaristes avaient un invité d’honneur, le réalisateur Robert Guédiguian. Mais pour cause d’ennuis de santé, il ne peut être présent lors de l’évènement. Certains de ses films sont projetés et quelques uns de ses collaborateurs comme le scénariste Jean-Louis Milési ou sa muse, Ariane Ascaride, sont venus parler de leur travail avec Guédiguian.

A l'heure des séries TV cultes et bien écrites, des formats novateurs (web, mobiles), et surtout d'une mondialisation du cinéma, il faudra sans doute un peu plus qu'un grand cinéaste pour séduire un public intéressé mais pas forcément élitiste. C'est d'autant plus vital que cette manifestation, qui souffre incontestablement de sa situation géographique et du manque de moyens alloués,  a l’immense mérite de promouvoir une profession cruciale pour le 7e Art, dynamique mais méprisée par les producteurs, qui refusent toujours d'investir dans des scénarii, des séances de réécritures, des pôles de création narrative, des développement d'histoire.

Dan O’Bannon s’en est allé…

Posté par geoffroy, le 19 décembre 2009

Scénariste de renom spécialisé dans le fantastique, Dan O'Bannon vient de s'éteindre chez lui, à Los Angeles, à seulement 63 ans. Tous les amateurs d'horreur et de science-fiction le connaissent. Pote de fac avec un certain John Carpenter, il débute au cinéma en 1974 sur le désormais légendaire Dark Star du maître de The Thing en tant que superviseur des effets spéciaux et co-auteur du film.

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Dan O'Bannon et l'artiste suisse H.R. Giger lors de leur collaboration sur Alien

Personnage aux multiples talents, Dan O'Bannon officiera pendant 30 ans dans le monde du cinéma comme scénariste, chef déco, superviseur des effets spéciaux, monteur et même réalisateur.Il prit la caméra à deux reprises. En 1985 sur une parodie des films de Romero avec Le Retour des Morts Vivants et en 1992 dans une adaptation de H.P. Lovercraft, The Resurrected.

Il obtient le respect de tous et surtout de ses pairs autour de cinq films cultes, films qui portent indiscutablement sa patte, sa vision, son amour pour le septième art:

- Star Wars pour lequel il travaille sur les effets spéciaux (1977)

- Alien en tant que scénariste et consultant sur le design de la "bête" (1979)

- Métal Hurlant en tant que scénariste (1981)

- Total Recall en tant que scénariste pour l'adaptation au cinéma (1990)

- Planète Hurlante en tant que scénariste pour l'adaptation au cinéma (1995)

Pour beaucoup, un grand de la SF vient de disparaître, emportant avec lui une façon de penser ce cinéma de genre si souvent mal aimé.

Trahison: Jeu de dupe

Posté par geoffroy, le 3 février 2009

traitor trahison guy pearce don cheadle« - Je veux seulement connaître la vérité.
- La vérité est compliquée ».

L'histoire : L'agent du FBI Roy Clayton enquête sur un complot international. Tout semble accuser l'ancien officier des opérations spéciales US Samir Horn, personnage mystérieux aux relations inquiétantes. Horn a le don étrange de surgir juste avant qu'une opération n'échoue, et de prendre le large avant qu'on ait pu l'interroger.
La section inter-agences chargée de l'appréhender rencontre le vétéran Carter, un freelance de la vieille école qui loue ses services à la CIA et semble en savoir long, et l'agent du FBI Max Archer. L'équipe croit découvrir la preuve des activités illicites de Horn au Yémen, à Nice et à Londres, mais de nouvelles et surprenantes révélations amènent Clayton à s'interroger sur les motivations de Horn.

Notre avis: Avec Trahison, premier long-métrage du scénariste / réalisateur Jeffrey Nachmanoff, nous voguons dans les eaux calmes, donc ennuyeuses, du film d’espionnage à tiroirs un brin poussif. Si l’ensemble ne dénote pas des critères habituels pour une production hollywoodienne avec star à l’affiche (Don Cheadle, impeccable), il n’y a pas grand-chose à dire de cette énième déclinaison « étasunienne » du terrorisme, si ce n’est le manque cruel de point de vue autour de ces réseaux internationaux complexes, contradictoires et surtout interdépendants. En deçà de l’efficacité cinématographique du dernier Ridley Scott (Mensonges d’Etat, déjà pas fameux, avait tout de même une maîtrise de caméra certaine), Trahison perd l’originalité de son propos par une scénarisation m’a tu vu dont le dénouement, grotesque, condamne l’errance psychologique du personnage principal, Samir Horn.

Ancien officier des opérations spéciales US d’origine soudanaise, Horn, de confession musulmane, loue ses services d’artificier à des forces terroristes bien décidées à en découdre avec l’Oncle Sam. Traqué par le F.B.I, son profil s’avère suffisamment intriguant – au départ en tout cas – pour espérer une histoire a priori moins codifiée que d’ordinaire. En effet, si l’entame brouille les pistes et offre un trompe l’œil sur l’anti-terrorisme primaire des Etats-Unis, la suite, comme tétanisée par l’enjeu, n’arrive jamais à dépasser ce cadre introductif pourtant prometteur. La narration s’étire inutilement et l’histoire, devenue ronronnante, ne tient ni la route, ni en haleine. Le récit, construit essentiellement par le biais d’un montage parallèle superposant les agissements du mystérieux Horn et l’enquête de F.B.I menée par l’agent Clayton (Guy Pearce, effacé), tente de dynamiser la trame des agissements en cours. Mais rien n’y fait et le film survol inexplicablement son propos liminaire pour nous livrer, sans l’ombre d’une perspective, une suite d’évènements aussi prévisibles qu’inoffensifs. Sans être totalement inintéressant, c’est juste lassant.

Incapable d’offrir une substance aux motivations personnelles de chacun, l’interaction des trois personnages principaux (le terroriste fanatique cultivé Omar, interprété par Saïd Taghmaoui, l’agent du F.B.I intègre Clayton et Horn) s’articule selon le contexte géopolitique dominant. Cette optique tend à dresser des stéréotypes qui oblitèrent, de fait, les questions éthiques propres à chaque situation envisagée. Le dénouement, philosophiquement stupide, emprisonne alors le long-métrage dans un parti pris démonstratif générateur de vide. A la question posée : jusqu’où est-on prêt à aller au nom de ses convictions, le film ne répond pour ainsi dire jamais. Cette vacuité du propos est en soi la faiblesse cinématographique de Trahison.

Donald Westlake à son point de non retour (1933-2008)

Posté par vincy, le 2 janvier 2009

westlake donaldDonald E. Westlake était l'un des auteurs de polars les plus reconnus dans les milieux littéraures. Avec plus de 80 ouvrages publiés, et selon l'auteur lui-même plus de cent qui ont été rédigés, il faisait partie des grands noms du roman policier mais aussi des auteurs prisés par le cinéma.

En 1967, John Boorman adapte "The Hunter" en réalisant Le point de non retour (Point Blank) avec Lee Marvin. La même année, The Busy Body (avec Robert Ryan et Richard Pryor, confirme l'intérêt du cinéma pour cet auteur hors-normes, qui, alors, avait publié une vingtaine de livres sous des pseudonymes différents.

En France, Godard et Cavalier l'adaptent durant la même période avec, successivement, Made in USA, d'après "The Jugger", et Mise à sac , d'après "The Score".

On retrouve les romans de Westlake aux génériques de The Hot Rock (Les quatre malfrats), de Peter Yates, avec Robert Redford, The Outfit, avec Robert Duvall, The Stepfather, avec Terry O' Quinn, qui deviendra une franchise. Il écrit aussi des scénarii, principalement des navets ou des comédies. Yves Robert, en France, transpose "Two Much" en farce pour Pierre Richard (Le jumeau), qui deviendra Two Much avec Antonio Banderas dans les années 90.

Mais en 1990, Donald Westlake adapte un de ses confrères: Jim Thompson. Il écrit la version cinématographique d'un film noir et sublime, Les arnaqueurs (The Grifters) de Stephen Frears, avec Anjelica Huston, Annette Bening et John Cusack. Il est cité à l'Oscar du meilleur scénario / adaptation. La Writers Guild of America le liste parmi les cinq adaptations de l'année.

Westlake continuera de séduire les producteurs et les réalisateurs très divers : Michel Deville (La divine poursuite, d'après "Dancing Aztecs"), Brian Helgeland (Payback, d'après "The Hunter", avec Mel Gibson), Costa-Gavras (Le couperet, avec José Garcia).

Né le 12 juillet 1933 à New York, il est décédé d'une crise cardiaque au Mexique, le soir de réveillon du nouvel an. Entre lre oman et le scénario, il voyait une différence de taille : "quand j'écris un livre, je suis comme Dieu; quand j'écris un scénario, je ne suis qu'un serviteur mineur."